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D
453 - 11/11/05 - DJIBOUTI - L'indépendance
de Djibouti, ce n'est pas une récompense, c'est une responsabilité
encore plus grande dans une société de la responsabilité
partagée par tous.
M Mohamed Saleh Al Houmékani.
Il
y a un ensemble, saisissant, des difficultés extrêmes dans lesquelles
se débattent les populations de notre pays et que le Palais de l'Escale
comme Paris tardent à regarder en face ; pour ne pas dire ignorent.
A
l'époque où, officier de gendarmerie - adjoint au commandant de
la garde présidentielle - j'étais conduit à côtoyer
au quotidien les coulisses du pouvoir à Djibouti, je fus le témoin
direct des faits mais surtout des problèmes que vit encore aujourd´hui
notre peuple. Depuis 1999 et contrairement aux engagements pris par Ismaïl
Omar Guelleh, cette situation tant économique que social et politique s'est
considérablement aggravée.
Si
nous portons à son crédit une forme d'ouverture à la privatisation
qu'il a instaurée et qui a permis de redresser les
comptes financiers de bon nombre d'Établissements Publics qui étaient
sans cesse déficitaires de part une gestion financière très
aléatoire, on constate qu'Ismaïl Omar Guelleh
président de la république s'est attribué - arbitrairement
comme " affairiste privé " et par ses sociétés
écrans interposées - l'exploitation donc majeure partie des bénéfices
générés par ces Établissements Publics tout en s'exonérant
du versement de taxes et des autres charges.
C'est
un véritable hold-up de chef d'État(un de plus) officialisé
et aux vues de tous qu'il a ainsi réalisé alors
que les Finances publiques de notre pays sont spoliées chaque jour de sommes
importantes qu'elles devraient percevoir et qui sont ainsi détournées
vers ses comptes bancaires à Dubaï.
Par
ailleurs, je n'ai pas été le seul témoin
des détournements les plus divers au sein de nos armées et dont
se sont rendus et se rendent encore coupables le Chef d'État Major Général
des Armées - le Général Fathi - et son adjoint - le Général
Zakaria. Le seul point de convergence et
sur lequel ces deux militaires de haut rang s'entendent parfaitement c'est dans
le partage des bénéfices générés
par des fausses facturations et des détournements des matériels
les plus divers offerts par les pays étrangers dans le cadre de la "
Coopération militaire étrangère ".
Entre
autres exemples et des plus simples à comprendre dans la " forêt
des détournements " : que deux véhicules de type CI ou 4X4
soient attribués au ministère de la défense pour emploi dans
nos armées et aussitôt les généraux Fathi et Zakaria
se les accaparent. De concert, ils les font immatriculer en véhicules civils
et les attribuent à leurs enfants ou à un membre de leurs familles.
Là
ne s'arrêtent pas les " aménagements " aux seuls profits
des deux généraux : revente d'armes, denrées alimentaires
surfacturées
Leur autorité - que nul ne saurait contester
au niveau des subalternes s'étendant d'évidence sur les trois Armes.
Oser dénoncer de telles malversations à Djibouti au sein de l'institution
militaire c'est s'exposer à une exclusion immédiate de nos Armées
pour " acte d'indiscipline " avec la caution du Palais de l'Escale qui
n'ira pas y regarder de plus prés dans les deux " jardins des magouilles
" très florissantes des deux généraux.
Des
hommes de troupe aux officiers, tous ceux qui conservaient et conservent encore
une certaine intégrité morale d'homme et un certain sens de l'honneur
militaire sont conduits inéluctablement à la révolte et au
rejet face à de telles pratiques. A
une révolte sourde et digne contre un système
des corruptions et des malversations les plus diverses dans nos Armées,
à une révolte contre le pouvoir personnel corrompu et stupide d'Ismaïl
Omar, en découvrant chaque jour et de près la corruption galopante
et l'état de putréfaction de son régime. J'exprime là
notre indignation, notre colère et notre révolte face au pillage
des moyens au sein de nos Armées mais aussi des richesses nationales exercé
par le président autoproclamé, par ses " prostitués
politiques " et quelques militaires de haut rang mais aussi par une clique
de profiteurs étrangers ; hommes de l'ombre qui gravitent autour de sa
personne. Ces " étrangers " au pays le conseillent et le protègent
dans une affaire qui concerne la justice française.
A
la différence des pays occidentaux, Djibouti ne connaît quasiment
aucun hold-up dans ses banques. La raison en est que les voleurs d'envergure savent
que dans notre pays, la source d'enrichissement la plus sûre, la plus rapide,
la plus lucrative, la seule à vrai dire, est le pouvoir et tous les détournements
d'argent public qui s'effectuent à haut niveau de responsabilités
; tant dans l'administration que dans nos Armées.
A
ceci s'ajoute le fait que le système qu'Ismaïl Omar Guelleh a perpétué
anachroniquement et décuplé depuis 1999 fait de la corruption généralisée
un système de gouvernement qui annonce ouvertement que - pour ce
qui concerne le versement des salaires des fonctionnaires, et les soldes des militaires,
gendarmes et policiers - " les gaulois
sont là pour payer et ils paieront sinon je les vire du pays sous huit
jours ! ".
Un
tel régime récurrent dans ses irresponsabilités les plus
diverses et qui ne survit que par un vernis artificiel de façade afin de
tromper l'opinion internationale constitue, pour notre pays, pour notre peuple
et pour notre avenir un danger mortel.
Face
à ce danger réel, et à ce défi dont l'urgence de la
mise en uvre n'est plus à démonter tant la situation est catastrophique,
il n y a, en réalité, devant nous, qu´une seule alternative.
Cette alternative incontournable à court terme consiste
en l'instauration d'un nouveau régime véritablement républicain
s'appuyant sur un gouvernement et des hauts fonctionnaires responsables de leurs
actes devant la nation et privilégiant l'intérêt national
avant les intérêts privés des uns, des unes et des autres.
La
question est " disposons-nous des ressources nécessaires
en moyens humains compétents pour répondre à ce défi
? ". La réponse est OUI !.
Le
problème étant que nos cadres qui disposent du savoir et du savoir
faire intermédiaire ou de haut niveau - donc de compétences - sont
soit à Djibouti et écartés des responsabilités de
haut niveau pour diverses raisons (dont celles d'appartenance tribale ou politique),
soit vivent en exil de par le monde où ils ont fondé une famille,
parfois ont opté pour la nationalité du pays d'accueil et n'ont
aucune raison de revenir dans leur pays d'origine compte tenu de la situation
de catastrophe qui y perdure.
LA
CRISE DES RESSOURCES HUMAINES EN MATIÈRE DE SANTÉ
Pour
ne prendre qu'un exemple parmi tant d'autres, la crise des
ressources humaines en matière de Santé se caractérise
- dans notre pays et d'une manière générale - par une insuffisance
des effectifs en personnel disposant de moyennes et de hautes qualifications.
A ce déficit - qui est du au fait que les cadres de Santé
djiboutiens restent dans leur pays de formation et d'accueil du monde occidental
- vient s'ajouter une mauvaise répartition d'affectation de poste
ou géographique des personnels de santé en fonction non
pas de leurs compétences mais de leur attachement au clan d'Ismaïl
Omar ou de Kadra Haïd. Pour ce qui furent "
victimes des promesses sans lendemain ", las d'attendre un hypothétique
emploi qui ne viendra pas, bon nombre de nos cadres de santé s'exilent
à nouveau vers l'un des pays du monde occidental.
Enfin,
le savoir médical est peu adapté aux situations locales du fait
d'un manque de moyens et de formation. Il serait faux d'affirmer
que ces moyens financiers n'existent pas à l'origine - c'est-à-dire
au niveau du ministère de tutelle - mais là
encore se pose le problème récurrent des moyens qui " se perdent
" dans les méandres à haut niveau d'une administration qui
n'échappe pas à la corruption sous toutes ses formes. Avec une obligation
qui lui est faite de " rétrocession financière " imposée
par le Palais de l'Escale. Rétrocession
au profit - entre autres - de Kadra Mahamoud Haïd qui s'est octroyée
la " mainmise " sur les ressources de Santé publique et les aides
internationales censées être affectées à soulager la
misère et aux réfugiés.
DÉSENGAGEMENT
DU PERSONNEL DE SANTÉ DANS LE SECTEUR PUBLIC
Le
désengagement des personnels de santé dans le secteur public se
caractérise par un fort absentéisme. De par
les salaires réduits à une " peau de chagrin " avec
un coût de la vie insoutenable financièrement, de nombreux
agents sont dans l'obligation de compléter des revenus notoirement insuffisants
par différents moyens (recours à l'exercice privé, revente
de médicaments
), ce qui a pour conséquence la disparition
d'un service à temps plein effectif dans le secteur public. De plus,
l'absence de motivation par l'octroi de salaires décents, les mauvaises
conditions de travail, l'absence de mesures de sécurité et de traitement
prophylactique en cas d'accident d'exposition au sang lors des soins conduit de
nombreux personnels à quitter la profession.
UNE
AIDE FINANCIÈRE TECHNIQUE PAR LA FRANCE ET LES BAILLEURS INTERNATIONAUX
DE FONDS.
Cette
aide doit reposer sur une évaluation fiable de la situation à Djibouti.
Pour cette raison, un investissement dans la recherche en sciences sociales apparaît
absolument nécessaire.
La
formation continue doit devenir diplômante et intégrer un volet sur
la qualité de la prise en charge des personnes.
Dans cette perspective, la France pourrait envisager de confier des postes de
formateurs et même de soignants à des coopérants militaires
de haut niveau (dont la compétence n'est plus à démontrer
en Afrique et ailleurs) et de compléter ces formations avec des outils
de formation à distance.
La
création d'un fonds pour l'éducation co-financé par les autorités
locales et l'aide internationale pourrait être souhaitable pour soutenir
ces programmes de formation.
L'un
des principaux leviers pour rééquilibrer l'offre de soins semble
être la valorisation des revenus, par l'intermédiaire de primes.
Pour pallier le manque de cohérence qui existe parfois entre les différents
bailleurs internationaux, une aide portant sur les revenus doit être coordonnée
et accompagnée d'un dispositif de contrôle plus efficace.
Des
réformes structurelles nécessaires aux pratiques existantes à
Djibouti.
Cependant, quelles que soient les mesures initiées
par la France et la coopération internationale, les
gouvernants de Djibouti doivent s'engager dans de réelles réformes
structurelles - et non point dans des simulacres de façade
- pour pouvoir prétendre enfin résoudre ce problème. Mais
aussi définir un tableau de bord cohérent afin d'être en mesure
d'exercer un suivi pertinent et efficace de la progression dans ce domaine..
L'amélioration
des conditions de travail du personnel sanitaire est primordiale pour inverser
leur fuite du secteur de la santé. Un système d'éducation,
accessible à tous et à toutes, doit être un axe prioritaire
du gouvernement djiboutien pour permettre de disposer d'une main d'uvre
formée. Pour l'enseignement supérieur, le manque d'écoles
de médecine et de personnels dans notre pays, peut être compensé
par des échanges et des parrainages sérieux.
Il
faudrait notamment favoriser les programmes permettant à Djibouti de financer
lui-même une partie des prestations pour une utilisation accrue des services
à moindre frais. De même, les familles et les associations
de malades (à créer) devraient mener un travail de prévention
et s'investir dans le domaine psychosocial où les structures de santé
publique sont absentes. Il existe aussi de nombreuses associations à caractère
confessionnel dotées d'une expérience médicale dont il conviendrait
d'utiliser les compétences.
Pour
conclure, on constate que - quel que soit le domaine - les stratégies sont
donc plurielles, tant par l'aide que peut apporter la France que par les solutions
et les innovations que peut proposer Djibouti.
Ce
n'est que par la volonté affichée des deux et leur coordination
qu'émergera la synergie nécessaire pour que des résultats
soient possibles et certes pas de persister dans le marasme
et les approximations actuelles.

Secrétariat
général du Gouvernement en Exil de Djibouti.
50
Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.
Téléphone
et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.
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