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Dernière modification : le 27.11.2005 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 468 - 06/12/05 - DJIBOUTI. Chronique d'une République bananière et d'une tyrannie ploutocrate sur le déclin. Gare à la chute !.


Ali Abdillahi Iftin.

 

Par définition, la dictature est un régime politique qui s'impose et se maintient par la force. C'est en général le pouvoir absolu d'un homme, parfois d'un groupe d'hommes plus ou moins étendu (parti, caste, armée, groupe religieux...).

La dictature s'oppose à la démocratie, notamment par l'absence d'élections libres ou/et représentatives et la confusion des pouvoirs, alors qu'en démocratie les trois pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire) sont dissociés.

DJIBOUTI ET LES PLOUTOCRATES

La ploutocratie : (du grec ploutos: richesse; kratos: pouvoir) est un système politique où le pouvoir est exercé par le groupe le plus riche (financièrement).

Ce système est une conception théorique : car bien qu'existant dans les faits, ce type de système n'a jamais été vraiment institutionnalisé et officialisé nulle part, même si il est rare qu'il n'existe pas une très bonne corrélation entre le pouvoir politique et la richesse. Cette corrélation est pratiquement une nécessité : car la richesse est un bon moyen de se rapprocher du pouvoir puis de se l'approprier complètement, tandis que le pouvoir est un bon moyen de se rapprocher de la richesse (de sorte que les riches sont souvent obligés de prendre partie dans un débat politique, au risque de se trouver dépouillés - du moins le pensent-ils - ou au contraire avec une chance de conforter leur patrimoine selon le camp choisi). La qualification de "ploutocratie" est donc autant un argument dans le débat politique qu'un régime à proprement parler.

On peut donc parler de tyrannie lorsque l'on observe le régime qui perdure à Djibouti. Ismaïl Omar Guelleh étant un individu disposant d'un pouvoir absolu et abusif qui ne doit sa survie qu'à un Totalitarisme qu'il impose et dans lequel l'État et la société sont considérés comme un tout indissociable. Le faux multipartisme imposé par ce régime de toutes les mascarades ne trompe personne car c'est en fait que la société djiboutienne apparaît munie que d'un seul " parti unique " qui manipule les autres et qui contrôle l'État, qui lui-même contrôle la société et plus généralement tous les individus.

D'un point de vue totalitaire, il n'y a qu'un parti parce qu'il n'y a qu'un tout, qu'un seul pays, vouloir un autre parti c'est déjà de la trahison suivant les principes d'IOG ou de la maladie mentale (schizophrénie : se croire plusieurs alors qu'on est un). Le totalitarisme tel qu'il est n'est pas tant un régime politique qu'une dynamique autodestructive reposant sur une dissolution des structures sociales. Si des structures sociales étaient établies à Djibouti suivant les principes de la démocratie et du respect des droits humains, le régime Guelleh serait balayé depuis belle lurette de la scène politique. On comprend donc que c'est pour et par l'élimination lente des structures sociales qu'IOG pense asseoir son autorité, donc survivre.

Dans cette optique, les fondements des structures sociales ont été volontairement et lentement sabotés ou détruits dans notre pays masquées par des artifices de façade afin de tenter de sauver les apparences sur le plan international alors que se développait une quasi généralisation de la corruption. L'identité sociale des individus que tente d'imposer le tyran laisse place au sentiment d'appartenance à une masse informe, sans valeur aux yeux du pouvoir, ni même à ses propres yeux. La dévotion au chef et à la nation devient le seul moyen d'exister d'une existence qui déborde au-delà de la forme individuelle pour un résultat allant du fanatisme psychotique à la neurasthénie.

Pour ne prendre qu'un exemple probant et parallèle à ce que nous avançons, Hannah Arendt cite ainsi un rapport russe indiquant qu'au début du stalinisme, quatre soldats étaient nécessaires pour s'assurer un prisonnier alors qu'à la fin, un seul soldat pouvait mener vingt prisonniers vers la mort. Si la forme est différente à Djibouti, le but d'Ismaïl Omar Guelleh reste identique ; à savoir, tout mettre en œuvre pour " contraindre à l'acceptation de la soumission ".

La société totalitaire (totalitariste) qu'imposent Ismaïl Omar Guelleh et Kadra Mahamoud Haïd se distingue par les promesses - réitérées en permanence et de manière périodique - d'un " paradis " et tentent de fédérer la masse des populations contre un ennemi objectif. Cet " Ennemi " sera choisi par la propagande, suivant les besoins du moment ; il sera autant extérieur (Affaire Borrel avec le grand frère " La France " et sa Justice) qu'intérieur (la véritable opposition politique) et - comme nous l'avons dit - sera susceptible de changer.

La société totalitaire que tente de pérenniser IOG et la Kabyo crée ainsi un mouvement perpétuel et paranoïaque de surveillance, de clientélisme tous azimuts, de délation et de retournement. Les polices et les unités spéciales politisées (tendant vers l'instauration d'un mercenariat) se multiplient et se concurrencent dans la plus grande confusion. Des purges (régulières et discrètes) ordonnées par le chef de l'État, seul point fixe, donnent le tempo d'une société qui élimine par centaines sa propre population djiboutienne ou la pousse vers l'exil, se nourrissant en quelque sorte de sa propre chair. Ce programme est appliqué jusqu'à l'absurde, les sommes faramineuses investies dans la propagande gouvernementale sont une insulte à toute la nation djiboutienne. Le pouvoir y investit chaque mois des centaines de millions de FD alors qu'il est incapable de payer à date fixe les salaires ou les soldes de nos fonctionnaires, gendarmes et policiers.

SPÉCULATIONS PRIVÉES SUR LES TERRAINS DANS LA CAPITALE. IOG EN FAIT EXPULSER LES FAMILLES DES MILITAIRES ET DES GENDARMES.

 


 

En contradiction avec les promesses et les engagements récents du Chef d'Etat Major Général des Armées - le Général Fathi Beliki - concernant l'amélioration des conditions de vie et de logement des militaires des Forces Armées Nationales, Ismaïl Omar Guelleh fait expulser de leurs modestes habitations (laissées à l'abandon par l'État qui ne les entretient pas depuis des dizaines d'années) des familles de militaires et de gendarmes afin de s'approprier les terrains.

 

Logements des militaires et gendarmes

 

Parmi son pléthore patrimoine immobilier, vues sur quelques...propriétés appartenant au Général Fathi Beliki

 

L'acquéreur à moindre prix de ces espaces - desquels sont expulsés militaires et gendarmes - n'est autre qu'Abdourahman Boreh l'affairiste privé et qui sert de couverture à IOG dans ses spéculations.

Ces expulsions sont arbitraires et en totale contradiction avec le fait que chaque militaire et gendarme verse à l'État une certaine somme pour l'occupation de logement. Somme qui depuis l'indépendance est directement prélevée à la source sur chaque bulletin de solde. Question : en sachant que l'État n'a jamais entretenu les logements des militaires et des gendarmes - tout comme l'environnement - où va cet argent et à quoi est-il consacré ?.

La caution qu'apportent les généraux Fathi et Zakaria à de telles pratiques indignes confirme bien le peu de respect - à défaut de considération - qu'ils apportent à leurs subordonnés comme à leurs familles. De tels officiers généraux n'ont pas leur place au sein de nos armées.

ISMAÏL OMAR GUELLEH OU LA DYNAMIQUE DE POUVOIR AUTODESTRUCTIVE

En pratique, le régime imposé par Ismaïl Omar Guelleh cherche à contrôler toutes les facettes de l'activité humaine et entretient tout à la fois les discordes et cette dynamique de pouvoir autodestructive. Pour autant qu'il peut la maîtriser en la noyautant, il peut s'accommoder d'une dissidence intellectuelle. Mais que cette dissidence intellectuelle dénonce ouvertement ses forfaits et tourne le gouvernement Guelleh en dérision, alors la " chasse est lancée " et le chantage au silence s'exprime ouvertement. Les familles des opposants sont à Djibouti l'objet de tous les chantages (licenciement, expulsion de leur logement, entrave à la libre entreprise, saisie des biens sous de fallacieux prétextes….voire emprisonnement …).

DE LA TYRANNIE A LA KLEPTOCRATIE IL N'Y A QU'UN PAS A FRANCHIR.

Le terme de " Tyrannie kleptocrate " nous semble tout à fait adapté au régime imposé par Ismaïl Omar Guelleh et Kadra Mahamoud Haïd. C'est un système politique dans lequel des personnes à la tête d'un pays pratiquent à une très grande échelle la corruption et encouragent leurs " subalternes " à le faire pour qu'une forme de " dîme " leur soit reversée. IOG comme la Kabyo pratiquent le blanchiment d'argent, de manière à dissimuler l'origine de leur richesse. Au fur et à mesure l'un et l'autre éliminent des échelons décisionnaires secondaires (au niveau de l'État) tous ceux et celles qui - de par leurs compétences - pourraient être un obstacle à leurs visées et détournements divers. Ils les remplacent par des membres de leurs propres familles bien plus ignares donc assurément bien plus malléables car " à leur service ".

Pour ne prendre que deux exemples :

M. Arbaham Ali, Directeur de la Caisse de Prestations Sociales fut - arbitrairement et sans motif justifié - relevé de son poste au profit d' Ahmed Kaiseh, qui prit ses fonctions en 1996.

Ahmed Kaiseh est le cousin de Kadra Mahamoud Haid, l'épouse d' IOG.

M. Abdoulfatah Omar Farah, l'Agent comptable de la Caisse de Prestations Sociales fut lui aussi - arbitrairement, sans motif justifié et malgré ses compétences et diplômes - contraint de céder sa place à Mme Halimo, comme agent comptable par intérim.

M. Abdoulfatah Omar Farah s'exila en urgence vers le Royaume Uni pour rejoindre sa famille à Londrès.

Mme Halimo ne dut sa promotion à ce poste non point à ses compétences et à ses qualifications professionnelles (elle n'a qu'un niveau …de CAP d'aide comptable) mais au fait qu'elle est…. là encore ….la cousine de Kadra Mahamoud Haïd et membre de l'UNFD….

Ceci expliquant cela !.

 

Ismaïl Omar Guelleh comme Kadra Mahamoud Haïd, c'est l'art et la manière de gouverner en jouant habilement des sentiments populaires au moyen d'une politique dénuée de scrupules.

Ils peuvent ainsi tromper quantité de personnes, mais ceci n'a qu'en temps et ce temps là est révolu !.

 


 

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