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Dernière modification : le 27.11.2005 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 479 - 20/12/05 - DJIBOUTI - Les hold-up "légalisés" du clan Guelleh sur les terrains et les espaces publics comme privés ne se comptent plus tant ils sont nombreux.

Omar Awaleh. Haut fonctionnaire.

 

 

ISMAÏL ESCROC-ARNAQUEUR ET LES QUARANTE VOLEURS.

 

Idriss Omar Guelleh.

(décédé depuis dans des conditions …particulières). Frère d'IOG, il s'est approprié illégalement la plage publique dite de " la Siesta " pour y faire construire un ensemble immobilier à deux niveaux (rdc+étage). De même, en 1978 il a procédé sous la menace de mort à la confiscation à son profit d'une villa - située dans la zone industrielle - et appartenant à un propriétaire européen qu'il a fait immédiatement expulser de Djibouti. Cette maison lui a servi de résidence principale.

Ismaïl Omar Guelleh.

Actuel président autoproclamé de la République de Djibouti. C'est le plus riche propriétaire immobilier (directement et … indirectement par des prête-noms) à Djibouti. Un article lui sera consacré sur ce sujet.

Ibrahim Omar Guelleh.

Frère d'IOG, ancien fonctionnaire. S'est approprié illégalement un large terrain public sur la route de l'aéroport pour y faire construire - avec de l'argent public - une station à carburants.

Moulouko Omar Guelleh.

Sœur d'IOG, commandant de la police nationale (en tenue civile). Elle s'est appropriée illégalement un poste de police à Balbala (construit à partir d'aides financières internationales) et un terrain attenant pour y faire construire un restaurant et un magasin d'alimentation générale.

Mahamoud Hassan.

Ex-gendarme. S'est approprié illégalement un vaste jardin situé à Ambouli et appartenant au ministère de l'Agriculture pour y faire construire 3 grands bâtiments à deux niveaux (rdc+étage).

Djama Abdi Bakal.

Ex- ministre. S'est approprié illégalement un vaste terrain appartenant au Ministère des Finances et situé dans la " cité ministérielle ". Il y a fait bâtir un complexe immobilier à deux niveaux (rdc+étage).

Daher Ismaïl Kahin.

Ancien directeur de la police nationale et récemment maire de Djibouti. S'est approprié illégalement plusieurs terrains et jardins publics ; du Héron jusqu'à Balbala.

Halah Omar Hildid.

Ex Commissaire de la République, occupait dernièrement le portefeuille de Ministre des Transports. S'est approprié illégalement tous les terrains de la " fontaine publique " et a fait construire des toilettes privées du Quartier 1 jusqu'à Balbala. De surcroît, il s'est approprié illégalement le " jardin du gouvernement " à Wéa ainsi que plusieurs terrains publics dans la capitale.

Ibrahim Wabéri.

Ex époux de Moulouko Omar Guelleh, sœur d'IOG. Capitaine de la police nationale. S'est approprié illégalement de vastes espaces publics de la rue de Brazaville et a fait des toilettes privées juqu'à la place Mahamoud HARBI.

Abdo Farah Badar et Abdillahi Elmi Houdone.

Se sont appropriés illégalement de vastes terrains publics - face à la pharmacie de l'indépendance - pour y faire construire plusieurs magasins privés.
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ACTES, FAITS ET PHÉNOMÈNES FONCIERS.

Quelles définitions peut-on donner des actes, des faits et des phénomènes fonciers.

Premièrement, les actes fonciers sont les actes accomplis par les acteurs urbains ayant pour objet ou pour effet l'appropriation du sol. Le sol que s'approprie l'un est toujours (sauf peut-être le cas particulier du plein désert) dans la main, sous la maîtrise, dans le patrimoine d'un autre.

Chaque terrain a des qualités et des défauts spécifiques qui en font un bien spécifique et unique. Chaque fois que je m'approprie un terrain, j'en élimine l'ancien maître (propriétaire foncier) et je tente de mettre ensuite le bien à l'abri d'une revendication concurrente émanant d'un tiers.

Pour faire image, on peut dire que toute appropriation est en même temps et nécessairement "expropriation" d'autrui, de l'ancien propriétaire, de ses éventuels ayant-droits...voire de l'État et "élimination" (au sens étymologique, éliminer : sortir des limites) de tous tiers. Ces quelques traits caractérisant la question foncière la situent immédiatement comme une question conflictuelle.

Deuxièmement, ces biens fonciers sont dans un perpétuel mouvement de valorisation et de dévalorisation. La valeur des biens fonciers ne cesse d'évoluer, du fait de la conjoncture mais aussi et surtout du fait de leurs " appropriants ".

La hausse des valeurs foncières d'un quartier est pour une large part le résultat d'une volonté des habitants d'en interdire l'accès à d'autres, plus pauvres, dont les comportements seraient inconvenants, dommageables, dépréciants... Cette hausse est renforcée par les investissements des pouvoirs publics ; la bourgeoisie urbaine (djiboutienne en particulier mais elle n'est pas la seule) est très habile à capter l'effort public d'équipement, à faire admettre à la puissance publique qu'elle doit affecter tous ses moyens à l'équipement des quartiers investis par les gens qui font "l'effort de construire de belles maisons".

Et si on ajoute le fait que c'est le pouvoir dictatorial (et non les " pouvoirs publics "), son clan, sa famille et les familles inféodées qui imposent leurs propres lois, alors tous les excès et les transgressions sont.... permis.

Troisièmement, le fait d'accéder à un terrain, à un bien immobilier, est une chose, le fait de s'y maintenir en est une autre.

Tout le monde n'a pas la même capacité à résister à une expropriation ou à un déguerpissement/expulsion fondés sur l'illégalité de l'établissement, ou bien sur le reproche que le sol occupé est un obstacle à l'aménagement " rationnel " de la ville, ou enfin sur le projet d'améliorer les conditions de vie et d'équipement d'un quartier dit défavorisé qui pour ce faire doit être, dit-on, dédensifié...

Lorsque l'on occupe un espace durant plus de 20 années - voire bien plus - ne serait-on pas en son " chez soi " ?.Tous les prétextes, même les plus rationnels, sont capables de vous chasser de votre " chez-vous ". Sans parler évidemment de la pression foncière la plus perverse qui soit : le prix du sol du quartier que vous occupez depuis toujours a tellement grimpé que vous voilà presque contraint de vendre pour aller plus loin.

Ajoutez à cela que - comme c'est le cas à Djibouti pour la quasi-totalité des " expulsions " - bien qu'appartenant au domaine public les sols vont être " récupérés " et revendus symboliquement et indirectement à Ismaïl Omar Guelleh, à sa famille et à ses amis pour y réaliser des opérations immobilières très rentables.

Très rentables pour qui ?. Certes pas pour l'État… !.

Quatrièmement, les phénomènes fonciers comprennent également les conséquences des actes fonciers évoqués plus haut : conséquences sociales (les différences foncières sont ou deviennent des différences sociales), économiques (l'accès au foncier est dans les conditions djiboutiennes la première étape de l'accès au logement), urbaines (les clivages socio-spatiaux ont une très forte composante foncière) et évidemment politiques.


L'IMPUISSANCE FONCIÈRE DE LA " PUISSANCE PUBLIQUE " !

La question foncière dans la capitale Djibouti est fondamentalement marquée par la présence formelle et l'absence réelle de l'État.

La puissance publique obéit à une idéologie très forte de filiation coloniale : la ville est à la pointe de la modernité foncière. La tenure coutumière est rurale, archaïque... Elle ne doit pas franchir le périmètre urbain.... Le sol de la ville devrait être régi par un droit écrit, instrumenté et respecté ...par des spécialistes de la topographie, de la conservation des actes, du crédit hypothécaire...

Il revient donc à l'État d'urbaniser le sol rural, en le "purgeant" des droits d'usage et autres pratiques ...., puis de le lotir après avoir proclamé son droit de propriété sur l'ensemble du territoire inclus dans le périmètre urbain, pour enfin l'affecter à des usages publics (domaine public) ou à des usages privés (habitation, commerce, activités industrielles...).

Les usagers fonciers privés reçoivent ces terrains à titre de permission (mise à disposition sans possibilité pour le permissionnaire d'accéder à la propriété pleine et entière du bien) ou, le plus souvent, à titre de concession, donnant finalement lieu à cession au profit du concessionnaire qui a satisfait aux obligations que le cahier des charges de concession avait mises à sa disposition afin qu'il le respecte.

Depuis l'accession du pays à l'indépendance, l'État djiboutien n'a pas su exercer pleinement, en temps et en heures, en quantité et en qualité, cette fonction de grand maître et grand producteur du sol urbain. En matière d'urbanisation comme ailleurs, l'Ordre des désordres s'y est établi et conforté.

Les raisons de cette inaction sont au nombre de quatre :

l'État - exclusivement politique et privé - a été dépassé par les événements. Les vagues successives d'urbanisation ont submergé les gouvernements successifs (comment faire face à une urbanisation qui prend la forme de doublement tous les dix ans des surfaces urbanisées par suite de la conjonction de fortes progressions démographiques et de propensions à l'étalement périurbain)

l'État - exclusivement politique et privé - a été submergé par les injonctions ultra-libérales des organismes de coopération de se contenter de reléguer au second plan l'urbanisation cohérente de la capitale, de jouer exclusivement le rôle d'Etat-gendarme " façon Chicago " et de cesser de jouer les " producteurs responsables " de l'espace et du sol urbains ;

l'État - exclusivement politique et privé - s'est désintéressé des catégories sociales les moins nanties qui forment le gros des troupes à installer dans les espaces en cours d'urbanisation.

l'État - exclusivement politique et privé - a relégué en arrière plan l'intérêt public, l'intérêt général au profit des intérêts privés des gouvernants, des familles au pouvoir et en périphérie de celui-ci.

Mais la puissance publique est pourtant en droit une puissance foncière qui détient un véritable monopole de la production foncière urbaine. Elle dispose de tous les pouvoirs et instruments pour constituer une offre foncière différenciée (quant aux niveaux d'aménagement et aux statuts juridiques des sols qui peuvent aller de la simple permission d'occuper à la concession puis à la cession) adaptée aux diverses demandes qui se manifestent localement.

La puissance publique a également en droit la charge de l'organisation de l'espace urbain. Elle est urbaniste et aménageur. Dans la tradition coloniale et historique de l'Afrique post coloniale la puissance publique se trouve donc disposer non seulement du pouvoir de produire le sol mais aussi du pouvoir d'organiser l'espace de la ville selon des plans dressés à cet effet. Il n'est pas de puissance plus complète et plus efficace que celle qui résulte de l'addition de ces deux pouvoirs.

Cette capacité productive et normative de la puissance publique est constituée de pouvoirs mis à sa disposition par les constitutions, les lois, les institutions... Ce sont des pouvoirs "offerts". Rien n'oblige la puissance publique à s'en servir, rien ne l'oblige à s'en servir de manière politiquement judicieuse.

Ces capacités virtuelles ne donnent lieu à des actes effectifs qu'à certaines conditions politiques. On pourrait même dire que ce sont les conditions politiques qui déterminent les conditions d'exercice des pouvoirs conférés à l'autorité publique. Or dans la capitale de Djibouti qui nous intéresse ici, ces conditions politiques ont été peu favorables à un emploi judicieux de ces pouvoirs.

Échappant à toute pression démocratique ou au moins populaire, les services domaniaux et fonciers se sont inféodés aux dirigeants et au clan au pouvoir dont ils reçoivent directement les ordres. Ils n'interviennent plus que dans les secteurs "rentables" : foncier résidentiel à l'usage des classes supérieures et moyennes supérieures, équipement urbain de prestige, quelques actions d'éclats à vocation sociale montées de toutes pièces par la propagande et dont la fonction est de ne pas désespérer le peuple, de garnir la vitrine et de livrer une image rassurante à l'opinion publique internationale.

Le foncier à usage populaire ou moyen (classes moyennes) est délaissé car considéré comme étant de " peu d'importance ".

L'action publique foncière ne structure plus que la ville utile, centrale et résidentielle. Elle ignorera durant des années et des années la ville populaire, la ville foncièrement et urbanistiquement inutile, c'est à dire les quatre cinquième de la capitale en superficie et en population.

 

Oui mais voilà qu'aujourd'hui et de par leur positionnement stratégique dans les plans d'urbanisation à titre privé (et non d'intérêt public) qui intéressent au plus au point Ismaïl Omar Guelleh et le clan au pouvoir, ces quartiers populaires doivent être restructurés, donc d'évidence vidés de leurs habitants. Habitants que l'on repousse en dehors de la capitale afin de ne pas voir la misère.

 

 

 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

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