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Dernière modification : le 27.11.2005 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 478 - 19/12/05 - FRANCE - Jean Charles Marchiani condamné à quatre ans et demi de prison ferme. Dans son réquisitoire, la Procureur de la République - Marie Christine Daubigney - n'a pas mâché ses mots en qualifiant l'accusé de "cupide", de "brebis galeuse" et "d'escroc"..

 

Le ministère public avait réclamé 7 années de prison ferme contre Jean Charles Marchiani qui a été condamné le 14 décembre à quatre ans et demi d'emprisonnement ferme.

Si la Procureur n'avait pas lésiné sur les qualificatifs puisés dans le langage direct et populaire qu'elle attribua à Jean Charles Marchiani dans son réquisitoire, par ailleurs et dans ses attendus le Tribunal correctionnel de Paris - en la personne de son président Olivier Leurant - sera bien plus mesuré le moment venu quant aux termes utilisés et qui vont néanmoins raisonner dans la salle d'audience.

"Jean-Charles Marchiani devait, plus encore que tout autre citoyen, être irréprochable et respectueux de la loi (...).

Il a donné de la France l'image d'un pays où la corruption permet sans difficulté d'acheter les décideurs publics (...).

Son comportement hautement délictueux est révélateur d'une recherche permanente de l'appât du gain (...), d'une personnalité qui entretient sciemment et en permanence la confusion entre l'intérêt général et son intérêt personnel (...).

Ces faits mettent en péril la confiance, essentielle en démocratie, des citoyens en leurs institutions."

La Justice française a fait son travail même si les amis de Jean Charles murmurent avec inquiétude que ce jugement rompt avec certaines " traditions instaurées ", ajoutant à cela que selon leurs considérations ce serait " une véritable lapidation politique sur la place publique ".

L'homme qui fut conseiller de Charles Pasqua au ministère de l'intérieur, agent d'une branche très minoritaire, supérieure et parallèle à la DGSE - celle qui avait tous les droits - et Préfet du Var en des temps pas si lointains, n'a pas échappé à la Justice française malgré tous ses arguments concernant le financement - par son intermédiaire - d'opérations "discrètes" au nom des intérêts supérieurs de la France, pour la libération d'otages au Liban, l'exfiltration d'un chef de guerre libanais...

Le tribunal l'a écouté sans l'entendre et n'en croit pas un mot en ne le suivant pas sur ce terrain miné et oh combien complexe…de la diplomatie parallèle en arguant que :

" Ces financements étaient entre les mains de quelques individus qui se disent investis de la défense de l'intérêt général alors qu'ils ne défendent que leurs convictions personnelles sans accepter le moindre contrôle républicain.". Comme le précise le journal Libération dans un article paru sous la plume de Renaud LECADRE : " On ne saurait mieux condamner la barbouzerie des réseaux Pasqua-Marchiani ".

Marchiani était poursuivi pour des commissions perçues sur ses multiples comptes en Suisse, à l'occasion de deux marchés publics : la fourniture de boîtes de vitesses allemandes aux chars Leclerc de l'armée française, la livraison d'un système néerlandais de tri des bagages aux Aéroports de Paris. Cela se passait en 1993, lorsqu'il conseillait Charles Pasqua. A l'audience, il avait justifié ces mouvements de fonds par la nécessité des intermédiaires.

Dans ce domaine des intermédiaires on retrouvera Claude Pasqua, cousin de Charles, et Claude Marchiani, cousin de Jean-Charles qui ont également été condamnés plus légèrement car à dix-huit mois de prison mais avec sursis pour avoir joué les " intermédiaires de l'intermédiaire ".

Enfin, le tribunal n'a pas résisté à l'envoi d'un message on ne peut plus clair au Parlement de Strasbourg, qui envisage d'attaquer la France au motif que l'immunité du député européen Marchiani aurait été bafouée : "Son action auprès du Parlement européen, en tentant de faire croire que les autorités françaises étaient animées par l'intention de nuire à son activité politique, traduit en réalité son souci constant de faire obstacle à la justice de son pays." a objecté le Tribunal correctionnel de Paris.

UN RENARD NE SE LAISSE PAS PRENDRE DEUX FOIS A UN PIEGE.

Jean Charles Marchiani va vraisemblablement faire appel de ce jugement alors que l'ombre du principal accusé et " donneur d'ordres " pèse sur ce jugement de tribunal.

Bien que cité évasivement dans les débats, "le véritable accusé " ce n'était pas lui.
Marchiani va-t-il supporter d'être le seul condamné à une peine de prison ferme dans cette affaire ? Rien n'est moins certain.

Rompu aux coups bas et bien qu'il en connaissait par avance les risques, il ne s'attendait certainement pas à être condamné ainsi alors qu'il aurait placé quelques " banderilles " en préalable à la décision du Tribunal et en prévenant de ce qu'il pourrait faire. On va même jusqu'à murmurer qu'il se pourrait bien que dans la perspective d'une trop longue méditation dans une cellule de prison, quand bien même tous conforts …- Jean Charles Marchiani retrouve soudainement la mémoire et ressorte - comme par magie - quelques dossiers nauséabonds. Dossiers qui risqueraient fort bien de mettre en cause et de " mouiller " quelques " amis " ou anciens amis ; ceux des " jours heureux ", période durant laquelle tout ou presque lui était permis.

On ne devient pas Préfet de la République par hasard !.

DES LIENS ENTRE JC MARCHIANI ET ISMAÏL OMAR GUELLEH PAR ABDOURAHMAN BORREH…INTERPOSE ?.

Les deux " affaires " de marchés publics, dans lesquelles Marchiani était poursuivi et vient d'être condamné par le Tribunal correctionnel de Paris pour des commissions perçues sur ses multiples comptes en Suisse, ne sont pas les seuls dossiers ouverts par la Justice française pour ce qui le concerne.

Tout comme Jean-Christophe Mitterrand, Jean Charles Marchiani est loin d'être un inconnu pour le juge Courroye qui avait mis " "Papamadit"" en examen dans son enquête sur une vente d'armes présumée illégale à l'Angola en décembre 2000, notamment pour "complicité de trafic d'armes" et "trafic d'influence".

C'est dans ce dossier que le nom de Jean Charles Marchiani fut prononcé comme PDG d'une société (parallèle à la SERVAIR et dont il était aussi le PDG de l'époque …) qu'il aurait créé à Djibouti. Société d'import/export en tous genres …créée en fin des années 80 puis qu'il aurait " rétrocédée " à Abdourahman Borreh dans les mois qui ont suivi l'assassinat du Juge Bernard Borrel.

La thèse selon laquelle l'assassinat du Juge français serait lié exclusivement à ses découvertes dans les investigations complémentaires menées sur l'affaire de l'attentat du Café de Paris menant - à notre sens - à une voie sans issue ; celle d'un lien fort probable avec la découverte d'un important trafic d'armes impliquant indirectement Ismaïl Omar Guelleh et " d'honorables étrangers bon chic…bon genre " paraît de plus en plus probable.

Il n'est pas nécessaire d'être avocat ou magistrat pour savoir qu'illégalité et injustice sont synonymes et pratiques institutionnalisées à haut niveau au Royaume bananier de son Excellentissime Sérénité Ismaïl Omar Guelleh.

Oui mais " l'ordre des désordres " doit impérativement y régner, alors rien d'important ne s'est passé et ne se passe à Djibouti….

Pendant ce temps, la Justice française avance lentement certes mais avance…en suivant son cours.

 

Ce n'est qu'au prix d'une ardente patience que nous pourrons conquérir la cité splendide qui redonnera la lumière, la justice et la dignité à tous les Djiboutiens/Djiboutiennes.

 

 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

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