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F 601 - 19/12/06.
Djibouti
- La revendication de dignité et d'égalité,
de laquelle se réclame ouvertement la véritable opposition, est
réprimée avec d'autant plus de zèle et d'autant moins de
scrupules qu'elle menace, plus que jamais, la survie d'Ismaïl Omar Guelleh
et de son système politico mafieux.
Africanman
La
" clef de voûte " du système Guelleh réside dans
la division de la nation en trois sous-ensembles :
-
l'un, qui se réduit à quelques dizaines de familles et
" nouveaux riches " de la république bananière, auquel
IOG reconnaît une autonomie partielle parce qu'il présume de sa "
capacité de corruption, de domination et de sa faculté à
contraindre les populations " ;
-
le second, constitué par ceux et celles et à partir du seul
critère de soumission inconditionnelle à IOG et dont il achète
les consciences, quitte à créer de " faux opposants "
qu'il manipule ;
-
le troisième, toujours suspect de ce qu'il définit comme étant
..des déviances effectives ou potentielles, qu'il s'agit d'écarter
de toute responsabilité politique pour préserver le premier.
En
somme et si l'on se résume, la culture des Djiboutiens et des Djiboutiennes
est considérée par IOG et ses caciques comme " impuissante
à élever les individus à la déviance morale "
nécessaire à l'exercice de la citoyenneté ; citoyenneté
telle que lui la définit. C'est ainsi qu'à partir de ce principe
on assiste à une lente " destruction des fondements de la société
djiboutienne ". En effet, plus que jamais, un membre de la nation ne
se voit pas accorder des droits inviolables à partir de ses droits fondamentaux,
de ses compétences, de " l'évidence de son humanité
", à partir de sa naissance (dans le sens où " tous les
hommes et toutes les femmes naissent libres et égaux en droits "),
mais à partir de sa " conformité morale " par rapport
à sa soumission au régime de toutes les corruptions et de la tyrannie
instauré par Ismaïl Omar.
La
revendication de dignité et d'égalité, de laquelle nous nous
réclamons, est réprimée avec d'autant plus de zèle
et d'autant moins de scrupules par la Police politique (SDS) qu'elle menace, plus
que jamais, la survie d'Ismaïl Omar Guelleh et de son système. Survie
d'un système corrompu et suspendue à cette hiérarchisation
stricte entre trois catégories de citoyens - il s'agit en somme, de "
défendre les droits de la tyrannie et de ses suppôts " et de
reléguer l'immense majorité des populations djiboutiennes au rang
" de sous race prise en otage".
Force
est de constater que les fictions créées et entretenues par l'Etat
bananier d'IOG, comme celle d'une " opposition irresponsable et rebelle à
toute vie en société " sont de moins en moins prises pour argent
comptant par les grands pays occidentaux car confondues par la réalité.
Que les soutiens militaires occidentaux lui soient retirés et le "château
de cartes" d'Ismaïl Omar Guelleh s'effrondrerait en quelques jours.
Les
mascarades ne sont pas l'apanage d'Ismail Omar. Certains faux opposants, sans
courage et grassement financés, sont " aux ordres " de la tyrannie
qui les a pris en otages.
On
voit apparaître clairement aujourd'hui comment une fausse opposition s'est
couchée devant Ismaïl Omar Guelleh. Elle s'est couchée ? Certes
mais pas gratuitement car elle se vautre dans de petits profits en échange
de son quasi silence. Cette opposition là s'est fourvoyée et se
fourvoie encore en débattant à n'en plus finir de questions qui
n'en étaient pas et n'en sont toujours pas, en négligeant la question
politique " de l'égalité et
de l'union face à la tyrannie " ; la seule qui vaille.
Bon
nombre d'anciens et les jeunes générations de Djiboutiens et de
Djiboutiennes qui ont choisi l'exil ou vivant à Djibouti, se sentent étouffer
de rage devant la surdité chronique voire l'animosité de certains
leaders de partis politiques qui osent se prétendre être " opposants
à Ismaïl Omar Guelleh " mais qui se limitent à quelques
prudentes gesticulations ; gesticulations contrôlées par la Police
politique des SDS, à Djibouti comme dans les grands pays occidentaux.
L'opposition
qui sert de décor au système d'Ismaïl Omar Guelleh, et contrairement
à tout le baratin politique construit de toute pièce, est constituée
de deux ailes. Une vraie et une fausse opposition de décor.
La
fausse opposition est celle que représentent quelques exilés qui
perçoivent à date fixe leur " denier de Judas " en allant
mendier, argent et khât, auprès des Ambassades de Djibouti à
l'étranger et qui, de surcroît, bénéficient parallèlement
des aides et allocations au titre de " Réfugié politique ".
Cette
opposition là condamne les Djiboutiens et les Djiboutiennes à se
leurrer des décennies et des décennies dans le labyrinthe des communiqués,
des protestations occasionnelles et périodiques où la fidélité
aux principes de la démocratie et où le discours clair n'ont plus
de place alors que les mots n'ont plus de sens. La consommation démesurée
de ces termes a fini par les ridiculiser.
La
véritable opposition est, quant à elle, celle qui a le courage de
dénoncer clairement toutes les perversités du régime Guelleh.
Elle se présente en tant qu'alternative au pouvoir, bouge et " fait
bouger la rue " alors qu'elle ne s'inscrit pas dans la logique même
du système, et c'est ce qui fait sa " force " et représente
le seul danger pour IOG.
Elle
est celle qui met tout en uvre pour un rassemblement efficace de la résistance,
notamment autour du boycott de la mascarade des élections car l'enjeu n'était
pas de participer à un crime en le dénonçant mais de boycotter
le piège, en se démarquant.
L'âme
s'avilit lorsqu'elle tente de pactiser avec le tyran et devient vite son serviteur
".
La
vie d'Ismaïl Omar Guelleh n'est qu'une grandiose mascarade, une fraude permanente
et il " sait que tout le monde sait, y compris dans le monde occidental "
?
Il
s'en fout carrément ; il n'a ni morale, ni dignité, ni pudeur. Le
délégitimer c'est refuser ouvertement de jouer son jeu.
Ce
que l'opposition ne doit pas faire c'est de conforter le tyran dans son rôle
et de se présenter en tant qu'acteur dans cette mascarade. Et
quelles que soient les bonnes intentions, qui d'ailleurs restent à démontrer
et à vérifier, cela ne changerait rien à la nature du service
rendu à la tyrannie sanguinaire.







