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F 605 - 23/12/06

 

Message de voeux adressé à toutes les communautés

 

A l'heure où toutes les communautés chrétiennes de ce monde s'apprêtent à fêter la naissance de Jésus, à des dates parfois différentes, il me paraît important de rappeler que quelle que soit notre religion d'appartenance, c'est toujours ainsi que la vie commence : par la famille et l'enfant qui naît.

L'enfant est la fragilité même et en même temps c'est la puissance suprême, car il porte en lui toute la force de l'avenir, tout ce qui est à venir. Qu'il soit djiboutien où ne le soit pas, l'enfant n'a aucun pouvoir, mais il est pourtant la clé de voûte du monde à venir ; et ce monde là nous devons le lui préparer.

Un enfant n'est pas une oeuvre achevée, c'est une promesse à réaliser.

En cette circonstance solennelle et au nom des communautés djiboutiennes,de l'opposition politique et des membres du Gouvernement en Exil de Djibouti j'adresse à tous nos frères et à toutes nos soeurs chrétiens mes voeux de bonnes fêtes de fin d'année.

 

C'est pour moi aussi l'opportunité de m'acquitter d'un devoir de mémoire, en ayant une pensée et en rendant un solennel et vibrant hommage à tous nos dignes et valeureux aînés qui ne seront pas avec nous en cette fin d'année 2006 pour faire prévaloir ensemble la dignité de la terre sacrée de nos ancêtres, issus des régions de la Corne Est de l'Afrique et du Yémen, et œuvrer ensemble à son avènement dans le concert des Nations libres du monde.

Ma pensée va vers toutes les familles djiboutiennes qui vivent à Djibouti les pires moments de l'après indépendance et qui souffrent ou qui, comme nous, furent et sont contraintes à un exil forcé sur une terre qui n'est pas la nôtre, aussi accueillante et libre pourrait-elle être.

Une pensée aussi pour tous les détenus politiques, militaires et civils, qui passeront ces fêtes de fin d'année du calendrier chrétien, loin de leurs proches et dont le seul crime fut et reste de s'opposer à la tyrannie la plus abjecte qu'il soit.

Mon vœu le plus cher est que ces hommes et ces femmes continuent d'être, pour les générations présentes, montantes et futures, un exemple à suivre et la source intarissable d'inspirations fécondes et constructives pour la poursuite de l'œuvre d'édification d'une nouvelle République de Djibouti. Une République dans laquelle le droit de chacun et de chacune ne serait pas un vain mot, respectant les pluralismes tant politiques que religieux ; une république moderne et prospère.

Djibouti, notre pays, notre terre méritent notre passion.

Aimer Djibouti, c'est s'investir totalement dans le changement qui se dessine, dans son développement et dans son bien-être. Aimer Djibouti, c'est non seulement se préoccuper du sort de sa mère, de son père, de son frère, de ses enfants et de son épouse mais aussi du sort de tous ses compatriotes, hommes et femmes, quelque soit leur origine ethnique et leur niveau social.

Je tiens à saisir l'occasion qui m'est offerte pour remercier tout particulièrement ceux et celles parmi la communauté française qui, vivant sur notre sol national, se sont efforcés tout au long de cette année de maintenir de bonnes relations de cordialité avec les populations de notre pays ; en ne répondant pas aux incitations, aux provocations xénophobes d'un pouvoir égaré dans une affaire indigne qu'il a générée mais dont il ne veut pas assumer les responsabilités en cherchant des exutoires.

Je remercie aussi, ceux et celles qui parmi les communautés étrangères se sont efforcés, dans la mesure de leurs moyens et avec humanité, d'aider la pauvreté dans notre pays tout en respectant nos valeurs religieuses.

Djibouti, notre pays, notre terre et ses populations méritaient que le monde occidental répondent à ses attentes profondes de changement ou, pour le moins, qu'il mette au pied du mur la tyrannie exercée par le régime politique d'Ismaïl Omar Guelleh.

L'occasion de la nouvelle année 2007 devrait ainsi être pour toute la nation djiboutienne une occasion de grandes réjouissances, où les Djiboutiens et les Djiboutiennes seraient unis dans la prospérité, se donneraient la main pour fêter ensemble leur destinée commune.

Il se trouve malheureusement qu'une caste d'irresponsables et d'opportunistes, dirigés par Ismaïl Omar Guelleh, a décidé de prendre en otage notre pays et ses populations.

Il est devenu coutumier pour Ismaïl Omar Guelleh et ses serviteurs constitués de pilleurs de la république et de ses fonds publics, de tenter de vendre à chaque nouvel an aux Djiboutiens, aux Djiboutiennes et à l'opinion publique internationale les bienfaits d'une supposée paix et du parait-il progrès.

Pour la tyrannie et selon son concept, la paix et le progrès sont devenus au fil des ans des mots vides de sens dont Ismaïl Omar Guelleh se sert dans tous ses discours outranciers car mensongers alors que les réalités sont hélas bien différentes.

- Les centaines de milliers de familles et d'enfants djiboutiens qui sont confrontés aux pires difficultés et qui, pour certains, meurent de malnutrition dans notre pays chaque année, se nourrissent-ils de la paix et du progrès version Ismaïl Omar Guelleh ?

- Les Djiboutiens et les Djiboutiennes qui subissent les conséquences désastreuses du SIDA et de bien d'autres maladies dans un pays sans réelle politique de santé publique comme le nôtre, se soignent-ils avec la paix et le progrès version Ismaïl Omar Guelleh?

- Les 95% des Djiboutiens et des Djiboutiennes qui, près de 8 ans après l'autoproclamation de la tyrannie au pouvoir, végètent dans la pauvreté voire pour 60 % dans une misère indescriptible se nourrissent-ils de la paix et du progrès version Ismaïl Omar Guelleh ?

- Que valent la paix et le progrès version Ismaïl Omar Guelleh lorsque l'on on a le ventre vide, quand on est sans travail, que l'on a pas les moyens financiers de soigner ses enfants et soi même, sans médicaments, et pour ceux qui survivent car oubliés en nos régions de l'intérieur sans moyens de communication, sans école et sans avenir, justement parce qu'Ismaïl Omar Guelleh et ses complices détournent les aides internationales et les fonds publics qui auraient dû servir à améliorer la vie des populations, de toutes les populations sans exception aucune ?

C'est à nous, Djiboutiens et Djiboutiennes, par l'union de l'opposition de mettre un terme à ce régime agonisant d'Ismaïl Omar Guelleh qui met en péril la Nation toute entière. C'est un leurre que de penser que c'est à la communauté internationale de venir nous délivrer du joug de la tyrannie et de résoudre nos problèmes.

Djibouti est au bord d'une guerre civile que nous pouvons éviter en faisant pour une fois preuve de courage et de sens des responsabilités qui nous incombent.
A chacun de méditer cela et de prendre ses responsabilités !

Nous avons la triste habitude d'être " l'école de la patience ", des palabres incessantes et de nous adapter aux problèmes au lieu de les résoudre. Situation idyllique pour Ismaïl Omar Guelleh et sa cohorte.

La solution, pour gagner la paix, s'ouvrir à la démocratie et amorcer le développement de notre pays n'est donc pas de laisser un Ismaïl Omar Guelleh, touché par une grave maladie, mourir au pouvoir. La solution, c'est son départ immédiat en démontrant aux instances internationales notre capacité d'union s'appuyant sur un projet cohérent pour une nouvelle République de Djibouti.

Devant la Nation en péril, la Nation déchirée et meurtrie, la Nation objet et victime de toutes sortes de convoitises et de misères :

- j'en appelle à l'union de tous ses fils et de toutes ses filles, quels qu'ils soient et où qu'ils se trouvent ;

- j'en appelle aux Forces Armées, à la Gendarmerie Nationale, à la Police Nationale, aux fonctionnaires et à toutes les forces vives pour mettre un terme au régime honni d'Ismaïl Omar Guelleh et pour que soit défendu, si cela devait s'avérer nécessaire, le territoire national dans ses frontières actuelles ;

- j'en appelle également aux étrangers qui ont choisi de nous soutenir, à participer à l'édification d'une nouvelle République de Djibouti, paisible, unie et prospère, et dans la réconciliation de tous.

La sagesse nous dicte aujourd'hui le réalisme. L'heure n'est pas au populisme, à la démagogie et aux promesses sans lendemain.

Notre devoir à tous est de préparer la Nation djiboutienne à relever les défis du présent et de préparer l'avenir. Car nous devons vaincre la pauvreté, la maladie et l'ignorance, l'exclusion ; tout reste à faire !

 

 

Au nom de toutes les populations djiboutiennes, de l'opposition et des membres du Gouvernement en Exil de Djibouti, je présente à toutes les communautés étrangères vivant sur notre sol national ainsi qu'à celles qui nous accueillent dans notre exil forcé, mes meilleurs voeux pour l'année 2007.

En cette circonstance solennelle, j'adresse toute ma considération et mes souhaits de bonnes fêtes de fin d'année à Madame Elisabeth Borrel, à sa famille, à ses enfants. Je formule le souhait profond que vérité et justice soient faites pour rétablir enfin chacun dans ses droits, pour l'honneur de la Justice et celle d'un homme intègre.

Que celle-ci soit l'année des réussites, l'année des défis, l'année des révélations, l'année du rétablissement de toutes les Justices.

 

Qu'Allah protège Djibouti, nos frères et nos soeurs.

 

 

M Mahamoud IDRISS AHMED
président du Gouvernement en Exil de Djibouti

 


 

 

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