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Dernière modification : le 13-Nov-2005 21:39 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 454 - 13/11/05 - FRANCE - Dans ses grands discours, la politique française de " l'après de Gaulle " aime à se sentir vertueuse, mais la realpolitik et le " diplomatiquement correct " l'emportent toujours sur les grands principes.


M Adbdillahi

 

Quand la France a mené le front du refus de l'invasion de l'Irak alors que les Etats-Unis tenaient tant à lancer ladite invasion avec la bénédiction de l'ONU - bénédiction dont ils ont du se passer - les arguments pour justifier ce refus français oscillaient entre l'humanitaire pur et dur et la posture de M Jacques Chirac, se voulant être le premier chef d'État occidental s'opposant aux visées américaines. Car - nous dit-on - la France politique de l'après " de Gaulle " a des valeurs et elle est prête à affronter la première puissance mondiale pour les défendre.

Mais voilà, il se pourrait bien que la réalité soit un tout petit peu moins romantique et un peu moins gaullienne que ce que l'on nous en dit si l'on se réfère ne serait-ce qu'à la mise en cause de Charles Pasqua par le Sénat américain dans l'opération "Pétrole contre nourriture" qui suggère bien autre chose.

En matière de " nébuleuse politico financière " on peut tout autant se poser bien des questions concernant le rôle de Jean Charles M…….. dans une société annexe de la " Servair " qu'il créa à Djibouti, utilisa pour certains transferts puis qu'il céda à Abdourahman Borreh après l'assassinat du Juge Bernard Borrel. De même que le rôle de Jean Christophe M…….. en des temps pas si lointains, qui fréquentait assidûment les gouvernants du Palais de l'Escale et leurs " Khat party ". Mais de cela peu en parlent tant le terrain paraît "politiquement miné ...."..

On ne peut que fortement regretter que - traditionnellement - la diplomatie française ait tendance, dans sa zone d'influence - à Djibouti, au Maghreb et en Afrique francophone en général - à préférer les régimes autoritaires et stables avec qui on peut " négocier et faire des affaires " car on sait qu'ils tiennent fermement leur pays. Grande fermeté étant synonyme de " tranquillité d'esprit " comme c'est le cas flagrant à Djibouti avec " l'homme au bâton " (IOG) que M Chirac refusait pourtant dans le milieu des années 90 comme étant le successeur potentiel d'Hassan Gouled et que certains milieux " d'affairistes étrangers " (travaillant pour leur propre compte et non pour l'intérêt des deux pays concernés) lui imposèrent d'accepter après qu'ils eurent indirectement contribué à l'élimination physique de Mohamed Djama Elabeh (Amin) - leader incontestable de l'opposition et président de la Francophonie à Djibouti - mais considéré comme étant trop libéral et trop humaniste.

A Djibouti comme ailleurs, ces régimes dépendent bien plus du soutien de la France que de celui de leur propre population, ce qui place Paris dans une position qui lui permet d'y donner le ton et d'y jouer sa " propre musique ". Mais pour combien de temps encore ? car il est indéniable que des typhons sociaux se préparent et qu'au-delà de ses gouvernants c'est la France et son influence qui pourraient bien en pâtir gravement.

Dans un contexte où l'influence française est de plus en plus contestée, notamment par les États-Unis, dans son pré carré les autorités françaises redoublent de discrétion face aux abus de ces régimes - souvent bien plus qu'autoritaires - qu'elle tient absolument à ne pas s'aliéner. Souvent aussi, il est vrai pour la simple et bonne raison qu'il n'existe pas - dans ces pays à la recherche d'une amorce de démocratie - une opposition locale structurée - véritable interlocuteur à court terme - mais agissant en ordre dispersé avec l'absence d'un leader représentatif de l'ensemble de l'opposition.

La France a donc pris le parti d'adopter une politique à géométrie variable qui fait que cette France de " l'après de Gaulle ", là où elle a vraiment de l'influence et où elle pourrait faire pression pour améliorer la situation des droits de l'homme, choisit de n'en rien faire ; d'attendre et de " voir venir ". Pourtant, un mot de l'Élysée pour imposer une amorce de libertés publiques à Djibouti - galvaudées ouvertement par Ismaïl Omar Guelleh - ou pour inciter le dictateur autoproclamé à laisser plus d'espace démocratique à son peuple aurait véritablement de l'impact.

Oui mais ce serait alors créer un précédent et ce précédent là Paris n'en veut pas par crainte d'un bouleversement et d'une perte de son influence alors même que cette influence est en perte de vitesse.

Alors on protège l'existant car on a rien d'autre à " se mettre sous la dent " et que l'on sait que " l'ordre règne " fut-il celui des désordres… pour autant qu'ils ne se voient pas trop et ne dérangent pas trop les " bonnes consciences " à des milliers de kilomètres de là !!!.


 

MÉANDRES DU MONDE " POLITICO ECONOMIQUE ", LA GÉOMÉTRIE VARIABLE…ET EXTENSIBLE.

Le monde du " politico économique " est complexe, c'est bien connu. On croit pouvoir résumer les gens, les faits, les attitudes et les positionnements politiques officiels en quelques mots, alors que tout est plus subtil pour ne pas dire sournois si on y regarde de suffisamment prêt. C'est ainsi qu'on aime à se sentir vertueux dans les grands discours, mais la realpolitik l'emporte toujours sur les grands principes ; parfois même sur les dessous de la mort d'un Juge intègre, lâchement assassiné pour ce qu'on définira faussement comme étant une " raison d'état ".

A cautionner tous les actes d'Ismaïl Omar Guelleh c'est forcément l'encourager à ce " despotisme de l'après indépendance " qui vit impunément au détriment du développement du pays et du bien-être des populations djiboutiennes.

De même, les emprisonnements arbitraires des opposants à la pensée unique, la torture, les assassinats politiques, les trafics d'armes, de drogues et celui des enfants à partir du port et de l'aéroport de Djibouti vers le monde occidental et l'indigne " impunité diplomatique " octroyée à leurs auteurs et à leurs complices (dont bénéfice des conseillers d'Ambassade tels que Mourad Mouti à Paris…et la propre épouse du président Guelleh, Mme Kadra Odette Mahamoud Haïd, citoyenne djiboutienne et française ) sont autant d'actes, de cautions intolérables qui devraient interpeller les consciences dans le monde occidental ; ce qui est loin d'en être le cas et qui rend difficile la lutte que nous menons dans le pays contre l'impunité et la délinquance financière ; celle pour l'accès de tous à l'alimentation, à la santé, à l'éducation, à l'emploi, à l'habitat, et à la justice.

 


ou avant !!!

 

Cet immobilisme du monde occidental et tout particulièrement celui du gouvernement français a pour effet de conforter IOG dans la spirale du " toujours plus " et dans le n'importe quoi qui pourrait le contraindre à exiger le départ de la France de Djibouti dans les semaines à venir.

 



 

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