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D380 - 19/07/05 - DJIBOUTI - Interview du président du Gouvernement en Exil de Djibouti, M Mahamoud Idriss Ahmed.

Commission Information.

 

Seconde partie et fin du long interview accordé par le président du Gouvernement en Exil de Djibouti, M Mahamoud Idriss Ahmed.

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- Dans son programme, le GED met l'accent sur la Participation entre État et Entreprises du secteur privé, que pouvez-vous nous dire sur ce point ? (suite)

Aujourd'hui, à Djibouti, on a l'impression d'être devant une situation de surpeuplement dans la capitale et de dépeuplement de l'arrière pays. Cette situation n'est en réalité que le reflet de l'existence d'une forme de système économique nébuleux en survivance car persistant que par et pour des images fallacieuses. Incapable de résorber la demande de travail sur le marché djiboutien, alors que Djibouti est un pays largement sous-peuplé par rapport à sa superficie et par rapport au nombre d'habitants au kilomètre carré sur l'ensemble du territoire national.

La démographie actuelle devient une puissance redoutable face à notre économie presque inexistante, pour le moins largement déficitaire dans sa balance des échanges commerciaux.

Pour inverser les choses ou équilibrer l'équation, il faut que cette puissance démographique entre en jeu et soit productive.

Nous savons qu'il y a des capitaux privés djiboutiens pouvant relever l'ensemble de ce défi ; ils ne doivent pas fuir vers Dubaï ou ailleurs. C'est au gouvernement de rassurer les investisseurs en définissant clairement et en respectant ses engagements de Partenariat.

La Participation c'est aussi et surtout une philosophie de la vie en société et certes pas une série de mesures techniques outils d'amélioration du fonctionnement de l'entreprise, de la fonction publique, de l'Éducation nationale et de la formation professionnelle ou de la ville. Les mesures de Participation sont le point de départ d'une construction plus vaste et plus ambitieuse, celle d'une transformation profonde de la vie du pays et de sa société car reposant sur une conception profondément différente de celles qui ont prévalu et qui se sont affrontées jusqu'alors à Djibouti.

Cette Participation et selon notre concept a la capacité de changer la société en se substituant à la logique d'affrontements qui préside aux rapports sociaux actuels et qui vont en s'aggravant.

C'est une logique délibérément volontariste de la coopération érigée en " principe fondamental de l'activité économique et sociale "

- quel pourrait-être l'apport du GED en matière de création d'emplois dès lorsqu'un Gouvernement d'Union Nationale serait constitué dans notre pays ?.

Premier constat, les résultats obtenus par les attachés commerciaux de nos ambassades à l'étranger en matière de prospection des investisseurs potentiels pour Djibouti sont nettement insuffisants pour ne pas dire inexistants. Il convient donc d'envisager une redéfinition du contenu et des priorités de ces postes d'attachés commerciaux et d'avoir une vision plus réaliste de cette mission de prospection avec un " contrat d'objectif ", forme d'obligation de résultat.

Dans cette perspective, la commission du GED - " Prospection auprès des investisseurs potentiels " - œuvre depuis des années et n'a pas attendu " d'être aux affaires " pour agir..

C'est ainsi qu'elle a localisé plus d'une trentaine d'entreprises importantes en Europe, ainsi qu'une cinquantaine plus modestes ; tout particulièrement en France, en Belgique en Allemagne et en Italie. Entreprises qui seraient susceptibles de transférer tout ou partie de leurs activités à Djibouti afin - et d'évidence - de s'ouvrir les marchés vers l'Afrique orientale et subsaharienne mais aussi vers le Moyen Orient par l'entremise de nos frères et voisins du Yémen.

Le travail effectué par ladite commission - que je remercie au passage pour l'efficacité dont elle a fait preuve et la qualité des dossiers, ce sans être rémunérée sous quelque forme que ce soit - s'est axé d'abord sur la définition de branches d'activités novatrices et d'avenir à prospecter sans pour cela qu'il y ait concurrence dans des secteurs d'activités déjà surchargés dans notre pays, tels que le bâtiment et les travaux publics.

Parmi ces investisseurs potentiels quelques entreprises procéderaient au montage de matériels sur place - à partir de pièces importées - ce qui devrait créer pour le moins et à court terme quelques centaines d'emplois exclusivement dans ce domaine particulier.

C'est une véritable " chasse " à l'investisseur et employeur potentiel qui a été menée ainsi et depuis l'année 2000.

Les négociations dirigées par le secrétaire général du GED ont permis - par la connaissance qu'il a du tissu économique dans ces pays - d'obtenir des engagements verbaux des investisseurs potentiels sur le principe. Engagements bien évidemment assujettis à une large étude de faisabilité sur le terrain, à Djibouti, car tout n'est pas résolu et notamment en matière d'approvisionnement en eau et en source d'énergie.

La seule véritable réserve soulevée lors de ces entretiens - et qui est de taille - a consisté pour ces investisseurs potentiels à différer toute perspective actuelle de visite à Djibouti sous un gouvernement dirigé par M Ismaïl Omar Guelleh.

Ce n'est pas la personnalité même d'Ismaïl Omar et le développement de certains affaires qui sont en jeu, c'est le type de justice et ses errements qui sont mis en cause dans bien des " Attendus " qu'elle prononce ; en dehors des règles commerciales, celles de la libre entreprise et des lois en matière de propriétés et des biens étrangers investis à Djibouti.

Nous avons là, l'une des grandes raisons justifiant le peu d'investissements étrangers à Djibouti en provenance des pays occidentaux et par conséquent l'une des causes de l'aggravation exponentielle des chiffres du chômage, tout particulièrement chez les jeunes.

Force est de constater que le combat mené pour l'investissement et la création d'emplois à Djibouti serait voué à l'échec si aucune initiative n'était prise pour améliorer considérablement l'image que donne notre pays vu de l'extérieur.

Pour changer cette vision que l'on peut avoir de Djibouti, il convient d'abord de restaurer la justice par des actes concrets et certes pas par des images fallacieuses ou des reportages orientés qui ne trompent personne.

- Certains dans l'opposition en exil expriment discrètement le souhait de la disparition du Gouvernement en Exil, que pouvez-vous nous dire sur ce sujet ?.

Souhaiter la disparition du GED c'est admettre son existence et le fait qu'il dérange fortement car constituant un obstacle à des visées pas forcément dans l'intérêt de Djibouti et de ses populations.

Le Gouvernement en Exil n'a pas vocation à faire du sectarisme ou à polémiquer avec quelques membres de la supposée opposition en exil ; laissons cela à d'autres qui ont ces aspirations à le faire, par dérèglement atavique ou congénital.

Néanmoins et si l'on tentait de transposer ces "quelques autres" dans l'épreuve cycliste du tour de France, on pourrait dire non sans un certain humour que le GED a toujours pédalé en tête du peloton de la véritable opposition en exil et attaqué les cols des diplomaties étrangères alors que "ces quelques autres" étaient et sont encore confortablement assis - ont le boire et le manger à foison - en espérant monter tous et en même temps à la première place sur le podium.

Le problème est qu'ils se pensent être déjà sur ledit podium sous les applaudissements de la foule alors que le vélo est rouillé, qu'il n'a plus de selle ni de guidon et qu'il ne font rien pour le réparer si ce n'est se faire "gonfler les pneumatiques" par des étrangers !.

La situation de réfugié politique ne devrait pas être, une fin en soi pour certains et une forme de métier ad vitam eternam. Le Gouvernement en Exil de Djibouti a quant à lui sa dignité et son principe de fonctionnement : il n'est aux ordres de personne.

Il est l'expression et la volonté des populations djiboutiennes et ne reçoit aucun subside d'un quelconque parti politique étranger aux desseins inavouables et qui dépassent le cadre de Djibouti ...

C'est aussi pour ces raisons que le GED a considérablement renforcé ses effectifs et la pluralité ethnique de ses composantes en quelques années. Il dispose d'une crédibilité certaine auprès des diplomaties du monde occidental et pourrait déranger certaines mauvaises consciences et petits esprits qui n'en ont pas trouvé jusqu'alors l'accés, ne serait-ce que la sortie de secours.

Je laisse à chacun la liberté d'analyse et de compréhension du contenu de ces quelques précédentes lignes.

- Pour ce futur gouvernement d'Union Nationale : chasse à la corruption ou chasse aux sorcières ou les deux …?

La grande révolution dans l'histoire de Djibouti telle que nous l'analyserons dans quelques années - si Allah nous prête vie - sera avant toute chose l'évolution de ceux et de celles qui sont résolus à être libres et se seront donnés les moyens de leurs ambitions pour y parvenir.

Je tiens à faire une parenthèse afin de rétablir certaines vérités et éviter tout amalgame qui n'aurait pas lieu d'être.

Nos hauts fonctionnaires comme nos magistrats ne sont pas dans leur majorité un ramassis d'incompétents et de cupides même si une minorité parmi eux - détenant des postes clés - se conforte dans des mauvaises habitudes. Ce sont ceux là qu'il convient de remettre dans le droit chemin et s'ils refusent de s'y conformer, alors il conviendra de les soumettre aux tribunaux ; pour autant que ces tribunaux jugent librement, en toute impartialité suivant les lois de la république et en leur âme et conscience.

Il n'est nullement question dans notre esprit d'une quelconque " chasse aux sorcières " lorsque le gouvernement d'Union Nationale sera constitué et s'exprimera pleinement dans notre république. Mais ce gouvernement se devra d'être ferme et montrer le bon exemple à suivre.

La leçon qu'il convient de retenir est que l'on ne conduit pas aux destinées des hommes et des femmes dont on a la charge en les faisant fuir devant soi. Mais bien au contraire il convient de montrer le bon chemin et de les faire suivre. Ils et elles vous suivront d'autant plus aisément que votre comportement sera celui d'un homme responsable et exemplaire.

- Peut-on considérer que le Gouvernement en Exil aurait pu avoir, ou pourrait avoir, des contacts avec le gouvernement de M Ismaïl Omar Guelleh ?

Lorsque les accords État/FRUD furent signés ne pensez-vous pas qu'il y eut des réunions préparatoires à la définition de ces accords. Telle sera ma réponse !.

J'ajouterai à cela. Plus que jamais il convient de faire preuve de lucidité au sein de l'opposition comme du pouvoir en place dans notre pays. Nous devons remplacer le communiqué de presse par une véritable ouverture au dialogue.

- Doit-on considérer que vous ne fermez pas la porte au possible dialogue avec le gouvernement de M Ismaïl Omar Guelleh ?.

Comment pourrait-on nous taxer de faire obstacle à toute discussion, au pluralisme d'expression des pensées et des opinions alors que c'est justement la pensée unique et ses effets désastreux que nous combattons en essayant de la ramener à la raison ?.

L'ignorance de l'autre mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. C'est de cela qu'à souffert trop longtemps notre pays alors que les entretiens politiques se sont trop souvent résumés à des "dialogues de sourds pour pensées muettes".

Comme nous l'avons dit, le Gouvernement en Exil de Djibouti a pour finalité d'assurer une transition apaisée et apaisante pour l'instauration d'un gouvernement largement représentatif dans la perspective de la succession au régime de M Ismaïl Omar Guelleh.

Nous avons placé le " ballon " dans son terrain politique et attendons de lui un geste fort, une démonstration de bon sens politique comme de sagesse ; non pas des promesses sans lendemain comme ce fut trop souvent le cas.

Pour conclure, je dirai que chaque jour qui se lève sur notre pays est l'aube d'un nouveau pas sur le chemin de l'évolution inéluctable, de la croissance de l'être et - qui sait ? - de la sagesse émergente du président Ismaïl Omar Guelleh pour que notre nation et ses enfants ne versent pas subitement un jour et une fois encore dans le chaos et dans les règlements de comptes...

 

Merci M le président pour cet interview.

 


Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

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