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Dernière modification : le 27.11.2005 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 476 - 13/12/05 - DJIBOUTI - Communiqué de Presse du Mouvement Djiboutien de Libération Nationale.

 

 

" La République est notre Droit,
la rétablir est notre Devoir
"

M Ali Abdillahi Iftin

Ancien Officier supérieur, commandant la Garde Présidentielle

Général de Division ( à titre temporaire),
commandant le Mouvement Djiboutien de Libération Nationale.

 

Les membres du Mouvement Djiboutien de Libération Nationale - en la personne du Général de division (à titre temporaire) M Ali Abdillahi Iftin, commandant le MDLN - expriment leur plus vive préoccupation concernant la situation des fonctionnaires et assimilés de l'OPT et de l'EDD qui ont été incarcérés ces jours derniers pour avoir dénoncé dans des écrits - adressés aux membres des Forces Françaises de Djibouti - les exactions du régime dirigé par Ismaïl Omar Guelleh et ont soutenu Mme Elisabeth Borrel dans le combat que mène cette femme - et mère de famille - pour que la vérité émerge sur les conditions d'assassinat de son époux - le juge Bernard Borrel - en octobre 1995 à Djibouti..

Ces arrestations de personnels de l'OPT et de l'EDD - toutes tribus et ethnies confondues - suivies de mauvais traitements ne sont que les cas les plus récents d'une longue liste d'intimidations, d'arrestations puis de brutalités voire de tortures physiques commises dans les locaux de la police politique, les tristement Services Djiboutiens actuels de Sécurité. Police politique dont quelques énergumènes - sous les ordres d'Hassan Saïd Kaireh - usent de sévices graves à l'encontre de toute personne cherchant à témoigner ou à informer sur toutes les violations répétitives des droits humains dans notre pays, sur les exactions perpétrées au nom du pouvoir en place, sur la situation de catastrophe humaine, sociale et politique et sur le silence que l'on tente de leur imposer par l'usage de la force.

Cette répression de toute voix démocrate - donc dissidente aux yeux du pouvoir en place - a touché et frappe encore non seulement les victimes, les témoins directs, mais également l'entourage de certaines de ces personnes.

Depuis avril 1999, des personnalités ayant émis de simples critiques vis-à-vis de la politique du gouvernement ont fait l'objet de véritables campagnes de diffamation dans les médias officiels, voire d'incarcérations dans l'heure et orchestrées du haut du Palais de l'Escale.

Ces arrestations récentes - entre huit et dix personnels de l'OPT et de l'EDD - confirment bien à l'opinion publique - tant nationale qu'internationale - que la répression systématique et tous azimuts ordonnée par Ismaïl Omar Guelleh entraîne le plus souvent des représailles à l'encontre de ceux qui ont le courage de la dénoncer et que l'on prive de liberté sans possibilité de recours à un avocat pour les défendre.

C'est ce que nous confirme l'expérience de certains membres de la société civile djiboutienne qui depuis des années prennent le risque de témoigner et de dénoncer par leurs écrits sur ce site les exactions commises dans notre pays. Des dizaines de personnes ont été ainsi arrêtées, torturées, menacées, harcelées ou contraintes à l'exil pour avoir osé écrire ou prendre la parole dans un pays qui ose se prétendre " république francophone " et où toute opinion contraire à la "pensée unique" est considérée comme dissidente.

Dans un Etat où un simple supposé " délit d'opinion " peut conduire son auteur à être victime de la répression la plus barbare.

De ce fait, les membres du Mouvement Djiboutien de Libération Nationale ont dû par le passé mentionner et dénoncer des faits en cachant parfois l'identité des victimes ou de leurs proches afin de les protéger. Ou furent amenés dans certains cas à taire des exactions pourtant avérées dans un souci de sécurité des familles des personnes concernées.

Nous récusons l'alternative dans laquelle les autorités djiboutiennes actuelles - à l'instar d'autres qui s'en font les complices de fait - souhaiteraient nous enfermer : se taire pour préserver la sécurité des victimes et des témoins et cautionner de facto la répression en cours ; ou parler, et risquer d'aggraver la vulnérabilité des personnes visées.

Ces arrestations arbitraires témoignent des pratiques d'un autre temps et indignes d'un État qui se réclame pourtant être une " République francophone ", où la culture du silence est imposée à la société djiboutienne par un quarteron de dirigeants et entérine une violence injustifiée. La multiplication des intimidations, les menaces et les incarcérations contre la liberté de pensée et d'écrire fait le lit d'une censure qui ne devrait pas avoir sa place en République de Djibouti.

Pourtant, la Constitution de la République de Djibouti intègre le droit à la liberté d'expression et le droit à l'accès à l'information, et la commission des droits de l'Homme des Nations-Unies rappelle que "l'emprisonnement en tant que sanction négative d'une opinion est une violation flagrante des droits de l'homme".

 

POUR TOUTES CES RAISONS ;

 

Considérant :

- la gravité de la situation de répression politique prévalant dans notre pays ;

- le silence complice et coupable de certains partenaires économiques du gouvernement djiboutien ;

nous estimons qu'il est impossible de garder le silence. A l'instar des Djiboutiens/Djiboutiennes qui ont décidé de parler alors qu'ils vivent dans notre pays, nous entendons dénoncer avec la plus grande force cette répression politique qui consacre le régime de l'arbitraire.

- Nous appelons l'opinion publique internationale, en France comme ailleurs, à soutenir le combat des personnes qui, à Djibouti comme de par le monde et du fond d'un exil auquel ils/elles sont contraints, se mobilisent pour la liberté d'expression et le respect des droits égalitaires de tous les Djiboutiens/Djiboutiennes, en ayant cependant toujours à l'esprit la sécurité des victimes, de leur entourage et des sources d'information.

 

Face au refus obstiné des autorités djiboutiennes de respecter la liberté d'expression et de réunion :

- nous appelons la communauté internationale, et notamment l'ONU, l'Union Européenne ainsi que les pays qui ont des liens étroits avec Djibouti comme la France, l'Allemagne, les États Unis d'Amérique à exercer une pression déterminée sur les autorités actuelles de Djibouti afin que ces pratiques de répressions policières cessent.

Entre le silence complice et la dénonciation qui peut entraîner des représailles, la communauté internationale doit imposer la voie du droit international. Celle de la libre expression des opinions en toute sécurité telle qu'elle est prévue dans la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

 

 

 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

50 Avenue des Roses - 54630 - Richardménil - France.

Téléphone et télécopie : 00 33 (0)3 83 25 77 26.

exildj@gouv-exil.org

 

 

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