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Dernière modification : le 13-Oct-2005 19:59 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 438 - 13/10/05 - DJIBOUTI - Pauvreté n'est pas vice, mais la pauvreté n'a jamais été un sujet de gloire nationale, encore moins de réconfort.

 

M Ali Abdillahi Iftin.


Le Tiers Monde reste le monde de la pauvreté de masse.
Selon la Banque mondiale, 1,5 milliard de personnes sont toujours sous le seuil de pauvreté absolue, c'est-à-dire qu'elles disposent de moins d'un dollar par jour pour survivre.

D'exception, touchant uniquement au départ un petit nombre de pays d'origine européenne, le développement est devenu - bon gré mal gré - une réalité mondiale certes mais pas pour tous.

 

LE DÉVELOPPEMENT A DJIBOUTI ? NON, C'EST HÉLAS LA RÉCESSION SUR TOUS LES PLANS !

De 1950 à 1980, les progrès accomplis furent considérables sur les plans sanitaire et social au niveau mondial.
Selon le Programme des Nations unies pour le développement (P.N.U.D.), "les pays en développement ont réalisé en trente ans les mêmes progrès humains qu'il avait fallu presque un siècle aux pays industrialisés pour accomplir".

Mais que peut-on dire des supposés progrès de Djibouti depuis 1990 ?.
Une catastrophe que l'on masque derrière des chiffres falsifiés, trafiqués au point de rendre ridicule ceux qui s'expriment sur ce sujet au niveau de l'État.

Bien au-delà de ces chiffres, il suffit de poser la question aux Djiboutiens et aux Djiboutiennes ; pas à ceux et celles qui vous écrasent de leur ignorance ou de leur mépris.

Sur ce sujet,

interrogez les fonctionnaires, militaires, gendarmes, policiers et autres assimilés fonctionnaires alors qu'ils attendent le versement de leur salaire ;

posez leur la question du comment ils réussissent à faire survivre leurs familles ?.

La Vérité se trouve là dans leurs réponses et pas chez les 5 % qui se partagent 90 % des richesses du pays comme les aides qu'ils détournent.

 

En Afrique subsaharienne le niveau moyen de revenus par habitant a légèrement progressé depuis les années 90 alors qu'à Djibouti ce niveau de vie régressait considérablement dès 1991 et que les instances nationales n'ont de cesse de nous abreuver dans leur presse de chiffres falsifiés.

En Afrique subsaharienne et en Afrique orientale l'espérance de vie a augmenté de moitié en une génération, passant de quarante-trois à soixante ans.

Les niveaux de nutrition ont progressé de 20 p. 100 par habitant en ces régions, sauf à Djibouti.

La mortalité infantile a diminué de moitié et le taux brut de mortalité est aujourd'hui quasiment le même dans les pays développés et dans bon nombre de pays du Tiers Monde (10 p. 1 000), même si cette bonne performance est à relativiser par la forte proportion de jeunesse dans les populations des pays pauvres.

Plus de 65 % de la population djiboutienne à moins de 25 ans alors que 90 % de cette même population est confrontée aux affres du chômage.

C'est là aussi que se trouve la pauvreté d'un gouvernement car sans programme réaliste et son incapacité à anticiper comme à trouver des solutions urgentes.

Que va t-il faire de cette jeunesse ?.

 

QUANT A LA COUVERTURE SOCIALE, C'EST LA ENCORE UNE CATASTROPHE, UN VIDE … !

Selon l'U.N.I.C.E.F., 80 p. 100 des enfants du Tiers Monde (contre 10 p. 100 voici vingt ans) sont désormais vaccinés contre les six principales maladies infantiles: poliomyélite, tétanos, coqueluche, rougeole, tuberculose, diphtérie, et cela notamment grâce au P.E.V. (Programme Elargi de Vaccination), lancé conjointement par l'O.M.S. et l'U.N.I.C.E.F. en 1974 ; reconduit d'année en année.

Sur ce point là on se doit d'admettre que les campagnes de vaccinations existent à Djibouti mais sont le fait exclusif des interventions internationales dans notre pays, civiles et militaires ; notamment françaises et américaines.

L'État limite sa responsabilité à observer, à remercier et à encenser " l'interventionnisme étranger " en distribuant quelques décorations par ci, par là et en mettant en avant la coopération bilatérale alors qu'elle n'est qu'unilatérale. Quand aurons nous enfin ce courage de définir une véritable politique de Santé publique, de nous prendre en charge, de ne plus nous résoudre à la mendicité ?.

Ont-ils si peu de confiance en notre médecine ?.

Cette médecine a des compétences mais sans moyens elle ne peut pas faire grand-chose ; elle en est réduite - elle aussi - à mendier des moyens et des matériels.

Par ailleurs, comment donner foi et crédibilité à un ministre djiboutien de la Santé publique qui ose affirmer dans une déclaration publique que " les soins de santé publique sont gratuits pour tous à Djibouti ! ".
Cette tromperie qu'il tente d'imposer dans les esprits de l'opinion publique et des instances internationales est une insulte à la grande majorité des familles djiboutiennes. Alors que - à l'instar des pratiques staliniennes - les membres de la "nomenklatura" et leurs familles se font soigner à l'étranger ou à l'hôpital militaire français Bouffard et ce sans payer un seul franc.

Le taux d'analphabétisme a été réduit presque de moitié entre 1950 et 1985, passant en moyenne de 76 à 40 p. 100 de la population des pays en développement ce qui n'est pas le cas de Djibouti dont l'alphabétisation a plongé dans le gouffre alors qu'il y avait jusqu'en 1990 des signes encourageants d'évolution.

 

PILLAGE DES FONDS PUBLICS !.

C'est le courant de pensée dominant à Djibouti qui se voit confirmer par l'examen des faits qui montrent qu'une infime minorité consomme, gaspille et mène un très haut train de vie.

Ce groupuscule concentre la richesse parce qu'il pense détenir la maîtrise des rouages de l'État et qu'aujourd'hui les pouvoirs qu'ils se sont octroyés les dépassent dans un engrenage sans fin du " Toujours plus ".

Si ceux qu'on appelle les "nouveaux riches étrangers d'importation " NERI rejoignent peu à peu ce groupe des " sans limite ", accroissant leur part du revenu et des pillages des fonds publics, les Djiboutiens se trouvent au contraire de plus en plus marginalisés.

Ce n'est pas l'étranger qui a obtenu la nationalité djiboutienne depuis 1977 que nous mettons en cause mais les quelques-uns et les quelques-unes qui sont les pillards des fonds publics ; qui investissent leurs profits financiers à l'étranger et qui n'ont que dédain et arrogance pour les Djiboutiens que nous sommes.

Le gouvernement actuel est confronté à toutes les difficultés, chaque dossier ouvert est une boite à pandore. Ces dossiers contiennent tous les maux, qui se dispersent à travers le pays.
Ils sont là, évidents et criards.
De par son incapacité récurrente, l'État actuel se limite à des artifices de façade avec la création d'une multitude de Commissions d'études….etc.. puis referme le dossier pour en rouvrir un autre huit jours plus tard.

Aux quelques dix années de l'après indépendance, relativement encourageantes où les raisons d'espérer semblaient devoir l'emporter sur les raisons de craindre, a succédé une seconde période dès 1991 marquée par l'incertitude et les fortes tensions.

Entre ces deux moitiés - ou à peu près : 14 années pour l'une et 14 pour l'autre -, une brusque fracture s'est produite entre les populations et le pouvoir politique en place, qui oblige à distinguer très nettement un "avant" et un "après".

Entre 1999 et 2005, six années ont suffi pour que les pièces du puzzle se détériorent à vitesse grand V ; c'est leur configuration d'ensemble qui s'est très sensiblement modifiée au point de brouiller toutes les idées reçues et tous les pronostics même les plus optimistes de ceux et celles qui ont pu croire au "miracle Ismaïl Omar".

Phénomène paradoxal : au fur et à mesure que le pourcentage relatif des populations de notre pays et de la misère augmentaient depuis 1990, la part des richesses de la "Nomenklatura" augmentait de manière considérable.

 

"J'ai vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c'est le plus bel âge de la vie".

Devenir adulte n'est jamais chose facile : les moins de 25 ans sont dans une période personnelle difficile, de transition, où il faut construire de nouveaux repères. Il existe un paradoxe qui s'exprime dans cette tranche d'âge, qui souhaite de plus en plus d'autonomie, qui est de plus en plus mûre, mais qui a de moins en moins les moyens de cette autonomie car le chômage est un véritable fléau pour la jeunesse djiboutienne.

Les modalités d'accès à l'emploi ont fortement régressé ces dix dernières années : l'intégration des jeunes ne passe plus par un premier emploi stable, mais par une succession d'expériences aussi précaires les unes que les autres, sur des postes dont la disponibilité est directement liée à la conjoncture économique mais aussi à l'incapacité de l'État à attirer des investisseurs et à les fixer dans le pays.

A ceci s'ajoute le fait que - quel que soit le diplôme obtenu et le savoir faire - trouver un emploi est une véritable galère dans notre pays car les quelques rares postes disponibles sont "RÉSERVÉS" aux enfants du pouvoir et à ceux de la "Nomenklatura".

Une nette régression de l'emploi dans le secteur marchand à laquelle s'ajoute l'importation d'une main d'œuvre et de cadres étrangers, les mois qui viennent risquent d'être chauds pour le gouvernement en place.

Et malheureusement, comme toujours, ce sont majoritairement les jeunes qui vont pâtir de cette situation désastreuse. Rien ou si peu est fait pour les accueillir, informer, orienter ces jeunes, et les accompagner, mais les accompagner vers quoi ?.

 

Dans le pays comme dans la capitale, nous sommes aux portes de l'insurrection.

Aujourd'hui tout se conjugue contre le pouvoir en place car plus que jamais et malgré ses tentatives de redorer son blason (campagne médiatique, images enjolivées, faux bilans, projets et promesses sans lendemain…), la fracture sociale et politique est là ; elle est d'autant plus flagrante et dangereuse qu'elle implique la jeunesse.

Plus de 4000 jeunes sans formation professionnelle adaptée aux besoins arrivent chaque année sur un marché du travail déjà gravement touché par le chômage qui augmente de manière exponentielle. Que fait-on pour ces jeunes et comment pense t-on au niveau du gouvernement infléchir la courbe du chômage ?.

A cela nul ne répond alors qu'au niveau de l'État on se limite à des promesses accompagnées "d'Inch'Allah" !.

Cette jeunesse est plus exigeante que nous ne le fûmes en notre temps.

Remuante elle risquerait de s'exprimer à sa manière et dans la rue, au moment où l'État actuel s'y attend le moins.


 

 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.

Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

exildj@gouv-exil.org

 

 

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