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Dernière modification : le 01.07.2006 (GMT+1 / Bruxelles)

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03/10/06 Hier, 2 octobre 2006, toute la presse française a confirmé l'information que nous avions donnée en avant-première, dès dimanche. Copie d'une dépêche AFP

Nouvel épisode de l'affaire Borrel avec deux mandats d'arrêt à Djibouti

PARIS (AFP) - lundi 02 octobre 2006 - 10h40 - Onze ans après l'assassinat du juge Bernard Borrel à Djibouti, la justice française a délivré deux premiers mandats d'arrêt contre deux hautes personnalités djiboutiennes, dont l'une a déjà prévenu qu'elle ne s'y plierait pas.

La cour d'appel de Versailles a ordonné la diffusion de mandats d'arrêt contre le procureur de la République et le chef des services secrets de Djibouti pour une éventuelle "subornation de témoins" dans l'enquête sur cet assassinat, a-t-on appris dimanche de source judiciaire.

Le parquet général dispose de cinq jours pour se pourvoir en cassation contre cet arrêt, rendu mercredi, à l'encontre du procureur, Djama Souleiman, et du chef des services secrets, Hassan Saïd.

"Djibouti ne se pliera jamais au bon vouloir de la justice française", a toutefois prévenu lundi M. Saïd, estimant qu'il s'agissait d'une "nouvelle tentative politico-médiatique orchestrée par la veuve Borrel et son lobby".

Ce sont les premiers mandats d'arrêt depuis la , le 19 octobre 1995, du corps à demi calciné du juge Borrel, vêtu d'un slip et d'un tee-shirt, au bas d'une falaise à 80 km de Djibouti, où se trouve la plus grande base militaire française à l'étranger.

Parallèlement, la juge d'instruction parisienne Sophie Clément, a transmis jeudi au procureur de la République une demande de réquisition concernant la délivrance de deux autres mandats d'arrêt visant les principaux suspects de l'assassinat, Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani.

"La justice passe maintenant à la vitesse supérieure. Les magistrats montrent qu'ils n'ont pas peur de rechercher la vérité, quitte à déplaire aux autorités politiques françaises et djiboutiennes", s'est félicité Me Olivier Morice, l'un des deux avocats, avec Laurent de Caunes, de la famille Borrel.

Au centre des deux procédures, menées à Paris et Versailles, se trouve le témoignage d'un ancien officier de la garde présidentielle de Djibouti, Mohammed Saleh Aloumekani.

Il a affirmé devant la juge Clément avoir surpris le 19 octobre 1995, jour ou lendemain de l'assassinat du juge, dans le jardin du palais présidentiel de Djibouti une conversation entre six hommes, dont l'actuel président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président Gouled Aptidon, Hassan Said, chef des services de sécurité et les deux suspects Awalleh Guelleh et Hamouda Hassan Adouani.

Selon ses déclarations, les interlocuteurs d'Ismaël Omar Guelleh seraient venus lui rendre compte de "l'élimination du juge fouineur" et de la disparition des traces du crime.

Le procureur de Djibouti est soupçonné d'avoir tenté de faire pression sur M. Aloumekani pour qu'il revienne sur son témoignage et le chef des services secret d'être intervenu pour que le capitaine Iftin, chef de la garde présidentielle de Djibouti en 1995, rédige une attestation discréditant le témoin.

Appelés à s'expliquer le 13 octobre 2005 devant la justice française, les deux hommes n'ont pas venus. Les avocats de la partie civile ont alors demandé la délivrance de mandats d'arrêt. Le président de la chambre de l'instruction Didier Guérin vient de leur donner raison estimant que leur comparution était "indispensable à la manifestation de la vérité".

Sur le short du magistrat, ont été retrouvés des empreintes génétiques qui pourraient appartenir à ses assassins et le juge Clément souhaite les comparer à celles Awalleh Guelleh et d'Hamouda Hassan Adouani, mais les deux hommes sont en fuite.

Le premier a été condamné à perpétuité par contumace en France pour son implication dans l'attentat du Café de Paris en 1990 à Djibouti (un mort, 11 blessés). Il s'est évadé en 1997.

Le second, condamné à mort pour sa participation à un attentat contre le bar "l'Historil" en mars 1987 (douze morts), a été grâcié en juillet 2000 par l'actuel président djiboutien Ismaël Omar Guelleh.

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