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463 - 29/11/05 - DJIBOUTI - Lorsque un chef de
bande s'arroge le titre de roi, les rapines et les mauvais coups commis par lui-même
et sous ses ordres portent les noms flatteurs de trophées et de victoires.
Idriss Abdi Korah.
COLLABORATION
ACTIVE ET PASSIVE D'AVEC LE TYRAN.
Si
la " collaboration active " d'avec le régime tyrannique d'Ismaïl
Omar Guelleh ne peut être qu'extrêmement limitée en nombre
- et elle l'est -, en revanche la collaboration passive, l'accommodement par la
contrainte, l'acceptation du joug de l'oppression, sont plus fréquents
dans un tel État de non droit.
La
protection des victimes des infractions est pourtant un droit que l'Union européenne
assure dans le cadre de la création d'un espace de liberté, de sécurité
et de justice. La protection des victimes se décline sous deux formes complémentaires
: l'indemnisation du préjudice subi et l'assistance matérielle,
psychologique, sanitaire et sociale.
L'Union
européenne est en train d'adopter des mesures législatives relatives
à ces deux volets. Le Parlement européen soutient les actions de
l'Union, en particulier dans le domaine de la médiation pénale et
de la justice réparatrice.
En
dépit des nombreux progrès accomplis, le chemin est certes encore
long pour voir la création d'un véritable statut européen
des victimes. Alors, comment à plus de 6000 km de là, la Justice
française comme européenne pourraient-elle se pencher sur le cas
des femmes violées ou tout simplement ayant été contraintes
de quitter les Armées nationales djiboutiennes sous la pression d'un officier
général n'obtenant pas de " faveurs " de leur part, comment
celles qui subirent une forme de viol par la contrainte pourraient-elles obtenir
justice et réparation de ce qu'elles ont subi ?.
RÉALITÉ
: LA JUSTICE NE SAURAIT SE SUBSTITUER AUX VICTIMES SI ELLES NE DÉPOSENT
PAS DE PLAINTE.
Les
Justices du monde occidental n'agissent que dès l'instant où elles
sont sollicitées et que plainte - en bonne et due forme - est déposée.
Or constat est fait qu'aucune femme djiboutienne - victime - ne
les a sollicitées jusqu'à ce jour.
Pourtant
nombreuses sont celles qui affirment qu'elles furent contraintes de se plier aux
" exigences particulières " dudit officier général
djiboutien et de son supérieur hiérarchique ; et pour quelques-unes,
furent contraintes de quitter l'armée d'active pour ne pas céder.
Oui
mais témoigner devant un quelconque tribunal dans le monde occidental c'est
dévoiler qui l'on est, c'est dévoiler un lourd secret de femme,
c'est être montrée du doigt, c'est être salie aux yeux de sa
propre famille, c'est être considérée comme impure alors que
l'on est victime. Et c'est surtout exposer soi-même et sa propre famille
vivant à Djibouti aux pires représailles de la part du régime
Guelleh et de ses " serviteurs ".
Si
l'on cherche tant à parler pour ces femmes et à défendre
leurs droits de victimes sur ce site, c'est sans doute parce qu'elles ne parlent
pas suffisamment. Dans cet exil qu'est leur vie dans le monde occidental - loin
de leur terre natale - on croisera de nombreuses victimes qui ne disent rien,
qui n'osent parler afin de ne pas revivre ce qu'elles ont subi à leur corps
défendant : celles qui, les plus nombreuses, sont mortes psychologiquement
parlant, mais d'autres aussi qui gardent le silence sans même parfois y
avoir été réduites. C'est le cas des rares " rescapés
" des génocides des années 90 en pays Afars dont le silence
a été percé ou montré depuis quelques années.
Ces survivantes ne se donnent même plus de droit au titre de victimes, parce
qu'elles se croient coupables simplement par ce qu'elles sont femmes.
Mais
le silence des victimes n'est pas le legs des seuls génocides. Là
où la répression autoritaire a laissé davantage de victimes
indirectes (les proches des exécutées après viols, assassinées
ou disparues, parfois brûlée vive comme l'une
d'elle à Tadjourah devant un envoyé de Paris car accusée
d'être un agent du " FRUD ") que de rescapés, on
peut chercher longtemps la parole des victimes.
A
Djibouti, c'est une forme de " fatalité " sociale - celle qui
prive aussi de tout accès à la justice - qui fait taire sans oubli
des crimes commis. Ce n'est pas parce qu'elles se taisent que les victimes ne
parlent pasen toute confidence ou qu'elles n'auraient rien à dire, c'est
parce qu'elles refusent de parler (aussi par peur) et surtout de témoigner
en tant que victimes. Ces femmes nous mettent peut-être sur la piste d'un
autre rôle pour la victime, ni gardien de la mémoire ni pleureuse.
Le
rôle de victime - auquel elles sont contraintes - convoie l'idée
d'un statut indiscutable, devenu intouchable du fait de la souffrance physique
ou morale ; une tribune depuis laquelle surplomber, sinon les grands, du moins
la masse de ceux qui étaient restés indifférents sous la
répression, ou qui s'en sont faits les complices. Et c'est sans doute là
que réside la mésentente. Pour les victimes mêmes : lorsque
leur statut de victime est indiscutable, elles se taisent, lorsque sa légitimité
se discute (de quoi ont-elles souffert ?), elles parlent, mais
ne peuvent plus être entendues.
Malentendu
pour celui qui de loin observe et qui n'ose pas appréhender les victimes
pour ce qu'elles sont : des êtres en souffrance. La victimisation sans jugement
de reconnaissance du fait et de leurs droits est un processus de subjectivation
politique. Or, elle est trop souvent mise hors politique : du côté
du droit - où pourtant la place de la victime était jusqu'alors,
sinon inexistante, du moins très réduite-, ou du côté
de la morale...
RÉALITÉ
: LA JUSTICE DJIBOUTIENNE ACTUELLE EST COMPLICE DU POUVOIR D'ISMAÏL OMAR
GUELLEH.
En
matière de représailles à l'encontre des victimes et de leurs
familles, l'État Ismaïlien
dispose de tout un panel de représailles dans l'abject, le " barbare
" d'un autre siècle et ce en dépit des lois internationales
impliquant un minimum de respect pour l'humain.
Représailles
allant du licenciement des membres de la famille des " victimes et témoins
", répressions dans l'une des prisons à Djibouti pouvant aller
jusqu'à l'incarcération du père, du frère avec tortures
et viol des femmes (mère, sur, cousine
) par les autres détenus
hommes. Emprisonner une femme avec des détenus de droits communs
...est
l'une des armes dissuasives et efficaces employée par le régime
Guelleh pour la faire taire.
Ceci
tout le monde le sait dans le pays comme au delà des frontières
car nombreux sont les exemples de telles exactions dans un tel État de
Non Droit qu'est Djibouti sous le régime d'Ismaïl Omar Guelleh. Vu
de l'extérieur, le " diplomatiquement correct " est prêt
à tout accepter, tout cautionner pour autant que ses propres intérêts
soient préservés.
A
Djibouti, les Justices et les lois étrangères - dont celles des
pays occidentaux et internationales - n'ont aucune valeur, aucun pouvoir donc
aucun effet. L'État dirigé par Ismaïl Omar Guelleh ne cherche
même pas à masquer ses pratiques, il agit ouvertement de manière
grotesque et tente de faire cautionner ses exactions par les populations en parlant
de supposée " atteinte à sa souveraineté ".
Il
suffit pour s'en convaincre de se référer à l'affaire Borrel
dans laquelle un Procureur de la soit disante république de Djibouti -
Djama Souleïman - et un Directeur de la Police Politique - Hassan Saïd
Kaireh - refusent de répondre aux multiples convocations de la Justice
française comme témoins assistés. Convoqués à
trois reprises, les deux " serviteurs " du régime Guelleh mis
en cause pour " tentative de subornation de témoins " n'ont pas
répondu à la requête de la Justice française malgré
les accords de coopération judiciaire signés entre Djibouti et la
France.
AU
DELÀ DE LA SANCTION DE L'ARDHD, C'EST LA JUSTICE FRANÇAISE QUI A
FAIT SON TRAVAIL.
Dans
cette condamnation de l'ARDHD - et de son président Jean Loup Schaal comme
responsable de publication - par la 17ème chambre du tribunal correctionnel
il faut y voir bien plus une sanction mesurée
dudit Tribunal parisien qu'une effective condamnation. En l'absence des
victimes que pouvait faire un Tribunal français ?, simplement
condamner au minimum et sans conséquence pour la Défense et le Respect
des Droits Humains à Djibouti !.
Menacer
les victimes et leurs familles des pires représailles si elles témoignaient,
engager des centaines de millions de FD dans un tel procès pour acheter
quelques consciences et obtenir au final 1 € de " dommages et intérêts
". Et ensuite crier " victoire " à tue tête, ceci
relève d'un calcul pour le moins particulier.
S'en
est suivi un déchaînement nauséabond de la propagande d'IOG
qui n'a pas osé avouer publiquement son grand désappointement quant
au contenu du jugement alors qu'Ibrahim Zakaria
avait demandé 50 000 € et la condamnation de l'ARDHD aux dépens
; ce que le Tribunal ne lui a pas accordé
à justes raisons.
Plus
l'éphémère victoire du mensonge est joyeuse, plus triste
est le silence qui retombe ensuite sur les ruines d'un homme.
Ce sont aujourd'hui les femmes - victimes directes et indirectes d'Ibrahim Zakaria
- qui savent véritablement qui il est, et
surtout ce dont il est capable pour tenter de masquer ses perversités.




Lorsque
un chef de bande s'arroge le titre de roi, les rapines et les mauvais coups commis
par lui-même et sous ses ordres portent les noms flatteurs de trophées
et de victoires.
Dans
cette comédie larmoyante du " militaire déshonoré "
qu'il vient de nous jouer par avocats interposés, nous ne contesterons
pas au général d'opérette Ibrahim Zakaria cette bien piètre
victoire du mensonge et de la falsification sur la vérité et la
souffrance des femmes.
"Les
obus et les décorations tombent au hasard sur le juste et l'injuste"
écrivait André Maurois.
L'histoire
et Allah sauront juger en temps et en heure qui sont les victimes et qui sont
les charlatans mythomanes.