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Dernière modification : le 28-Sep-2005 11:56 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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"Une armée de fourmis peut triompher d'un serpent venimeux"

 

D 425 - 28/09/05 - FRANCE- Corse - Le GIGN a pris le contrôle du cargo de la SNCM détourné.

L'assaut mercredi du cargo mixte Pascal Paoli de la SNCM par des commandos du GIGN héliportés par des Pumas de l'ALAT, à l'entrée du port de Bastia, a mis un terme au coup de force des marins du Syndicat des travailleurs corses (STC) qui avaient détourné le navire la veille à Marseille.

Le bâtiment, un des fleurons de la SNCM (Société nationale Corse Méditerranée), devrait gagner les ports de Marseille ou de Toulon, selon une source administrative proche du dossier.

A bord du Pascal Paoli, une équipe de la gendarmerie maritime tente "d'identifier" les auteurs du détournement du cargo-mixte en vue de placements éventuels en garde à vue à bord, a-t-on appris de source judiciaire.

Le parquet de Marseille avait ouvert mardi une procédure pour détournement de navire dans le cadre d'un "crime flagrant", équivalant aux yeux de la loi à un détournement d'avion par des pirates de l'air. Ce crime est passible d'une peine de 20 ans de réclusion criminelle.

Selon des sources militaires, une cinquantaine d'hommes du GIGN ont participé à l'opération de prise de contrôle, effective au bout de 10 minutes. Cinq hélicoptères ont surgi au-dessus du bateau et des hommes vêtus de noir et encagoulés en sont descendus à l'aide de cordes. Peu après, le bateau a pris le large, accompagné par des bâtiments de la marine.

Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a félicité le GIGN, parlant d'une "intervention rapide et efficace".

A terre, quelque 200 manifestants nationalistes ont bloqué dans la matinée un rond-point dans le centre de Bastia pour protester contre l'assaut. La circulation dans le centre ville aux abords de la place Saint-Nicolas est paralysée.

Une trentaine de CRS en tenue anti-émeutes sont arrivés rapidement sur place, mais ont dû battre en retraite dans une rue qui conduit à la préfecture de Haute-Corse dont ils ont barré l'accès.

La nuit avait été émaillée d'incidents violents entre gendarmes mobiles et groupes de manifestants pour la plupart encagoulés. Ces derniers ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogènes. Un photographe de presse a été roué de coups alors que plusieurs journalistes étaient pris à partie. Des manifestants ont brisé les vitres de la devanture de la Corsica Ferries.

Après plus de quatre heures de heurts, les gendarmes mobiles ont pu dégager les abords des deux navires bloqués. Le Mega Express a finalement pu appareiller pour Toulon à 2h00, le Kalliste devait le suivre peu après.

Sur le continent, le port autonome de Marseille est bloqué pour le deuxième jour consécutif à la suite d'un mouvement de grève de la CGT, simultané à celui des salariés de la SNCM.

"La situation n'a pas changé par rapport à mardi", où une quarantaine de navires, y compris les sept bâtiments de la SNCM, étaient bloqués à quai ou attendaient sur la rade, a indiqué la direction du port.

Le mouvement de grève de la CGT du PAM a été lancé lundi à minuit, pour protester contre les menaces de "privatisation" du port. Il intervient au même moment que celui engagé par le personnel marin et sédentaire de la SNCM, entamé mardi dernier pour protester contre la privatisation de la compagnie publique.


 

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