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Dernière modification : le 15-Sep-2005 7:56 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 416 - 15/09/05. SOMALIE - "Président sans pouvoir d'un pays sans État cherche capitale libre de tout chef de guerre, d'influence et de trafiquants externes, pour installer gouvernement provisoire". Abdullahi Yusuf Ahmed aurait pu passer cette petite annonce....

M Ahmed Abdi

 

DÉCONFITURE A ARTA.

La conférence d'Arta, ouverte le 22 septembre 1999, à Djibouti, sous l'égide du président Ismaïl Omar Guelleh nouvellement autoproclamé, donna après d'interminables discussions un très hypothétique chef à la Somalie comme l'histoire va le démontrer.

L'affaire fut particulièrement confuse, mais les discussions dans la relative fraîcheur sur les collines d'Arta avaient accouché, le 2 mai 2000, d'une Conférence nationale de paix, à laquelle participaient des politiciens somaliens, des chefs traditionnels, des représentants de la société civile et des intellectuels de la diaspora.

Cette supposée Conférence fit le pari de la conciliation entre clans adverses. Avec ses 900 délégués, elle constituait, le 13 août 2000, le premier parlement somalien depuis la chute du régime de Syad Barré en janvier 1991.

Manquaient à l'appel, outre les irréductibles voisins du Somaliland, les seigneurs de la guerre, qui déclarèrent tenir ce Parlement et le gouvernement qui en était issu pour une pure fiction. Le Parlement accorda ses suffrages à un homme peu connu, et qui le restera dans l'histoire du pays, Abdul Qassem Salat - mis en place et soutenu financièrement par le président Guelleh et qui sera élu président de Somalie pour quatre ans, le 25 août 2000.

 

A la tête d'un gouvernement fantoche, il réussira, après bien des contorsions et grâce à ses affiliations claniques, à s'installer dans un quartier de Mogadiscio, ce qui montre qu'il n'était pas dépourvu de qualités manoeuvrières. Mais au-delà des quelques arpents sur lesquels il partageait son pouvoir avec le clan des Hawye, il ne compta pour rien en rien. A Arta, les manigances d'Ismaïl Omar lui avait offert un sceptre sans gloire ni pouvoir, et ne sachant faire fructifier ses maigres atouts, il resta le plus irresponsable des chefs d'États. Il échoua à faire revenir la Somalie aux Nations Unies. Il n'a pas réussi à entamer le dialogue avec le Somaliland, dont les dirigeants restent totalement fermés à toute idée d'un retour dans la grande Somalie.

 

 

Salat laissa passer sa chance, et ne sut pas mettre au pas les prédateurs dont il avait peut être mal mesuré l'indépendance absolue et qu'Ismaïl Omar Guelleh avait refusé d'inviter à Arta. Bien mal élu, Abdul Qassem Salat présida aux destinées d'un gouvernement transitoire sans pouvoir et contesté, et qui fut officiellement reconnu comme tel par quelques pays du voisinage, du 27 août 2000 au 14 octobre 2004, date à laquelle il s'effacera devant Abdullahi Yusuf Ahmed.

Salat, ancien ministre du régime de Syad Barre, avait composé un temps avec son premier ministre, Hassan Abshir Farah, puis s'en était écarté. Le meilleur moyen qu'il avait trouvé de s'en débarrasser avait été de ne plus former de nouveau gouvernement à la date échue, en août 2003. Devenu président dénué de tout, même d'un cabinet, il se présenta aux élections de Nairobi en 2004 et ne parvint pas à passer le premier tour. Il a quitté ses fonctions sur la pointe des pieds et bien peu se rappelle de lui … jusqu'à oublier son nom.

Si son remplacement par Abdullahi Yusuf Ahmed est effectif, le nouveau président de la Somalie a toutes les peines du monde à obtenir que l'ordre soit rétabli à Mogadishio pour y installer enfin son gouvernement. Les Somaliens, que la pauvreté et les rivalités de chefs de clans ont épuisés, sauront-ils lui inspirer une conduite digne de leur triste condition? Si le terme de chaos s'impose souvent dans les descriptions de la Somalie, il ne faut pas mésestimer le goût des Somaliens pour l'anarchie : au sens strict ; ils n'aiment pas l'État.

 

Les trafics d'Armes et de munitions à destination de la Somalie vont bon train.

 

 

A ceci s'ajoute le fait que les trafics en tous genres et particulièrement d'armes vers le sud du pays ont repris de plus belle malgré l'embargo imposé par l'ONU.
Témoin l'épisode qui s'est déroulé il y a de cela une trentaine de jours au large des côtes de Djibouti.

Les forces navales US ont poursuivi puis coulé un navire transportant une importante cargaison d'armes et de munitions recouvertes de centaines de cartons de cigarettes qui étaient à destination de la Somalie.

Le naufrage du navire s'étant passé au large des côtes entre Loyada et Doraleh, ce sont des centaines de milliers de paquets de cigarettes qui ont été rejetés par les flots sur les plages - notamment de la capitale - et qui ont fait le bonheur des Djiboutiens, des demandeurs d'emplois et des réfugiés qui ont " élu domicile " sur la côte et qui ont profité de l'aubaine pour s'approvisionner en cigarettes et ce à moindre de coût car il suffisait de se baisser pour les ramasser sur certaines plages.

L'affaire fut passée sous silence malgré et certainement par ce que les commanditaires de ce trafic d'armes, de munitions et de cigarettes qui y ont perdu leurs cargaisons ne sont autres qu'Abdourahman Boreh associé à Ismaïl Omar Guelleh dans cette opération.

Selon l'entourage du Colonel Mahdi Cheik Moussa, M.Elmi Osman, l'ex-directeur des contributions indirectes a été arrêté et incarcéré à Gabode pour la raison qu'il serait impliqué dans ce trafic de cigarettes, d'armes et de munitions. Trafics qui transitent depuis belle lurette par le Port Autonome et International de Djibouti (PAID). L'homme en saurait beaucoup trop ce qui justifierait le fait qu'il ait été immédiatement " écarté ", pour le moins temporairement … afin de ne pas faire de " vagues " et surtout d'éviter qu'il n'ait l'idée saugrenue de se mettre à table devant les enquêteurs US - chassant les hommes du mouvement somalien Al-Ittihad al-Islami (l'un des relais d'Al-Qaïda) - en dénonçant ses commanditaires, donneurs d'ordres et …associés.

Le fait est que la gendarmerie aurait effectuée l'enquête préliminaire en perquisitionnant son domicile où - dans un premier temps - elle y aurait trouvé pas moins de 125 millions de FD en or et plus de 50 millions de FD en argent liquide ce qui donne une indication sur l'ampleur de ces trafics qui perdurent depuis des années.

 

Dormons en paix ! rien d'important ne se passe à Djibouti ….

 

 

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