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Dernière modification : le 27.11.2005 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 466 - 01/12/05 - DJIBOUTI - Sous le régime tyrannique d'Ismaïl Omar Guelleh, Il est plus facile de s'en prendre aux faibles qui arrivent, ou qui sont là, et même arrivés depuis longtemps, qu'aux puissants malfrats qui désertent le pays et vont investir à Dubaï ou dans des paradis fiscaux en laissant plus de 85 % de la population djiboutienne au chômage.

 

Goumati Houmed Gourad

 

Nos concepts du travail et par là du chômage, autour desquels la politique se joue (ou prétend se jouer) n'ont plus de substance à Djibouti.


Des dizaines de milliers de familles sont ravagées, des destins sont anéantis par cet anachronisme que constitue la tyrannie d'un homme, d'une femme et de quelques complices qui - quant à eux - vivent somptueusement et directement sur l'Etat et sur ses ressources.

 


 

L'imposture d'élections falsifiées continue d'imposer un système de société périmée afin que tente de passer inaperçue une nouvelle forme de société djiboutienne restreinte et remodelée selon le bon vouloir du tyran et de son épouse qui déjà pointe, où seul un très faible pourcentage de la population djiboutienne trouvera des fonctions, trouvera un travail ou s'exilera ; remplacée par des familles encore plus pauvres car en provenance de pays limitrophes et prêtes à fuir les guerres et les famines.

L'extinction du travail passe pour une simple éclipse qui entre dans une logique gouvernementale alors que, pour la première fois dans l'histoire de notre pays, l'ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne notre pays et détient tous les pouvoirs.

Le gouvernement Guelleh avait besoin de populations miséreuses pour justifier les aides internationales qu'il recevait et détournait allègrement ; aujourd'hui il tente de chasser la misère et les malades du pays et procède ainsi à un nettoyage ethnique qui ne veut pas dire son nom.


Nous découvrons qu'au-delà de l'exploitation des hommes, il y a pire, et que, devant le fait de n'être plus même exploitable, la foule des hommes et des femmes tenus pour superflus peut trembler. De l'exploitation à l'exclusion, de l'exclusion à l'élimination... ?. Pousser les Djiboutiens/Djiboutiennes à l'exil ne serait-ce pas une forme de génocide non déclaré ?.

Alors que des quartiers entiers de la capitale sont constitués d'abris de fortune, loin de promouvoir un véritable plan d'urbanisme cohérent, le gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh perpétue sa politique du " bulldozer " consistant à détruire systématiquement ces frêles abris occupés par les plus pauvres afin de s'accaparer les terrains pour y édifier des constructions non point d'Etat mais que s'approprieront quelques-uns en s'attribuant les parcelles de terrain... presque sans payer..

Des êtres humains en foules se retrouvent ainsi, selon les logiques régnantes, sans abri, sans raison raisonnable de vivre en ce monde où pourtant ils sont advenus à la vie.


Nul n'osera déclarer, en démocratie, que la vie n'est pas un droit, qu'une multitude de vivants est en nombre excédentaire. Mais, sous un régime totalitaire tel que celui qui perdure à Djibouti, ne l'oserait-on pas ? Ne l'a-t-on pas osé déjà ? Pour sûr !. Et vu de l'occident n'en admettons-nous pas déjà le principe, tout en le déplorant du bout des lèvres, lorsqu'à des distances équivalentes à celles de lieux de vacances du monde occidental, la misère décime des populations ?.

Voici donc l'économie mafieuse lâchée comme jamais en toute liberté à Djibouti - cette liberté que nous avons tant revendiquée pour parvenir à un certain 27 juin 1977 et qui se traduit en déréglementations légalisées, en anarchie officielle. Liberté assortie de tous les droits, de toutes les permissivités pour le pouvoir opportuniste et de circonstances. Débridée, elle sature de ses illogismes une société djiboutienne qui s'achève lentement et dont elle active le naufrage.

La priorité des gouvernants après 28 années d'indépendance tient lieu de loi … locale, de dogme, de postulat sacré, et c'est avec la logique des " justes ", l'impassible bienveillance des belles âmes et des grands vertueux d'un certain occident, le sérieux des théoriciens, qu'est provoqué le dénuement d'un nombre toujours croissant d'êtres humains dans notre pays et que sont perpétrés la soustraction de leurs droits, la spoliation des vies, le massacre des santés, l'exposition des corps à la faim, aux heures vides, à la vie horrifiée sous l'emprise de potentats agréés et soutenus par les grandes puissances..

L'indifférence est féroce. Elle constitue vis-à-vis des populations djiboutiennes le parti le plus actif, sans doute le plus puissant. Elle permet et cautionne implicitement toutes les exactions, les déviations les plus funestes, les plus sordides.

Faire ici une différence entre Afars, Issas, Somalis de souche et enfants d'immigrés ayant ou non droit à la citoyenneté, les monter les uns contre les autres revient à tomber dans l'un des pièges destinés à distraire de l'essentiel pour régner. Il s'agit avant tout de pauvres. Et de pauvreté, et la pauvreté dérange Ismaïl Omar Guelleh car il est dans l'incapacité de la réduire autrement que par l'emploi des armes et en la chassant du pays.

Ces pauvres du quartier d'Arrhiba et d'ailleurs dans la capitale ne peuvent secouer leur sort et leur joug que par des moyens détournés, souvent dans la violence, dans l'illégalité, qui les affaiblissent davantage et répondent en un sens aux vœux de ceux qui ont intérêt à les maintenir à l'écart dans cet abandon, ainsi justifié.

Normal encore que ceux qui détiennent les pouvoirs de l'indignité puissent parler à leur place, et puissent envisager de les dresser comme on ferait d'animaux, avec des méthodes efficaces comme celle qui consiste à les inscrire pour leur bien dans une " insécurité " méthodiquement étudiée, délibérément organisée dans la capitale, aux retombées cependant si douloureuses qu'elles saccagent des vies et les abrègent.

Sus aux immigrés qui n'appartiennent pas aux familles du pouvoir en place et qui entrent, bon vent aux capitaux et aux détournements d'argent public qui sortent et s'envolent vers d'autres cieux chaque jour !. Il est plus facile de s'en prendre aux faibles qui arrivent, ou qui sont là, et même arrivés depuis longtemps, qu'aux puissants malfrats qui désertent le pays et vont investir à Dubaï ou dans des paradis fiscaux en laissant plus de 85 % de la population djiboutienne au chômage.

 

 

 

 

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