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D 455 - 14/11/05 - DJIBOUTI - La Révolution djiboutienne fut commencée par des idéalistes, l'indépendance poursuivie par des démolisseurs et la mise à mort de la république par un tyran - manipulateur et maître chanteur - qui mettra tout le monde d'accord par la force et la pensée unique qu'il impose.

 

M Saïd Abdo.


Tout a commencé bien avant le 27 juin 1977, il s'agissait pour les " gouvernants français " d'alors de conserver la mainmise politico financière sur la future république de Djibouti en gestation depuis quelques années mais aussi et surtout de l'urgence qu'il y avait à se défaire des vielles " Amitiés avec les Afars ".

Après le départ du Général de Gaulle, cette France là sera celle de grands intérêts privés, des " retours sur investissements " se masquant derrière l'image des intérêts nationaux. Elle va ainsi et lentement y perdre son âme et bon nombre de ses amis africains qui ont combattu pour elle, pour son drapeau, pour la libérer de la tyrannie et espéraient en autre chose, en une autre forme de coopération française.


QUAND LA FRANCE PERD SES AMIS MAIS CONFORTE SES " AFFAIRES "


En préparation de l'indépendance de Djibouti et n'ayant plus d'amis - ou si peu - en leur ayant substitué quasi exclusivement des intérêts d'ordre politique et surtout privés, l'Élysée va se retourner vers un Hassan Gouled leader de la LPAI sortant ainsi subitement de sa traversée du désert politique car venant de recevoir l'investiture du " Conseil des sages Issas ". Conseil acceptant qu'il mène les populations djiboutiennes sur le chemin de l'indépendance à la condition qu'il accepte une alternance au pouvoir. La loi " Reer Issa " fut formalisée mais il ne la respectera pas. Crédules, les chefs Afars vont entrer dans ce jeu trompeur duquel ils sont écartés par avance alors que seuls quelques-uns vont comprendre, refuseront et refusent encore, ce modus vivendi confidentiel " Gouled/Dini " de l'époque et ses conséquences sachant pertinemment que c'est à plus ou moins court terme l'exclusion qui les attend.

Dès le 27 juin 1977, tout est prêt, reste à passer de la théorie concoctée du haut de l'Élysée à la pratique en RDD avec une coopération française " phagocytée " à la sauce nouvelle dans laquelle " chacun " aura sa part, aussi infime soit-elle. Sauce nouvelle car il faut d'évidence compter sur le président Hassan Gouled et sur ses propres intérêts qui ne va pas se satisfaire d'un modeste salaire et d'indemnités de président.

Derrière lui se profile l'ombre d'un Ismaïl Omar Guelleh à qui certains vont imputer à tort une hypothétique inintelligence des situations en oubliant aussi qu'il est - sur le fond et à cette époque - un idéaliste. La " vieille garde " de l'avant indépendance ( y compris ceux qui n'ont pas participé) va tenter de lui opposer un mur bien fragile - car composé d'intérêts privés - auquel il va s'attaquer en y perçant portes et fenêtres et en faisant passer les vieux opposants derrière un autre mur ; celui de la prison de Gabode, voire sous une pierre tombale.

Accidents, crises cardiaques, ruptures d'anévrisme d'opposants à divers niveaux vont ainsi se succéder. D'autres plus perspicaces échapperont aux "épidémies locales" en se réfugiant notamment dans l'un des pays occidentaux.

A sa décharge, nous avons la conviction qu'IOG rêve initialement d'un autre Djibouti plus démocratique que ce qu'il observe dès 1977, à l'image de ce qui se fit plus tard et durant 4 années - dès 1983 - en Haute Volta qui deviendra le Burkina Fasso sous Thomas Sankara tout en y ajoutant l'esprit " Che Guévara ".

La révolution djiboutienne sera commencée par quelques idéalistes, l'indépendance poursuivie par des démolisseurs et la mise à mort de la république par un tyran - manipulateur et maître chanteur - qui mettra tout le monde d'accord par la force et la pensée unique qu'il impose..

La question est "Pouvait-il faire autrement ?".

Fini l'idéalisme et les saines valeurs, IOG va très vite comprendre - et bien mieux que ne le fera Gouled - tous les confortables profits financiers qu'il peut tirer indirectement comme " patron " de la police politique qu'il va façonner à sa manière sur le long terme. De ses séjours dans les pays communistes de l'Est de l'Europe il apprendra " l'art et la manière " de manipuler les consciences des masses comme à contraindre une certaine " diplomatie étrangère " ancrée dans le pays et prête à accourir toute affaire cessante avec l'hôpital en bandoulière au moindre éternuement du " Palais de l'Escale ".

Ismaïl Omar fusionnera ces connaissances et pratiques avec sa propre expérience acquise comme enquêteur de Police puis d'Inspecteur des Renseignements Généraux français d'avant l'indépendance. Ses mensonges et ses tromperies - comme les vrais faux attentats qu'il va fomenter, et les faux complots contre Gouled et sa famille - seront une forme d'antidote aux mensonges des autres dans ce nébuleux milieu politique dijibouto- français d'affairistes. Microcosme local ou seul importe l'appât du gain, de l'argent rapidement et facilement gagné ; certes pas le progrès économique, donc social et politique du pays et de ses populations..

Le cynisme du président Mitterrand ira jusqu'à estimer qu'Hassan Gouled est un bon président, démocrate et qu'il remplit avec dévotion ses engagements à garantir les intérêts stratégiques - et … autres - de la France à Djibouti et qu'il est donc impératif de le maintenir au pouvoir par tous les moyens. De ne voir dans ce pays que ce qui à de l'intérêt pour " l'homme à la rose " ; devenu grand ami du président Hassan Gouled qui va s'engager - en contrepartie - à le soutenir dans toutes ses élections présidentielles en France. Gouled fera ainsi campagne pour Mitterrand, payant de sa personne avec un incessant " porte à porte " auprès des notables djiboutiens qui ont la double nationalité de Djiboutien et de Français.

Beaucoup d'observateurs de la problématique djiboutienne à cette époque ont voulu croire qu'Hassan Gouled respectait les droits de l'homme ce qui fut une aberration. Alors que le président Mitterrand n'imposa nullement à son homologue djiboutien de mettre en oeuvre le système du "multipartisme politique"… ce en dépit du fait que la France au sommet de la Baule (France) en avait vivement souhaité l'application dans son arrière-cour africaine…Souhaité...seulement souhaité !

Si le discours politique est le visage de l'âme, les mensonges fluctuants, le jargon sirupeux utilisé lors de certains discours publics et socialement approuvés ont fait de presque tout un jargon vide, un verbalisme cancéreux dans une platitude récurrente.
Il y a des vérités historiques, des non dits politiques qui apportent un sentiment de libération et d'autres qui imposent le sens du terrible. Terrible car encore aujourd'hui ce multipartisme politique n'est qu'illusoire et de façade à Djibouti et gangrène l'opinion que l'on peut en avoir ; vu, tant de l'intérieur que de l'extérieur.

L'objectif de ce multipartisme de façade ne sera ni plus ni moins que de

- redorer le blason de la France mitterrandienne que l'on peut en avoir sur l'échiquier politique international,

- surtout par ce strapontin - socialiste et …à visage humain !!! - de soutenir davantage et de renforcer ses traditionnels alliés tyrans échevelés - souvent sanguinaires - accrochés à un pouvoir de circonstances dans leur pays laminé économiquement, socialement et politiquement parlant.

A contresens de la sagesse rationnelle qui dicte: "Qu'il ne pourra pas y avoir de développement réel dans un pays sans l'instauration d'institutions véritablement démocratiques dans une souveraineté confirmée", si Hassan Gouled désira épisodiquement vouloir renégocier les accords dits de coopération signés avec la France depuis la fausse indépendance du pays, il le fera à un profit d'ordre personnel et à celui de ses " associés " au pouvoir. Les Aides françaises affluant et étant majoritairement détournées, Gouled n'envisagera pas un seul instant de menacer véritablement Paris de faire fermer toutes les installations des Forces Françaises de Djibouti sur le sol national.

D'évidence il comprit que celui qui veut " manger " partie des oeufs d'or, doit forcément supporter la présence des " poules pondeuses " en son pays et - de plus - pour la France le départ des FFDJ cela aurait été inacceptable et que dès lors son protégé - devenu ispso facto ex-protégé - devrait quitter le pouvoir. De plus lorsque l'on perçoit chaque 27ème jour du mois par la Pairie Générale de France à Djibouti un loyer de plus de 8 000 FF de l'époque par appartement on ne tient pas à "tuer la poule aux oeufs d'or" en chassant les familles françaises qui - de plus - financent à plus de 60 % l'économie locale.

Il serait très naïf de croire que seule la présence des militaires français à Djibouti ne fut et n'est d'intérêt géopolitique prioritaire pour l'Elysée et les grands partis politiques français. Les Forces Françaises de Djibouti protègent d'autres intérêts et non l'inverse.

Conscient que le régime dictatorial mis sur pied avec son aide et son soutien est d'essence tribale et dirigé de fait par Ismaïl Omar Guelleh, Paris va s'appuyer en un moment sur diverses options de succession au président Gouled. Jouant la carte du pouvoir français en place à l'Élysée (alors qu'il existe un pouvoir parallèle en région parisienne) et s'associant avec Jean Christophe Mitterrand - conseiller de l'Élysée et agent … d'affaires - IOG va quelque part se protéger d'un côté comme de l'autre et se prémunir ainsi pour l'avenir autant que faire ce pourra. Il va y réussir car de surcroît il est informé de TOUS les dessous de la coopération, s'accaparera les dossiers et saura "mouiller" et "faire chanter" le moment venu, qui, quand et comment il l'entendra.


IOG PREND L'ÉLYSÉE DE VITESSE !!!

Pourtant, aux yeux du Palais de l'Élysée issu des présidentielles de 1995, Ismaïl Omar Guelleh n'est pas le " personnage politique " indiqué pour une succession envisagée à Hassan Gouled.

D'après ce qu'il en est dit au niveau du Quai d'Orsay, Paris n'ignora pas (après coup) les conditions exactes du décès du Juge Bernard Borrel. Informé ... a posteriori.. l'Elysée n'avait d'autre alternative que de "couvrir politiquement" cet assassinat car - de plus - impliquant un membre d'une famille française (que nous désignerons comme étant Alpha Romeo..) très prôche de l'Etat français. Nous osons croire que ce refus du président Chirac de considérer IOG en fin 1995 pour succéder au président Gouled était la conséquence qu'il fut incontestablement le "donneur d'ordres" de l'assassinat du Juge français.

Ce positionnement, le président Chirac va l'exprimer lors d'un entretien privé d'avec le président djiboutien dans les premiers jours de décembre 1995, au cours de la VIe Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement des pays francophones à Cotonou (Bénin). Aux dires de témoins, la réaction d'Hassan Gouled Aptidon fut très vive, il entra dans une colère mémorable car le nom de " l'homme pressenti pour lui succéder " aurait été prononcé.. par le président français presque imposé... Dans les heures qui vont suivre, victime d'une hémorragie faciale importante, le président djiboutien sera évacué en urgence vers un hôpital militaire à Paris, par l'avion présidentiel français.

Vraisemblablement à cette époque et dans l'esprit du président Chirac, le seul homme politique djiboutien formé à l'école française afin de prendre la place d'Hassan Gouled pour très longtemps et persuadé qu'il n'osera pas toucher un jour aux intérêts français - nationaux et privés, avoués et non avoués - à Djibouti n'est autre qu'Ismaïl Guédi Hared. L'homme est incontournable à cette époque, il est celui des dossiers de la république, il est au fait de tous les accords djibouto-français et de plus soutenu par les banques et les grandes entreprises françaises.

C'était sans compter sur les initiatives du lobby affairiste et " porteurs de valises " composé de quelques vieux colonels et de généraux en retraite appartenant à la France Afrique - filiale parallèle et fortement représentée à Djibouti - qui va imposer Ismaïl Omar Guelleh.

Sur les conseils " éclairés " du lobby affairiste ("quarteron de généraux félons en retraite" comme aurait dit de Gaulle..), Ismaïl Omar Guelleh va prendre de vitesse l'Elysée du président Chirac. Il contrôlera d'abord que la Police et les Armées djiboutiennes n'interviendront pas. Les généraux sont à ses "ordres", ils ont leurs propres "Affaires" lucratives et de plus IOG à noyauté la hiérarchie immédiate..., des fois que !!!! et il passe un accord avec l'ambitieux Fathi..

- Ismaël Guédi est un obstacle ; qu'à cela ne tienne, IOG le fera incarcérer pour détournement de fonds publics, puis transformera l'inculpatio pour "insultes au chef de l'Etat". Les amis français à Djibouti de Guédi se mobiliseront pour le faire libérer !!!.

- Le vieux " crabe politicard " Moumin Bahdon pourrait être un obstacle car soutenu par un groupuscule de Sénateurs français du sud ouest : qu'à cela ne tienne, lui aussi ira en prison notamment pour détournements (Affaire des farines et autres...).

- Mohamed Djama Elabeh, leader de l'opposition et soutenu par la grande majorité des Djiboutiens au point qu'il inquiète sérieusement Ismaïl Omar : qu'à cela ne tienne, on ne peut l'incarcérer sans provoquer un soulèvement des populations alors il va le faire empoisonner par Meraneh qu'il désignera comme député quelques semaines plus tard...


La tyrannie mène à la lâcheté de l'esprit à qui l'on donne trop souvent pour nom " intérêt national ".

Un à un et sans que l'Élysée ne puisse (ou ne veuille ?) intervenir, les hommes politiques de premier plan et susceptibles de s'opposer aux ambitions présidentielles d'Ismaïl Omar Guelleh vont être écartés de diverses manières, voire " effacés ". De telle sorte qu'il sera fin 1996 le SEUL candidat potentiel à la succession d'un président Hassan Gouled affaibli par la maladie et qui ne gouverne plus l'État depuis le début des années 90, si tentés que l'on puisse croire qu'il dirigea autre chose que ses " affaires privées " depuis juin 1977...

A l'instar de ce qu'écrivait Voltaire en son temps " Il n'y a point de hasard ; tout est épreuve, ou punition, ou récompense, ou prévoyance ", après avoir " puni " à sa manière les potentiels candidats à la succession du président Gouled, IOG sera prévoyant en " récupérant " au Palais de l'Escale - partie ou intégralité ? - d'un dossier ultra confidentiel dont certaines pièces furent vraisemblablement dans les mains d'un Juge français intègre qui va payer de sa vie le fait qu'il va oser s'affronter à lui ouvertement.

Ceux qui sont persuadés que l'affaire de l'assassinat du Juge Bernard Borrel - le 18 octobre 1995 à quelques 60 km de la capitale djiboutienne - avait comme motivation ce qu'il aurait pu découvrir dans l'affaire de l'attentat du Café de Paris se sont fait berner pour partie. On nous a agité ce hochet trop longtemps devant les yeux pour tenter de capter toute notre attention et nous écarter du chemin vers la vérité.

L'un des auteurs de cet attentat - qui fit 17 blessés et provoqua la mort d'un enfant d'un sous officier des FFDJ - Awaleh Guelleh a été vu le 27 décembre 1990 (peu avant l'attentat) par divers témoins comme étant passager à bord d'un véhicule des Services Djiboutiens de Sécurité (police politique dirigée à l'époque par Ismaïl Omar Guelleh). La DGSE comme la Justice française sont parfaitement informées de ce fait que des dépositions ultérieures de témoins (hors procédure ?) sont venues confirmer.

Awaleh Guelleh est impliqué dans l'affaire Bernard Borrel comme étant l'homme qui porta le coup fatal alors que théoriquement il était emprisonné à cette époque mais s'est très curieusement " évadé " de sa cellule en 1997.

Là où il est, il ne risque plus de témoigner…ni de parler à une quelconque justice étrangère.

 

OTAGES DU MAÎTRE CHANTEUR ISMAÏL OMAR GUELLEH

Les journaux regorgent d'histoires de braves gens, de journalistes pris en otages en Irak ou ailleurs, mais ils restent muets sur le cas d'un tyran prenant en otage tout à la fois les populations et les "étrangers", hauts responsables qui n'ont pas "les fesses très propres"...

IOG est passé maître en matière de "maître chantage" et comme le disait récemment le Général Zakaria lors d'un entretien téléphonique et le rire dans la voix,

(textuellement) "...dans l'affaire Borrel, on a niqué la France !".

Ce qui - vous le noterez au passage - lui a valu récemment bien des égards avec l'attribution de la Légion d'Honneur !.

 



 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

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