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Dernière modification : le 08-Sep-2005 11:54 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 412 - 08/09/05 - DJIBOUTI. La guerre est beaucoup plus qu'agression et conquête, c'est une suspension des contrôles de "civilisation", un déchaînement des forces de destruction de l'humain par le bestial et de tous les viols.

 

Aïcha Warsama Aïdid Goumati Houmed Gourad

 

Mais que dire lorsque la femme et l'enfant en sont les premières victimes sacrifiées sur l'autel de la barbarie humaine ? pourquoi et de quel droit tairait-on les viols et les meurtres perpétrés par quelques officiers sans honneur ni dignité aucune ou sur leur ordre ?.

LES LIEUX SONT AUSSI DES LIENS, ILS SONT NOTRE MÉMOIRE.

A Yoboki comme en d'autres lieux du pays Afar, les obus au phosphore tombèrent et frappèrent au hasard le juste - vieillards, femmes et enfants sans défense - alors que l'injuste se voyait barder de décorations et de promotion de pacotille pour avoir accompli de tels actes odieux.

QUAND LES MÉTHODES DE LA "FORCE PUBLIQUE" SONT DÉSHONNEUR POUR QUELQUES UNS.


Qu'ils soient perpétrés en temps de paix ou en temps de guerre, qu'ils soient exercés par des hommes sur des femmes d'une autre ethnie - originaires du pays ou en situation de réfugiées - sur des femmes qui leurs sont subordonnées ou sur les épouses de militaires subordonnés - donc sur lesquels/lesquelles ils ont une autorité directe ou indirecte -, les viols et violences sexuelles constituent indubitablement des atteintes graves à l'intégrité physique et mentale des victimes et sont même, selon la Commission Justice et Liberté publique du GED, l'un des pires moyens d'atteinte à l'intégrité de la victime, puisque cette dernière est doublement attaquée: dans son intégrité physique et dans son intégrité morale.

Pour ce qui concerne les viols commis lors du conflit FRUD/État djiboutien, au vu de l'ensemble des éléments de preuve qui lui ont été présentés, ladite Commission est convaincue que les actes de viols et de violences sexuelles furent exclusivement dirigés contre les femmes Afars. Ces femmes ont été très nombreuses à être soumises publiquement aux pires humiliations, mutilées et violées, souvent à plusieurs reprises, parfois en public et souvent par plus d'un assaillant. Ces viols avaient pour effet de tenter d'anéantir physiquement et psychologiquement les femmes concernées, leur famille et leur communauté. La violence sexuelle faisait partie intégrante du processus de destruction particulièrement dirigé contre les femmes et ayant contribué de manière spécifique à leur anéantissement et à celui du groupe Afar considéré comme tel.

Durant ce conflit entre le FRUD et l'État djiboutien d'alors, les viols des femmes Afars avaient un caractère systématique, dirigés contre l'ensemble des femmes Afars et elles seulement.

Dans le cadre de la campagne de propagande lancée à cette époque - notamment par Moumin Bahdon Farah - pour mobiliser les Issas contre les Afars, les femmes Afars ont fait l'objet d'une utilisation sexuelle. En effet, il a par exemple été rapporté que, avant d'être violées et tuées, certaines d'entre elles été forcées de se déshabiller et ont subi des brimades et sévices sexuelles dont celles qui en ont réchappées n'osent pas décrire tant les séquelles sont gravissimes et constituent encore de nos jours de lourdes atteintes psychologiques et physiques dont elles en portent encore les stigmates.

Dans l'esprit des propagandistes de l'époque mis en accusation - dont l'actuel Général Zakaria sous chef des Forces Armées Djiboutiennes - la violence sexuelle était une étape dans le processus de destruction du groupe Afar tendant à le chasser du territoire de la République de Djibouti ; par destruction de son moral, de la volonté de vivre de ses membres, et de leurs vies elles-mêmes.

Sur la base des nombreux témoignages qui lui ont été présentés, la Commission Justice et Liberté publique du GED estime que, dans la majorité des cas, les viols de femmes ont été accompagnés dans certains cas précis de l'intention de tuer ces femmes afin d'éviter toute possibilité de témoignage ultérieur. En ce sens, il apparaît clairement que les viols et violences sexuelles correspondaient, au même titre que d'autres atteintes graves à l'intégrité physique et mentale commises à l'encontre des Afars, à la volonté de faire souffrir et mutiler avant même de les tuer, dans le dessein de détruire le groupe Afar tout en faisant terriblement souffrir ses membres.


LE GÉNÉRAL ZAKARIA MIS OUVERTEMENT EN ACCUSATION SUR LE PLAN INTERNATIONAL.

 


Les viols perpétrés à cette époque faisaient suite à d'autres actes réalisés par quelques militaires de haut rang qui faisant usage de leurs privilèges et grades. Ces actes étant ponctuels et le fait de quelques uns qui ont exercé d'odieuses pressions.

Le cas de ce témoin - ex Sergent Chef féminin des FAD d'origine Afar et chassée depuis de l'Armée pour refus de céder aux " exigences " de l'actuel Général Zakaria - est l'un des exemples de ce que nous avançons.

Cette femme - comme hélas bien d'autres - s'est réfugiée quant à elle en territoire Afar en Éthiopie, elle subit depuis cette époque une situation de précarité et indirectement des pressions afin qu'elle se taise alors que son honneur de femme et de sous officier a été bafoué.

Elle exige condamnation de l'auteur comme réparation des préjudices subis mais aussi réintégration dans ses droits de sous officier pour avoir été injustement chassée de l'Armée djiboutienne.


 

LES PROBLÈMES D'ORDRE MÉDICAL ET PSYCHOLOGIQUE DES FEMMES VIOLÉES.

Les femmes violées présentent souvent des blessures qui peuvent avoir de graves répercussions sur leur système reproductif.
Les femmes enceintes à la suite d'un viol souffrent de complications avant, pendant et après l'accouchement, à cause de leurs blessures.
Même lorsque les victimes n'ont pas subi de graves lésions physiques, le manque d'hygiène et de produits de soin accroît le risque d'infection.
Par ailleurs, la plupart des femmes connaissent de graves problèmes psychologiques et souffrent de la réprobation de la société et de l'absence de soutien de leurs proches.
A Djibouti, on pratique encore de nos jours des mutilations génitales féminines (excision, infibulation). Cela augmente le risque de blessure pendant le viol et, par conséquent, celui de contracter le virus du sida ou une autre maladie sexuellement transmissible.

L'OSTRACISME.

Les victimes sont en proie à la honte et au déshonneur.

La plupart n'osent pas parler de viol et cherchent refuge loin de leur famille et de leurs proches. Parmi tant d'autres, le cas de cette jeune Femme djiboutienne " A.. ", réfugiée à Bruxelles, doit être mentionnée. Elle avoue aujourd'hui avoir perdu sa virginité lors d'un viol perpétré par un " officier djiboutien de haut rang " et ne plus être en mesure d'accepter le contact physique d'un homme. Fuyant la République de Djibouti et son tortionnaire elle sait que son témoignage devant un quelconque tribunal mettrait en danger sa famille demeurant encore à Djibouti.

Les grossesses consécutives aux viols : un enfant né d'un viol est presque toujours perçu comme "la progéniture du déshonneur", un "enfant à rejeter" et qui sera systématiquement abandonné à sa naissance.

LES CONSÉQUENCES SOCIALES ET ÉCONOMIQUES

Les femmes mariées risquent la répudiation, et celles qui ne le sont pas auront de grandes difficultés à trouver un époux, leur communauté les jugeant " souillées à vie ".
Lorsqu'elles se trouvent privées de la " protection " et du soutien matériel traditionnellement assurés par les hommes, les femmes violées deviennent particulièrement vulnérables d'un point de vue social et économique.

MARIAGES PRÉCOCES.

Les parents qui se trouvent dans des camps de réfugiés à Djibouti craignent de ne pas pouvoir " contrôler " leurs filles et ils essaient de les marier rapidement, pour sauver l'honneur de la jeune fille et de sa famille.

LA FEMME CHEF DE FAMILLE

En l'absence des hommes et dans les camps de réfugiés, les femmes doivent subvenir seules aux besoins de la famille.
Leurs enfants courent plus de risques de souffrir de malnutrition, des maladies, et souvent ces femmes ou leurs filles sont contraintes de se prostituer pour survivre.

 

LES VIOLS A L'ÉGARD DES FEMMES RÉFUGIÉES OU EMPRISONNÉES DOIVENT CESSER.

Loin de nous l'intention malsaine et condamnable de prêcher la haine ou de l'entretenir en rappelant les faits dont nul ne saurait contester la véracité. Mais qui pourrait nous condamner de dire des vérités sur le plan international, de démystifier et d'exiger la reconnaissance par l'État - et commis en son nom à l'époque de la guerre FRUD/État - de crimes odieux et d'en demander le pardon à toutes les populations djiboutiennes.

Il ne suffit pas d'effectuer le saint pèlerinage à la Mecque pour implorer le pardon d'Allah le Miséricordieux car ce serait bien trop facile.

 

Quand l'humain ne veut plus faire de faute aussi grave, le Repentir officiel de celles qu'il a faites apaise son âme, et lui sert de lumière pour n'en plus commettre


 

 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.

Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

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