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426 - 28/09/05 - DJIBOUTI
- Qui
veut réellement empêcher la France de tomber à Djibouti et
qui veut l'en exclure et à quel prix ?.
Hussein Boulaleh Abdillahi
Bien
des " rapports confidentiels " - établis notamment par des organismes
de type " Foundation " et dépendant du Secrétariat d'État
des USA mais aussi des services spéciaux français, allemands et
européens en général - soulignent le manque persistant de
volonté de l'État dirigé par Ismaïl Omar Guelleh à
remplir ses obligations au regard de la législation nationale et du droit
international, qui lui commandent d'agir avec la diligence requise dans le cadre
du respect des droits de l'homme.
L'histoire
récente de Djibouti n'est qu'un tas de mensonges sur les événements
qui ne se sont jamais passés, sur des actions qui ne furent jamais menées
par le gouvernement, racontées par des gens qui n'étaient pas là
et à qui l'État fait dire et écrire n'importe quoi après
leur avoir octroyé un poste de haut fonctionnaire ou de ministre.
C'est
le régime de l'apparence. Paraître ou ne pas être, telle est
la question que se pose le Palais de l'Escale. La vanité d'IOG consiste
à vouloir paraître ; l'ambition, à vouloir être ; l'amour-propre,
à croire qu'il est ce qu'il n'est pas ; la fierté, à savoir
ce qu'il vaut comme chef de l'État. Voilà pourquoi il est si furieux
contre ceux à qui il ne paraît pas ce qu'il voudrait paraître.
Il y perd son existence alors qu'il sait que la justice divine est proche.
La
grande différence entre les Rapports d'analyse US et français réside
dans le fait que les premiers sont rédigés avec des nuances alors
que les seconds sont rangés au placard car - quoi qu'il puisse se passer
- l'Ordre doit régner à Djibouti. C'est vraisemblablement sur
ce seul et dernier point que s'accordent partiellement les deux diplomaties des
pays concernés.
Alors
vient tout de même à l'esprit une question
"
Pourquoi l'administration Bush n'exerce t-elle pas une pression sur le Palais
de l'Escale pour que l'État djiboutien actuel modifie sa politique ? ".
On peut parler de politiquement correct quand il s'agit d'un gouvernement.
Ou plutôt de diplomatiquement correct. Encore que. Mais de l'information
des gens, d'un peuple, d'une nation ?
De
quoi a-t-on peur, au fait ?.
Bien
plus qu'elle ne pourrait paraître de prime abord, la prédominance
française sur Djibouti constitue un obstacle aux visées de l'administration
de la Maison Blanche sur les pays de la région. Les 27 000 km2 que comportent
la République de Djibouti n'ont qu'un intérêt géopolitique
de première importance, point économique. Djibouti n'est donc à
considérer quasi exclusivement que comme une passerelle essentielle entre
l'Afrique de l'Est et l'Arabie du sud.
POURTANT
LES PROBLÈMES EXISTENT.
Parmi
tous ces problèmes, il est à noter deux phénomènes
de mouvance de populations à Djibouti qui passent presque inaperçus
mais qui - s'ils sont poursuivis - auront vraisemblablement une influence pour
l'avenir dans la représentativité des Djiboutiens/Djiboutiennes
dans leur propre pays.
Aussi
paradoxal que ceci pourrait paraître, le président Ismaïl Omar
Guelleh et son épouse oeuvrent dans deux sens opposés. IOG tente
de créer des dissensions en montant les Issas contre les Issaks... alors
que la Kabyo tente de les "récupérer" à son profit....
En "
important " à Djibouti - et par centaines - des familles en provenance
d'Éthiopie et qui lui sont favorables, IOG pourrait fort bien laisser croire
au PM Méles Zenawi qu'il uvre pour une annexion partielle et à
moyen terme de la République de Djibouti alors que son objectif est on
ne peut plus clair.
Son
but est de créer un État indépendant et " internationalisé
" - une sorte de Tanger local des années 50 - une plate forme financière
intégrant des Zones Franches et dont il serait le président
(petit roitelet local) mais bien plus " affairiste privé " et
se limitant à une zone " ultra protégée " par ses
troupes mercenaires ( surarmées et surpayées, en nombre réduit
et des forces militaires étrangères. Zone autonome allant de la
capitale jusqu'à Arta.
Quant
à son épouse Kadra Mahamoud Haïd, elle tente de rétablir
à son profit l'équilibre de l'avant indépendance en faveur
de sa propre tribu qu'elle fait venir du Somaliland par centaines de familles.
Les seules victimes sont d'évidence les Djiboutiens/Djiboutiennes dont
on note depuis quelques mois une recrudescence de départ des familles vers
l'exil.
L'Administration
outre atlantique a fait le choix d'uvrer diplomatiquement dans le moyen
terme pour atteindre ses objectifs.
Djibouti
ce n'est pas l'Irak et quelques pourraient être les divergences de vues
entre Washington et le Palais de l'Escale, l'administration US ne mettra pas le
feu à l'ancien Territoire Français des Afars et des Issas (TFAI)
car ce serait la précaire stabilité des régions de la corne
Est de l'Afrique qui serait remise en jeu.
Il
est donc plus aisé pour les Américains d'avoir un parti pris justifié
pour l'opposition djiboutienne en exil que de prendre parti ouvertement contre
le président Guelleh tout en restant éveillés et prêts
à intervenir - vite et fort - en cas de besoin.
A
Djibouti et bien plus qu'ailleurs, les experts de l'USAID - souvent au gabarit
de piliers de rugby et suivant un " formatage " made in CIA - sont omniprésents
et tentent de noyauter l'administration et les armées djiboutiennes qui
sont peu habituées aux méthodes outre atlantiques. Notamment pour
ce qui concerne les arrestations de supposés agents des réseaux
extrémistes musulmans d'Al Itihad.
L'Amérique
est en guerre, même si George W. Bush ne le dit pas. Le décret Patriot
act fermant la frontière des Etats-Unis à bon nombre d'amoureux
de l'Amérique est là pour le prouver. Mais comment se délecter
devant l'enlisement de l'armée américaine en Irak ? et comment se
réjouir de voir mourir des Palestiniens ou des Israéliens, comment
peut-on cautionner toutes les exclusions dont sont victimes les familles djiboutiennes
?
Il est bien plus
facile d'être " lucide " politiquement parlant et voir tomber
la France comme l'a vu l'auteur d'un best seller du mois de septembre que de prendre
parti pour l'un ou l'autre.
Qui
veut réellement empêcher la France de tomber à Djibouti et
qui veut l'en exclure et à quel prix ?.