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D
478 - 19/12/05 - FRANCE - Jean Charles Marchiani
condamné à quatre ans et demi de prison ferme. Dans son réquisitoire,
la Procureur de la République - Marie Christine Daubigney - n'a pas mâché
ses mots en qualifiant l'accusé de "cupide", de "brebis
galeuse" et "d'escroc"..

Le
ministère public avait réclamé 7 années de prison
ferme contre Jean Charles Marchiani qui a été
condamné le 14 décembre à quatre ans et demi d'emprisonnement
ferme.
Si
la Procureur n'avait pas lésiné sur les qualificatifs puisés
dans le langage direct et populaire qu'elle attribua à Jean Charles Marchiani
dans son réquisitoire, par ailleurs et dans ses attendus le Tribunal correctionnel
de Paris - en la personne de son président Olivier Leurant - sera bien
plus mesuré le moment venu quant aux termes utilisés et qui vont
néanmoins raisonner dans la salle d'audience.
"Jean-Charles
Marchiani devait, plus encore que tout autre citoyen, être irréprochable
et respectueux de la loi (...).
Il
a donné de la France l'image d'un pays où la corruption permet sans
difficulté d'acheter les décideurs publics (...).
Son
comportement hautement délictueux est révélateur d'une recherche
permanente de l'appât du gain (...), d'une personnalité qui entretient
sciemment et en permanence la confusion entre l'intérêt général
et son intérêt personnel (...).
Ces
faits mettent en péril la confiance, essentielle en démocratie,
des citoyens en leurs institutions."
La
Justice française a fait son travail même si les amis de Jean Charles
murmurent avec inquiétude que ce jugement rompt avec certaines
" traditions instaurées ", ajoutant à cela que
selon leurs considérations ce serait " une véritable lapidation
politique sur la place publique ".
L'homme
qui fut conseiller de Charles Pasqua au ministère de l'intérieur,
agent d'une branche très minoritaire, supérieure et parallèle
à la DGSE - celle qui avait tous les droits - et Préfet du Var en
des temps pas si lointains, n'a pas échappé à la Justice
française malgré tous ses arguments concernant le financement -
par son intermédiaire - d'opérations "discrètes"
au nom des intérêts supérieurs de la France, pour la libération
d'otages au Liban, l'exfiltration d'un chef de guerre libanais...
Le
tribunal l'a écouté sans l'entendre et n'en croit pas un mot en
ne le suivant pas sur ce terrain miné et oh combien complexe
de la
diplomatie parallèle en arguant que :
"
Ces financements étaient entre les mains de quelques individus qui se disent
investis de la défense de l'intérêt général
alors qu'ils ne défendent que leurs convictions personnelles sans accepter
le moindre contrôle républicain.". Comme le précise
le journal Libération dans un article paru sous la plume de Renaud LECADRE
: " On ne saurait mieux condamner la barbouzerie des réseaux Pasqua-Marchiani
".
Marchiani
était poursuivi pour des commissions perçues sur ses multiples comptes
en Suisse, à l'occasion de deux marchés publics : la fourniture
de boîtes de vitesses allemandes aux chars Leclerc de l'armée française,
la livraison d'un système néerlandais de tri des bagages aux Aéroports
de Paris. Cela se passait en 1993, lorsqu'il conseillait Charles Pasqua. A l'audience,
il avait justifié ces mouvements de fonds par la nécessité
des intermédiaires.
Dans
ce domaine des intermédiaires on retrouvera Claude Pasqua, cousin de Charles,
et Claude Marchiani, cousin de Jean-Charles qui ont également été
condamnés plus légèrement car à dix-huit mois de prison
mais avec sursis pour avoir joué les " intermédiaires
de l'intermédiaire ".
Enfin,
le tribunal n'a pas résisté à l'envoi d'un message on ne
peut plus clair au Parlement de Strasbourg, qui envisage d'attaquer la France
au motif que l'immunité du député européen Marchiani
aurait été bafouée : "Son action
auprès du Parlement européen, en tentant de faire croire que les
autorités françaises étaient animées par l'intention
de nuire à son activité politique, traduit en réalité
son souci constant de faire obstacle à la justice de son pays."
a objecté le Tribunal correctionnel de Paris.
UN
RENARD NE SE LAISSE PAS PRENDRE DEUX FOIS A UN PIEGE.
Jean
Charles Marchiani va vraisemblablement faire appel de ce jugement alors que l'ombre
du principal accusé et " donneur d'ordres " pèse sur ce
jugement de tribunal.
Bien
que cité évasivement dans les débats, "le véritable
accusé " ce n'était pas lui.
Marchiani va-t-il supporter
d'être le seul condamné à une peine de prison ferme dans cette
affaire ? Rien n'est moins certain.
Rompu
aux coups bas et bien qu'il en connaissait par avance les risques, il ne s'attendait
certainement pas à être condamné ainsi alors qu'il aurait
placé quelques " banderilles " en préalable à la
décision du Tribunal et en prévenant de ce qu'il pourrait faire.
On va même jusqu'à murmurer qu'il se pourrait bien que dans la perspective
d'une trop longue méditation dans une cellule de prison, quand bien même
tous conforts
- Jean Charles Marchiani retrouve soudainement la mémoire
et ressorte - comme par magie - quelques dossiers nauséabonds. Dossiers
qui risqueraient fort bien de mettre en cause et de " mouiller " quelques
" amis " ou anciens amis ; ceux des " jours heureux ", période
durant laquelle tout ou presque lui était permis.
On
ne devient pas Préfet de la République par hasard !.
DES
LIENS ENTRE JC MARCHIANI ET ISMAÏL OMAR GUELLEH PAR ABDOURAHMAN BORREH
INTERPOSE
?.
Les
deux " affaires " de marchés publics, dans lesquelles Marchiani
était poursuivi et vient d'être condamné par le Tribunal correctionnel
de Paris pour des commissions perçues sur ses multiples comptes en Suisse,
ne sont pas les seuls dossiers ouverts par la Justice française pour ce
qui le concerne.
Tout
comme Jean-Christophe Mitterrand, Jean Charles Marchiani est loin d'être
un inconnu pour le juge Courroye qui avait mis " "Papamadit""
en examen dans son enquête sur une vente d'armes présumée
illégale à l'Angola en décembre 2000, notamment pour "complicité
de trafic d'armes" et "trafic d'influence".
C'est
dans ce dossier que le nom de Jean Charles Marchiani fut prononcé comme
PDG d'une société (parallèle à la SERVAIR et dont
il était aussi le PDG de l'époque
) qu'il aurait créé
à Djibouti. Société d'import/export en tous genres
créée
en fin des années 80 puis qu'il aurait " rétrocédée
" à Abdourahman Borreh dans les mois qui ont suivi l'assassinat du
Juge Bernard Borrel.
La
thèse selon laquelle l'assassinat du Juge français serait lié
exclusivement à ses découvertes dans les investigations complémentaires
menées sur l'affaire de l'attentat du Café de Paris menant - à
notre sens - à une voie sans issue ; celle d'un lien fort probable avec
la découverte d'un important trafic d'armes impliquant indirectement Ismaïl
Omar Guelleh et " d'honorables étrangers bon chic
bon genre "
paraît de plus en plus probable.
Il
n'est pas nécessaire d'être avocat ou magistrat pour savoir qu'illégalité
et injustice sont synonymes et pratiques institutionnalisées à haut
niveau au Royaume bananier de son Excellentissime Sérénité
Ismaïl Omar Guelleh.
Oui
mais " l'ordre des désordres " doit impérativement y régner,
alors rien d'important ne s'est passé et ne se passe à Djibouti
.
Pendant
ce temps, la Justice française avance lentement certes mais avance
en
suivant son cours.
Ce
n'est qu'au prix d'une ardente patience que nous pourrons conquérir la
cité splendide qui redonnera la lumière, la justice et la dignité
à tous les Djiboutiens/Djiboutiennes.