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Nous
reproduisons "in extenso" un article paru récemment dans le journal
La Nation et qui confirme le contenu des précédents articles parus
sur le site du GED.
Les
questions que nous n'avons de cesse de poser aux autorités de la Direction
djiboutienne de l'Aviation civile sont hélas plus que jamais d'actualité
et restent sans réponse.
La
sécurité des passagers serait-elle de si peu d'importance et de
quel droit fermerait-on les yeux en "haut lieu" sur les risques que
font prendre à leurs passagers de "fausses compagnies aériennes"
- et bidons, telle DAALLO SARL - qui ne respectent en rien - ou si peu - les règlementations
?.
Il
sera trop tard et par trop facile de fermer boutique et de dire un jour :"
Si nous avions sû !...."
car
nous savons !




D
431 - 05/10/05 - DJIBOUTI - De vieux coucous pour
de petites compagnies.
KH.
Les
faits sont authentiques et réels, ils se sont produits en septembre 2000
alors que je devais effectuer un vol Djibouti - Dubaï et je suis devenu involontairement
otage à bord d'un "cercueil volant. "
Faut
t'il reconnaître cependant que ma résistance fut passive, voire nulle
du seul fait qu'au péril de ma vie j'ai pris ce risque de prendre ce vol
pour arriver à temps à destination afin de poursuivre ma route vers
Sydney.
Alors
que les minutes s'égrenaient paisiblement dans la salle de transit de l'aéroport
de Djibouti, la vingtaine de passagers et moi-même ne doutions nullement
de ce qui nous attendait.
Ma
première surprise fut de découvrir que je ne prenais pas un vol
direct Djibouti-Dubaï, mais un vol Djibouti /Berbera/Dubaï alors que
rien n'indiquait cela sur mon billet.
C'est
à Berbera, cette proche localité de la "Somali land "
qu'un gros porteur attendait les passagers de Djibouti, les frais d'escale étant
là, moins lourds à supporter financièrement.
Bref,
un petit bimoteur était chargé d'effectuer le "bond de la sauterelle
" entre Djibouti et Berbera. Il semblait bien qu'aux yeux de certains transporteurs
aériens indélicats, plus portés sur les questions de profits
que de sécurité et surtout habiles négociateurs en contrat
de " leasing " qui leur permet la location d'un appareil avec son équipage,
ces quelques kilomètres sur une zone côtière sont " facilement
négociables " avec un vieux coucou.
Pour
monter à bord du " zinc ", il nous fallait pratiquement utiliser
une sorte d'échelle métallique. Mais j'avais déjà
écarquillé des yeux lorsque je découvrais en belles lettres
rouge-sang les dernières missions confiées à l'appareil.
Sur son fuselage était inscrite " Air Congo ."
C'est
plus tard que je me suis alors imaginé que l'appareil avait déjà
"bourlingué " entre Kisangani, Lumumbachi ou le Kivu dans l'immensité
des plaines ou des pistes en terre de l'ex-Zaire et actuelle République
Démocratique du Congo (RDC).
Il
aurait ainsi pu servir à tous ces trafiquants d'armes, d'or, de diamants
ou ces autres matières premières dont recèle la riche RDC.
Mon
esprit a ainsi vogué du fait que l'appareil a eu du mal a décoller
et qu'un moteur s'est mis à ronronner ne permettant pas à l'hélice
de tourner à plein régime. L'angoisse s'est ensuite mise à
grandir quand j'ai vu des techniciens descendre de l'appareil, mettre un escabeau
sous le moteur et commencer à tripoter.
Puis
un camion du service incendie de l'aéroport a été mis à
contribution pour arroser une partie du tarmac autour du petit appareil.
Dans
un gestuel et un langage à peine compréhensible mêlant russe,
anglais et quelques mots de somali, l'équipage nous faisant comprendre
que l'un des deux moteur refusait de tourner correctement en raison de la forte
chaleur et qu'il fallait ainsi tremper la piste d'eau pour baisser la température
puis faire quelques réglages mécaniques afin que tout revienne en
ordre.
J'ignorais
ensuite si s'étaient des sueurs froides qui perlaient de mon front ou si
mon corps tout entier qui transpirait abondamment en cette fin d'été
à l'aéroport d'Ambouli mais aussi par manque d'air pressurisé.
Tous ceux qui se trouvaient à l'intérieur de l'appareil transpiraient
également et n'ont pu obtenir qu'un petit gobelet d'eau.
Tout
en gardant mon sang froid, milles questions trottaient dans ma tête sur
la nécessité ou non de prendre le vol, sur ce que fait cet appareil
sur le sol national, sur ma famille. Je maudissais dans mon fort intérieur
tous ceux qui ont accordé une licence de vol à cet avion, ceux qui
l'ont affrété ou les responsables de l'aviation civile.
Je
jurai qu'on ne me reprendra pas, mais que cette fois pour les J.O de Sydney 2000
il fallait que je sois à la fête du sport et de la jeunesse.
Je
donnais l'air d'être calme et serein mais cela ne m'empêche pas parfois
d'expliquer furieusement la situation aux autres passagers.
On s'est réellement
senti pris en otages par les membres d'équipage qui refusaient que l'on
descende de l'appareil et qui tentaient de nous rassuraient en permanence.
Drôle
d'équipage toutefois, ils étaient tous de sexe masculin ; des hommes
aguerris, de vieux baroudeurs rescapés certainement de l'ancienne armée
de l'air de l'ex empire soviétique, des mercenaires reconvertis dans le
transport aérien ou tout simplement d'anciens pilotes, navigateurs ou techniciens
au sol forcés à une retraite anticipée par le démembrement
de l'Aéroflot : l'aviation civile de l'ex URSS.
Leur
physique et leurs traits de visage vous font comprendre que même s'ils parlent
tous le russe ; ils pouvaient être ukrainiens, kazakhs, biélorusses,
ouzbeks ou que sais je encore ! . Ils viennent en tout cas de ces anciennes républiques
socialistes unifiées de force mais devenus désormais des Etats indépendants
depuis la chute du mur de Berlin.
Sur
l'aéroport d'Ambouli pour ce vol sur Berbera, les passagers ont dû
en définitif attendre prés d'une heure avant que le moteur récalcitrant
ne daigne repartir. Mais tout au long du vol l'un des techniciens à coller
son nez sur un hublot pour surveiller le moindre signe de défaillance du
moteur histoire d'ordonner un atterrissage d'urgence si nécessaire.
Fatalistes
mais pas inconscients, il faudrait pourtant bien que cette question liée
à la location en permanence d'appareils vétustes et de pilotes casse-cous
par de petites compagnies trouve rapidement des réponses adéquates.
Pensons d'abord
à la vie des passagers qui n'a pas de prix.




et
à n'importe quel prix !!!!

Secrétariat
général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
50
Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.
Téléphone
et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.
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