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D
467 - 05/12/05. DJBOUTI. Immense mystification
d'Etat avec spéculations privées sur les terrains dans la capitale.
Des lois et des droits pour s'asseoir dessus.
Justicia.
Par
arrêté n°94 0367/PR/INT du président de la République,
chef du gouvernement, en date du 23 mai 1994, l'indemnisation prévue au
projet d'aménagement des quartiers 1 et 2, budget de l'état chapitre
51.10 article 11 est organisée par le présent arrêté
conformément aux dispositions des articles suivants.
Les
propriétaires des habitations en planches dont une fraction supérieure
à 50% de la superficie de la parcelle sera décasée, ou dont
la surface après décasement sera inférieure à 40 m2,
bénéficieront d'une autorisation d'occupation provisoire d'un terrain
à Balbala et percevront, après libération de l'emplacement
actuellement occupé, une indemnité calculée sur la base de
mille deux cents francs Djibouti le mètre carré libéré
(1.200 FD/M2).
Les
habitations en dur régulièrement établies sur un titre foncier,
dont la démolition totale ou partielle est nécessaire, feront l'objet
d'une expertise menée conjointement par le service des Domaines et la direction
de l'Urbanisme et du Logement.
Chaque
propriétaire sera indemnisé préalablement à la démolition.
Les frais de démolition seront à la charge de l'administration.
En cas de démolition
partielle, les mesures nécessaires à la sauvegarde du reste de la
construction seront également à la charge de l'administration.
Les
habitations en dur établies sur une parcelle sans titre foncier feront
l'objet d'un décasement de la partie empiétant sur l'emprise de
la voirie, sans indemnisation aucune.
En
ce qui concerne la partie restante, si la surface est supérieure à
40 m2, elle devra faire immédiatement l'objet d'une procédure de
régularisation foncière pour obtention d'un titre foncier.
Les
propriétaires totalement décasés bénéficieront
d'une autorisation d'occupation provisoire d'un terrain à Balbala et percevront,
après libération de l'emplacement actuellement occupé, une
indemnité sur la base de mille deux cent francs Djibouti le mètre
carré libéré (1.200 FD/M2).
Les
locataires de nationalité djiboutienne délogés bénéficieront
d'une autorisation d'occupation provisoire d'un terrain à Balbala sans
pouvoir prétendre à aucune indemnité.
Lors
de la réalisation des alignements, sont considérées comme
recul de façade les modifications de constructions en planches ne mettant
pas en jeu de 20% de la superficie initiale de la parcelle. Les reculs de façade
n'ouvrent droit à aucune indemnisation.
Si,
de par l'application d'un recul de façade, la superficie restante de la
parcelle devient inférieure à 40 M2, cette parcelle sera totalement
décasée
Tout
ceci c'est la théorie ; c'est en fait la loi qui n'est pas appliquée.
Le
but du gouvernement actuel est évident !. Il consiste à " nettoyer
" la capitale de tous ces quartiers qui dérangent et dans lesquels
s'entassent des populations tant djiboutiennes qu'étrangères pour
les repousser en dehors des limites de la capitale
et bien plus loin encore.
LES
POPULATIONS DOIVENT QUITTER LES LIEUX MAIS RIEN N'EST PRÊVU POUR LEUR RELOGEMENT.
Selon
nos sources d'information la cité Farah-Had - habitée par les familles
de gendarmes et de militaires, située au sud du dispensaire et en face
de l'ancien stade de football, a été vendue
discrètement à Ismaïl Omar Guelleh par l'intermédiaire
de l'affairiste Abdourahman Boreh tout comme le fut la Cité de Rome qui
a été démolie.
Militaires
et gendarmes ont reçu ordre du Général Zakaria (encore lui)
d'évacuer les lieux sous deux semaines mais là encore rien n'aurait
été prévu pour reloger les " petits gradés "
qui n'ont qu'à s'exécuter.
Oui
mais voilà la révolte gronde dans les rangs des gendarmes et des
militaires qui ne sont pas décidés à se faire expulser ainsi
de leurs logis.
LA
POLITIQUE DU BULDOZER
Cette
situation est la conséquence de la marchandisation générale
du secteur des terrains constructibles au profit du pouvoir en place et de quelques
serviteurs, y compris du logement social, de la flambée des loyers, et
de la poursuite de la spéculation immobilière, alimentées
par l'absence de politique cohérente du gouvernement en matière
d'urbanisation de la capitale.
C'est
l'échec total dans lequel on peut mesurer l'écart qui existe entre
discours afin de tenter de rassurer l'opinion publique et les bailleurs de fonds
internationaux et les réalités vécues par
les populations djiboutiennes.
Le
niveau élevé des expulsions sans possibilité de relogement
(ou presque) est arrivé à un point
de rupture devenu inacceptable, avec un gouvernement qui s'en va chercher
sans cesse des aides à l'étranger pour - paraît-il
- les consacrer au logement social. Alors
que ces fonds... soit ..."s'évadent" vers d'autres cieux tels
Dubaï, soit sont détournés au profit de constructions privées
dans la capitale et louées aux familles occidentales.
En
témoigne la résistance large et unitaire aux expulsions spectacles
lancées par le Ministre de l'Intérieur qui devrait théoriquement
contraindre le gouvernement Guelleh à reviser sa copie et à faire
marche arrière ; ce qui est loin d'en être le cas.
Dans
un tel "Etat bananier" - dominé par une nomenklatura constituée
d'affairistes privés - rien n'est moins certain
qu'il fasse marche arrière aussi longtemps que les instances financières
internationales et les grandes nations occidentales fermeront les yeux sur ce
qu'il se passe à Djibouti.
EN
CONTRADICTION AVEC LES DROITS DE L'HOMME ET LA CONSTITUTION NATIONALE.
Article
25 de la Déclaration universelle des Droits de l'Homme:
Toute
personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé,
son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement,
le logement, les soins médicaux...
Constitution
de la République de Djibouti
Le
peuple djiboutien proclame solennellement son attachement aux principes de la
démocratie et des Droits de l'Homme tels qu'ils sont définis par
la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et par la Charte africaine
des Droits de l'Homme et des Peuples, dont les dispositions font partie intégrante
de la présente Constitution.
TITRE
I
DE L'ETAT ET DE LA SOUVERAINETE
ARTICLE
1er : L'Etat de Djibouti est une République démocratique, souveraine,
une et indivisible.
Il assure à tous l'égalité devant
la loi sans distinction de langue, d'origine, de race, de sexe ou de religion.
Il respecte toutes les croyances.
Sa devise est "Unité-Egalité-Paix
".
Son principe est le gouvernement du peuple, par le peuple et pour
le peuple.
Ses langues officielles sont : l'arabe et le français.
TITRE
II
DES DROITS ET DEVOIRS DE LA PERSONNE HUMAINE
ARTICLE
10 : La personne humaine est sacrée. L'Etat a l'obligation de la respecter
et de la protéger. Tous les êtres humains sont égaux devant
la loi.
Tout individu a droit à la vie, à la liberté,
à la sécurité et à l'intégrité de sa
personne.
.
ARTICLE
12 :
Le
droit de propriété est garanti par la présente Constitution.
Il ne peut y être porté atteinte que dans le cas de nécessité
publique légalement constatée, sous réserve d'une juste et
préalable indemnité.
Le
domicile est inviolable. Il ne peut y être effectué de visites domiciliaires
ou de perquisitions que dans les formes et conditions prévues par la loi.
Des
mesures portant atteinte à l'inviolabilité du domicile ou la restreignant
ne peuvent être prises que pour parer à un danger collectif ou protéger
des personnes en péril de mort.
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