ACTUALITÉS (bis)
Dernière modification : le 11-Nov-2005 10:42 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

http://www.gouv-exil.org/

 

 

D 453 - 11/11/05 - DJIBOUTI - L'indépendance de Djibouti, ce n'est pas une récompense, c'est une responsabilité encore plus grande dans une société de la responsabilité partagée par tous.

M Mohamed Saleh Al Houmékani.


Il y a un ensemble, saisissant, des difficultés extrêmes dans lesquelles se débattent les populations de notre pays et que le Palais de l'Escale comme Paris tardent à regarder en face ; pour ne pas dire ignorent.

A l'époque où, officier de gendarmerie - adjoint au commandant de la garde présidentielle - j'étais conduit à côtoyer au quotidien les coulisses du pouvoir à Djibouti, je fus le témoin direct des faits mais surtout des problèmes que vit encore aujourd´hui notre peuple. Depuis 1999 et contrairement aux engagements pris par Ismaïl Omar Guelleh, cette situation tant économique que social et politique s'est considérablement aggravée.

Si nous portons à son crédit une forme d'ouverture à la privatisation qu'il a instaurée et qui a permis de redresser les comptes financiers de bon nombre d'Établissements Publics qui étaient sans cesse déficitaires de part une gestion financière très aléatoire, on constate qu'Ismaïl Omar Guelleh président de la république s'est attribué - arbitrairement comme " affairiste privé " et par ses sociétés écrans interposées - l'exploitation donc majeure partie des bénéfices générés par ces Établissements Publics tout en s'exonérant du versement de taxes et des autres charges.

C'est un véritable hold-up de chef d'État(un de plus) officialisé et aux vues de tous qu'il a ainsi réalisé alors que les Finances publiques de notre pays sont spoliées chaque jour de sommes importantes qu'elles devraient percevoir et qui sont ainsi détournées vers ses comptes bancaires à Dubaï.

Par ailleurs, je n'ai pas été le seul témoin des détournements les plus divers au sein de nos armées et dont se sont rendus et se rendent encore coupables le Chef d'État Major Général des Armées - le Général Fathi - et son adjoint - le Général Zakaria. Le seul point de convergence et sur lequel ces deux militaires de haut rang s'entendent parfaitement c'est dans le partage des bénéfices générés par des fausses facturations et des détournements des matériels les plus divers offerts par les pays étrangers dans le cadre de la " Coopération militaire étrangère ".

Entre autres exemples et des plus simples à comprendre dans la " forêt des détournements " : que deux véhicules de type CI ou 4X4 soient attribués au ministère de la défense pour emploi dans nos armées et aussitôt les généraux Fathi et Zakaria se les accaparent. De concert, ils les font immatriculer en véhicules civils et les attribuent à leurs enfants ou à un membre de leurs familles.

Là ne s'arrêtent pas les " aménagements " aux seuls profits des deux généraux : revente d'armes, denrées alimentaires surfacturées… Leur autorité - que nul ne saurait contester au niveau des subalternes s'étendant d'évidence sur les trois Armes. Oser dénoncer de telles malversations à Djibouti au sein de l'institution militaire c'est s'exposer à une exclusion immédiate de nos Armées pour " acte d'indiscipline " avec la caution du Palais de l'Escale qui n'ira pas y regarder de plus prés dans les deux " jardins des magouilles " très florissantes des deux généraux.

Des hommes de troupe aux officiers, tous ceux qui conservaient et conservent encore une certaine intégrité morale d'homme et un certain sens de l'honneur militaire sont conduits inéluctablement à la révolte et au rejet face à de telles pratiques. A une révolte sourde et digne contre un système des corruptions et des malversations les plus diverses dans nos Armées, à une révolte contre le pouvoir personnel corrompu et stupide d'Ismaïl Omar, en découvrant chaque jour et de près la corruption galopante et l'état de putréfaction de son régime. J'exprime là notre indignation, notre colère et notre révolte face au pillage des moyens au sein de nos Armées mais aussi des richesses nationales exercé par le président autoproclamé, par ses " prostitués politiques " et quelques militaires de haut rang mais aussi par une clique de profiteurs étrangers ; hommes de l'ombre qui gravitent autour de sa personne. Ces " étrangers " au pays le conseillent et le protègent dans une affaire qui concerne la justice française.

A la différence des pays occidentaux, Djibouti ne connaît quasiment aucun hold-up dans ses banques. La raison en est que les voleurs d'envergure savent que dans notre pays, la source d'enrichissement la plus sûre, la plus rapide, la plus lucrative, la seule à vrai dire, est le pouvoir et tous les détournements d'argent public qui s'effectuent à haut niveau de responsabilités ; tant dans l'administration que dans nos Armées.

A ceci s'ajoute le fait que le système qu'Ismaïl Omar Guelleh a perpétué anachroniquement et décuplé depuis 1999 fait de la corruption généralisée un système de gouvernement qui annonce ouvertement que - pour ce qui concerne le versement des salaires des fonctionnaires, et les soldes des militaires, gendarmes et policiers - " les gaulois sont là pour payer et ils paieront sinon je les vire du pays sous huit jours ! ".

Un tel régime récurrent dans ses irresponsabilités les plus diverses et qui ne survit que par un vernis artificiel de façade afin de tromper l'opinion internationale constitue, pour notre pays, pour notre peuple et pour notre avenir un danger mortel.

Face à ce danger réel, et à ce défi dont l'urgence de la mise en œuvre n'est plus à démonter tant la situation est catastrophique, il n y a, en réalité, devant nous, qu´une seule alternative. Cette alternative incontournable à court terme consiste en l'instauration d'un nouveau régime véritablement républicain s'appuyant sur un gouvernement et des hauts fonctionnaires responsables de leurs actes devant la nation et privilégiant l'intérêt national avant les intérêts privés des uns, des unes et des autres.

La question est " disposons-nous des ressources nécessaires en moyens humains compétents pour répondre à ce défi ? ". La réponse est OUI !.

Le problème étant que nos cadres qui disposent du savoir et du savoir faire intermédiaire ou de haut niveau - donc de compétences - sont soit à Djibouti et écartés des responsabilités de haut niveau pour diverses raisons (dont celles d'appartenance tribale ou politique), soit vivent en exil de par le monde où ils ont fondé une famille, parfois ont opté pour la nationalité du pays d'accueil et n'ont aucune raison de revenir dans leur pays d'origine compte tenu de la situation de catastrophe qui y perdure.

 

LA CRISE DES RESSOURCES HUMAINES EN MATIÈRE DE SANTÉ

Pour ne prendre qu'un exemple parmi tant d'autres, la crise des ressources humaines en matière de Santé se caractérise - dans notre pays et d'une manière générale - par une insuffisance des effectifs en personnel disposant de moyennes et de hautes qualifications. A ce déficit - qui est du au fait que les cadres de Santé djiboutiens restent dans leur pays de formation et d'accueil du monde occidental - vient s'ajouter une mauvaise répartition d'affectation de poste ou géographique des personnels de santé en fonction non pas de leurs compétences mais de leur attachement au clan d'Ismaïl Omar ou de Kadra Haïd. Pour ce qui furent " victimes des promesses sans lendemain ", las d'attendre un hypothétique emploi qui ne viendra pas, bon nombre de nos cadres de santé s'exilent à nouveau vers l'un des pays du monde occidental.

Enfin, le savoir médical est peu adapté aux situations locales du fait d'un manque de moyens et de formation. Il serait faux d'affirmer que ces moyens financiers n'existent pas à l'origine - c'est-à-dire au niveau du ministère de tutelle - mais là encore se pose le problème récurrent des moyens qui " se perdent " dans les méandres à haut niveau d'une administration qui n'échappe pas à la corruption sous toutes ses formes. Avec une obligation qui lui est faite de " rétrocession financière " imposée par le Palais de l'Escale. Rétrocession au profit - entre autres - de Kadra Mahamoud Haïd qui s'est octroyée la " mainmise " sur les ressources de Santé publique et les aides internationales censées être affectées à soulager la misère et aux réfugiés.

 

DÉSENGAGEMENT DU PERSONNEL DE SANTÉ DANS LE SECTEUR PUBLIC

Le désengagement des personnels de santé dans le secteur public se caractérise par un fort absentéisme. De par les salaires réduits à une " peau de chagrin " avec un coût de la vie insoutenable financièrement, de nombreux agents sont dans l'obligation de compléter des revenus notoirement insuffisants par différents moyens (recours à l'exercice privé, revente de médicaments…), ce qui a pour conséquence la disparition d'un service à temps plein effectif dans le secteur public. De plus, l'absence de motivation par l'octroi de salaires décents, les mauvaises conditions de travail, l'absence de mesures de sécurité et de traitement prophylactique en cas d'accident d'exposition au sang lors des soins conduit de nombreux personnels à quitter la profession.

UNE AIDE FINANCIÈRE TECHNIQUE PAR LA FRANCE ET LES BAILLEURS INTERNATIONAUX DE FONDS.

Cette aide doit reposer sur une évaluation fiable de la situation à Djibouti. Pour cette raison, un investissement dans la recherche en sciences sociales apparaît absolument nécessaire.

La formation continue doit devenir diplômante et intégrer un volet sur la qualité de la prise en charge des personnes. Dans cette perspective, la France pourrait envisager de confier des postes de formateurs et même de soignants à des coopérants militaires de haut niveau (dont la compétence n'est plus à démontrer en Afrique et ailleurs) et de compléter ces formations avec des outils de formation à distance.

La création d'un fonds pour l'éducation co-financé par les autorités locales et l'aide internationale pourrait être souhaitable pour soutenir ces programmes de formation.

L'un des principaux leviers pour rééquilibrer l'offre de soins semble être la valorisation des revenus, par l'intermédiaire de primes. Pour pallier le manque de cohérence qui existe parfois entre les différents bailleurs internationaux, une aide portant sur les revenus doit être coordonnée et accompagnée d'un dispositif de contrôle plus efficace.

Des réformes structurelles nécessaires aux pratiques existantes à Djibouti.
Cependant, quelles que soient les mesures initiées par la France et la coopération internationale, les gouvernants de Djibouti doivent s'engager dans de réelles réformes structurelles - et non point dans des simulacres de façade - pour pouvoir prétendre enfin résoudre ce problème. Mais aussi définir un tableau de bord cohérent afin d'être en mesure d'exercer un suivi pertinent et efficace de la progression dans ce domaine..

L'amélioration des conditions de travail du personnel sanitaire est primordiale pour inverser leur fuite du secteur de la santé. Un système d'éducation, accessible à tous et à toutes, doit être un axe prioritaire du gouvernement djiboutien pour permettre de disposer d'une main d'œuvre formée. Pour l'enseignement supérieur, le manque d'écoles de médecine et de personnels dans notre pays, peut être compensé par des échanges et des parrainages sérieux.

Il faudrait notamment favoriser les programmes permettant à Djibouti de financer lui-même une partie des prestations pour une utilisation accrue des services à moindre frais. De même, les familles et les associations de malades (à créer) devraient mener un travail de prévention et s'investir dans le domaine psychosocial où les structures de santé publique sont absentes. Il existe aussi de nombreuses associations à caractère confessionnel dotées d'une expérience médicale dont il conviendrait d'utiliser les compétences.

Pour conclure, on constate que - quel que soit le domaine - les stratégies sont donc plurielles, tant par l'aide que peut apporter la France que par les solutions et les innovations que peut proposer Djibouti.

Ce n'est que par la volonté affichée des deux et leur coordination qu'émergera la synergie nécessaire pour que des résultats soient possibles et certes pas de persister dans le marasme et les approximations actuelles.

 


 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.

Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

exildj@gouv-exil.org

 

 

w