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D
476 - 13/12/05 - DJIBOUTI - Communiqué de
Presse du Mouvement Djiboutien de Libération Nationale.



"
La République est notre Droit,
la rétablir est notre Devoir "
M
Ali Abdillahi Iftin
Ancien
Officier supérieur, commandant la Garde Présidentielle
Général
de Division ( à titre temporaire),
commandant le Mouvement Djiboutien
de Libération Nationale.
Les
membres du Mouvement Djiboutien de Libération Nationale - en la personne
du Général de division (à titre temporaire) M Ali Abdillahi
Iftin, commandant le MDLN - expriment leur plus vive préoccupation concernant
la situation des fonctionnaires et assimilés de l'OPT et de l'EDD qui ont
été incarcérés ces jours derniers pour avoir dénoncé
dans des écrits - adressés aux membres des Forces Françaises
de Djibouti - les exactions du régime dirigé par Ismaïl Omar
Guelleh et ont soutenu Mme Elisabeth Borrel dans le combat que mène cette
femme - et mère de famille - pour que la vérité émerge
sur les conditions d'assassinat de son époux - le juge Bernard Borrel -
en octobre 1995 à Djibouti..
Ces
arrestations de personnels de l'OPT et de l'EDD - toutes tribus et ethnies confondues
- suivies de mauvais traitements ne sont que les cas les plus récents d'une
longue liste d'intimidations, d'arrestations puis de brutalités voire de
tortures physiques commises dans les locaux de la police politique, les tristement
Services Djiboutiens actuels de Sécurité. Police politique dont
quelques énergumènes - sous les ordres d'Hassan Saïd Kaireh
- usent de sévices graves à l'encontre de toute personne cherchant
à témoigner ou à informer sur toutes les violations répétitives
des droits humains dans notre pays, sur les exactions perpétrées
au nom du pouvoir en place, sur la situation de catastrophe humaine, sociale et
politique et sur le silence que l'on tente de leur imposer par l'usage de la force.
Cette
répression de toute voix démocrate - donc dissidente aux yeux du
pouvoir en place - a touché et frappe encore non seulement les victimes,
les témoins directs, mais également l'entourage de certaines de
ces personnes.
Depuis
avril 1999, des personnalités ayant émis de simples critiques vis-à-vis
de la politique du gouvernement ont fait l'objet de véritables campagnes
de diffamation dans les médias officiels,
voire d'incarcérations dans l'heure et orchestrées
du haut du Palais de l'Escale.
Ces
arrestations récentes - entre huit et dix personnels de l'OPT et de l'EDD
- confirment bien à l'opinion publique - tant nationale qu'internationale
- que la répression systématique et tous azimuts ordonnée
par Ismaïl Omar Guelleh entraîne le plus souvent des représailles
à l'encontre de ceux qui ont le courage de la dénoncer et que l'on
prive de liberté sans possibilité de recours à un avocat
pour les défendre.
C'est
ce que nous confirme l'expérience de certains membres de la société
civile djiboutienne qui depuis des années prennent le risque de témoigner
et de dénoncer par leurs écrits sur ce site les exactions commises
dans notre pays. Des dizaines de personnes ont été ainsi arrêtées,
torturées, menacées, harcelées ou contraintes à l'exil
pour avoir osé écrire ou prendre la parole dans un pays qui ose
se prétendre " république francophone " et où toute
opinion contraire à la "pensée unique" est considérée
comme dissidente.
Dans
un Etat où un simple supposé " délit
d'opinion " peut conduire son auteur à être victime de la répression
la plus barbare.
De
ce fait, les membres du Mouvement Djiboutien de Libération Nationale ont
dû par le passé mentionner et dénoncer des faits en cachant
parfois l'identité des victimes ou de leurs proches afin de les protéger.
Ou furent amenés dans certains cas à taire des exactions pourtant
avérées dans un souci de sécurité des familles des
personnes concernées.
Nous
récusons l'alternative dans laquelle les autorités djiboutiennes
actuelles - à l'instar d'autres qui s'en font les complices de fait - souhaiteraient
nous enfermer : se taire pour préserver la sécurité des victimes
et des témoins et cautionner de facto la répression en cours ; ou
parler, et risquer d'aggraver la vulnérabilité des personnes visées.
Ces
arrestations arbitraires témoignent des pratiques d'un autre temps et indignes
d'un État qui se réclame pourtant être une " République
francophone ", où la culture du silence est imposée à
la société djiboutienne par un quarteron de dirigeants et entérine
une violence injustifiée. La multiplication des intimidations, les menaces
et les incarcérations contre la liberté de pensée et d'écrire
fait le lit d'une censure qui ne devrait pas avoir sa place en République
de Djibouti.
Pourtant,
la Constitution de la République de Djibouti intègre le droit à
la liberté d'expression et le droit à l'accès à l'information,
et la commission des droits de l'Homme des Nations-Unies rappelle que "l'emprisonnement
en tant que sanction négative d'une opinion est une violation flagrante
des droits de l'homme".
POUR
TOUTES CES RAISONS ;
Considérant
:
-
la gravité de la situation de répression politique prévalant
dans notre pays ;
-
le silence complice et coupable de certains partenaires économiques du
gouvernement djiboutien ;
nous
estimons qu'il est impossible de garder le silence. A l'instar des Djiboutiens/Djiboutiennes
qui ont décidé de parler alors qu'ils vivent dans notre pays, nous
entendons dénoncer avec la plus grande force cette répression politique
qui consacre le régime de l'arbitraire.
-
Nous appelons l'opinion publique internationale, en France comme ailleurs, à
soutenir le combat des personnes qui, à Djibouti comme de par le monde
et du fond d'un exil auquel ils/elles sont contraints, se mobilisent pour la liberté
d'expression et le respect des droits égalitaires de tous les Djiboutiens/Djiboutiennes,
en ayant cependant toujours à l'esprit la sécurité
des victimes, de leur entourage et des sources d'information.
Face
au refus obstiné des autorités djiboutiennes de respecter la liberté
d'expression et de réunion :
- nous appelons la communauté internationale, et notamment
l'ONU, l'Union Européenne ainsi que les pays qui ont des liens étroits
avec Djibouti comme la France, l'Allemagne, les États Unis d'Amérique
à exercer une pression déterminée sur les autorités
actuelles de Djibouti afin que ces pratiques de répressions policières
cessent.
Entre
le silence complice et la dénonciation qui peut entraîner des représailles,
la communauté internationale doit
imposer la voie du droit international. Celle de la libre expression des opinions
en toute sécurité telle qu'elle est prévue dans la Déclaration
universelle des droits de l'Homme.