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F
606 - 24/12/06
Note
de la Rédaction
Parmi
tous les voeux qui ont été adressés aux membres du Gouvernement
en Exil, aux responsables des diverses Commissions, à l'opposition ainsi
qu'aux populations djiboutiennes, nous avons retenu ceux formulés par le
jeune Sénateur belge Jean Cornil qui mène, depuis des années,
avec abnégation un combat, entre autres, pour plus d'humanité en
ce monde. Il adresse à chacun et chacune un message qui est, sur le fond,
porteur d'espoirs.

Voeux
de lucidité et d'espérance... pour réenchanter le monde !
Pour
chacune et chacun, une année de bonheur, de félicité, de
sérénité et de
lucidité qui renoue avec l'essentiel,
le plaisir d'être avec les siens,
l'engouement pour des idées,
l'émotion devant la beauté d'un visage, d'une
mélodie,
d'un poème ou du ciel, la conviction, l'empathie et l'engagement
face
à la souffrance, la main tendue vers tous ceux qui sombrent et qui
néanmoins
espèrent, le combat pour un peu plus d'humanité sur une planète
qui
en compte de moins en moins...
Une
année, pour devenir ce que l'on est, comme l'exprime Pindare, pour
tendre
vers une forme d'absolu, vers l'être plutôt que le paraître,
pour
refuser la colonisation de notre imaginaire par les techno-sciences et
le
turbo-capitalisme, pour élargir notre "temps de cerveau disponible"
vers
l'inutile, la flânerie, la sobriété, la simplicité,
l'humilité,...
Quelques
mois, pour arrêter l'insensée accumulation des biens, illusion
suprême
de la satisfaction d'un désir sans cesse plus vorace, pour prôner
une
économie de la modération et de la frugalité, pour interroger
le dogme
de la croissance et de la productivité, pour soulager la terre
de notre
empreinte écologique d'occidental repu, pour assurer les peuples
qui se
meurent de notre profonde solidarité...
Tant
et tant d'heures, pour s'arracher aux racines univoques, aux croyances
qui
enferment, aux communautarismes de granit, aux chimères des honneurs et
du
luxe, pour construire un esprit curieux et ouvert, une vie de rencontres
et
de dialogues, une cosmopolitique de citoyen du monde, loin des lambris
dorés,
des tapis rouges, des salles de Bourse et des limousines, du quartier
de sa
ville à la communauté des peuples...
Pour
une année de conscience socialiste et écologique face à cette
agonie
planétaire que prophétise Edgar Morin dans Terre-Patrie,
où la maîtrise et
la domination de la nature, devenue le seul
sens et le seul projet de notre
modernité, conduit non seulement à
la dégradation tragique de notre
environnement - la nature quitte le
monde comme l'écrivait Alain
Finkielkraut - mais aussi à l'oppression
de l'homme, à la domination de la
femme, et à l'asservissement
des consciences...
Des
jours et des jours pour conquérir un espace de liberté, cette citadelle
intérieure
de l'empereur philosophe Marc-Aurèle, face à la finitude de la
vie
et de la planète, face aux préjugés et aux croyances, aux
existenses-spectacles
et aux motions, au prosaïsme de l'opinion commune et
aux comportements
formatés par l'époque et la mode, face aux convenances des
discours
et aux impératifs péremptoires...
Tant
de poignées de secondes pour repartir vers la courbe et le rêve,
l'utopie
et le réenchantement, vers la cohérence entre le dire et le vivre,
vers
cette fraternité, l'un des plus beaux mots de la langue française,
qui
se doit de briser le cristal des certitudes et dissiper le brouillard de
l'opportunisme
et du superficiel...
Toute
ma fraternité,