


http://www.gouv-exil.org/


D
419 - 19/09/05 - DJIBOUTI - La
paranoïa ou la folie suicidaire ?.
M
Abdillahi Bakal.
Comme
chacun le sait à Djibouti comme ailleurs, le Général Zakaria,
n'est pas un enfant de chur en particulier ceux qui ont servi sous ses ordres,
quelque soit leur grade
et qui ont eu à subir, disons, ses violences
et ses excès de caractère peuvent en témoigner.
Violences
et excès qu'il se permet d'imposer aux autres alors qu'il est passé
- subitement et par la grâce du
ciel
du grade de caporal des
douches et des WC et toilettes des Troupes de Marine (comme cela a été
écrit sur ce site) dans le corps des " Officiers " des Forces
Armées Djiboutiennes.
En
se parant du manteau de la vertu offensée et avant de décider
de déposer une plainte devant le Tribunal pénal français
à l'encontre le l'ARDHD, il me semble fort probable que " Zak
" ait du prendre conseil, d'abord auprès de son avocat, Maître
Aref, ancien opposant et qui a retourné sa veste, mais aussi de Guelleh.
A
y réfléchir, dans ce dépôt de plainte (pour le moins
hasardeuse) on peut penser que le régime a du penser y trouver deux avantages,
sinon on ne lui aurait pas donné le feu vert :
-
le premier étant d'essayer de tenter de faire
taire cette Association pour le Respect des Droits Humains à Djibouti,
qui diffuse chaque jour, des informations sur les pratiques du régime et
sur la vie des Djiboutiens que l'on ne trouve nulle part ailleurs ; hormis sur
le site du GED. Même si de temps en temps, on remarque des inexactitudes,
rendons hommage à cette équipe de l'ARDHD composée de bénévoles,
non corrompus et semble-t-il non achetables par les sbires du régime qui
ont certainement tenté une négociation en pensant qu'ils avaient
le pouvoir de les faire taire.
-
le second est
plus pervers, mais devant l'évolution
du contexte, il me paraît probable. Il n'est pas possible que cette audience
ne soit pas fortement médiatisée et d'ailleurs depuis quelques jours,
nous assistons à une montée en puissance avec - d'après ce
que l'on en nous en dit - des échanges d'e mail
, des rencontres
avec une forte probabilité de " Mobilisation " de la presse et
des médias dépassant les frontières de l'hexagone. Plusieurs
supports ayant déjà publié des informations (GEO, Le Gri-Gri
International, par exemple), la presse belge se préparerait quant à
elle à sortir quelques articles et comme l'on dit "lorsque
les Belges s'y mettent ... ça va aux fond des choses".
A mon avis et si j'étais
à la place de l'équipe de l'ARDHD, je profiterai de ce tremplin
qui me serait offert gratuitement pour élargir le débat à
la situation générale des Droits de l'Homme à Djibouti et
à toutes les violations commises par les dirigeants car il y a matière.
Le
fait est que cela ne va pas servir l'image d'Ismaïl Omar Guelleh, déjà
empêtré dans l'affaire Borrel jusqu'au cou et cela pourrait écorner
encore plus sérieusement sa fausse légitimité et son statut
international, déjà fortement touché.
Alors,
à qui la faute ?
Au
Général Zakaria, bien entendu ! C'est
lui que l'on accusera d'avoir déclenché la tempête qui touchera
le Palais de l'Escale et Guelleh, pervers et opportuniste de nature, pourra justifier
son licenciement (disons plutôt sa mise à la retraite, pardonnez-moi)
ainsi que celle du Général Fathi, à qui il sera reproché
de n'avoir pas su freiner les ardeurs judiciaires suicidaires de son adjoint,
le Général Zakaria
CQFD.
Maître
Aref, le conseiller de l'opération sera-t-il aussi touché en plein
vol ?. Fort probable mais il tentera de nous faire l'une de ses " galipettes
" habituelles pour justifier ses revirements
Maintenant,
voyons la suite du procès.
Deux
possibilités : ou le Général est débouté,
ou bien le Président de l'ARDHD est condamné pour diffamation.
-
Première hypothèse : le Général
est débouté par les juges, donc déçu. Il essaiera
peut-être de faire appel.
Mais
il aura perdu son crédit et son auréole et en plus il sera responsable
de la mauvaise image médiatisée du régime de Guelleh. Perte
de crédibilité puis chute du général sont garanties
et il commencera une longue descente aux enfers. Ajoutons à cela que
la presse étrangère ne va pas se priver de faire paraître
des articles abordant largement les " droits de la femme "
, les
droits humains
etc
Bien des vérités font émerger
sur la "place publique".
-
Deuxième hypothèse : le Président
de l'ARDHD est condamné.
Cela
justifiera en même temps la condamnation de DAF par un tribunal djiboutien
dans une mascarade de procés, qui semblera alors avoir été
confirmée indirectement par une Cour pénale française intègre
et indépendante. Ce serait une grande victoire pour la clique de Guelleh,
Hassan Saïd et surtout Djama le Procureur qui est bien malmené en
ce moment et qui pourrait essayer de remonter la pente fatale.
En
marge, il restera aux opposants, comme DAF, Kadamy, l'ARD à regretter (mais
il sera trop tard pour les regrets...) de n'avoir pas soutenu officiellement le
Président de l'ARDHD en apportant leur témoignage devant la Cour,
sur la situation et en aidant à la médiatisation des harcèlements
et des violations des Droits de l'Homme.
Recevraient-ils
dans ce cas et des mains du Général une quelconque médaille
en remerciement pour leurs " bons et loyaux services ", pour leur "
bonne conduite "
silencieuse au feu
.?. Les
compromis, c'est peut-être ça la politique, le compromis perpétuel
: entre compromis et compromission ? mais on y perd son âme et sa crédibilité.
Qu'en
déduira le Peuple dont ils disent vouloir prendre la défense et
vouloir assumer la gestion.. pour bientôt ?.
Longtemps,
ils risquent de se voir reprocher leur attitude et leur manque de courage politique
: ils y perdraient beaucoup de crédit de toutes les façons.
S'il
maintenait sa ligne de conduite, le Président de l'ARDHD devrait alors
assumer seul et de sa poche, le montant de la condamnation. Le connaissant
assez, j'ai l'intime conviction qu'il ne demandera rien, aucune aide ; car tel
est l'homme dans la dignité avec une grande servitude aux services de l'humain.
Il sait que ceci a un prix qu'il est prêt à assumer seul car ne se
faisant guère d'illusions !!!.
Selon
la jurisprudence que j'ai consultée, au pire, elle ne devrait pas excéder
une amende plus une possible interdiction du site pendant 2 ou 3 mois. Le
pire étant que le Peuple y perdrait le seul support d'information consacré
à Djibouti, totalement neutre, ouvert sans retenue à tous les opposants,
syndicalistes et lecteurs, puisqu'il n'est lié à aucune formation
politique.
Cela
amène une question :
qu'est-ce
que le Général Zakaria attend au fond ?
Un
brevet de vertu ? Je ne pense pas qu'il puisse même oser y penser. Cela
ferait rigoler tout le monde, en particulier certaines femmes militaires qui se
confient en privé !
De
l'argent ? Avec tout ce qu'il a pris dans les caisses du Camp Cheik Osman
(témoin sa situation de fortune actuelle, qu'un salaire, même
de Général djiboutien, n'aurait jamais permis d'accumuler).
La misérable amende ou indemnité ne changera pas le nombre de zéros
sur ses comptes bancaires
., il est à l'abri du besoin et ce depuis
bien des années.
Une
vengeance personnelle : n'ayant aucune information sur les relations entre
le Président de l'ARDHD et le Général, je ne saurais le dire.
Une vengeance indirecte
: l'ARDHD depuis sa création avait pris fait et cause pour Maître
Aref et nous avons vu, dans plusieurs articles que Me
Aref n'avait pas accepté le fait que l'Association ne le soutienne pas
dans le processus de négociation de l'avocat avec Guelleh et d'engagement
total au service du crime et de la dictature.
Me
Aref aurait-il conseillé et poussé le Général dans
cette voie ?,
Rien
n'interdit de le penser et si c'était le cas, ce serait fort regrettable.
A qui reprochera-t-on la faute ? Au Général Zakaria bien entendu
!
On peut imaginer que
les publications de l'ARDHD trouveront d'autres supports pour s'exprimer et je
parie que les internautes découvriront vite la nouvelle adresse provisoire,
qui se transmettra comme une traînée de poudre..
Je
me demande comment un être aussi intelligent que le Général
Zakaria (si ce n'était pas le cas alors pourquoi
en avoir fait
un général de brigade ?) n'aurait
pas compris l'impasse dans laquelle il s'enferme avec, reconnaissons-le, une certaine
détermination suicidaire.
Quelque
soit l'issue du procès, il sera perdant. D'autant plus que les
écrits qui seraient reprochés au Président de l'ARDHD (selon
les informations parcellaires que j'ai pu obtenir) car je n'ai personnellement
rien trouvé de véritablement diffamant sur le site et les archives
de l'ARDHD, seraient anciens (2003).
Tout
le monde les avait oubliés depuis longtemps, surtout à Djibouti
où (comme ailleurs) la mémoire est courte ! En plus, s'il y avait
eu diffamation du Général, c'était dans un contexte politico-judiciaire
(incarcération de DAF) et chacun avait compris les excès verbaux
des différents acteurs : bref, une goutte d'eau
oubliée au fond d'un pot de confiture dans un placard. Les excès
attribués au Général seraient oubliés depuis longtemps
et il pourrait continuer à faire une apparente bonne figure, sans ce procès
qui lui colle à la peau.
Combien
m'ont dit : " C'est un comble que ce Général que certains
qualifient 'd'opérette', responsable du malheur et de la mort de tant de
nos compatriotes puisse saisir la Justice contre une Association qui a toujours
défendu le Peuple, les opposants, les syndicalistes et les victimes innocentes
du régime ? ".

Tandis
que là, le mois prochain, le 18 octobre, l'affaire sera évoquée
très officiellement, dans un contexte apaisé, devant une cour de
justice officielle et reconnue dans un Etat de Droit. Pourrait-on y parler
officiellement des pratiques et des actes que les rumeurs reprochent au Général
et plus généralement au régime ? A-t-il vraiment besoin de
cette publicité et de cette officialisation ?
D'autant
plus que ce procès pourrait avoir des suites en suscitant des vocations
: celles pour les victimes et les parents des victimes de se regrouper pour porter
plainte contre lui et contre d'autres personnages du régime, par exemple
: viols, tortures, exécutions sommaires,
utilisation d'armes chimiques contre les populations et que sais-je encore ?
Bref
l'affaire est à suivre avec intérêt. En
tout cas, comme de nombreux compatriotes, je soutiens à fond le Président
de l'ARDHD - M Schaal - dans son combat contre le régime et pour la défense
de nos concitoyens.

Secrétariat
général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
50
Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.
Téléphone
et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.
exildj@gouv-exil.org