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Dernière modification : le 27.11.2005 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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Il ne vaut qu'un ..... Euro !

 

D 463 - 29/11/05 - DJIBOUTI - Lorsque un chef de bande s'arroge le titre de roi, les rapines et les mauvais coups commis par lui-même et sous ses ordres portent les noms flatteurs de trophées et de victoires.

 

Idriss Abdi Korah.

 

COLLABORATION ACTIVE ET PASSIVE D'AVEC LE TYRAN.

Si la " collaboration active " d'avec le régime tyrannique d'Ismaïl Omar Guelleh ne peut être qu'extrêmement limitée en nombre - et elle l'est -, en revanche la collaboration passive, l'accommodement par la contrainte, l'acceptation du joug de l'oppression, sont plus fréquents dans un tel État de non droit.

La protection des victimes des infractions est pourtant un droit que l'Union européenne assure dans le cadre de la création d'un espace de liberté, de sécurité et de justice. La protection des victimes se décline sous deux formes complémentaires : l'indemnisation du préjudice subi et l'assistance matérielle, psychologique, sanitaire et sociale.

L'Union européenne est en train d'adopter des mesures législatives relatives à ces deux volets. Le Parlement européen soutient les actions de l'Union, en particulier dans le domaine de la médiation pénale et de la justice réparatrice.

En dépit des nombreux progrès accomplis, le chemin est certes encore long pour voir la création d'un véritable statut européen des victimes. Alors, comment à plus de 6000 km de là, la Justice française comme européenne pourraient-elle se pencher sur le cas des femmes violées ou tout simplement ayant été contraintes de quitter les Armées nationales djiboutiennes sous la pression d'un officier général n'obtenant pas de " faveurs " de leur part, comment celles qui subirent une forme de viol par la contrainte pourraient-elles obtenir justice et réparation de ce qu'elles ont subi ?.

 

RÉALITÉ : LA JUSTICE NE SAURAIT SE SUBSTITUER AUX VICTIMES SI ELLES NE DÉPOSENT PAS DE PLAINTE.

Les Justices du monde occidental n'agissent que dès l'instant où elles sont sollicitées et que plainte - en bonne et due forme - est déposée. Or constat est fait qu'aucune femme djiboutienne - victime - ne les a sollicitées jusqu'à ce jour.

Pourtant nombreuses sont celles qui affirment qu'elles furent contraintes de se plier aux " exigences particulières " dudit officier général djiboutien et de son supérieur hiérarchique ; et pour quelques-unes, furent contraintes de quitter l'armée d'active pour ne pas céder.

Oui mais témoigner devant un quelconque tribunal dans le monde occidental c'est dévoiler qui l'on est, c'est dévoiler un lourd secret de femme, c'est être montrée du doigt, c'est être salie aux yeux de sa propre famille, c'est être considérée comme impure alors que l'on est victime. Et c'est surtout exposer soi-même et sa propre famille vivant à Djibouti aux pires représailles de la part du régime Guelleh et de ses " serviteurs ".

Si l'on cherche tant à parler pour ces femmes et à défendre leurs droits de victimes sur ce site, c'est sans doute parce qu'elles ne parlent pas suffisamment. Dans cet exil qu'est leur vie dans le monde occidental - loin de leur terre natale - on croisera de nombreuses victimes qui ne disent rien, qui n'osent parler afin de ne pas revivre ce qu'elles ont subi à leur corps défendant : celles qui, les plus nombreuses, sont mortes psychologiquement parlant, mais d'autres aussi qui gardent le silence sans même parfois y avoir été réduites. C'est le cas des rares " rescapés " des génocides des années 90 en pays Afars dont le silence a été percé ou montré depuis quelques années. Ces survivantes ne se donnent même plus de droit au titre de victimes, parce qu'elles se croient coupables simplement par ce qu'elles sont femmes.

Mais le silence des victimes n'est pas le legs des seuls génocides. Là où la répression autoritaire a laissé davantage de victimes indirectes (les proches des exécutées après viols, assassinées ou disparues, parfois brûlée vive comme l'une d'elle à Tadjourah devant un envoyé de Paris car accusée d'être un agent du " FRUD ") que de rescapés, on peut chercher longtemps la parole des victimes.

A Djibouti, c'est une forme de " fatalité " sociale - celle qui prive aussi de tout accès à la justice - qui fait taire sans oubli des crimes commis. Ce n'est pas parce qu'elles se taisent que les victimes ne parlent pasen toute confidence ou qu'elles n'auraient rien à dire, c'est parce qu'elles refusent de parler (aussi par peur) et surtout de témoigner en tant que victimes. Ces femmes nous mettent peut-être sur la piste d'un autre rôle pour la victime, ni gardien de la mémoire ni pleureuse.

Le rôle de victime - auquel elles sont contraintes - convoie l'idée d'un statut indiscutable, devenu intouchable du fait de la souffrance physique ou morale ; une tribune depuis laquelle surplomber, sinon les grands, du moins la masse de ceux qui étaient restés indifférents sous la répression, ou qui s'en sont faits les complices. Et c'est sans doute là que réside la mésentente. Pour les victimes mêmes : lorsque leur statut de victime est indiscutable, elles se taisent, lorsque sa légitimité se discute (de quoi ont-elles souffert ?), elles parlent, mais ne peuvent plus être entendues.

Malentendu pour celui qui de loin observe et qui n'ose pas appréhender les victimes pour ce qu'elles sont : des êtres en souffrance. La victimisation sans jugement de reconnaissance du fait et de leurs droits est un processus de subjectivation politique. Or, elle est trop souvent mise hors politique : du côté du droit - où pourtant la place de la victime était jusqu'alors, sinon inexistante, du moins très réduite-, ou du côté de la morale...

 

RÉALITÉ : LA JUSTICE DJIBOUTIENNE ACTUELLE EST COMPLICE DU POUVOIR D'ISMAÏL OMAR GUELLEH.

En matière de représailles à l'encontre des victimes et de leurs familles, l'État Ismaïlien dispose de tout un panel de représailles dans l'abject, le " barbare " d'un autre siècle et ce en dépit des lois internationales impliquant un minimum de respect pour l'humain.

Représailles allant du licenciement des membres de la famille des " victimes et témoins ", répressions dans l'une des prisons à Djibouti pouvant aller jusqu'à l'incarcération du père, du frère avec tortures et viol des femmes (mère, sœur, cousine …) par les autres détenus hommes. Emprisonner une femme avec des détenus de droits communs …...est l'une des armes dissuasives et efficaces employée par le régime Guelleh pour la faire taire.

Ceci tout le monde le sait dans le pays comme au delà des frontières car nombreux sont les exemples de telles exactions dans un tel État de Non Droit qu'est Djibouti sous le régime d'Ismaïl Omar Guelleh. Vu de l'extérieur, le " diplomatiquement correct " est prêt à tout accepter, tout cautionner pour autant que ses propres intérêts soient préservés.

A Djibouti, les Justices et les lois étrangères - dont celles des pays occidentaux et internationales - n'ont aucune valeur, aucun pouvoir donc aucun effet. L'État dirigé par Ismaïl Omar Guelleh ne cherche même pas à masquer ses pratiques, il agit ouvertement de manière grotesque et tente de faire cautionner ses exactions par les populations en parlant de supposée " atteinte à sa souveraineté ".

Il suffit pour s'en convaincre de se référer à l'affaire Borrel dans laquelle un Procureur de la soit disante république de Djibouti - Djama Souleïman - et un Directeur de la Police Politique - Hassan Saïd Kaireh - refusent de répondre aux multiples convocations de la Justice française comme témoins assistés. Convoqués à trois reprises, les deux " serviteurs " du régime Guelleh mis en cause pour " tentative de subornation de témoins " n'ont pas répondu à la requête de la Justice française malgré les accords de coopération judiciaire signés entre Djibouti et la France.

 

AU DELÀ DE LA SANCTION DE L'ARDHD, C'EST LA JUSTICE FRANÇAISE QUI A FAIT SON TRAVAIL.

Dans cette condamnation de l'ARDHD - et de son président Jean Loup Schaal comme responsable de publication - par la 17ème chambre du tribunal correctionnel il faut y voir bien plus une sanction mesurée dudit Tribunal parisien qu'une effective condamnation. En l'absence des victimes que pouvait faire un Tribunal français ?, simplement condamner au minimum et sans conséquence pour la Défense et le Respect des Droits Humains à Djibouti !.

Menacer les victimes et leurs familles des pires représailles si elles témoignaient, engager des centaines de millions de FD dans un tel procès pour acheter quelques consciences et obtenir au final 1 € de " dommages et intérêts ". Et ensuite crier " victoire " à tue tête, ceci relève d'un calcul pour le moins particulier.

S'en est suivi un déchaînement nauséabond de la propagande d'IOG qui n'a pas osé avouer publiquement son grand désappointement quant au contenu du jugement alors qu'Ibrahim Zakaria avait demandé 50 000 € et la condamnation de l'ARDHD aux dépens… ; ce que le Tribunal ne lui a pas accordé à justes raisons.

Plus l'éphémère victoire du mensonge est joyeuse, plus triste est le silence qui retombe ensuite sur les ruines d'un homme. Ce sont aujourd'hui les femmes - victimes directes et indirectes d'Ibrahim Zakaria - qui savent véritablement qui il est, et surtout ce dont il est capable pour tenter de masquer ses perversités.

Lorsque un chef de bande s'arroge le titre de roi, les rapines et les mauvais coups commis par lui-même et sous ses ordres portent les noms flatteurs de trophées et de victoires.

Dans cette comédie larmoyante du " militaire déshonoré " qu'il vient de nous jouer par avocats interposés, nous ne contesterons pas au général d'opérette Ibrahim Zakaria cette bien piètre victoire du mensonge et de la falsification sur la vérité et la souffrance des femmes.

"Les obus et les décorations tombent au hasard sur le juste et l'injuste" écrivait André Maurois.

 

L'histoire et Allah sauront juger en temps et en heure qui sont les victimes et qui sont les charlatans mythomanes.

 

 

 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

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