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D
475 - 13/12/05 - DJIBOUTI - Si la mondialisation
ne se traduit pas par l'égalité de tous, elle doit encore moins
être la domination du plus fort sur le plus faible.
Libertyman.
La
réaction épidermique de pays européens, la France en tête,
contre l'AMI (accord multilatéral sur l'investissement), négocié
au siège de l'OCDE (situé à... Paris!) est
peut-être un signe d'essoufflement de la doctrine " sans-frontiériste
"?
Sursaut
passager, sans conséquence, ou véritable semence de révolte
des souverainetés, particulièrement en Afrique ?. A ce sujet, nul
ne saurait se risquer ici à aucune prédiction précise. Toutefois,
les résultats étant là on ne peut que relativiser habilement
la vogue libre-échangiste actuelle.
Le
monde a toujours alterné entre période de protectionnisme et période
libre-échangiste. De plus, "le décollage économique
de la Grande-Bretagne" a été réalisé aux XVII
et XVIIIe siècles "grâce à de puissantes mesures protectionnistes".
Il en irait de même, selon nous, du "décollage industriel américain"
au lendemain de la guerre de sécession, de l'essor allemand sous Bismarck
en 1879.
Dernier
exemple, actuel celui-là : "ce Japon, deuxième puissance économique
mondiale, qui reste protectionniste bien au-delà de son décollage
initial".
Pis
encore, "l'abaissement des barrières douanières" serait
à la source "d'une chute du taux de croissance de l'économie
mondiale". On peut aller même aller jusqu'à prétendre
que "la croissance effective des échanges est en cours de ralentissement.".
Bref, parce qu'on s'est acharné à ouvrir les marchés, l'économie
mondiale va de moins en moins bien. Les données globales sont sans appel,
sur ce point nous sommes formel.
Par
ailleurs, nous nous inscrivons en faux contre l'analyse qui prétend que
l'économie mondiale a dissous la nation.
Non
!, en fait il y a eu "autodissolution des nations", effectuée
au profit d'une classe privilégiée - opportuniste et de circonstances
- avec comme prétexte l'économie ; et au prix d'une formidable montée
des inégalités internes à chaque société.
Autant - si ce
n'est plus qu'ailleurs en Afrique - Djibouti n'a pas échappé à
ce phénomène qui conduit aujourd'hui à une paupérisation
de TOUTES ses couches sociales ; à l'exception d'une infime
minorité qui a décuplé en quelques années ses biens
et ses richesses.
On
peut faire remarquer que partout la supposée " modernité économique
" actuelle accepte le retour en douce de "modèles inégalitaires".
EXEMPLE
: L'AFFAIRE DES AILES DE POULETS EXPORTÉES EN AFRIQUE
Il
y a de cela une année, la surproduction européenne dans le domaine
des poulets d'élevage a atteint un tel niveau qu'il convenait de transformer
ou d'exporter à très bas prix certaines parties du " poulet
" n'ayant pas d'attrait pour les consommateurs. C'est ainsi que l'un des
leaders du " monde du poulet " a fait réaliser une étude
comparative de ses coûts de revient pour l'une et l'autre solution.
De
cette étude financière il en est ressorti que transformer des ailes
de poulets en produits pour l'alimentation des animaux d'élevage en Europe
revenait bien plus cher que d'exporter lesdites ailes vers les pays africains
qui comme chacun le sait sont de gros consommateurs de poulet par tradition.
C'est
ainsi - qu'en quasi absence de taxes d'importation - bien des pays africains furent
littéralement " inondés " d'ailes de poulet en provenance
d'Europe et à un coût de revient franco de port (livrées)
nettement inférieur aux productions locales (entre 30 et
40 % du prix moyen pratiqué).
Très
rapidement, les conséquences furent catastrophiques pour plusieurs centaines
de petits et de moyens producteurs camerounais qui furent acculés
à la faillite alors que les importateurs et les commerçants de la
revente ne baissaient pas pour autant leurs prix. Importateurs
et gros commerçants qui profitaient de cette aubaine pour très largement
augmenter leurs marges bénéficiaires sans répercussion à
la baisse sur les prix payés par les consommateurs camerounais.
Se
regroupant en association de défense de leurs intérêts, les
producteurs camerounais de poulets sont intervenus en masse auprès du gouvernement
qui a très vite fait " machine
arrière ", mettant un terme aux importations des ailes de poulet.
DJIBOUTI
: LES AFFRES DES MONOPOLES EXERCÉS
PAR DES " GANGS " SUR LES DENRÉES ALIMENTAIRES ET LES BIENS DE
CONSOMMATION.
Cela
fait des années que cela dure ; à Djibouti, dans
le domaine de la libre concurrence et des concentrations économiques on
peut véritablement parler de complots, de monopoles, d'abus de position
dominante au plus haut niveau de l'État.
Avec
des pratiques restrictives du commerce que sont le refus de vendre suivant les
circonstances du marché et pour faire monter les prix (tels que celui de
la farine et du riz...etc), les ventes par voie d'exclusivités, les ventes
liées à la limitation de marché.
A
ceci s'ajoutent des pratiques commerciales illégales en matière
de prix. C'est ainsi que les membres d'un véritable " gang monopolisateur
de tous les commerces s'entendent pour fixer
un prix commun anormalement élevé pour retirer le plus d'argent
possible de la poche du consommateur ; qu'il soit djiboutien ou étranger
au pays.
Ceci
est vrai dans l'alimentaire, dans tous les biens de consommation comme dans les
prestations de service et dans le bâtiment.
Pour
tenter de se disculper vis-à-vis de l'opinion publique locale comme internationale,
les responsables au niveau du gouvernement font régulièrement de
grandes déclarations dans lesquelles ils menacent (éventuellement
et éventuellement seulement) de sanctions les gros commerçants concernés.
Menaces
non suivies d'effets car agir pour rétablir la loi,
agir dans l'intérêt des familles vivant à Djibouti (djiboutiennes
ou étrangères) ce serait s'attaquer indirectement
à Ismaïl Omar Guelleh, à Abdourahman Boreh et à Kadra
mahamoud Haïd qui tirent profit de toutes les augmentations - injustifiées
et injustifiables - imposées dans le pays.
RÉGLEMENTER
? MISSION IMPOSSIBLE SAUF A CHANGER LA TÊTE
DE l'ÉTAT ET REFORMER !.
Harmoniser
les coûts et remettre " de l'ordre " dans le commerce à
Djibouti, ce serait s'affronter aux monopoles locaux dont le but
est de faire le maximum de fric en un minimum de temps. D'évidence
sur le dos des familles étrangères vivant dans le pays et sur celui
d'une infime minorité de familles djiboutiennes qui ont accès aux
supermarchés d'alimentation et aux autres magasins de biens de consommation
les plus divers et les plus sophistiqués.
Quant
au reste de la société djiboutienne, aux fonctionnaires, aux militaires,
aux gendarmes et policiers, ils doivent se résoudre
à acheter dans le commerce parallèle car leurs salaires et soldes
(encore faudrait-il qu'ils leur soient versés) ne leur permettent aucun
écart alors qu'ils ont la quasi impossibilité d'acquérir
des produits d'importation en provenance d'Europe.
Pour
nous, le djiboutien lambda tout comme le paysan djiboutien est un citoyen à
part entière. Il a droit au respect.
L'État
doit travailler à valoriser son statut et à défendre ses
intérêts ; ce qu'il ne fait pas actuellement.