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Dernière modification : le 27.11.2005 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 475 - 13/12/05 - DJIBOUTI - Si la mondialisation ne se traduit pas par l'égalité de tous, elle doit encore moins être la domination du plus fort sur le plus faible.

Libertyman.

 

La réaction épidermique de pays européens, la France en tête, contre l'AMI (accord multilatéral sur l'investissement), négocié au siège de l'OCDE (situé à... Paris!) est peut-être un signe d'essoufflement de la doctrine " sans-frontiériste "?

Sursaut passager, sans conséquence, ou véritable semence de révolte des souverainetés, particulièrement en Afrique ?. A ce sujet, nul ne saurait se risquer ici à aucune prédiction précise. Toutefois, les résultats étant là on ne peut que relativiser habilement la vogue libre-échangiste actuelle.

Le monde a toujours alterné entre période de protectionnisme et période libre-échangiste. De plus, "le décollage économique de la Grande-Bretagne" a été réalisé aux XVII et XVIIIe siècles "grâce à de puissantes mesures protectionnistes". Il en irait de même, selon nous, du "décollage industriel américain" au lendemain de la guerre de sécession, de l'essor allemand sous Bismarck en 1879.

Dernier exemple, actuel celui-là : "ce Japon, deuxième puissance économique mondiale, qui reste protectionniste bien au-delà de son décollage initial".

Pis encore, "l'abaissement des barrières douanières" serait à la source "d'une chute du taux de croissance de l'économie mondiale". On peut aller même aller jusqu'à prétendre que "la croissance effective des échanges est en cours de ralentissement.". Bref, parce qu'on s'est acharné à ouvrir les marchés, l'économie mondiale va de moins en moins bien. Les données globales sont sans appel, sur ce point nous sommes formel.

Par ailleurs, nous nous inscrivons en faux contre l'analyse qui prétend que l'économie mondiale a dissous la nation.

Non !, en fait il y a eu "autodissolution des nations", effectuée au profit d'une classe privilégiée - opportuniste et de circonstances - avec comme prétexte l'économie ; et au prix d'une formidable montée des inégalités internes à chaque société.

Autant - si ce n'est plus qu'ailleurs en Afrique - Djibouti n'a pas échappé à ce phénomène qui conduit aujourd'hui à une paupérisation de TOUTES ses couches sociales ; à l'exception d'une infime minorité qui a décuplé en quelques années ses biens et ses richesses.

On peut faire remarquer que partout la supposée " modernité économique " actuelle accepte le retour en douce de "modèles inégalitaires".

EXEMPLE : L'AFFAIRE DES AILES DE POULETS EXPORTÉES EN AFRIQUE

Il y a de cela une année, la surproduction européenne dans le domaine des poulets d'élevage a atteint un tel niveau qu'il convenait de transformer ou d'exporter à très bas prix certaines parties du " poulet " n'ayant pas d'attrait pour les consommateurs. C'est ainsi que l'un des leaders du " monde du poulet " a fait réaliser une étude comparative de ses coûts de revient pour l'une et l'autre solution.

De cette étude financière il en est ressorti que transformer des ailes de poulets en produits pour l'alimentation des animaux d'élevage en Europe revenait bien plus cher que d'exporter lesdites ailes vers les pays africains qui comme chacun le sait sont de gros consommateurs de poulet par tradition.

C'est ainsi - qu'en quasi absence de taxes d'importation - bien des pays africains furent littéralement " inondés " d'ailes de poulet en provenance d'Europe et à un coût de revient franco de port (livrées) nettement inférieur aux productions locales (entre 30 et 40 % du prix moyen pratiqué).

Très rapidement, les conséquences furent catastrophiques pour plusieurs centaines de petits et de moyens producteurs camerounais qui furent acculés à la faillite alors que les importateurs et les commerçants de la revente ne baissaient pas pour autant leurs prix. Importateurs et gros commerçants qui profitaient de cette aubaine pour très largement augmenter leurs marges bénéficiaires sans répercussion à la baisse sur les prix payés par les consommateurs camerounais.

Se regroupant en association de défense de leurs intérêts, les producteurs camerounais de poulets sont intervenus en masse auprès du gouvernement qui a très vite fait " machine arrière ", mettant un terme aux importations des ailes de poulet.

DJIBOUTI : LES AFFRES DES MONOPOLES EXERCÉS PAR DES " GANGS " SUR LES DENRÉES ALIMENTAIRES ET LES BIENS DE CONSOMMATION.

Cela fait des années que cela dure ; à Djibouti, dans le domaine de la libre concurrence et des concentrations économiques on peut véritablement parler de complots, de monopoles, d'abus de position dominante au plus haut niveau de l'État.

Avec des pratiques restrictives du commerce que sont le refus de vendre suivant les circonstances du marché et pour faire monter les prix (tels que celui de la farine et du riz...etc), les ventes par voie d'exclusivités, les ventes liées à la limitation de marché.

A ceci s'ajoutent des pratiques commerciales illégales en matière de prix. C'est ainsi que les membres d'un véritable " gang monopolisateur de tous les commerces s'entendent pour fixer un prix commun anormalement élevé pour retirer le plus d'argent possible de la poche du consommateur ; qu'il soit djiboutien ou étranger au pays.

Ceci est vrai dans l'alimentaire, dans tous les biens de consommation comme dans les prestations de service et dans le bâtiment.

Pour tenter de se disculper vis-à-vis de l'opinion publique locale comme internationale, les responsables au niveau du gouvernement font régulièrement de grandes déclarations dans lesquelles ils menacent (éventuellement et éventuellement seulement) de sanctions les gros commerçants concernés.

Menaces non suivies d'effets car agir pour rétablir la loi, agir dans l'intérêt des familles vivant à Djibouti (djiboutiennes ou étrangères) ce serait s'attaquer indirectement à Ismaïl Omar Guelleh, à Abdourahman Boreh et à Kadra mahamoud Haïd qui tirent profit de toutes les augmentations - injustifiées et injustifiables - imposées dans le pays.

 

RÉGLEMENTER ? MISSION IMPOSSIBLE SAUF A CHANGER LA TÊTE DE l'ÉTAT ET REFORMER !.

Harmoniser les coûts et remettre " de l'ordre " dans le commerce à Djibouti, ce serait s'affronter aux monopoles locaux dont le but est de faire le maximum de fric en un minimum de temps. D'évidence sur le dos des familles étrangères vivant dans le pays et sur celui d'une infime minorité de familles djiboutiennes qui ont accès aux supermarchés d'alimentation et aux autres magasins de biens de consommation les plus divers et les plus sophistiqués.

Quant au reste de la société djiboutienne, aux fonctionnaires, aux militaires, aux gendarmes et policiers, ils doivent se résoudre à acheter dans le commerce parallèle car leurs salaires et soldes (encore faudrait-il qu'ils leur soient versés) ne leur permettent aucun écart alors qu'ils ont la quasi impossibilité d'acquérir des produits d'importation en provenance d'Europe.

Pour nous, le djiboutien lambda tout comme le paysan djiboutien est un citoyen à part entière. Il a droit au respect.

L'État doit travailler à valoriser son statut et à défendre ses intérêts ; ce qu'il ne fait pas actuellement.

 

 

 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

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