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Dernière modification : le 27.11.2005 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 470 - 07/12/05 - DJIBOUTI - Tout État ou organisme social qui doit se réformer le fait plus facilement par la concertation et par additions que par soustractions.

 

Saïd Abdo

 

Les récents événements dans tous les quartiers pauvres de la capitale - avec de nombreux morts et des blessés car se transformant parfois en véritables émeutes locales alors que beaucoup en viennent à porter une arme en permanence - doivent être compris comme étant des exclusions programmées d'une population qui dérange.

Il est un fait indéniable que les quartiers de la capitale se sont urbanisés souvent de manière anarchique au long des axes routiers et parfois dans des zones non constructibles car comportant des risques pour les personnes.

Mais à qui incombe la faute ?.

Les opérations d'urbanisme lancées par le gouvernement devraient avoir une volonté clairement exprimée de créer dans la ville des quartiers nouveaux conformes aux attentes des habitants: financièrement accessibles, respectueux de l’identité des lieux, qui offriraient tout à la fois proximité et services, équipements et commerces.

De ce que nous en savons ce n'est point le cas !. Nous sommes exclusivement dans des opérations préparatoires à des spéculations à titre privé. Les emprunts internationaux au titre de projets de constructions à vocation sociale ne servent qu'à conforter le patrimoine immobilier local d'une nomenklatura au pouvoir.

 

...pour le "bien" de la nomenklatura au pouvoir !

 

Dans l'impossibilité récurrente qu'est le gouvernement Guelleh de trouver une solution tant aux problèmes d'urbanisation, de salubrité publique que d'insécurité dans la capitale, il envoie ses "bulldozers" et ses forces de police pour chasser les occupants de zones qui ont de l'intérêt pour cette nomenklatura d'affairistes.

Mais rien n'est prévu pour reloger décemment les populations en d'autres lieux.

En clair "Djiboutienne ou pas, que cette population aille vivre sa pauvreté ailleurs et si possible au delà des frontières du pays !"

L'ÉTAT DJIBOUTIEN ACTUEL NE PÉRIT PAS QUE SOUS LES COUPS DE L'OPPOSITION MAIS BIEN PLUS PAR SON PROPRE ÉPUISEMENT ET PAR LA DEMISSION DE CEUX QUI LE SOUTIENNENT.

En agissant tel qu'il le fait, ce gouvernement là confirme bien toutes ses incapacités à répondre notamment aux "demandes sécuritaires" urgentes émanant des familles djiboutiennes mais aussi aux protestations contre le laxisme des institutions.

Des jeunes filles sont agressées, des jeunes et moins jeunes sont tués lors de rixes ou pour des conflits mineurs, parfois et lorsque que l'acte est politique par quelques " mercenaires au service du pouvoir " dans des conditions équivoques alors que ces meurtres - quels qu'ils soient - sont trop souvent passés sous silence afin de couvrir certains excès ordonnés par ledit pouvoir et d'autre part aux fins ne pas diffuser des informations - hélas bien réelles - d'une délinquance et d'un incivisme en plein essor et susceptibles d'inquiéter les communautés tant djiboutiennes qu'étrangères tout comme les touristes, les investisseurs et l'opinion publique en général.

Il s'agit nullement dans notre esprit de nourrir les inquiétudes ni d'inciter les médias à sacrifier l'information qu'ils devraient servir à l'énumération gourmande des faits divers les plus accablants : violences multiples et d'ordre privé, actes d'élimination sur ordre du Palais de l'Escale..etc. Une fois encore, il convient d'informer le plus juste possible en posant les problèmes d'urbanisation, d'insalubrité et de sécurité dans la capitale - car ils sont indissociables - en les regardant en face et de proposer des mesures applicables à court et moyen termes.

Dispositifs et mesures susceptibles non point de résoudre TOUS les problèmes - ce qui serait une hérésie relevant de l'utopie - mais d'apporter des réponses ponctuelles issues de concertations à des situations données et répétitives.

LE CONTRAT ÉDUCATIF LOCAL

Une piste susceptible d'apporter une amorce de réponse aux incivilités et à la délinquance.

Le Gouvernement en exil de Djibouti a un tout autre concept que le gouvernement djiboutien actuel. Il a défini une autre approche des problèmes et des propositions de ce qu'il conviendrait de mettre en œuvre afin de tenter de résoudre ces actes d'incivisme, de petite et de moyenne délinquance.

Nous aborderons dans un autre dossier spécifique les mesures que nous préconisons d'appliquer pour s'attaquer à la résolution des problèmes posés par les " bandes organisées " et par les " mercenaires ", que nous assimilons - pour les premiers - à de la " grande délinquance " et - pour les seconds - au mercenariat sanguinaire d'êtres déstructurés qui n'ont appris qu'à torturer et à tuer. Leur point commun est que les seconds utilisent par connivence parfois les premiers et qu'ils forment ensemble de véritables fléaux qui sévissent en toute impunité, de jour comme de nuit et notamment dans tous les quartiers de la capitale.

Si l'on se fixe spécifiquement sur l'accroissement de la délinquance, des incivilités les plus diverses et - entre autres - d'un "commerce de stupéfiants" à partir des laboratoires dans le port International de Djibouti ….installé à deux pas de nos maisons, de nos enfants et dans nos écoles ; tout ceci n'est, pour le pouvoir en place et une fois encore, que l'opportunité d'entretenir les "bonnes affaires" dont il tire profit indirectement car soumis à son/ses racket (s) d'État au profit de quelques-uns. Délinquance doublement profitable car elle permet d'entretenir une psychose de l'agression à l'encontre des membres des communautés occidentales présents sur notre sol national. Ceci octroyant le "privilège" pour Ismaïl Omar Guelleh d'associer psychose et Aides de ses " partenaires " extérieurs et des organismes internationaux pour - paraît-il - donner à la Police djiboutienne les "moyens de ses ambitions". Si les moyens sont effectivement versés, les ambitions ne sont quant à elle pas réalisées. On se doit de se poser une question qui est :

"Pourquoi et malgré les sommes faramineuses investies depuis 28 années - à partir des aides internationales - dans la " préservation/sécurité " des personnes et de leurs biens, aucun programme cohérent de mesures susceptibles de répondre efficacement à toutes ces formes de délinquance n'a abouti ?"

On trouvera l'une des réponses à cette question dans le constat répétitif des programmes qui sont lancés et se perdent dans les méandres de réunions préparant d'autres réunions et ainsi de suite. Lorsque vient enfin le moment d'Agir, on observe que chacun veut sa part du gâteau et qu'ainsi les financements de projets se sont perdus dans le ministère djiboutien concerné.

Perdus ? pas pour tout le monde car on peut les suivre et les retrouver ainsi en constructions immobilières privées, en transferts de sommes importantes sur des comptes bancaires là encore privés, mais aussi en frais de déplacement et frais divers qui sont payés quant à eux à plus de 20 fois de ce qui devrait l'être et d'autres artifices tels que les fausses factures de travaux fantomatiques.

Par ailleurs et pour ce qui concerne plus spécifiquement la population de jeunes djiboutiens/djiboutiennes et d'étrangers en situation régulière et qui commettent des délits mineurs, nous considérons que l'on ne peut chasser la jeunesse devant soi car ce serait commettre une erreur fondamentale que de penser qu'il faille tout résoudre par le curatif et en se focalisant sur des actions à vocation exclusivement répressive pour solutionner un problème de société.

(voir dossier sur notre site : Proposition de Contrat Local de Sécurité )

 

DES JUGEMENTS DE JUSTICE A LA TÊTE DE L'ACCUSE (E) ET SUIVANT LES " PROTECTIONS " DONT IL/ELLE DISPOSE

Quant aux jugements, (il y en a environ 1 sur 200 affaires), leur rigueur est fonction du niveau social des accusés et - d'évidence - sous influence directe du Palais de l'Escale.

C'est ainsi que la jurisprudence fluctue, au gré du "climat politique" du moment, de la personnalité des accusés et des juges. On assiste parfois à des prononcés de Justice qui ont de quoi surprendre - tant les délits sont prouvés - au pire des " non-lieux " ou à des acquittements purs et simples.

Bref : il est établi qu'il est quasiment impossible que dans le cas d'un délit démontré, qu'une quelconque peine de prison soit effectivement prononcée à l'encontre d'un/d'une accusé (e) dès l'instant où ce dernier/cette dernière a un lien familial ou de subordination avec le pouvoir d'IOG (particulièrement avec celui de Kadra Mohamoud Haïd) ou avec l'un/l'une de ses proches. Le ministère public local a fait le choix d'ignorer les délits et les poursuites pour peu que l'on dispose de la protection du Palais de l'Escale ; on peut affirmer que nous nous situons dans ce cas dans une "impunité de fait".

On est même tenté de dire que, comme dans le cas des opérations de contrôle au faciès ethnique et tribal, on risque bien plus d'être poursuivi lorsqu'on dénonce les bavures ou les brutalités des " mercenaires " et des hommes des SDS que lorsqu'on les commet.

Pour autant que l'arrestation ait un objectif politique, les sévices perpétrés sur les personnes " particulièrement graves et cruels " entrent dans une " normalité " imposée qui sont les actes de tortures, également les brutalités qui ont lieu lors des interpellations ou des gardes à vue dans les commissariats : coups de poing, coups de pied, matraquages, personnes violemment projetées à terre, viols de femmes ….

Ce n'est donc pas forcément moins de police et de Justice qu'il faut, mais certainement une police comme une justice apolitiques, conscientes l'une et l'autre de leur tâche de première importance et de leurs responsabilités de Service public. Ce qu'il faut aussi, c'est une police et une justice mieux formées, mieux encadrées, et le cas échéant mieux sanctionnées pour ceux qui commettent des excès sur " ordre politique " et d'évidence à l'encontre des opposants au régime. En l'état, la présence policière ou les décisions de justice font rarement revenir le calme, bien au contraire.

UNE RÉPRESSION AVEUGLE ET QUI N'ÉDUQUE EN RIEN

Si l'on regarde l'évolution à Djibouti depuis l'accession du pays à l'indépendance, force est de constater que la responsabilité de ce phénomène de violence chez les jeunes incombe pour partie aux dirigeants politiques qui, malgré les preuves accablantes présentées par des experts médicaux et des psychologues - tant à Djibouti que dans d'autres pays, y compris occidentaux - et malgré l'expérience empirique de la désensibilisation des jeunes, n'ont rien fait pour arrêter ce processus en n'éduquant pas et en ne les formant pas à avoir un comportement social et civique cohérent.

On a même l'impression que ce phénomène de violence a été promu intentionnellement car il a permis au pouvoir de la dictature à Djibouti d'asseoir son autorité fragilisée par le clanisme et d'exécuter des opérations policières sujettes à condamnations. Le choix des hommes chargés de la " répression " ne s'est pas fixé sur des policiers et des soldats au sens conventionnel des termes mais bien plus sur des " soldats-policiers-mercenaires " arriérés sur le plan émotionnel - récupérés dans les années 90 dans les rangs des Forces de Sécurité de Syad Barré en Somalie et en Éthiopie après la chute du dictateur Menguitsu Haïlé Maryam - et prêts à tuer.

- On ne peut pas réformer l'Éducation Nationale sans les enseignants,

- on ne peut réformer la justice sans la participation des juges intègres,

- on ne peut pas améliorer les conditions de sécurité publique sans l'avis et la participation des policiers et des gendarmes.

Comment la pensée unique imposée par Ismaïl Omar Guelleh pourrait-elle s'accomoder de la PARTICIPATION des autres et de la Concertation ?

 

Tout État ou organisme social qui doit se réformer le fait plus facilement par la concertation et par additions que par soustractions.

Ismaïl Omar vient de nous démontrer qu'il ne changera rien "à l'ordre des choses " de la pensée unique qu'il impose, en attendant l'implosion par la révolte de la misère, celle de la faim.

Gare aux conséquences !.


 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

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