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D
466 - 01/12/05 - DJIBOUTI - Sous le régime
tyrannique d'Ismaïl Omar Guelleh, Il
est plus facile de s'en prendre aux faibles qui arrivent, ou qui sont là,
et même arrivés depuis longtemps, qu'aux puissants malfrats qui désertent
le pays et vont investir à Dubaï ou dans des paradis fiscaux en laissant
plus de 85 % de la population djiboutienne au chômage.
Goumati Houmed Gourad
Nos
concepts du travail et par là du chômage, autour desquels la politique
se joue (ou prétend se jouer) n'ont plus de substance à Djibouti.







Des
dizaines de milliers de familles sont ravagées, des destins sont anéantis
par cet anachronisme que constitue la tyrannie d'un homme, d'une femme et de quelques
complices qui - quant à eux - vivent somptueusement et directement sur
l'Etat et sur ses ressources.



L'imposture
d'élections falsifiées continue d'imposer un système de société
périmée afin que tente de passer inaperçue une nouvelle forme
de société djiboutienne restreinte et remodelée selon le
bon vouloir du tyran et de son épouse qui déjà pointe, où
seul un très faible pourcentage de la population djiboutienne trouvera
des fonctions, trouvera un travail ou s'exilera ; remplacée par des familles
encore plus pauvres car en provenance de pays limitrophes et prêtes à
fuir les guerres et les famines.
L'extinction
du travail passe pour une simple éclipse qui entre dans une logique gouvernementale
alors que, pour la première fois dans l'histoire de notre pays, l'ensemble
des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre
qui façonne notre pays et détient tous les pouvoirs.
Le
gouvernement Guelleh avait besoin de populations miséreuses pour justifier
les aides internationales qu'il recevait et détournait allègrement
; aujourd'hui il tente de chasser la misère et les malades du pays et procède
ainsi à un nettoyage ethnique qui ne veut pas dire son nom.


Nous
découvrons qu'au-delà de l'exploitation des hommes, il y a pire,
et que, devant le fait de n'être plus même exploitable, la foule des
hommes et des femmes tenus pour superflus peut trembler. De
l'exploitation à l'exclusion, de l'exclusion à l'élimination...
?. Pousser les Djiboutiens/Djiboutiennes à l'exil ne serait-ce pas une
forme de génocide non déclaré ?.
Alors
que des quartiers entiers de la capitale sont constitués d'abris de fortune,
loin de promouvoir un véritable plan d'urbanisme cohérent, le gouvernement
d'Ismaïl Omar Guelleh perpétue sa politique
du " bulldozer " consistant à détruire systématiquement
ces frêles abris occupés par les plus pauvres afin de s'accaparer
les terrains pour y édifier des constructions non point d'Etat mais que
s'approprieront quelques-uns en s'attribuant les parcelles de terrain... presque
sans payer..
Des
êtres humains en foules se retrouvent ainsi, selon les logiques régnantes,
sans abri, sans raison raisonnable de vivre en ce monde où pourtant ils
sont advenus à la vie.








Nul
n'osera déclarer, en démocratie, que la vie n'est pas un droit,
qu'une multitude de vivants est en nombre excédentaire. Mais, sous un régime
totalitaire tel que celui qui perdure à Djibouti, ne l'oserait-on pas ?
Ne l'a-t-on pas osé déjà ? Pour sûr !. Et vu de l'occident
n'en admettons-nous pas déjà le principe, tout en le déplorant
du bout des lèvres, lorsqu'à des distances équivalentes à
celles de lieux de vacances du monde occidental, la misère décime
des populations ?.
Voici
donc l'économie mafieuse lâchée comme jamais en toute liberté
à Djibouti - cette liberté que nous avons tant revendiquée
pour parvenir à un certain 27 juin 1977 et qui se traduit en déréglementations
légalisées, en anarchie officielle. Liberté assortie de tous
les droits, de toutes les permissivités pour le pouvoir opportuniste et
de circonstances. Débridée, elle sature de ses illogismes une société
djiboutienne qui s'achève lentement et dont elle active le naufrage.
La
priorité des gouvernants après 28 années d'indépendance
tient lieu de loi
locale, de dogme, de postulat sacré, et c'est
avec la logique des " justes ", l'impassible bienveillance des belles
âmes et des grands vertueux d'un certain occident, le sérieux des
théoriciens, qu'est provoqué le dénuement
d'un nombre toujours croissant d'êtres humains dans notre pays et
que sont perpétrés la soustraction de leurs droits, la spoliation
des vies, le massacre des santés, l'exposition des corps à la faim,
aux heures vides, à la vie horrifiée sous l'emprise de potentats
agréés et soutenus par les grandes puissances..
L'indifférence
est féroce. Elle
constitue vis-à-vis des populations djiboutiennes le parti le plus actif,
sans doute le plus puissant. Elle permet et cautionne implicitement toutes les
exactions, les déviations les plus funestes, les plus sordides.
Faire
ici une différence entre Afars, Issas, Somalis de souche et enfants d'immigrés
ayant ou non droit à la citoyenneté, les monter les uns contre les
autres revient à tomber dans l'un des pièges destinés à
distraire de l'essentiel pour régner. Il s'agit avant tout de pauvres.
Et de pauvreté, et la pauvreté dérange Ismaïl Omar Guelleh
car il est dans l'incapacité de la réduire autrement que par l'emploi
des armes et en la chassant du pays.
Ces
pauvres du quartier d'Arrhiba et d'ailleurs dans la capitale ne peuvent secouer
leur sort et leur joug que par des moyens détournés, souvent dans
la violence, dans l'illégalité, qui les affaiblissent davantage
et répondent en un sens aux vux de ceux qui ont intérêt
à les maintenir à l'écart dans cet abandon, ainsi justifié.
Normal
encore que ceux qui détiennent les pouvoirs de l'indignité puissent
parler à leur place, et puissent envisager de les dresser comme on ferait
d'animaux, avec des méthodes efficaces comme celle qui consiste à
les inscrire pour leur bien dans une " insécurité " méthodiquement
étudiée, délibérément organisée dans
la capitale, aux retombées cependant si douloureuses qu'elles saccagent
des vies et les abrègent.
Sus
aux immigrés qui n'appartiennent pas aux familles du pouvoir en place
et qui entrent, bon vent aux capitaux et
aux détournements d'argent public qui sortent et s'envolent vers
d'autres cieux chaque jour !. Il est plus facile
de s'en prendre aux faibles qui arrivent, ou qui sont là, et même
arrivés depuis longtemps, qu'aux puissants malfrats qui désertent
le pays et vont investir à Dubaï ou dans des paradis fiscaux en laissant
plus de 85 % de la population djiboutienne au chômage.
