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F
607 - 26/12/06
Communiqué

M
Mohamed Saleh Alhoumékani
Chargé des Affaires Étrangères
et
de la Coopération internationale
Chers
Djiboutiens,
Chères Djiboutiennes,
Chers compatriotes,
Le
respect et le développement des droits de l'homme constituent une question
placée au centre de la politique du Gouvernement en Exil de Djibouti qui
s'oppose aux violations graves des droits de l'homme dans notre pays dont les
formes et le nombre sont vertigineux.
Protéger
les hommes et les femmes contre toute atteinte à leurs droits et libertés
fondamentales et créer des conditions stables pour faire reculer l'oppression
et la tyrannie à Djibouti, le règne de l'arbitraire et l'exploitation
éhontée de l'être humain par le régime d'Ismaïl
Omar Guelleh, sont parmi les grandes missions concrètes à laquelle
nous nous attachons depuis bien des années.
Mais
il est un fait que l'on ne peut se limiter à des manifestations publiques
en Europe ou au Canada car la communauté internationale se doit d'être
informée largement de toutes les violations graves, de traiter sur dossier
afin d'entreprendre les démarches nécessaires pour endiguer ce fléau
avec détermination.
C'est
pour cette raison qu'en multipliant nos entretiens avec les diplomaties occidentales
nos efforts furent consacrés, tout particulièrement en cette année
2006, à la reconnaissance dans un premier temps de l'existence d'une véritable
et sincère opposition politique dans notre pays, et en second lieu à
la mise en évidence auprès de nos interlocuteurs étrangers
des souffrances de toutes les populations djiboutiennes, de la reconnaissance
de l'être humain de ses droits qui constituent le fondement de toute communauté
humaine, de la nécessaire paix et de l'indispensable restauration de la
justice non seulement à Djibouti mais aussi dans tous les pays qui composent
la Corne Est de l'Afrique. Ainsi s'est trouvée confirmée la dimension
internationale de cette large mission dans toutes nos démarches.
Lors
de ces divers entretiens obtenus avec les représentants de grandes diplomaties
du monde occidental nous avons eu confirmation que tous ces États avaient
pleinement conscience non seulement de l'ensemble de la situation catastrophique
dans laquelle se débattent les familles djiboutiennes mais aussi que cette
situation est en totale contradiction avec la Constitution nationale, avec les
lois de notre pays et d'autre part avec les grandes conventions de l'ONU en matière
de droits de l'homme et de leurs protocoles additionnels.
Ces
textes, tout comme leurs équivalents aux niveaux français, belge,
allemand et européen en général, créent des engagements
juridiques contraignants pour tous les États contractants alors que le
régime djiboutien actuel les galvaude à outrance après les
avoir signés. Pourtant, tous les États, et y compris Djibouti, sont
tenus de présenter régulièrement à des commissions
d'experts indépendantes des "rapports d'État" justifiant
de la mise en uvre des engagements qu'ils ont pris dans les traités.
Faute de ne pas le faire, à quoi serviraient ces traités ?
Il
paraît nécessaire de rappeler ces positions en fonction desquelles
les gouvernements européens orientent leur politique :
-
La politique en matière de droits de l'homme s'articule autour du souci
de l'être humain. La protection des droits de l'homme ne fait aucune différence
entre européens et non européens, entre majorités et minorités
ethniques.
-
Les droits de l'homme sont indivisibles et il ne faut pas les faire jouer les
uns contre les autres mais tout au contraire les harmoniser. L'objectif de la
politique des grandes démocraties en matière de droits de l'homme
réside dans l'application et la sauvegarde, à l'échelon mondial,
de toute la gamme des droits civils, politiques, économiques, sociaux et
culturels de l'homme comme de la femme.
Dans
ce contexte, il nous a été précisé que les gouvernements
européens prônent également la définition d'une conception
consensuelle du droit au développement.
Nos
interlocuteurs nous ont confirmé que leurs pays respectifs menaient des
actions en faveur de la promotion de la validité universelle des droits
de l'homme, notamment à Djibouti, et combattent ainsi une relativisation
culturelle ou religieuse du concept des droits de l'homme. Parallèlement,
ils dénoncent et font condamner par leur justice toute arrogance envers
d'autres cultures et religions ainsi que les stéréotypes hostiles
notamment à l'égard de l'Islam et des musulmans.
Ceci
est en totale adéquation avec la position prônée depuis des
années par le Gouvernement en Exil de Djibouti en matière de politique
des droits de l'homme qui est, en premier lieu, l'affaire de chacun dans son propre
pays. Ce n'est que sur cette base que la politique internationale que nous menons
en faveur du respect des droits de l'homme peut être crédible.
C'est
pour cette raison, que le Djibouti actuel et a fortiori celui d'un demain proche
devraient, dans de nombreuses conventions internationales qu'il a signées,
se soumettre à des mécanismes de contrôle donnant à
la communauté internationale le droit et la possibilité de surveiller
et de vérifier le respect des droits de l'homme dans notre pays ; ce qui,
soulignons le, est loin d'en être le cas sous le régime politique
de l'arbitraire d'Ismaïl Omar Guelleh.
Les
violations massives des droits de l'homme dans notre pays comme dans certains
pays de la Corne Est de l'Afrique compromettent voire détruisent la stabilité
et la sécurité internationales dans la région. Elles nuisent
à la prospérité de notre pays, à son développement
économique et social en favorisant la cupidité de quelques uns par
l'entremise de tous leurs trafics éhontés.
Dans
un état républicain digne ce nom, s'appuyant sur ses lois et sa
Constitution nationale, la protection et la promotion des droits de l'homme comme
ceux de la femme dégagent des ressources humaines, des énergies
et une certaine créativité et c'est pourquoi elles répondent
aux intérêts politiques de l'État. Elles servent la stabilité,
la paix et le développement du pays.
Lorsqu'il
n'est pas possible d'user d'autres moyens pour protéger les hommes et les
femmes contre les violations de leurs droits et de leurs libertés fondamentales,
comme c'est hélas le cas dans notre pays, le contrôle et la pression
à l'échelle internationale tout comme la critique publique doivent
être employés, sans réserve d'aucune sorte, pour imposer le
respect des droits de l'humain.
C'est
ce que le Gouvernement en Exil de Djibouti s'efforce de faire en dénonçant
ce qui doit l'être, sans concession ni compromission d'aucune sorte, mais
aussi en multipliant les démarches auprès des grandes diplomaties,
notamment occidentales.
D'évidence,
une politique des droits de l'homme et de prévention des conflits basée
sur le dialogue et la coopération reste la pièce maîtresse
de la diplomatie préventive. Le dialogue et la coopération en matière
de politique des droits de l'homme constituent un impératif dicté
par la Charte de l'ONU en son article 56.
Ceci
revient à dire que la politique des droits de l'homme, prônée
par le Gouvernement en Exil de Djibouti est en harmonie avec celle à laquelle
s'attachent l'Union Européenne et l'ONU. C'est une tâche transversale
qui touche tous les domaines de la politique. De plus, elle requiert un échange
de vues et d'expériences en continu.
Rappelons
que c'est aux gouvernements
des grands pays européens que l'on doit l'initiative lancée en 1999
en faveur de l'élaboration d'une Charte européenne des droits fondamentaux
et qui, de plus, se sont engagés dans le cadre des Nations Unies pour protéger
les normes des droits de l'homme et toujours les développer davantage.
Cela est réalisé
grâce à une coopération permanente avec les institutions de
l'ONU et en particulier avec le Bureau du Haut Commissaire aux droits de l'homme
à Genève. Dans le cadre de l'ONU, deux forums ont lieu chaque année
afin que la communauté internationale se penche sur la situation des droits
de l'homme dans le monde, pays par pays, et mette au point de nouveaux instruments
juridiques et décide des programmes pour la promotion des droits de l'homme.
Les
représentants de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies,
que nous avons rencontrés, nous ont confirmé que ladite Commission
se réunit chaque année six semaines au printemps à Genève
et l'Assemblée générale à partir de septembre à
New York (le troisième Comité de l'AG, qui est spécialisé
dans les droits de l'homme, à partir de la mi-octobre).
L'effet
direct de telles réunions auxquelles nous souhaitons participer en tant
qu'auditeurs et témoins ne paraît peut-être pas très
concret à première vue.
Elles
sont pourtant le résultat d'un premier pas allant vers un processus de
reconnaissance de l'existence du Gouvernement en Exil et de l'opposition djiboutienne
au cours duquel de nombreux compromis doivent être réalisés.
Il ne faut pas sous-estimer l'importance de ce processus : aucun État ne
souhaite se voir condamner par la communauté internationale pour la situation
des droits de l'homme prévalant à Djibouti et dans la région
de la Corne Est de l'Afrique. C'est pourquoi les États ne se contentent
pas uniquement de démarches diplomatiques, ils s'efforcent de réaliser
des améliorations concrètes afin de tenter d'infléchir le
régime d'Ismaïl Omar Guelleh.
Bien
qu'étant actuellement du domaine du " confidentiel ", les résolutions
adoptées entre les représentants de ces États, notamment
de l'Europe, et ceux du Gouvernement en Exil de Djibouti créent des instruments
qui peuvent servir - à moyen terme - de repère à la société
civile de la nouvelle et future République de Djibouti.
Dans
d'autres écrits qui suivront, nous vous informerons sur les autres contenus
des entretiens obtenus par le Gouvernement en Exil, notamment sur notre projet
d'union de l'ensemble de la véritable opposition politique face au régime
politique imposé par Ismaïl Omar Guelleh. Tout comme sur notre ferme
condamnation et sans équivoque des trafics d'armes, de " matières
nucléaires " et de déchets radioactifs à partir de Djibouti
et à destination, entre autres, de la Somalie. Trafics qui sont des "
commerces " encore plus immondes que ce que l'on peut imaginer. Des commerces
très sales et très lucratifs qui sont couverts par Ismaïl Omar
Guelleh et par son " associé " Abdourahman Borreh qui ne négligent
jamais de découvrir de nouvelles nappes de corruption générées
par des "affaires" inavouables.
En
attendant et ce malgré toutes les difficultés auxquelles est confrontée
notre communauté, vivant à Djibouti ou en situation d'exil, je me
permets de vous souhaiter, à toutes et à tous, de bonnes fêtes
de fin d'année ainsi que pour notre fête musulmane de l'Aïd-el-Adha
(ou Aid-al-Kebir "la grande fête").
Qu'Allah
le miséricordieux vous protège, vous et vos familles.