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Dernière modification : le 04-Nov-2005 2:41 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 443 - 04/11/05 - DJIBOUTI - Si dans certains pays on tue les journalistes à bout portant, dans d'autres, comme Djibouti, on assiste à une mort lente de la profession, par asphyxie.

Bouh Warsama.

La gestion et la manipulation de l'information sont une arme moderne très redoutable qui est employée pour gérer une situation de crise, s'essayer à façonner l'opinion publique et même tenter de retourner celle-ci lorsqu'elle est hostile à la politique en cours dans un pays déterminé.
C'est une spécialité bien établie dans tous les services secrets du monde, appelée "Média Management ou Crisis Management" et qui a démontré son efficacité dans bien des situations.

A Djibouti, la police politique n'est pas en marge dans ce domaine, les exemples sont nombreux, mais la pratique la plus connue de tous est la censure classique qui couvre tout le champ politique. Cette opération est assurée par l'intermédiaire du service presse de la présidence et de manières différentes, mais le but final reste la manipulation psychologique de l'opinion publique nationale et même internationale lorsque le sujet a une dimension qui dépasse et de loin les frontières du pays comme dans le cas de l'affaire de l'assassinat du Juge Bernard Borrel.
On y atteint souvent des sommets dans le ridicule tant les tentatives de mystifications sont grossières.

La censure active y est importante car elle nécessite des moyens financiers (ponctionnés à partir des aides internationales détournées) et humains importants à savoir des agents et des spécialistes en communication, capables de créer l'événement et de tenter de renverser une situation médiatique hostile.
Ce sont des spécialistes, le plus souvent des étrangers (spin docteurs : ce qui veut dire, des docteurs en renversement de crise), qui tracent les démarches à suivre pour minimiser les retombées médiatiques d'une situation catastrophique mettant en jeu la responsabilité d'un chef d'Etat ; en l'espèce, Ismaïl Omar Guelleh.

Ce travail de " maître-manipulateur " ne pourrait jamais aboutir sans l'apport considérable de ces agents extérieurs, qui signent de pseudonymes et souvent d'initiales des articles tous faits en un même lieu. Ces plumes mercenaires s'emploient à donner de la crédibilité à des faits ou à des évènements factices, concoctés par la cellule analyse du Palais de l'Escale dans le but de tenter damner le pion à tous ceux qui résistent ou combattent le totalitarisme d'Ismaïl Omar Guelleh.

Le recrutement des " plumes " est réalisé grâce à la collaboration directe d'une classe de supposés journalistes (disons plutôt de "journaleux") totalement dévouée aux thèses d'Ismaïl Omar moyennant des avantages matériels très importants grâce à leurs protecteurs à la condition qu'ils les encensent et qu'ils leur cirent les pompes au quotidien. Une deuxième classe de journalistes est recrutée sous la compromission, à la suite de grandes pressions, sous la menace ; ils et elles écrivent ce qu'on leur dit d'écrire et baissent la tête pour autant qu'ils/elles aient leur " gamelle quotidienne ".

Il existe cependant des journalistes qui ont su rester fidèles à l'esprit de déontologie mais qui ont payé - parfois chèrement - leur refus d'être achetés. Soit de leurs vies, soit en abandonnant le journalisme pour se fondre dans la masse des Djiboutiens/Djiboutiennes vivant dans le pays, soit en étant obligés (es) de quitter le pays et d'opter pour l'exil.

 

ETOUFFER L'INFORMATION ET LE JOURNALISME A DJIBOUTI.

 


Les méthodes utilisées à Djibouti pour étouffer et sanctionner un journaliste qui n'applique pas à la lettre les ordres du palais de l'Escale vont du harcèlement - avec licenciements des membres de sa famille - aux pressions économiques et fiscales en passant par l'application d'une législation riche de possibilités en matière d'entraves au libre exercice de la profession. Allant même jusqu'à l'incarcération immédiate du " subversif " et réticent journaliste à la " pensée unique " rappelant les heures les plus sombres du stalinisme ; et ce pour " atteinte à la sacro sainte sécurité de l'Etat ".

Qu'un article échappe au contrôle et paraisse dans La Nation et il n'est pas rare de voir un journaliste privé des facilités nécessaires à l'exercice de son métier. En clair : on le vire !.

Résultats : une opinion publique privée du droit élémentaire à l'information et un pouvoir classé parmi les plus hostiles à la liberté de la presse et les mieux outillés en matière de désinformation que compte l'Afrique dite francophone.

La presse étrangère y est sévèrement contrôlée. Tout journal qui publie la moindre analyse critique contre la Nomenklatura locale est interdit de vente dans le pays. Les programmes de télévision étrangère ont été souvent brouillés ou interrompus par les services techniques de la Radio et Télévision Djiboutienne. Plusieurs journalistes ont quitté Djibouti, au cours des dernières années, sous l'effet de pressions ou de mesures d'expulsion, comme les correspondants de RFI.

Rien d'étonnant, dès lors, si la peur et l'autocensure se répandent parmi les correspondants de la presse étrangère, qui passent souvent sous silence les procès d'opinion, les grèves et la mort de prisonniers.

Quant à la presse djiboutienne, (pour le moins ce qu'il en reste), elle parle d'une seule voix - celle du pouvoir. Cette presse reçoit pour directive, entre autres, d'ignorer les activités et les prises de position de l'opposition politique comme de la Ligue des droits de l'homme. Sauf quand il s'agit de verser des larmes de crocodile sur la situation des droits de l'homme... et de la misère ailleurs … mais pas à Djibouti !!!.

La majeure partie de l'opinion est ainsi exclue de la démocratie. Ne restent ainsi sur le " marché restreint de la presse locale " que les titres de La Nation et de l'Agence Djiboutienne d'Information à la gloire du " seigneur bananier "et maître du pays. Les rares journaux partisans d'une solution politique ont été soit exilés soit placés sous haute surveillance par la Police politique selon l'expression même d'un ancien journaliste réfugié en France depuis les années 80. " Ce paysage médiatique remodelé préfigure la nouvelle carte politique, issue du nouveau simulacre d'élection présidentielle d'avril 2005 qui est censée avoir définitivement gommé les résultats falsifiés des élections passées ".

Le passé, c'est une ombre qui reste attachée aux basques d'Ismaïl Omar Guelleh alors que la mission assignée par le pouvoir aux médias sous sa coupe tient en une phrase : préparer l'opinion nationale et internationale aux grandes manoeuvres d'un régime passé maître dans l'art de manipuler le réel.

Sans autre pouvoir que celui de dire, la presse privée exilée et les journalistes qui continuent à la concevoir, malgré les menaces, la peur et les assassinats, jouent le rôle d'une agora de papier.
C'est elle qui publie et commente au travers de l'ARDHD, de l'ARD, du GED ou sous la plume d'intellectuels tels qu'Ali Couba les positions des différents partis, les communiqués, la politique du gouvernement, des syndicats, des citoyens, en l'absence de toute institution démocratique dans le pays.

Dernier témoin de ce qui reste de la démocratie, elle en est aussi le baromètre.

Suivant la manière dont les opposants politiques sont traités par les autorités djiboutiennes, c'est encore elle qui indique de quel côté le vent des libertés va tourner à Djibouti, c'est encore elle qui n'a de cesse de tirer la " sonnette d'alarme " quant à une explosion sociale imminente avec la perspective d'un soulèvement faisant tâche d'huile. Le sort qui lui est réservé et la montée des mécontentements depuis la mystification de réélection d'IOG en mai dernier ne laissent malheureusement peu de place à l'optimisme.

Emprisonnements, assassinats, grèves, censure : le cauchemar des opposants dans le pays ne semble pas vouloir finir. Réclamer le respect de ses droits, comme faire grève c'est être un " subversif ", un " terroriste ".

 

Contrairement à certains commentaires, l'heure n'est pas à l'immobilisme, mais à la marche en arrière, à la régression.

Au nom du " diplomatiquement correct " on y décore l'indignité humaine et le déshonneur afin de le " rassurer ", on les farde de mots dérisoires, encourageant ainsi une minorité à persister dans une société des artifices fallacieux, hantée par un flot d'images cachées.

C'est - plus que jamais - le retour à l'autoritarisme aveugle et cautionné de l'extérieur du pays par ceux qui à haut niveau et dans leur tour ne veulent pas voir ce qu'il s'y passe.

" L'ordre doit régner - à n'importe quel prix - à Djibouti "

mais sans autre projet que celui d'aider Ismaïl Omar à survivre ; par et pour les mensonges d'Etat et les " petits arrangements communs ". Même si cela a coûté la vie par assassinat d'un Mohamed Djama Elabeh et d'un Juge Bernard Borrel.

On peut craindre le pire (...). On a finalement le bien pire et qui est à venir à court terme.

Un Crime international qui est incontestablement un joyau d'une maîtrise admirablement perverse, véritable bombe à fragmentation en préparation sur l'administration d'Ismaïl Omar Guelleh.

 

Gare aux débordements et aux éclats !!! qui ne seront plus des "éclats de voix".

 

 

 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.

Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

exildj@gouv-exil.org

 

 

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