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D379 - 19/07/05 - DJIBOUTI - Interview du président du Gouvernement en Exil de Djibouti, M Mahamoud Idriss Ahmed.

Commission Information.

 

Première partie du long interview accordé par le président du Gouvernement en Exil de Djibouti, M Mahamoud Idriss Ahmed.

 

Monsieur le président, bonjour,

- Ma première question sera "comment situez-vous aujourd'hui le Gouvernement en Exil de Djibouti ?".

Bonjour,

Je vais être très clair et direct mais donner aussi plus de volume à ma réponse.

Le Gouvernement en Exil de Djibouti est l'expression émanant des populations djiboutiennes qui sont - comme vous le savez - confrontées dans notre pays aux pires difficultés sociales, économiques mais aussi politiques. Ce gouvernement a été initié il y a 5 années afin de tenter de répondre aux attentes des Djiboutiens et des Djiboutiennes.

Il n'est pas assimilable à un parti politique ou à un clan qui se situerait dans une mouvance d'un parti politique djiboutien ou d'un autre ou à la solde et aux ordres d'un quelconque parti politique étranger et ne le deviendra pas.

C'est un gouvernement qui oeuvre en vue de la création d'un autre gouvernement - celui d'union nationale et de l'alternance politique - qui est proposé à l'assentiment de l'ensemble des populations djiboutiennes vivant dans notre pays ou en situation d'exil. Il a pour finalité d'assurer une transition apaisée et apaisante pour l'instauration d'un gouvernement largement représentatif dans la perspective de la succession au régime de M Ismaïl Omar Guelleh mais aussi d'élections futures organisées dans la transparence et le respect des lois comme de notre Constitution.

Rappelons que depuis l'année 2000 nous nous sommes refusés à cautionner le régime d'Ismaïl Omar Guelleh lors des Élections falsifiées qu'il a imposées aux populations de notre pays. Nous n'entrons pas dans ces mascarades et nous nous en sommes toujours expliqués très clairement sur ce point.

Dans notre esprit, nous avons aussi la responsabilité devant les populations djiboutiennes dont le GED est l'émanation - et dans nos premières priorités - d'assurer la préparation de l'application en toute bonne foi des accords passés en 2000 entre les parties en conflit à Djibouti.

C'est d'ailleurs dans ce même esprit d'apaisement et de reconnaissance des Droits et de représentativité que j'ai décidé - il y a de cela plusieurs années et après l'avis du Conseil de Gouvernement - d'inscrire dans nos projets la création d'une vice présidence de la république qui serait confiée à une personnalité politique d'origine Afar et de premier plan en attendant l'organisation d'élections libres et démocratiques dans notre pays.

Quel que pourrait être le résultat de ces élections, nous suggérons l'idée selon laquelle le vice président de la République aurait notamment en charge le délicat dossier de la Décentralisation partielle des compétences de l'État au profit des régions et de leur assemblée.

- Quelle est la position du Gouvernement en Exil que vous représentez et celui du Mouvement Djiboutien de Libération Nationale, vis-à-vis de la situation globale dans notre pays ?.

Que ce soit au niveau du GED comme du Mouvement Djiboutien de Libération nationale - duquel il est issu - nous ne pouvons accepter, cautionner ou nous positionner en attente de ce qu'il se passera et qui pourrait être un drame sans précédent dans notre pays. Alors que la situation se dégrade fortement et ce dans tous les domaines.

La révolte gronde plus qu'il n'y paraît et ceci doit nous faire tous réfléchir sur les conséquences désastreuses pour les vies humaines qu'aurait un brusque soulèvement des populations et notamment dans le Nord du pays avec une jeunesse - souvent désœuvrée car sans emploi et sans espoir - n'ayant comme seule et dangereuse porte de sortie offerte que celle de déferler dans les rues face à la force publique censée y maintenir l'ordre.

Il ne peut y avoir de développement sans la paix. Il ne peut y avoir de paix sans acteurs politiques dotés de sagesse et de volonté d'apaisement.

Cette paix est l'œuvre des gens de bon sens qui acceptent aujourd'hui de panser ensemble les plaies du passé et de reconnaître leurs erreurs en mettant de côté la guerre alors que d'autres l'exploitent et en vivent. Il est démontré que le fait d'être juge et partie comme d'avoir tort de n'avoir toujours que raison ne font que prolonger la crise et la misère des gens ; à cela le gouvernement djiboutien actuel doit y réfléchir.

- Quels sont les remèdes que vous préconisez pour soulager la misère des familles djiboutiennes, notamment des jeunes ?

Il n'y a pas hélas de solution miracle soudainement tombée du ciel et qui permettrait à quiconque et en quelques semaines de solutionner tous les maux dont souffrent les populations de notre pays. Sans vouloir relancer une quelconque polémique d'avec le gouvernement de M Ismaïl Omar Guelleh, ont peut toutefois affirmer qu'il convient de changer ce que nous appelons "les mauvaises habitudes" instaurées bien avant 1999 pour inverser la tendance et redonner espoir comme volonté de construire sereinement un avenir meilleur par et pour toutes et tous, sans exception d'aucune sorte.

Les remèdes que propose le Gouvernement en Exil de Djibouti sont largement explicités dans le programme de gouvernement que nous avons établi il y a de cela 5 années.

Ce large programme n'est nullement figé mais évolutif en ce sens que chacun apporte sa pierre au quotidien dans la nécessaire œuvre en faveur de la construction nationale. Il est le fruit d'une longue réflexion à laquelle ont participé les membres des commissions du GED, des citoyens/citoyennes indépendants ou non de tout parti politique mais aussi et en toute confidentialité et avec grand sérieux des hauts fonctionnaires de l'État actuel qui souhaitent qu'émergent enfin de grands changements dans notre pays.

Les membres du Gouvernement en Exil ne sont pas forcément en situation d'exil ; ils sont aussi à Djibouti au sein même des institutions nationales, parfois jeunes retraités ou " bras cassés " de l'administration.

Du Canada en passant par les USA, l'Europe et ailleurs jusqu'à Djibouti, ce qui les unit c'est qu'ils tentent Tous d'influer favorablement sur les évolutions pour l'émergence d'une démocratie dans notre pays et se font discrets sur la scène politique mais non moins efficaces dans leur participation aux travaux du GED.

Ces propositions s'inscrivent donc dans une large volonté pour développer une politique commune prônant une meilleure utilisation, une répartition plus rationnelle - donc plus efficace - de l'argent public et de tous les moyens dont dispose l'État afin d'insuffler une nouvelle dynamique à la vie de Djibouti donc à ses populations. C'est aussi une évolution des consciences et des comportements qu'il convient d'accepter et d'encourager.

- Rejetez-vous toutes les initiatives prises par le gouvernement du président Guelleh ?.

Si c'est aux initiatives politiques auxquelles vous faites allusion ; d'évidence on ne peut que les refuser, les condamner et les dénoncer publiquement ; ce dont nous ne nous privons pas de faire notamment lors de nos entretiens avec les diplomaties étrangères.

En aucun moment ou de quelque manière que ce soit M ismaïl Omar Guelleh a fait preuve de bon sens ou d'un soupçon de considération à l'égard de l'opposition. De surcroît, comment voulez-vous féliciter et encourager un gouvernement qui vous envoie ses sbires pour tenter de vous contraindre, vous et votre famille à Djibouti ?.

Sauf à penser que M Ismaïl Omar Guelleh prenne véritablement un virage significatif - non dans les promesses mais dans les actes - et fasse preuve d'évidente sagesse politique, le Gouvernement en Exil maintiendra sa position de fermeté tout en ne refusant pas le dialogue. Pour autant qu'il ne soit pas vaines palabres et vaines promesses sans suite.

Pour ce qui concerne les initiatives prises sur le plan social ou économique, notre attitude est bien plus nuancée d'autant que le gouvernement Guelleh puise dans notre propre programme de gouvernement des points qui nous semblent importants de mettre oeuvre dès à présent . C'est dans leur mise en application que se situent les problèmes, pas dans les concepts de base. De plus, il a à sa disposition des cadres djiboutiens de haut niveau formés au plus grandes écoles occidentales mais aussi à l'école de l'apprentissage de la démocratie et qui le conseillent utilement mais - hélas - qu'il n'écoute pas ou si peu.

Nous avons grande confiance en ces nouvelles générations de cadres djiboutiens, qu'ils vivent à Djibouti ou soient en exil. L'avenir de notre pays et de ses populations ne se fera pas sans eux ou contre eux mais avec eux. Ils sont incontournables !, l'avenir me donnera raison.

Mais alors où se situe la difficulté ?.

Tout simplement sur la forme que prennent bon nombre d'initiatives gouvernementales que nous estimons pertinentes à l'initial mais qui hélas bien vite sont déviées de leur but pour subir les influences néfastes de la corruption, celles du clientélisme et de l'intérêt quasi exclusivement personnel.

C'est cette notion d'intégrité, du sens de l'Etat et d'ambition pour le progrès de notre république donc de ses populations que nous voulons imposer.

Pour ne prendre qu'un exemple. S'il est un point sur lequel nous sommes en accord avec le gouvernement de M Ismaïl Omar Guelleh c'est sans nul doute sur l'initiative de fond en faveur de la création de zones franches dans notre pays. Là où nous sommes en désaccord très marqué c'est dans la forme imposée qui - à notre sens - pénalise gravement les finances publiques et l'emploi des Djiboutiens et des Djiboutiennes.

Ce n'est pas ainsi que le nouveau gouvernement djiboutien va résoudre la crise tant économique que sociale et de l'emploi dans laquelle les populations de notre pays sont en situation de survivance.

- Dans son programme, le GED met l'accent sur la Participation entre Etat et Entreprises du secteur privé, que pouvez-vous nous dire sur ces points importants ?

Il convient tout d'abord de rappeler que nous concevons la relation État/Entreprises du secteur privé comme celles qui se voient confier par marché public l'exploitation des Établissements Publics Industriels ou Commerciaux (EPIC) sur la base incontournable d'une relation de Partenariat.

Ce Partenariat ne signifie pas collusion d'intérêts qui pénaliserait les Finances publiques. Le plus grand intérêt que va trouver l'État dans la création des Zones Franches - donc les populations de notre pays - c'est que chaque entreprise qui s'y installe - ou en un quelconque autre lieu dans le pays - se doit de procéder à l'embauche mais aussi définir et appliquer un plan de formation évolutive pour chaque employé.

L'accent doit être mis sur la création d'emploi au profit de notre jeunesse arrivant en fin de cycle de scolarité et ne disposant pas des connaissances et des qualifications professionnelles requises.

C'est avec cette préoccupation prioritaire de création d'emploi, de formation adaptée et évolutive tout au long de la vie professionnelle, que la Commission Éducation et Formation professionnelle du GED finalise un large dossier lancé sur mon initiative en 2003.

Le schéma directeur qui a été présenté il y a un mois au Conseil de gouvernement correspond sur l'essentiel à de grandes idées novatrices qui sont appliquées dans d'autres pays et ont le mérite d'y avoir produit des effets positifs et encourageants pour l'avenir.

Ce projet aura le mérite d'étudier chaque situation - au cas par cas - et de tendre à ne laisser aucun enfant sur le bord de la route du système éducatif et de formation professionnelle dans notre pays.

Ce dossier a été préparé, pour partie, par des enseignants djiboutiens en collaboration avec d'autres vivant à l'étranger - dont certains sont retraités - ayant acquis une très bonne expérience et tiré une leçon des échecs de systèmes chez nous comme ailleurs.

En ce qui concerne les métiers de l'aéronautique, des anciens militaires français ont grandement contribué dans ce domaine particulier à l'élaboration de projets diversifiés de formation et de maintien de compétences.

Dans ce domaine comme dans bien d'autres et pour ce qui concerne les Formations professionnelles techniques et les créations d'emplois, la Commission du GED - chargée de ce dossier - est allée chercher les savoir, savoir-faire et compétences de haut niveau là où ils se trouvaient.

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