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D
470 - 07/12/05 - DJIBOUTI - Tout
État ou organisme social qui doit se réformer le fait plus facilement
par la concertation et par additions que par soustractions.
Saïd Abdo
Les
récents événements dans tous les quartiers pauvres de la
capitale - avec de nombreux morts et des blessés car se transformant parfois
en véritables émeutes locales alors que beaucoup en viennent à
porter une arme en permanence - doivent être compris
comme étant des exclusions programmées d'une population
qui dérange.
Il
est un fait indéniable que les quartiers de la capitale se sont urbanisés
souvent de manière anarchique au long des axes routiers et parfois dans
des zones non constructibles car comportant des risques pour les personnes.
Mais
à qui incombe la faute ?.
Les
opérations d'urbanisme lancées par le gouvernement devraient avoir
une volonté clairement exprimée de créer dans la ville des
quartiers nouveaux conformes aux attentes des habitants: financièrement
accessibles, respectueux de lidentité des lieux, qui offriraient
tout à la fois proximité et services, équipements et commerces.
De
ce que nous en savons
ce n'est point le cas !.
Nous sommes exclusivement dans des opérations
préparatoires à des spéculations à titre privé.
Les emprunts internationaux au titre de projets de constructions
à vocation sociale ne servent qu'à conforter le patrimoine
immobilier local d'une nomenklatura au pouvoir.
Dans
l'impossibilité récurrente qu'est le gouvernement Guelleh de trouver
une solution tant aux problèmes d'urbanisation, de salubrité publique
que d'insécurité dans la capitale, il envoie ses "bulldozers"
et ses forces de police pour chasser les occupants de zones qui ont de l'intérêt
pour cette nomenklatura d'affairistes.
Mais
rien n'est prévu pour reloger décemment les populations en d'autres
lieux.
En
clair "Djiboutienne ou pas, que cette population aille vivre sa pauvreté
ailleurs et si possible au delà des frontières du pays !"
L'ÉTAT
DJIBOUTIEN ACTUEL NE PÉRIT PAS QUE SOUS LES COUPS DE L'OPPOSITION MAIS
BIEN PLUS PAR SON PROPRE ÉPUISEMENT ET PAR LA DEMISSION DE CEUX QUI LE
SOUTIENNENT.
En
agissant tel qu'il le fait, ce gouvernement là confirme bien toutes ses
incapacités à répondre notamment aux "demandes
sécuritaires" urgentes émanant des familles djiboutiennes mais
aussi aux protestations contre le laxisme des institutions.
Des
jeunes filles sont agressées, des jeunes et moins jeunes sont tués
lors de rixes ou pour des conflits mineurs, parfois et lorsque que l'acte est
politique par quelques " mercenaires au service du pouvoir " dans des
conditions équivoques alors que ces meurtres - quels qu'ils soient - sont
trop souvent passés sous silence afin de couvrir certains excès
ordonnés par ledit pouvoir et d'autre part aux fins ne pas diffuser des
informations - hélas bien réelles - d'une délinquance et
d'un incivisme en plein essor et susceptibles d'inquiéter les communautés
tant djiboutiennes qu'étrangères tout comme les touristes, les investisseurs
et l'opinion publique en général.
Il
s'agit nullement dans notre esprit de nourrir les inquiétudes ni d'inciter
les médias à sacrifier l'information qu'ils devraient servir à
l'énumération gourmande des faits divers les plus accablants : violences
multiples et d'ordre privé, actes d'élimination sur ordre du Palais
de l'Escale..etc. Une fois encore, il convient d'informer
le plus juste possible en posant les problèmes d'urbanisation, d'insalubrité
et de sécurité dans la capitale - car ils sont indissociables
- en les regardant en face et de proposer des mesures applicables à court
et moyen termes.
Dispositifs
et mesures susceptibles non point de résoudre TOUS les problèmes
- ce qui serait une hérésie relevant de l'utopie - mais d'apporter
des réponses ponctuelles issues de concertations à des situations
données et répétitives.
LE
CONTRAT ÉDUCATIF LOCAL
Une
piste susceptible d'apporter une amorce de réponse aux incivilités
et à la délinquance.
Le
Gouvernement en exil de Djibouti a un tout autre concept que le gouvernement djiboutien
actuel. Il a défini une autre approche des problèmes et des propositions
de ce qu'il conviendrait de mettre en uvre afin de
tenter de résoudre ces actes d'incivisme, de petite et de moyenne délinquance.
Nous
aborderons dans un autre dossier spécifique les mesures que nous préconisons
d'appliquer pour s'attaquer à la résolution des problèmes
posés par les " bandes organisées " et par les "
mercenaires ", que nous assimilons - pour les premiers - à de la "
grande délinquance " et - pour les seconds - au mercenariat sanguinaire
d'êtres déstructurés qui n'ont appris qu'à torturer
et à tuer. Leur point commun est que les seconds utilisent par connivence
parfois les premiers et qu'ils forment ensemble de véritables fléaux
qui sévissent en toute impunité, de jour comme de nuit et notamment
dans tous les quartiers de la capitale.
Si
l'on se fixe spécifiquement sur l'accroissement de la délinquance,
des incivilités les plus diverses et - entre autres - d'un "commerce
de stupéfiants" à partir des laboratoires dans le port International
de Djibouti
.installé à deux pas de nos maisons, de nos enfants
et dans nos écoles ; tout ceci n'est, pour le pouvoir en place et une fois
encore, que l'opportunité d'entretenir les "bonnes affaires"
dont il tire profit indirectement car soumis à son/ses racket (s) d'État
au profit de quelques-uns. Délinquance doublement profitable car elle permet
d'entretenir une psychose de l'agression à l'encontre des membres des communautés
occidentales présents sur notre sol national. Ceci octroyant le "privilège"
pour Ismaïl Omar Guelleh d'associer psychose et Aides de ses " partenaires
" extérieurs et des organismes internationaux pour - paraît-il
- donner à la Police djiboutienne les "moyens de ses ambitions".
Si les moyens sont effectivement versés, les ambitions ne sont quant à
elle pas réalisées. On se doit de se poser une question qui est
:
"Pourquoi
et malgré les sommes faramineuses investies depuis 28 années -
à partir des aides internationales - dans la " préservation/sécurité
" des personnes et de leurs biens, aucun
programme cohérent de mesures susceptibles de répondre efficacement
à toutes ces formes de délinquance n'a abouti ?"
On
trouvera l'une des réponses à cette question dans le constat répétitif
des programmes qui sont lancés et se perdent dans
les méandres de réunions préparant d'autres réunions
et ainsi de suite. Lorsque vient enfin le moment d'Agir, on observe que
chacun veut sa part du gâteau et qu'ainsi les financements de projets se
sont perdus dans le ministère djiboutien concerné.
Perdus
? pas pour tout le monde car on peut les suivre et les retrouver
ainsi en constructions immobilières privées, en transferts de sommes
importantes sur des comptes bancaires là encore privés, mais aussi
en frais de déplacement et frais divers qui sont payés quant à
eux à plus de 20 fois de ce qui devrait l'être et d'autres artifices
tels que les fausses factures de travaux fantomatiques.
Par
ailleurs et pour ce qui concerne plus spécifiquement la population de jeunes
djiboutiens/djiboutiennes et d'étrangers en situation régulière
et qui commettent des délits mineurs, nous considérons que l'on
ne peut chasser la jeunesse devant soi car ce serait commettre une erreur fondamentale
que de penser qu'il faille tout résoudre par le curatif et en se focalisant
sur des actions à vocation exclusivement répressive pour solutionner
un problème de société.
(voir
dossier sur notre site : Proposition
de Contrat Local de Sécurité
)
DES
JUGEMENTS DE JUSTICE A LA TÊTE DE L'ACCUSE (E) ET SUIVANT LES " PROTECTIONS
" DONT IL/ELLE DISPOSE
Quant
aux jugements, (il y en a environ 1 sur 200 affaires), leur
rigueur est fonction du niveau social des accusés et - d'évidence
- sous influence directe du Palais de l'Escale.
C'est
ainsi que la jurisprudence fluctue, au gré du "climat politique"
du moment, de la personnalité des accusés et des juges. On assiste
parfois à des prononcés de Justice qui ont de quoi surprendre -
tant les délits sont prouvés - au pire des " non-lieux "
ou à des acquittements purs et simples.
Bref
: il est établi qu'il est quasiment impossible que dans le cas d'un délit
démontré, qu'une quelconque peine de prison soit effectivement prononcée
à l'encontre d'un/d'une accusé (e) dès
l'instant où ce dernier/cette dernière a un lien familial ou de
subordination avec le pouvoir d'IOG (particulièrement avec
celui de Kadra Mohamoud Haïd) ou avec l'un/l'une de ses proches. Le
ministère public local a fait le choix d'ignorer les délits et les
poursuites pour peu que l'on dispose de la protection du Palais de l'Escale ;
on peut affirmer que nous nous situons dans ce
cas dans une "impunité de fait".
On
est même tenté de dire que, comme dans le cas des opérations
de contrôle au faciès ethnique et tribal, on risque bien plus d'être
poursuivi lorsqu'on dénonce les bavures ou les brutalités des "
mercenaires " et des hommes des SDS que lorsqu'on les commet.
Pour
autant que l'arrestation ait un objectif politique, les sévices perpétrés
sur les personnes " particulièrement graves et cruels " entrent
dans une " normalité " imposée qui sont les actes de tortures,
également les brutalités qui ont lieu lors des interpellations ou
des gardes à vue dans les commissariats : coups de poing, coups de pied,
matraquages, personnes violemment projetées à terre, viols de femmes
.
Ce
n'est donc pas forcément moins de police et de Justice qu'il faut, mais
certainement une police comme une justice apolitiques, conscientes l'une et l'autre
de leur tâche de première importance et de leurs responsabilités
de Service public. Ce qu'il faut aussi, c'est une police et une justice mieux
formées, mieux encadrées, et le cas échéant
mieux sanctionnées pour ceux qui commettent des excès sur "
ordre politique " et d'évidence à l'encontre des opposants
au régime. En l'état, la présence
policière ou les décisions de justice font rarement revenir le calme,
bien au contraire.
UNE
RÉPRESSION AVEUGLE ET QUI N'ÉDUQUE EN RIEN
Si
l'on regarde l'évolution à Djibouti depuis l'accession du pays à
l'indépendance, force est de constater que la responsabilité de
ce phénomène de violence chez les jeunes incombe pour partie aux
dirigeants politiques qui, malgré les preuves accablantes présentées
par des experts médicaux et des psychologues - tant à Djibouti que
dans d'autres pays, y compris occidentaux - et malgré l'expérience
empirique de la désensibilisation des jeunes, n'ont
rien fait pour arrêter ce processus en n'éduquant pas et en ne les
formant pas à avoir un comportement social et civique cohérent.
On
a même l'impression que ce phénomène de violence a été
promu intentionnellement car il a permis au pouvoir de la dictature à Djibouti
d'asseoir son autorité fragilisée par le clanisme et d'exécuter
des opérations policières sujettes à condamnations. Le
choix des hommes chargés de la " répression " ne s'est
pas fixé sur des policiers et des soldats au sens conventionnel des termes
mais bien plus sur des " soldats-policiers-mercenaires " arriérés
sur le plan émotionnel - récupérés dans les années
90 dans les rangs des Forces de Sécurité de Syad Barré en
Somalie et en Éthiopie après la chute du dictateur Menguitsu Haïlé
Maryam - et prêts à tuer.
-
On ne peut pas réformer l'Éducation Nationale sans les enseignants,
-
on ne peut réformer la justice sans la participation des juges intègres,
-
on ne peut pas améliorer les conditions de sécurité publique
sans l'avis et la participation des policiers et des gendarmes.
Comment
la pensée unique imposée par Ismaïl Omar Guelleh pourrait-elle
s'accomoder de la PARTICIPATION des autres et de la Concertation ?
Tout
État ou organisme social qui doit se réformer le fait plus facilement
par la concertation et par additions que par soustractions.
Ismaïl
Omar vient de nous démontrer qu'il ne changera rien "à l'ordre
des choses " de la pensée unique qu'il impose, en attendant l'implosion
par la révolte de la misère, celle de la faim.
Gare
aux conséquences !.