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Dernière modification : le 23-Nov-2005 16:00 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 459 - 23/11/05 - DJIBOUTI - La propagande gouvernementale tente d'offrir à l'opinion publique internationale un beau visage en cachant soigneusement ses ignominies sous le masque trompeur du " Monsieur bien " à haut niveau de responsabilités.

 

Aïcha Warsama Aïdid

 

A l'heure où l'on se gausse beaucoup dans les médias d'État à Djibouti de la justice française que l'on n'hésite pas à mettre au " pilori local ", il serait peut-être de bon ton et pour le moins objectif de voir comment est traité le (la) citoyen (ne) à Djibouti lorsqu'il/elle tente d'obtenir application de la loi et respect de ses droits devant ce qui fait office de justice dans notre pays.

Dans les États de la " pensée unique " - tels que Djibouti sous le régime d'Ismaïl Omar Guelleh et qui n'ont pas en commun avec les populations un ensemble de valeurs éthiques, sociales et politiques mais ne survivent à la tête du pays que par le clientélisme et toutes les corruptions (y compris celle des consciences) - l'interprétation juridique se fait " à la petite semaine " et selon des décisions de jugements imposées arbitrairement par les gouvernants qui se sont accaparés tous les pouvoirs, sans concession d'aucune sorte.

 

CONSTAT : LEITMOTIV DU SYSTÈME GUELLEH

" NOUS SOMMES LES GENTILS, L'ENFER CE SONT LES AUTRES !!! ".

Bien que nous ne nous situions certes pas dans le rang des extrémistes (loin s'en faut), force nous est de constater qu'il est peut-être regrettable, que la force, justement, ne soit pas du côté des populations.

En ce début de 21ème siècle, âge de la modernité et de la haute technologie, il semblerait que les méthodes masculines envers celles qui partagent leur vie aurait régressé à l'époque des bipèdes de Crô-magnon.

On ne peut que rester perplexe ou atterré devant cette triste constatation. Pour les hommes en périphérie du pouvoir djiboutien, tous les coups sont permis y compris le chantage pour faire taire leurs victimes.

Les violences conjugales déroulent leur tapis de monstruosités.

Outre les infidélités qui sont une gageure, cela va des insultes aux menaces, du harcèlement moral au chantage affectif sur les enfants, du mépris aux agressions physiques en passant par la séquestration, la mise à la porte, les rapports sexuels imposés ou le viol, les coups et tentatives de meurtre. Bien qu'il n'y ait aucune statistique officielle (comment pourrait-il en être autrement sous un tel régime politique qui est celui de la duperie permanente et de la falsification), on estime que ce serait plus de 400 femmes qui décéderaient chaque année suite à des maltraitances et à des suicides dans la capitale et sa banlieue sans que pour cela une seule ligne ne paraisse dans le journal à la solde du pouvoir ; La Nation.

Aucune instruction de justice n'est ouverte. Le décès étant déclaré soit par suicide, soit de mort " naturelle " ; ceci réduit d'autant les " enquêtes " de police ou de gendarmerie.

Qui dit mieux ?. Et avant de se pencher sur la Justice occidentale ne serait-il pas salutaire de balayer devant notre porte ? D'autant que le profil de l'agresseur n'est pas toujours celui que l'on imagine.

Un rapport - confidentiel et paru récemment - n'est pas avare de précisions : " Il s'agit en majorité d'hommes bénéficiant par leur fonction professionnelle d'un certain pouvoir. On remarque " une proportion très importante de cadres d'état de haut niveau (67%), de professionnels de la santé (27%) et de membres de la police ou de l'armée. " . Ceux qui dirigent l'État à haut niveau et font régner l'ordre publiquement seraient donc amenés dans les coulisses du foyer ou au domicile de leur " amante " à transgresser des lois qu'ils imposent à d'autres.

Il nous est donc permis de penser que non contents de faire peser leur autorité tyrannique sur leur lieu de travail, ces individus continuent à faire les importants en se défoulant une fois rentrés à la maison. Et pas de la plus digne des façons. Car les conséquences de leurs actes sur leurs victimes sont le plus souvent dramatiques.

" De nombreuses femmes, suite à ces traitements peu orthodoxes, souffrent de troubles graves psychiques ou émotionnels, parfois irréversibles " (dépression, boulimie, anorexie), certaines ne supportant plus ce calvaire se suicident (les chiffres sont édifiants dans ce domaine chez les jeunes femmes - 20/30 ans - et à partir de 50 ans) et une grande partie meurt carrément sous les coups du conjoint. Parmi les victimes présentées comme étant décédées officiellement de " mort naturelle " dans le rapport, 30 % ont été poignardées, 30 % ont été abattues par arme à feu, 20 % ont été étranglées et 10 % ont été rouées de coups jusqu'à la mort".

Il y a dans cet étalage sordide quelque chose de bouleversant. On ne peut s'empêcher de penser à celles qui subissent ce sort tragique, sans déposer plainte avant que l'irrémédiable ne se produise, sans rien dire, par peur ou par honte. Celles-là sont passées sous silence. Elles échappent à la navrante réalité des statistiques. Victimes effacées de la brutalité masculine.

 

" TOUT LE MONDE IL EST BEAU, TOUT LE MONDE IL EST GENTIL " AU NIVEAU DE L'ÉTAT ET DE SES " COLLABOS ".

La propagande gouvernementale tente d'offrir à l'opinion publique internationale un beau visage en cachant soigneusement ses ignominies sous le masque trompeur du Monsieur bien à haut niveau de responsabilités. Mais c'est l'étranger que l'on accuse de maltraitance comme de tous les maux dont souffrent les Djiboutiens/Djiboutiennes.

Dans le comportement vis à vis des femmes, ce n'est donc point l'habit qui fait le moine car malheureusement si les violences relèvent de toutes les classes sociales, il est à noter que le " haut du panier " n'occupe pas la dernière place dans ce domaine mais bien la première et que, par contre, pour ce qui est des violences conjugales, les agricultrices sont le moins atteintes. Les hommes seraient donc beaucoup plus civilisés dans l'arrière pays.

L'air vicié de la capitale aurait-il une influence néfaste sur le comportement machiste de quelques supposés intellectuels djiboutiens ou responsables ?. Leurs neurones s'atrophieraient-ils pour les faire régresser en animal plus que primaire ? Et quel plaisir sadique peuvent-ils bien éprouver, lorsque la porte refermée, ils se retrouvent face à cette femme tremblante de peur dont ils se sont appropriés le destin pour en devenir le maître et le tortionnaire ?, pour le pire mais pas pour le meilleur.

 

LIBÉRER LA SOCIÉTÉ DJIBOUTIENNE DE LA VIOLENCE

Libérer notre société de la violence à l'égard des femmes, et faire en sorte que toutes les femmes se sentent en sécurité dans leurs relations avec les hommes représente un défi pour les futurs gouvernants qui exige que l'on établisse des limites claires, mais surtout que chacun s'engage fermement....et que les lois soient appliqués par la justice du pays.

Même si l'on accorde plus d'attention aujourd'hui à cette question, et que des lois existent, la violence contre les femmes continue malgré tout.

Qu'elle soit le fait direct des gouvernants de circonstances ou de groupes armés agissant sur ordre, qu'elle soit tolérée par les gouvernements au travers de législations trop laxistes, ou qu'elle soit pratiquée par des individus, elle ne peut être combattue que par un engagement ferme de chacune et de chacun, et par des comportements adéquats.

 

"La pire des corruptions n'est pas celle qui brave les lois ; mais celle qui s'en fait à elle-même et que pour elle-même !"

 

 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.

Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

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