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D
412 - 08/09/05 - DJIBOUTI. La guerre est beaucoup
plus qu'agression et conquête, c'est une suspension des contrôles
de "civilisation", un déchaînement des forces de destruction
de l'humain par le bestial et de tous les viols.
Aïcha Warsama Aïdid
Goumati Houmed Gourad
Mais
que dire lorsque la femme et l'enfant en sont les premières victimes sacrifiées
sur l'autel de la barbarie humaine ? pourquoi et de quel droit tairait-on les
viols et les meurtres perpétrés par quelques officiers sans honneur
ni dignité aucune ou sur leur ordre ?.
LES
LIEUX SONT AUSSI DES LIENS, ILS SONT NOTRE MÉMOIRE.
A
Yoboki comme en d'autres lieux du pays Afar, les obus au phosphore tombèrent
et frappèrent au hasard le juste - vieillards, femmes et enfants sans défense
- alors que l'injuste se voyait barder de décorations et de promotion de
pacotille pour avoir accompli de tels actes odieux.
QUAND
LES MÉTHODES DE LA "FORCE PUBLIQUE" SONT DÉSHONNEUR POUR
QUELQUES UNS.


Qu'ils
soient perpétrés en temps de paix ou en temps de guerre, qu'ils
soient exercés par des hommes sur des femmes d'une autre ethnie - originaires
du pays ou en situation de réfugiées - sur des femmes qui leurs
sont subordonnées ou sur les épouses de militaires subordonnés
- donc sur lesquels/lesquelles ils ont une autorité directe ou indirecte
-, les viols et violences sexuelles constituent indubitablement des atteintes
graves à l'intégrité physique et mentale des victimes et
sont même, selon la Commission Justice et Liberté publique du GED,
l'un des pires moyens d'atteinte à l'intégrité de la victime,
puisque cette dernière est doublement attaquée: dans son intégrité
physique et dans son intégrité morale.
Pour
ce qui concerne les viols commis lors du conflit FRUD/État djiboutien,
au vu de l'ensemble des éléments de preuve qui lui ont été
présentés, ladite Commission est convaincue que les actes de viols
et de violences sexuelles furent exclusivement dirigés contre les femmes
Afars. Ces femmes ont été très nombreuses à être
soumises publiquement aux pires humiliations, mutilées et violées,
souvent à plusieurs reprises, parfois en public et souvent par plus d'un
assaillant. Ces viols avaient pour effet de tenter d'anéantir physiquement
et psychologiquement les femmes concernées, leur famille et leur communauté.
La violence sexuelle faisait partie intégrante du processus de destruction
particulièrement dirigé contre les femmes et ayant contribué
de manière spécifique à leur anéantissement et à
celui du groupe Afar considéré comme tel.
Durant
ce conflit entre le FRUD et l'État djiboutien d'alors, les viols des femmes
Afars avaient un caractère systématique, dirigés contre l'ensemble
des femmes Afars et elles seulement.
Dans
le cadre de la campagne de propagande lancée à cette époque
- notamment par Moumin Bahdon Farah - pour mobiliser les Issas contre les Afars,
les femmes Afars ont fait l'objet d'une utilisation sexuelle. En effet, il a par
exemple été rapporté que, avant d'être violées
et tuées, certaines d'entre elles été forcées de se
déshabiller et ont subi des brimades et sévices sexuelles dont celles
qui en ont réchappées n'osent pas décrire tant les séquelles
sont gravissimes et constituent encore de nos jours de lourdes atteintes psychologiques
et physiques dont elles en portent encore les stigmates.
Dans
l'esprit des propagandistes de l'époque mis en accusation - dont l'actuel
Général Zakaria sous chef des Forces Armées Djiboutiennes
- la violence sexuelle était une étape dans le processus de destruction
du groupe Afar tendant à le chasser du territoire de la République
de Djibouti ; par destruction de son moral, de la volonté de vivre de ses
membres, et de leurs vies elles-mêmes.
Sur
la base des nombreux témoignages qui lui ont été présentés,
la Commission Justice et Liberté publique du GED estime que, dans la majorité
des cas, les viols de femmes ont été accompagnés dans certains
cas précis de l'intention de tuer ces femmes afin d'éviter toute
possibilité de témoignage ultérieur. En ce sens, il apparaît
clairement que les viols et violences sexuelles correspondaient, au même
titre que d'autres atteintes graves à l'intégrité physique
et mentale commises à l'encontre des Afars, à la volonté
de faire souffrir et mutiler avant même de les tuer, dans le dessein de
détruire le groupe Afar tout en faisant terriblement souffrir ses membres.
LE
GÉNÉRAL ZAKARIA MIS OUVERTEMENT EN ACCUSATION SUR LE PLAN INTERNATIONAL.



Les
viols perpétrés à cette époque faisaient suite à
d'autres actes réalisés par quelques militaires de haut rang qui
faisant usage de leurs privilèges et grades. Ces actes étant ponctuels
et le fait de quelques uns qui ont exercé d'odieuses pressions.
Le
cas de ce témoin - ex Sergent Chef féminin des FAD d'origine Afar
et chassée depuis de l'Armée pour refus de céder aux "
exigences " de l'actuel Général Zakaria - est l'un des exemples
de ce que nous avançons.
Cette
femme - comme hélas bien d'autres - s'est réfugiée quant
à elle en territoire Afar en Éthiopie, elle subit depuis cette époque
une situation de précarité et indirectement des pressions afin qu'elle
se taise alors que son honneur de femme et de sous officier a été
bafoué.
Elle
exige condamnation de l'auteur comme réparation des préjudices subis
mais aussi réintégration dans ses droits de sous officier pour avoir
été injustement chassée de l'Armée djiboutienne.

LES
PROBLÈMES D'ORDRE MÉDICAL ET PSYCHOLOGIQUE DES FEMMES VIOLÉES.
Les
femmes violées présentent souvent des blessures qui peuvent avoir
de graves répercussions sur leur système reproductif.
Les femmes
enceintes à la suite d'un viol souffrent de complications avant, pendant
et après l'accouchement, à cause de leurs blessures.
Même
lorsque les victimes n'ont pas subi de graves lésions physiques, le manque
d'hygiène et de produits de soin accroît le risque d'infection.
Par
ailleurs, la plupart des femmes connaissent de graves problèmes psychologiques
et souffrent de la réprobation de la société et de l'absence
de soutien de leurs proches.
A Djibouti, on pratique encore de nos jours des
mutilations génitales féminines (excision, infibulation). Cela augmente
le risque de blessure pendant le viol et, par conséquent, celui de contracter
le virus du sida ou une autre maladie sexuellement transmissible.
L'OSTRACISME.
Les
victimes sont en proie à la honte et au déshonneur.
La
plupart n'osent pas parler de viol et cherchent refuge loin de leur famille et
de leurs proches. Parmi tant d'autres, le cas de cette jeune Femme djiboutienne
" A.. ", réfugiée à Bruxelles, doit être
mentionnée. Elle avoue aujourd'hui avoir perdu sa virginité lors
d'un viol perpétré par un " officier djiboutien de haut rang
" et ne plus être en mesure d'accepter le contact physique d'un homme.
Fuyant la République de Djibouti et son tortionnaire elle sait que son
témoignage devant un quelconque tribunal mettrait en danger sa famille
demeurant encore à Djibouti.
Les
grossesses consécutives aux viols : un enfant né d'un viol est presque
toujours perçu comme "la progéniture du déshonneur",
un "enfant à rejeter" et qui sera systématiquement abandonné
à sa naissance.
LES
CONSÉQUENCES SOCIALES ET ÉCONOMIQUES
Les
femmes mariées risquent la répudiation, et celles qui ne le sont
pas auront de grandes difficultés à trouver un époux, leur
communauté les jugeant " souillées à vie ".
Lorsqu'elles
se trouvent privées de la " protection " et du soutien matériel
traditionnellement assurés par les hommes, les femmes violées deviennent
particulièrement vulnérables d'un point de vue social et économique.
MARIAGES
PRÉCOCES.
Les
parents qui se trouvent dans des camps de réfugiés à Djibouti
craignent de ne pas pouvoir " contrôler " leurs filles et ils
essaient de les marier rapidement, pour sauver l'honneur de la jeune fille et
de sa famille.
LA
FEMME CHEF DE FAMILLE
En
l'absence des hommes et dans les camps de réfugiés, les femmes doivent
subvenir seules aux besoins de la famille.
Leurs enfants courent plus de risques
de souffrir de malnutrition, des maladies, et souvent ces femmes ou leurs filles
sont contraintes de se prostituer pour survivre.
LES
VIOLS A L'ÉGARD DES FEMMES RÉFUGIÉES OU EMPRISONNÉES
DOIVENT CESSER.
Loin
de nous l'intention malsaine et condamnable de prêcher la haine ou de l'entretenir
en rappelant les faits dont nul ne saurait contester la véracité.
Mais qui pourrait nous condamner de dire des vérités sur le plan
international, de démystifier et d'exiger la reconnaissance par l'État
- et commis en son nom à l'époque de la guerre FRUD/État
- de crimes odieux et d'en demander le pardon à toutes les populations
djiboutiennes.
Il ne suffit
pas d'effectuer le saint pèlerinage à la Mecque pour implorer le
pardon d'Allah le Miséricordieux car ce serait bien trop facile.
Quand
l'humain ne veut plus faire de faute aussi grave, le Repentir officiel de celles
qu'il a faites apaise son âme, et lui sert de lumière pour n'en plus
commettre

Secrétariat
général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
50
Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.
Téléphone
et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.
exildj@gouv-exil.org