Par
définition, la dictature est un régime politique qui s'impose et
se maintient par la force. C'est en général le pouvoir absolu d'un
homme, parfois d'un groupe d'hommes plus ou moins étendu (parti, caste,
armée, groupe religieux...).
La
dictature s'oppose à la démocratie, notamment par l'absence d'élections
libres ou/et représentatives et la confusion des pouvoirs, alors
qu'en démocratie les trois pouvoirs (exécutif, législatif
et judiciaire) sont dissociés.
La
ploutocratie :
(du grec ploutos: richesse; kratos: pouvoir) est un système
politique où le pouvoir est exercé par le groupe le plus riche (financièrement).
Ce
système est une conception théorique : car bien qu'existant dans
les faits, ce type de système n'a jamais été vraiment institutionnalisé
et officialisé nulle part, même si il est rare qu'il n'existe pas
une très bonne corrélation entre le pouvoir politique et la richesse.
Cette corrélation est pratiquement une nécessité : car la
richesse est un bon moyen de se rapprocher du pouvoir puis de se l'approprier
complètement, tandis que le pouvoir est un bon moyen de se rapprocher de
la richesse (de sorte que les riches sont souvent obligés de prendre partie
dans un débat politique, au risque de se trouver dépouillés
- du moins le pensent-ils - ou au contraire avec une chance de conforter leur
patrimoine selon le camp choisi). La qualification de "ploutocratie"
est donc autant un argument dans le débat politique qu'un régime
à proprement parler.
On
peut donc parler de tyrannie lorsque l'on observe le régime qui perdure
à Djibouti. Ismaïl Omar Guelleh étant un individu disposant
d'un pouvoir absolu et abusif qui ne doit sa survie qu'à un Totalitarisme
qu'il impose et dans lequel l'État et la société
sont considérés comme un tout indissociable. Le
faux multipartisme imposé par ce régime de toutes les mascarades
ne trompe personne car c'est en fait que la société djiboutienne
apparaît munie que d'un seul " parti unique " qui manipule les
autres et qui contrôle l'État, qui lui-même contrôle
la société et plus généralement tous les individus.
D'un
point de vue totalitaire, il n'y a qu'un parti parce qu'il n'y a qu'un tout, qu'un
seul pays, vouloir un autre parti c'est déjà de la trahison suivant
les principes d'IOG ou de la maladie mentale (schizophrénie : se croire
plusieurs alors qu'on est un). Le totalitarisme tel qu'il est n'est pas tant un
régime politique qu'une dynamique autodestructive
reposant sur une dissolution des structures sociales. Si des structures
sociales étaient établies à Djibouti suivant les principes
de la démocratie et du respect des droits humains, le régime Guelleh
serait balayé depuis belle lurette de la scène politique. On
comprend donc que c'est pour et par l'élimination lente des structures
sociales qu'IOG pense asseoir son autorité, donc survivre.
Dans
cette optique, les fondements des structures sociales ont été volontairement
et lentement sabotés ou détruits dans notre pays masquées
par des artifices de façade afin de tenter de sauver les apparences sur
le plan international alors que se développait une quasi généralisation
de la corruption. L'identité sociale des individus que tente d'imposer
le tyran laisse place au sentiment d'appartenance à une masse informe,
sans valeur aux yeux du pouvoir, ni même à ses propres yeux. La dévotion
au chef et à la nation devient le seul moyen d'exister d'une existence
qui déborde au-delà de la forme individuelle pour un résultat
allant du fanatisme psychotique à la neurasthénie.
Pour
ne prendre qu'un exemple probant et parallèle à ce que nous avançons,
Hannah Arendt cite ainsi un rapport russe indiquant qu'au début du stalinisme,
quatre soldats étaient nécessaires pour s'assurer
un prisonnier alors qu'à la fin, un seul soldat pouvait mener vingt prisonniers
vers la mort. Si la forme est différente à Djibouti, le but
d'Ismaïl Omar Guelleh reste identique ; à savoir, tout mettre en uvre
pour " contraindre à l'acceptation de la soumission ".
La
société totalitaire (totalitariste) qu'imposent Ismaïl Omar
Guelleh et Kadra Mahamoud Haïd se distingue par les promesses - réitérées
en permanence et de manière périodique - d'un " paradis "
et tentent de fédérer la masse des populations contre un ennemi
objectif. Cet " Ennemi " sera choisi par la propagande, suivant les
besoins du moment ; il sera autant extérieur (Affaire Borrel avec le grand
frère " La France " et sa Justice) qu'intérieur (la véritable
opposition politique) et - comme nous l'avons dit - sera susceptible de changer.
La
société totalitaire que tente de pérenniser IOG et la Kabyo
crée ainsi
un mouvement perpétuel et paranoïaque de surveillance, de clientélisme
tous azimuts, de délation et de retournement. Les polices et les unités
spéciales politisées (tendant vers l'instauration d'un mercenariat)
se multiplient et se concurrencent dans la plus grande confusion. Des purges (régulières
et discrètes) ordonnées par le chef de l'État, seul point
fixe, donnent le tempo d'une société qui élimine
par centaines sa propre population djiboutienne ou la pousse vers l'exil,
se nourrissant en quelque sorte de sa propre chair. Ce programme est appliqué
jusqu'à l'absurde, les sommes faramineuses investies dans la propagande
gouvernementale sont une insulte à toute la nation djiboutienne. Le pouvoir
y investit chaque mois des centaines de millions de FD alors
qu'il est incapable de payer à date fixe les salaires ou les soldes de
nos fonctionnaires, gendarmes et policiers.