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Dernière modification : le 21-Sep-2005 20:53 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 423 - 22/09/05 - MANIFESTATION A BRUXELLES - Ne nous trompons pas de cible et ne nous laissons pas abuser par les fausses apparences.


M Mohamed Saleh Al Houmékani

Porte parole du Gouvernement en Exil de Djibouti.

 

Les Djiboutiens/Djiboutiennes d'opposition sont consternés (es) par la stratégie que nous propose le MRD de Belgique qui organisera le 1er août 2005 une manifestation à Bruxelles.

Manifestation certes mais non point devant l'Ambassade de Djibouti à Bruxelles et aux fins de dénoncer toutes les atteintes à la démocratie dans notre pays, en y convoquant la presse et les médias, mais devant les locaux de la représentation diplomatique…. des Émirats Arabes Unis… en Belgique !!!.

On peut donc en déduire que le motif invoqué pour mobiliser les Djiboutiens/Djiboutiennes lors de cette manifestation n'est pas d'attirer l'attention de l'opinion internationale sur la situation des populations à Djibouti, sur toutes les atteintes aux droits humains, sur le vécu de catastrophe économique et politique … etc… là où il y a véritablement matière à manifester tous nos mécontentements tant ils sont nombreux et justifiés.

La finalité de ce rassemblement est tout bonnement et ceci surprend d'autant, tel que le précise le communiqué du MRD, je cite " d'attirer l'attention des autorités de ce pays frère, dont le secteur portuaire traite avec Ismaël Omar Guelleh dans une inacceptable opacité au sujet de nos port et aéroport ".

Alors et d'évidence vient à l'esprit une question qui est :

- comment les dirigeants du MRD vont-ils s'y prendre pour faire observer par l'autorité diplomatique des Émirats en Belgique " l'illégalité des contrats de gestion passés entre le pouvoir djiboutien et Dubaï Ports International (DPI) " alors que ce parti qui se dit être d'opposition est resté quasiment muet depuis plus de 5 années sur le sujet du contenu de ces contrats passés - il faut le souligner de gré à gré - et qu'il semblerait ne découvrir ceci … qu'aujourd'hui ?.

Il n'est pas dans notre intention de dicter au MRD ses priorités politiques comme ses actions à entreprendre. Néanmoins, dans la mesure où nous avons accepté le principe qu'il soit à part entière un parti d'opposition au régime d'Ismaïl Omar Guelleh, le Gouvernement en Exil ne peut rester muet à une telle initiative pour le moins inappropriée par rapport à la situation dans notre pays et donc cautionner une manifestation bien éloignée des priorités de l'opposition politique ; donc de l'intérêt des populations djiboutiennes.

Il est nécessaire de rappeler que ces priorités sont de dénoncer en premier lieu tous les actes illégaux du gouvernement Guelleh mais aussi de proposer une alternance pertinente avant de s'attaquer ainsi et pour le moins dans le brouillard à Dubaï Ports International qui n'est - en l'espèce - qu'un prestataire de services missionné par Ismaïl Omar Guelleh.

C'est donc le " donneur d'ordres " - en l'occurrence Ismaïl Omar Guelleh - qu'il conviendrait de mettre publiquement en cause sur le plan international, de dévoiler les faces cachées de ces contrats ne serait-ce que pour ce qui concerne les commissions d'un fort pourcentage qu'il s'attribue par l'intermédiaire de " sociétés écrans ".

Aussi surprenant que cela pourrait paraître à un esprit un tant soit peu polémique, le communiqué de presse du MRD ne met pas publiquement en accusation la responsabilité première qui est celle d'Ismaïl Omar Guelleh dans ces contrats.

Pourquoi une telle mansuétude ...?.

 

"BUSINESS IS BUSINESS !"

Par ailleurs et à notre connaissance,

ce n'est pas Dubaï Ports International qui dilapide les fonds et le patrimoine publics à Djibouti ;

ce n'est pas Dubaï Ports International qui maintient le pays sous la dictature politique ;

ce n'est pas Dubaï Ports International qui détourne majeure partie des aides internationales, y compris celles du Haut Commissariat aux Réfugiés et de l'ONARS ;

ce n'est pas Dubaï Ports International qui multiplie les emprunts et endette - fortement et allègrement - chaque Djiboutien/Djiboutienne pour l'avenir ;

ce n'est pas Dubaï Ports International qui étouffe à Djibouti toute liberté d'expression et de presse.

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Si Dubaï Ports International détient aujourd'hui un monopole dans l'exploitation du Port Autonome International, de l'Aéroport International et dans la gestion du service des Douanes comme dans d'autres domaines non dévoilés par le gouvernement Guelleh, c'est que ses dirigeants ont proposé initialement à l'Etat djiboutien actuel des contrats en " bonne et due forme ". Quel que soit le contenu de ces Contrats et que l'on en soit d'accord ou pas, la responsabilité de les avoir acceptés et signés incombe au Chef de l'État djiboutien et à nul autre !.

En effet, lesdits contrats ont été négociés, élaborés ensemble par les parties en présence, acceptés et signés par la présidence de la République de Djibouti ou par le premier ministre, ayant délégation et après accord du Palais de l'Escale.

Dubaï Port International n'est pas une " association à vocation philanthropique ! ". Loin s'en faut, il fait commerce et a proposé à ce titre une stratégie et des solutions en vue de l'optimisation du pilotage de la performance et de l'efficacité du business et des opérations pour les Établissements Publics Industriels et Commerciaux (EPIC).

Avec une redéfinition d'indicateurs clés de performance (KPI) : traduction de la stratégie de l'entreprise en indicateurs concrets et pertinents. Reporting de gestion, contrôle budgétaire et tableaux de bord, un système de pilotage (finances, RH, marketing, achats..et ventes.), une aide à la décision, une consolidation statutaire et de gestion…. etc….

Globalement, force est d'admettre que des améliorations notables furent constatées dès la première année dans la gestion et la rentabilité financière de ces EPIC (précédemment souvent artificiellement déficitaires) même si cela s'est fait au détriment de l'embauche des personnels djiboutiens ; ce que nous déplorons vivement.

Comme nous l'avons toujours affirmé, le but du transfert partiel de compétences de l'État djiboutien - dans les EPIC et vers le secteur privé - devait et devra avoir une autre grande priorité qui est et sera celle de maintenir l'emploi au mieux mais aussi d'embaucher et de former sur place le personnel djiboutien ; hommes, femmes et de faire évoluer leurs compétences donc leurs savoir faire.

Sur ce point, notre Chargé des Finances et de la Planification - M Abdourahman Yassin - s'est fort bien expliqué sur le concept de Partenariat tel que le GED le conçoit dans les relations futures entre "État/Secteur privé" (voir article D 418 en date du 16/09/05)

L'autre aspect de cette gestion pour laquelle nous sommes en désaccord avec le gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh et ses méthodes est la répartition des plus values générées par ces EPIC dont Ismaïl Omar comptait s'approprier la grande majorité avec - de surcroît - une exonération du versement des taxes aux Finances djiboutiennes pour ses sociétés écrans.

 

CONFLIT COMMERCIAL ENTRE ISMAÏL OMAR GUELLEH ET DUBAÏ PORT INTERNATIONAL.

Il y a de cela quelques 6 mois, un conflit commercial a émergé entre Ismaïl Omar et les dirigeants de Dubaï Port International. Chaque partie en présence étant restée fermement campée sur ses positions, la situation n'a pas évolué depuis vers l'émergence d'une solution satisfaisante pour les parties concernées..


Abdourahman Boreh semblerait avoir joué le jeu commercial de Dubaï Port International et non pas celui de son " associé " Ismaïl Omar. Nul doute que l'homme a des ambitions qui dépassent le simple aspect des affaires commerciales pour le moins douteuses et à son profit.

Le problème pour IOG est que la marge financière qu'il comptait s'attribuer dans ces contrats avec Dubaï Port International (à titre personnel et par l'intermédiaire de ses sociétés écrans) est réduite de manière notable alors qu'il constate - un peu tard, il est vrai - qu'il n'a plus accès aux comptes financiers de gestion et d'exploitation (intermédiaires et définitifs) qui - contractuellement - sont de la seule compétence de Dubaï Port International.

D'après ce que nous en savons, IOG estimerait que les charges d'exploitation imposées indirectement par Dubaï Port International seraient surdimensionnées ce qui diminuerait d'autant sa " part de bénéfices personnels".

 

LA STRATÉGIE D'IOG EST DE FAIRE PRESSION SUR DUBAÏ PORT INTERNATIONAL PAR L'ENTREMISE DE … QUELQUES OPPOSANTS.

Sauf à dénoncer ces Contrats avec Dubaï Port International sur le plan commercial et international - ce qui provoquerait un scandale de grande ampleur dont il ne veut pas - Ismaïl Omar Guelleh n'a d'autre alternative que de faire indirectement pression sur ses associés de Dubaï Port International.

Pour ce faire, l'idée lui est venue d'utiliser un " serviteur " oeuvrant en apparence dans un parti d'opposition (mais rémunéré directement en argent liquide le 28 de chaque mois par le Payeur Général attaché à l'Ambassade de Djibouti à Bruxelles).

Serviteur "aux ordres", afin qu'il use de son influence pour que soit organisée une supposée manifestation à Bruxelles non pas contre lui (IOG) et ses dérives mais indirectement contre Dubaï Port International et par l'intermédiaire de l'Ambassade des Émirats Arabes Unis…non pas à Djibouti ... mais en Belgique.

 

POUR TOUTES CES RAISONS,

les membres de l'opposition politique en exil, du Gouvernement en Exil et du Mouvement Djiboutien de Libération Nationale dirigé par M Ali Abdillahi Iftin ne participeront pas à cette manifestation organisée le 1er octobre 2005 par le MRD devant l'Ambassade des Emirats Arabes Unis.

Car agir ainsi ce serait troubler l'ordre public et pourrait donner à l'opinion publique en Belgique le sentiment que la représentation diplomatique et les autorités d'un État frère - les Émirats Arabes Unis - pourraient avoir une responsabilité dans les difficultés auxquelles sont confrontées les populations de notre pays, ce qui est loin d'en être le cas.

Nous laissons aux dirigeants du MRD en Belgique la pleine et entière responsabilité de leur décision d'organiser ou d'annuler ce rassemblement.

Ils semblent être actuellement abusés sur les réels motifs de cette manifestation qui ne défendra pas les intérêts des populations djiboutiennes mais des intérêts autres que ceux là.

Intérêts bien éloignés des valeurs de la démocratie et de l'émergence d'un état de droit dans notre pays desquels pourtant le MRD se réclame.

 


 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.

Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

exildj@gouv-exil.org

 

 

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