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« La guerre n'est pas une aventure. La guerre est une maladie, comme le typhus ! ».
Antoine de Saint Exupéry

NDLR : Pour une meilleure compréhension, les textes qui paraissent dans cette rubrique peuvent être remis en forme tout en conservant leur esprit
F 1000 - 23/07/08
Les Djiboutiens et les Djiboutiennes se révoltent !
Moussa Olhayeh Guelleh

Amina B
Raz-le-bol de la corruption, du népotisme, de l’anarchie, du clientélisme et des détournements financiers à outrance et tous les maux dont Ismaël Omar nous a gratifiés.
J’ai 23 ans et comme de nombreux jeunes diplômés Djiboutiens nous sommes chaque jour les victimes du chômage car nous n’aurions pas pris le "bon réseau". En fait, on nous a envoyé sur des voies de garage par ce que nous n'appartenons pas à la bonne famille.
Merci IOG pour toutes les formes de corruptions que tu nous a permis de connaitre.
L’heure est venue pour nous de te dire OUSTE DIBIRO !!!
Mohamed D
Le mal qui ronge Djibouti est le même que celui qui mine les fondations de pays africains tout proches: la mauvaise gouvernance avec, en tête, la corruption instaurée en règle absolue de tous les pouvoirs détenus par des tyrans qui spolient, à longueur d'années, des peuples dont la souffrance est le lot quotidien. Le pays s’endette de plus en plus et à fonds perdus. Les participations financières des USA et de la France pour la location de terrains qu’ils occupent sont énormes mais RIEN n’a changé. L'argent de Doraleh part dans les poches de quelques uns !
Si nous ne voulons pas une démocratie à l'européenne, nous voulons un Etat qui rétrocède les aides internationales à nos populations ; un Etat qui progresse vers la démocratie.

Bouh M
Il faut que le président Omar Guelleh s’en aille, il n'a plus l'âge de changer les choses comme il l’avait promis en 1999.
C'est un mauvais père, j'appelle tous les Djiboutiens et les Djiboutiennes à dire non à un redémarrage du conflit avec l’Erythrée.
Les jeunes de mon âge sont engagés de force pour faire la guerre dans le nord du pays. Même s'il faut qu’on connaisse une guerre nous sommes prêts, mais ce sera une guerre contre Guelleh ; on ne peut pas faire les omelettes sans casser les oeufs.
Je refuse d’être engagé de force mais sachez que si quelque chose m'arrive, c'est le président Guelleh qui est le responsable.
Safouane C
L’Etat djiboutien actuel a vendu son âme au diable.
Long et semé d'embûches sera le chemin de sa rédemption. Au lieu de parler de guerre contre l’Erythrée durant des semaines, de haïr et de conspuer l'opposition, et de faire de Djibouti une prostituée qui ne fait que changer de maquereau et se donner au(x) plus offrant(s); ce qu’il reste d’Etat devrait commencer par laver son linge sale au lieu de virer des hauts fonctionnaires qui ne font pas partie de la famille Guelleh.
IOG doit
balayer devant sa porte. Sinon, c'est bien un divorce national qui causera sa perte.
Houmed G
Autant j'aime défendre à l'écrit et oralement mes convictions avec force arguments, autant je m'enferme dans un mutisme qui en dit long sur mon ennui et ma résignation quand le thème « Djibouti » est abordé.
Mon père (AMIN) me disait combien il était fier en 1977 de monter sur la tribune de la liberté et clamer notre indépendance après avoir combattu pour notre indépendance.
Aujourd'hui, je regarde mes interlocuteurs, ici au Québec, et fais mine de les écouter pour ne pas paraître incorrect.
Les débats sur Djibouti finissent presque toujours en combats de coqs et me font penser tout bas que nous autres Djiboutiens ne sommes pas sortis de l'auberge !
Notes de la rédaction
Nous avons du mal à retrouver la promesse d'un Djibouti souverain et unifié, d'un Djibouti tel que l'avait décrit le président Hassan Gouled Aptidon.
D'ailleurs a-t-il jamais existé ? On serait tenté de le croire.
Où et comment exprimer désormais son patriotisme, sa djiboutianité, ses rêves démocratiques et d'égalité des chances pour tous et pour toutes sans être catalogué, sans se déchirer et sans se voir appréhender pour être incarcéré à Gabode sous l'inculpation « d'atteinte à la sureté de l'Etat ».
Le champ de bataille qu’est devenu Ras Doumeïra, avec ses centaines de morts et de blessés, n’a fait que confirmer ce que pouvait être la lâcheté et la folie d’un gouvernement des médiocres et des ignorants.
La victoire de laquelle ose se réclamer Ismaël Omar Guelleh n’est jamais que l’illusion de sa mégalomanie ; et son désir de revanche n'est que l'expression de sa sottise paranoïaque.
Phénomène gravissime confirmant d'évidence que SA guerre ne fait que commencer, les tentatives d’incorporation par la force des jeunes, à partir de 16 ans, se multiplient dans la capitale mais soulèvent bien des réactions de rejet au sein de la jeunesse locale comme étrangère mais aussi chez les militaires en retraite que le gouvernement a rappelé pour être envoyés au front.
Les intentions du gouvernement Guelleh restent confuses. D'un côté il annonce qu'il met tout en oeuvre pour la résolution pacifique du conflit, et de l'autre il continue d'enrôler des jeunes à peine sortis de l'enfance pour aller se battre contre l'Erythrée.
En matière de volonté de mettre fin à cette guerre absurde et qui a déjà fait trop de victimes, qui dit vrai, qui dit faux ? Difficile de répondre à cette question avec exactitude d'autant plus que les communiqués et interviews accordés sur différents médias par les deux camps – djiboutiens et érythréens - sont toujours contradictoires.
Cette guerre inutile a déjà fait perdre à Djibouti des centaines de millions de FD, et surtout elle a sacrofié sans raison des valeureux fils de la nation avec en prime des veuves et des orphelins qui, sans soutien et sans éducation, seront dès demain livrés à eux-mêmes.
Dans cette guerre, opposant les ressortissants d'une seule grande région, des centaines de jeunes gens inexpérimentés et enrôlés à tour de bras, sans quasiment être formés, sont continuellement expédiés au front pour servir de chair à canons. L'expédition de ces jeunes est aussi liée, pour partie, au refus des anciens militaires de se battre inutilement dans une guerre sans issue si ce n’est la mort des deux côtés.
Pourquoi les « vieux soldats de la République » iraient-ils sacrifier leur vie et remplir nos cimetières sous les pleurs des veuves et des orphelins alors que ceux qui entretiennent une logique de guerre de l'impossible, leurs enfants, leurs neveux ... et leurs amis, restent tous « à l'abri de la bataille » ?
Si reprise du conflit il y avait, comme tout le laisse présager, non aguerris en matière de combat des centaines de ces jeunes gens partiraient pour mourir sur le champ de bataille ou seraient blessés, peut être handicapés à vie pour une guerre dont ils ignorent jusqu’aujourd'hui les véritables raisons ; car là encore on leur ment.
Ces dernières semaines et en quelques 48 heures, on a compté par centaines le nombre de blessés évacués vers les différents hôpitaux de la capitale notamment vers l'hôpital Pelletier ou encore l'hôpital Bouffard.
Dans le regard de ces blessés, qui avaient eu la chance d’en réchapper, on pouvait y lire une profonde lassitude se mêlant à une immense déception, une fatigue de s’être battus contre des Erythréens mieux équipés et plus de 10 fois plus nombreux ; un harassement pour cette guerre qui n'a que trop duré et sur laquelle on leur avait menti dès le départ.
Blessé grièvement aux jambes Abdillahi Boulhan, interrogé sur son lit d’hôpital grâce à MD (qu'il en soit remercié), n’a pas hésité à déclarer :
« On nous a envoyé au massacre en chantant. C’est une guerre sans issue qui profite à un groupuscule qui s'obstine à ne pas abandonner le pouvoir et qui continue à vivre dans l'opulence en méprisant les autres et en mentant effrontément.
Une fois guéri, je me débarrasserai de ce treillis pour m’expatrier car cette guerre là est atroce, ce pays est devenu invivable pour les véritables Djiboutiens.
Combien de jeunes gens comme moi sont tombés sur le champ de bataille.Certains étaient originaires de Somalie.
Ils sont très nombreux à mourir pour protéger le fauteuil doré d'un seul homme qui aujourd'hui tient à son pouvoir et veut mourir au pouvoir.
Il faut arrêter cette guerre qui engloutit des milliards au lieu de les utiliser pour le développement du pays … »
Moussa Olhayeh G