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D
418 - 16/09/05 - DJIBOUTI - La
bonne gouvernance - Concept et principes de gouvernement.
M Abdourahman Yassin.
Chargé
des Finances et de la planification.

Comment
restaurer la confiance des investisseurs étrangers comme locaux qui
ont fui et continuent de fuir notre pays ?.
LA
BONNE GOUVERNANCE
La bonne gouvernance est devenu depuis les
années 80 une sorte de mot-clé du développement international
et il est censé être appliqué à tous les secteurs d'activités,
qu'ils soient publics ou privés.
Ce
concept a émergé au moment où la mise en uvre des programmes
d'ajustement structurel posait de sérieuses difficultés, diagnostiquées
comme des erreurs dans la gestion des affaires publiques, imputables à
l'impondérabilité, au paternalisme et au manque de transparence
des gouvernements.
Manque
de transparence des gouvernements nous paraît être une expression
globale un peu faible et par trop facile car ménageant les susceptibilités
et la " morale ".
Alors
parlons vrai, affirmons donc et clairement " corruptions actives et passives
", " détournements de biens et de fonds publics nationaux comme
d'aides internationales ", comme ce fut et reste encore le cas à Djibouti
; véritable "sports nationaux"... mais sans cartons rouges !!!.
L'initiative
de définir le contenu d'une bonne gouvernance au niveau d'un pays en revient
à la Banque mondiale qui a donc défini cette gouvernance comme la
manière dont est exercé le pouvoir pour gérer les ressources
économiques et sociales d'un pays en vue de son développement qui
était synonyme - dans l'esprit comme dans la lettre - d'une gestion économique
saine.
En
réponse aux nombreuses critiques de la communauté internationale
du développement, qui reprochaient aux réformes structurelles dirigées
du haut vers le bas de conduire à un vide institutionnel au lieu de mobiliser
les " potentialités d'autopromotion de la société ",
le Comité d'aide au développement de l'OCDE a créé
il y a quelques années un groupe de travail sur le développement
participatif et la bonne gouvernance. Liant la bonne gouvernance au développement
participatif, aux droits de l'homme et à la démocratisation, et
identifiant le respect des lois, à la gestion du secteur public, à
la lutte contre la corruption et à la réduction des dépenses
excessives de l'État comme des dimensions importantes de la bonne gouvernance
(OCDE/CAD, 1995).
Les
activités de l'État peuvent se situer à différents
niveaux d'intervention
Le
sens donné par le Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD) dès 1997, à la notion de bonne gouvernance reflète
l'acception changeante du rôle relatif de l'État :
"
A savoir que la gouvernance peut être considérée comme l'exercice
des pouvoirs économique, politique et administratif pour gérer les
affaires des pays à tous les niveaux".
Elle
comprend les mécanismes, procédés et institutions par les
lesquels les citoyens et leurs groupes articulent leurs intérêts,
exercent leurs droits légaux, remplissent leurs obligations et gèrent
leurs différences.
La
bonne gouvernance est donc, parmi d'autres choses, participative, transparente
et responsable ; de même qu'elle est efficace, équitable, et qu'elle
fait la promotion du cadre de la loi
et qu'elle s'appuie sur trois piliers
essentiels dans son fonctionnement, à savoir :
-
économique,
-
politique,
-
administratif
Elle
englobe l'Etat, mais le transcende en incluant d'évidence le secteur privé
et les organisations de la société civile.
L'OMS
a adhéré en 1998 à l'approche faite par le PNUD, mais elle
est allée un peu plus loin, en insistant sur la participation responsable
et sur des résultats sectoriels équitable et durables.
-
L'administration générale de la santé dans un pays est l'essence
même d'un bon gouvernement.
En
matière de santé, la bonne gouvernance est la participation responsable
de ceux qui sont concernés par la formulation et le déploiement
des politiques, des programmes et des pratiques conduisant à des systèmes
de santé équitables et durables.
Un
récent Rapport sur la santé dans le monde fut consacré aux
systèmes de santé et il présentait pour la première
fois un indice de performance des systèmes de santé nationaux.
Il
approfondit les questions de gouvernance dans le secteur de la santé et
lance le concept d'administration générale, qui signifie que ce
sont les gouvernements qui sont " responsables en premier ressort du bien-être
de leurs citoyens dont ils doivent prendre le plus grand soin.
Dans chaque
pays, elle consiste à mettre en place le système de santé
le plus efficace et le plus équitable possible.
-
La santé de la population doit toujours constituer une priorité
nationale dans un pays.
La
responsabilité qui en incombe aux gouvernements est permanente, et ce sont
les ministres de la santé qui assument une large part de l'administration
générale des systèmes de santé " (OMS, 2000).
La
manière dont le ministre de la santé exerce ces pouvoirs aura des
incidences sur le développement des différentes organisations constituant
le système de santé.
-
La notion d'administration générale implique l'exercice par l'État
de pouvoirs réglementaires vis-à-vis du secteur privé et
des organisations de la société civile.
Face
à l'État, c'est-à-dire à sa hiérarchie, différentes
formes de pilotage et de contrôle prédominent dans le secteur privé
- qui sont les règles du marché - et dans les organisations à
but non lucratif de la société civile - la solidarité nationale
- qui ne doit pas être un vain mot mis à toutes les sauces et de
plus une absence de solidarité équitable sur le terrain.
Les
positions des grandes organisations internationales ont convergé ces dernières
années. La Banque mondiale a elle aussi adopté une conception de
la bonne gouvernance plus large et plus politique.
Les
principes ont également été inclus dans des accords internationaux
entre donateurs et pays partenaires.
Par exemple, l'accord de partenariat
ACP-UE comporte un engagement explicite à observer les principes de la
bonne gestion des affaires publiques.
Au
sens où on l'entend couramment, la bonne gouvernance comporte toujours
les éléments essentiels suivants : centrée
sur l'homme, équité, responsabilité, transparence, consultation
et participation à la planification et à la prise de décisions,
gestion efficace et efficiente des affaires publiques et participation de la société
civile.
Autrement
dit,
-
elle défend la cause des pauvres et a conscience du genre,
-
elle tire sa légitimité de processus participatifs,
-
elle s'efforce de lutter efficacement contre la corruption et se donne les moyens
de ses ambitions,
-
elle est administrativement responsable,
-
elle utilise les ressources efficacement et rationnellement et encourage la participation
active du secteur privé et de la société civile pour s'opposer
aux intérêts acquis et aux privilèges.

Djibouti actuel "la mal gouvernance"
dans un État à la dérive et à fort endettement par
habitant. État qui ne survit que par et pour les corruptions de haut niveau.
Parler
de " bonne gouvernance " au niveau du gouvernement actuel, dirigé
par M Ismaïl Omar Guelleh à Djibouti, ce serait ne pas prendre en
considération les réalités flagrantes d'un État miné
par toutes les corruptions, les passe droits, les monopoles instaurés dans
un secteur privé où - par l'absence de règles du marché
comme la pression fiscale suivant la méthode " à la tête
du client " ou en fonction des besoins financiers de la présidence
- plus de 51 % des commerces ont fermé leurs portes en 2002 alors que ces
cessations d'activités ce sont accentuées en 2003 et bien plus en
2004 pour quasiment laminer ledit secteur privé.
Ajoutons
à cela que le gouvernement actuel est dans l'incapacité de ralentir
le chômage mais qu'il génère chaque trimestre des centaines
de pertes d'emplois.

Dans
le programme de futur gouvernement d'union nationale, les diverses Commissions
du Gouvernement en Exil ont défini en commun un certain nombre de règles
en faveur d'une bonne gouvernance.
Sans
entrer dans le détail, globalement cette bonne gouvernance serait :
Participative
- Un volet spécifique dudit programme de gouvernement met
en évidence la Participation de tous les acteurs économiques, locaux
comme investisseurs étrangers.
Durable
et Évolutive - Avec un suivi en temps réel et des paliers
évolutifs d'amélioration.
Légitime
et acceptable pour la population - Allégement des charges pour les
couches de populations les plus démunies.
Transparente
- Au niveau de l'État et de ses partenaires économiques.
Favorisant
l'équité et l'égalité - Un élargissement
de l'assiette fiscale permettant un équilibre des recettes tout en respectant
l'équité et l'égalité de traitement en fonctions des
ressources.
Capable
de développer les ressources et des méthodes de gouvernance
- Innover dans les secteurs d'activités existants ou a créer, un
État et des hauts fonctionnaires aptes à faire évoluer le
système.
Favorisant
l'équilibre entre les genres.
Tolérer et accepter des
points de vue divers - Susciter un nouveau dynamisme et de nouvelles idées
et bénéficier d'une grande variété d'opinions et d'expériences
qui enrichiront ses échanges et la prise de décisions de l'État.
Capable
de mobiliser les ressources à des fins sociales - Mise en application
de la Solidarité nationale, création de fonds d'interventions sociaux.
Renforçant
les mécanismes autochtones - S'appuyer sur les spécificités
locales et participatives.
Se
conformant à la loi - Respect des lois, du Droit Commercial,
de la propriété
etc avec une Justice intègre et responsable.
Utilisant
de manière rationnelle et efficace les ressources - Lutte ferme
et efficace contre toutes les corruptions, trafics d'influence et autres. Engendrant
et suscitant le respect et la confiance entre partenaires économiques.
Responsable.
Capable de définir des solutions nationales et de les prendre en charge
Responsabiliser et faciliter - Rôle des Chambres régionales de
Commerce et d'Industrie. Investissements personnels, Responsabilisation des Agents
et Fonctionnaires de l'État, plans de carrières cohérents,
salaires, primes et promotions au mérite.
Enfin,
Régulant plus qu'elle ne contrôlerait.

Conclusion
D'une
bonne gouvernance, il résulterait un État djiboutien plus solide
et à l'autorité reconnue, se démarquant par son ouverture
d'esprit et son sens de la responsabilité. État qui serait davantage
en mesure de composer avec le changement, d'enrichir les grands bienfaits procurés
à la communauté et d'éviter les crises économique,
sociale et politique ; pour le moins d'en minimiser les impacts.
Les
partenariats et les collaborations État/Investisseurs du secteur privé
devraient engendrer sans cesse de nouvelles idées et davantage de dynamisme
et, souvent, un plus grand bassin de ressources.

Secrétariat
général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
50
Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.
Téléphone
et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.
exildj@gouv-exil.org