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Dernière modification : le 27.11.2005 (GMT+1 / Bruxelles)

 

 

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D 489 - 26/12/05 - Djibouti - Bonne année 2006 à tous !.

Aux élèves, aux parents qui soutiennent, ouvertement ou secrètement notre cause, aux collègues, à tous les vrais amis de l'école de la République ; celle de l'égalité des Droits et des Chances pour TOUS les enfants.


Mme Aïcha Warsama Aïdid M Ahmed Abdi

 

Pour reprendre une image bien connue, " de l'eau a coulé sous les ponts " au cours de l'année 2005 dans notre pays, mais cette eau avait souvent la couleur et l'odeur de l'insipide.

Année des espoirs déçus avec une nouvelle autoproclamation d'Ismaïl Omar Guelleh à la tête d'un Etat de toutes les mascarades et des falsifications les plus honteuses. Un pays dit du bout du monde, oublié là bas et qui d'Etat n'a que le nom mais point l'effectivité tant la déliquescence est grande et gagne tous les niveaux de notre société.

Une année sans pour cela noter l'amélioration - entre autres et loin de là - des conditions de travail et de vie de nos enseignants.

 

C'est un frère, c'est une soeur qui vous parlent.

Un frère, une soeur bien vivants, amoureux, comme vous, de leur métier si difficile ; un frère, une sœur faits d'inquiétudes et de joies, des amis, des témoins, des proches.

Et cette voix qui vous parle, vous dit : " Ami/amie, fais ton travail comme tu sais que tu peux le faire, comme tu sais que tu dois le faire, TOI.

N'écoute pas les petits ou le grand tyran qui te diront comment tu dois enseigner. Tu sais, ces gens qui ont oublié d'où ils viennent, ce qu'ils sont et qui ont pourtant un peu peur des enfants ; un peu peur de ces enfants qui ont soif et faim d'apprendre autre chose.

Ces doctes messieurs qui disent penser tout le temps à nos élèves et à leurs parents, penser à leur bien mais qui sacrifient quasiment toutes nos écoles et les enfants de la république au profit de quelques rares écoles dans la capitale et au seul bénéfice de leurs propres enfants qui les fréquentent....".

 


Ces supposés grands spécialistes de l'éducation (dans un ministère peuplé de fantômes à haut niveau de responsabilités ), qui s'autoproclament trop souvent et qui pourtant fuient les classes, préférant l'art si peu subtil du discours pompeux et de l'inaction falsificatrice de toutes les vérités. Hommes et femmes accoutumés à l'absence de grands risques, notamment celui d'aller poser "la bonne question" aux maîtres du pays. Ou encore ces " assis " de l'enseignement, qu'il ne faut pas faire lever de leur chaire si haute, de crainte des plus horribles naufrages…

Caricature ? Presque pas…car les réalités dépassent parfois et de loin la fiction la plus extrême ; tant sont grandes certaines incompétences cautionnées par "esprit de famille"...

C'est toi, professeur des écoles, de collège ou de lycée, qui accomplis, jour après jour, la tâche épineuse et presque impossible qui est la tienne actuellement et dans telles conditions désastreuses d'exercice.

N'écoute pas les donneurs de leçon, éconduis-les poliment et remets-t'en à ta conscience, c'est à dire aussi à l'autorité légitime des maîtres compétents qui formèrent l'intelligence et la sensibilité du maître que tu es toi-même devenu.

Ces aînés que tu respectes avec lesquels tu formes une chaîne solidaire. Le sel de l'école, si tu préfères. Quant aux pontifes du pouvoir d'Ismaïl Omar Guelleh qui jacassent et s'étalent devant le pouvoir du Palais de l'Escale, paye-les de mots, s'il le faut vraiment, mais n'en fais finalement qu'à ta tête…et selon TA conscience.

Esprit de résistance, passive ou active, esprit d'insolence, esprit de rébellion. Un vent de fronde qui souffle depuis des années dans nos cours d'écoles. Esprit d'insubordination. Refus des normalisations arbitraires à la " Ismaïl Omar " et parfois imbéciles ou criminelles, tout cela au nom, bien entendu, d'une certaine idée de l'enseignement.

L'école est une chose trop sérieuse pour qu'on la confie aux " cloportes " du pouvoir actuel ou encore, comme on dit de nos jours, aux " experts ". L'école est une idée trop belle pour qu'on ne la confie pas à ceux qui humblement la font vivre, tous les jours… Ceux qui font passer l'intérêt de leurs élèves avant le "prétentieux verbiage politique " et fallacieux des " vendeurs de vent " ; ceux qui savent que " tout cela n'est qu'une mode du moment " dont le but est d'obtenir des aides internationales afin de les détourner.

Hypocrisie de l'institution actuelle, " les errements bureaucratiques et mortifères " - qui sont à l'œuvre dans notre Education Nationale - reposent sur une liquidation sans états d'âme d'un certain humanisme de l'enseignement…Déconnectée de toute visée de civilisation ou d'humanisme, la récession intellectuelle imposée par la pensée unique d'Ismaïl Omar Guelleh et de ses "serviteurs" n'a plus d'autre justification que sa propre inaction et l'esprit de fatalité qu'elle impose.

L'Enseignement délivré à nos enfants n'est pas un état à subir avec la déconstruction des méthodes pédagogiques et celle des enseignants C'est une dignité à conquérir. C'est ainsi que l'enseignant/enseignante généreux/se invente même des raisons de donner sans attendre, de transmettre son savoir.

Le fait est que de plus en plus de nos collègues à Djibouti, par la quasi absence des moyens mis à leur disposition, expriment ouvertement un refus des diktats, d'où qu'ils viennent. L'esprit de résistance, venu de fort loin, se transforme et se durcit à mesure que se précisent les mobiles peu avouables des " falsificateurs " du pouvoir d'aujourd'hui qui ont programmé la destruction d'une certaine école ; l'école des classes moyennes et celle des pauvres en commençant par les quartiers les plus déshérités de la capitale.

Et cet esprit de résistance est à présent un esprit de combat pour nombre d'entre-nous alors que ces derniers temps voient beaucoup de ralliements à notre cause : le vent tournerait-il ? Nous en sentons les prémices… Un certain pharisaïsme de l'enseignement, tout occupé d'ostentation, de simagrées et de protocoles vides, des détournements des enveloppes budgétaires s'en inquiète grandement : son heure est passée.

 

Agissons, donc ! Au delà de l'enseignement, c'est l'école tout entière qu'il faut aujourd'hui libérer par le moyen de notre volonté obstinée et de notre insoumission, justement.

Insoumission aux mauvais exemples et habitudes du pouvoir de l'argent - par l'argent, pour l'argent - , celui de toutes les corruptions, y compris de l'âme humaine ;

insoumission au changement sans changement profond. Tromperie de façade et qui tourne en rond, à la réformite brouillonne et fallacieuse ;

insoumission au mercantilisme et au consumérisme ;

insoumission à la tyrannie du présent permanent et des médias locaux à la solde du pouvoir ;

insoumission à la non culture qui s'infiltre sournoisement à l'école ;

insoumission à l'idéologie de la médiocrité et à la résignation, à la spirale du " toujours moins " ;

insoumission à la crise sociale, économique et politique ; et à toutes les fatalités fabriquées.

C'est beaucoup d'insoumission il est vrai. Mais la littérature elle même, n'enseigne-t-elle pas la Liberté ?.

La terre de Djibouti n'est pas une colonie pénitentiaire où nous aurions à subir une peine pour des crimes commis par les gouvernants du pays. Ceux qui cherchent à dénaturer radicalement la mission de l'école, à rabaisser ses ambitions au nom du l'immobilisme, ces gens-là nous trouveront toujours sur leur route.

Alors une Réforme s'impose ?

Oui, celle qui réinstituera une école digne de ce nom, qui ne soit plus la servante et l'otage humiliée des sectes tyranniques et mafieuses au pouvoir, des idéologues dogmatiques de la pensée unique ou de tous les calculs du cynisme politique.

Une école de la Connaissance et de la transmission des savoirs ;

une école de l'esprit critique mais aussi celle du sens civique ;

une école des intelligences et des talents qui redonnerait, entre autres, une place cardinale aux humanités.

Une école neuve, en somme.

 

Bonne année 2006 à tous !

Bonne année aux élèves, aux parents qui soutiennent, ouvertement ou secrètement notre cause, aux collègues, à tous les vrais amis de l'école de la République ; celle de l'égalité des Droits et des Chances pour TOUS les enfants.

 

 

 

Secrétariat général du Gouvernement en Exil de Djibouti.

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