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D
423 - 22/09/05 - MANIFESTATION A BRUXELLES - Ne
nous trompons pas de cible et ne nous laissons pas abuser par les fausses apparences.
M Mohamed Saleh Al Houmékani
Porte
parole du Gouvernement en Exil de Djibouti.
Les
Djiboutiens/Djiboutiennes d'opposition sont consternés (es) par la stratégie
que nous propose le MRD de Belgique qui organisera le 1er août 2005 une
manifestation à Bruxelles.
Manifestation
certes mais non point devant l'Ambassade de Djibouti à Bruxelles et aux
fins de dénoncer toutes les atteintes à la démocratie dans
notre pays, en y convoquant
la presse et les médias, mais devant les locaux de la représentation
diplomatique
. des Émirats Arabes Unis
en Belgique !!!.
On
peut donc en déduire que le motif invoqué pour mobiliser les Djiboutiens/Djiboutiennes
lors de cette manifestation n'est pas d'attirer l'attention
de l'opinion internationale sur la situation des populations à Djibouti,
sur toutes les atteintes aux droits humains, sur le vécu de catastrophe
économique et politique
etc
là
où il y a véritablement matière à manifester tous
nos mécontentements tant ils sont nombreux et justifiés.
La finalité
de ce rassemblement est tout bonnement et ceci surprend d'autant, tel que le précise
le communiqué du MRD, je cite "
d'attirer l'attention des autorités de ce pays frère, dont le secteur
portuaire traite avec Ismaël Omar Guelleh dans une inacceptable opacité
au sujet de nos port et aéroport ".
Alors
et d'évidence vient à l'esprit une question qui est :
-
comment les dirigeants du MRD vont-ils s'y prendre pour faire observer par l'autorité
diplomatique des Émirats en Belgique "
l'illégalité des contrats de gestion passés entre le pouvoir
djiboutien et Dubaï Ports International (DPI) " alors
que ce parti qui se dit être d'opposition est resté
quasiment muet depuis plus de 5 années sur le sujet du contenu de ces contrats
passés - il faut
le souligner de gré à gré - et qu'il
semblerait ne découvrir ceci
qu'aujourd'hui ?.
Il
n'est pas dans notre intention de dicter au MRD ses priorités politiques
comme ses actions à entreprendre. Néanmoins, dans la mesure où
nous avons accepté le principe qu'il soit à part entière
un parti d'opposition au régime d'Ismaïl Omar Guelleh, le
Gouvernement en Exil ne peut rester muet à une telle
initiative pour le moins inappropriée par rapport à la situation
dans notre pays et donc cautionner une manifestation bien éloignée
des priorités de l'opposition politique ; donc de l'intérêt
des populations djiboutiennes.
Il
est nécessaire de rappeler que ces priorités sont de dénoncer
en premier lieu tous les actes illégaux du gouvernement Guelleh mais aussi
de proposer une alternance pertinente
avant de s'attaquer ainsi et pour le moins dans le
brouillard à Dubaï Ports International qui n'est
- en l'espèce - qu'un prestataire de services missionné par Ismaïl
Omar Guelleh.
C'est
donc le " donneur d'ordres " - en l'occurrence Ismaïl Omar Guelleh
- qu'il conviendrait de mettre publiquement en cause sur le plan international,
de dévoiler les faces cachées de ces contrats ne serait-ce que pour
ce qui concerne les commissions d'un fort pourcentage qu'il s'attribue par l'intermédiaire
de " sociétés écrans ".
Aussi
surprenant que cela pourrait paraître à un esprit un tant soit peu
polémique, le communiqué de presse du MRD
ne met pas publiquement en accusation la responsabilité première
qui est celle d'Ismaïl Omar Guelleh dans ces contrats.
Pourquoi
une telle mansuétude ...?.
"BUSINESS
IS BUSINESS !"
Par
ailleurs et à notre connaissance,
ce
n'est pas Dubaï Ports International qui dilapide
les fonds et le patrimoine publics à Djibouti ;
ce
n'est pas Dubaï Ports International qui maintient
le pays sous la dictature politique ;
ce
n'est pas Dubaï Ports International qui détourne
majeure partie des aides internationales, y compris celles du Haut Commissariat
aux Réfugiés et de l'ONARS ;
ce
n'est pas Dubaï Ports International qui multiplie
les emprunts et endette - fortement et allègrement - chaque Djiboutien/Djiboutienne
pour l'avenir ;
ce
n'est pas Dubaï Ports International qui étouffe
à Djibouti toute liberté d'expression et de presse.
...............................................................................................................
Si
Dubaï Ports International détient aujourd'hui un monopole dans l'exploitation
du Port Autonome International, de l'Aéroport International et dans la
gestion du service des Douanes comme dans d'autres domaines non dévoilés
par le gouvernement Guelleh, c'est que ses dirigeants ont
proposé initialement à l'Etat djiboutien actuel des contrats en
" bonne et due forme ". Quel que soit le
contenu de ces Contrats et que l'on en soit d'accord ou pas, la
responsabilité de les avoir acceptés et signés incombe au
Chef de l'État djiboutien et à nul autre !.
En
effet, lesdits contrats ont été
négociés, élaborés ensemble par les parties en présence,
acceptés et signés par la présidence de la République
de Djibouti ou par le premier ministre, ayant délégation et après
accord du Palais de l'Escale.
Dubaï
Port International n'est pas une " association à vocation philanthropique
! ". Loin s'en faut, il
fait commerce et a proposé à ce titre une stratégie et des
solutions en vue de l'optimisation du pilotage de la performance et de l'efficacité
du business et des opérations pour les Établissements Publics Industriels
et Commerciaux (EPIC).
Avec
une redéfinition d'indicateurs clés de performance (KPI) : traduction
de la stratégie de l'entreprise en indicateurs concrets et pertinents.
Reporting de gestion, contrôle budgétaire et tableaux de bord, un
système de pilotage (finances, RH, marketing, achats..et ventes.), une
aide à la décision, une consolidation statutaire et de gestion
.
etc
.
Globalement,
force est d'admettre que des améliorations notables furent constatées
dès la première année dans la gestion et la rentabilité
financière de ces EPIC (précédemment
souvent artificiellement déficitaires) même si cela
s'est fait au détriment de l'embauche
des personnels djiboutiens ; ce que nous déplorons vivement.
Comme
nous l'avons toujours affirmé, le but du transfert partiel de compétences
de l'État djiboutien - dans les EPIC et vers le secteur privé -
devait et devra avoir une autre grande priorité qui est et sera celle de
maintenir l'emploi au mieux mais aussi d'embaucher
et de former sur place le personnel djiboutien ; hommes, femmes et de faire évoluer
leurs compétences donc leurs savoir faire.
Sur
ce point, notre Chargé des Finances et de la Planification - M Abdourahman
Yassin - s'est fort bien expliqué sur le concept de Partenariat tel que
le GED le conçoit dans les relations futures entre "État/Secteur
privé" (voir
article D 418 en date du 16/09/05)
L'autre
aspect de cette gestion pour laquelle nous sommes en désaccord avec le
gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh et ses méthodes
est la répartition des plus values générées par ces
EPIC dont Ismaïl Omar comptait s'approprier la grande majorité avec
- de surcroît - une exonération du versement des taxes aux Finances
djiboutiennes pour ses sociétés écrans.
CONFLIT
COMMERCIAL ENTRE ISMAÏL OMAR GUELLEH ET DUBAÏ PORT INTERNATIONAL.
Il
y a de cela quelques 6 mois, un conflit commercial a émergé
entre Ismaïl Omar et les dirigeants de Dubaï Port International. Chaque
partie en présence étant restée fermement campée sur
ses positions, la situation n'a pas évolué depuis vers l'émergence
d'une solution satisfaisante pour les parties concernées..






Abdourahman
Boreh semblerait avoir joué le jeu commercial de Dubaï Port International
et non pas celui de son " associé " Ismaïl Omar.
Nul doute que l'homme a des ambitions qui dépassent le simple aspect des
affaires commerciales pour le moins douteuses et à son profit.
Le
problème pour IOG est que la marge financière
qu'il comptait s'attribuer dans ces contrats avec Dubaï Port International
(à titre personnel et par l'intermédiaire de ses sociétés
écrans) est réduite de manière notable alors
qu'il constate - un peu tard, il est vrai - qu'il n'a plus accès aux comptes
financiers de gestion et d'exploitation (intermédiaires et définitifs)
qui - contractuellement - sont de la seule
compétence de Dubaï Port International.
D'après
ce que nous en savons, IOG estimerait que les charges d'exploitation imposées
indirectement par Dubaï Port International seraient surdimensionnées
ce qui diminuerait d'autant sa " part de bénéfices
personnels".
LA
STRATÉGIE D'IOG EST DE FAIRE PRESSION SUR DUBAÏ PORT INTERNATIONAL
PAR L'ENTREMISE DE
QUELQUES OPPOSANTS.
Sauf
à dénoncer ces Contrats avec Dubaï Port International sur le
plan commercial et international - ce qui provoquerait un scandale de grande ampleur
dont il ne veut pas - Ismaïl
Omar Guelleh n'a d'autre alternative que de faire indirectement pression sur ses
associés de Dubaï Port International.
Pour
ce faire, l'idée lui est venue d'utiliser un " serviteur " oeuvrant
en apparence dans un parti d'opposition (mais rémunéré
directement en argent liquide le 28 de chaque mois par le Payeur Général
attaché à l'Ambassade de Djibouti à Bruxelles).
Serviteur
"aux ordres", afin
qu'il use de son influence pour que soit organisée une supposée
manifestation à Bruxelles non pas contre lui (IOG) et ses
dérives mais indirectement contre Dubaï Port International
et par l'intermédiaire de l'Ambassade des Émirats Arabes Unis
non
pas à Djibouti ... mais en Belgique.
POUR
TOUTES CES RAISONS,
les
membres de l'opposition politique en exil, du Gouvernement en Exil et du Mouvement
Djiboutien de Libération Nationale dirigé par M Ali Abdillahi Iftin
ne participeront pas à cette manifestation organisée le 1er octobre
2005 par le MRD devant l'Ambassade des Emirats Arabes Unis.
Car
agir ainsi ce serait troubler l'ordre public et pourrait
donner à l'opinion publique en Belgique le sentiment que la
représentation diplomatique et les autorités d'un État frère
- les Émirats Arabes Unis - pourraient avoir une responsabilité
dans les difficultés auxquelles sont confrontées les populations
de notre pays, ce qui est loin d'en être le cas.
Nous
laissons aux dirigeants du MRD en Belgique la pleine et entière responsabilité
de leur décision d'organiser ou d'annuler ce rassemblement.
Ils
semblent être actuellement abusés sur les réels motifs de
cette manifestation qui ne défendra pas les intérêts
des populations djiboutiennes mais des intérêts autres que ceux là.
Intérêts
bien éloignés des valeurs de la démocratie et de l'émergence
d'un état de droit dans notre pays desquels pourtant le MRD se réclame.

Secrétariat
général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
50
Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.
Téléphone
et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.
exildj@gouv-exil.org