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pour l'affairisme mafieux !

 

F 608 - 27/12/06

Où vont Djibouti et la Somalie ? L’invisible qui fait mal !

Mohamed Abdoulkader.
Commission d'enquêtes du Gouvernement en Exil de Djibouti.

 

Sur le site internet http://assassinatsdecooperants.ouvaton.org/article.php3?id_article=5155 paraissait récemment un article qui confirmait, sur le fond comme sur les méthodes employées, ce que nous affirmons depuis des années ; à savoir que les affairistes et marchands d'armes qui sévissent à Djibouti et en Somalie sont " Des marchands de mort et des secrets ".

Dans ce même article et de l'aveu même d'un Lieutenant-colonel appartenant à la "Piscine", la DGSE, le service d'espionnage de la République française : " Si on voulait stopper tous les trafics d'armes, ce pourrait être fait en dix-huit mois ", tant les filières clandestines sont connues des services de renseignements des grandes puissances occidentales.

A Djibouti, la corruption est devenue au fil des années une véritable institution dirigée et protégée contre l'information par l'actuel occupant du Palais de l'Escale, Ismaïl Omar Guelleh, comme le sont les très lucratifs trafics d'armes, de " matières nucléaires " et de déchets enfouis dans la région et notamment en Somalie.

Des pratiques courantes, visibles néanmoins par tous les observateurs un tant soit peu "fouineurs" et largement dénoncées encore récemment par les organismes internationaux chargés du contrôle de l'application l'embargo en Somalie et par les experts notamment dans le rapport 2006 du Département d'État américain sur les droits de l'homme.

Au centre de toutes les " combinazione " on trouve un homme qui est le véritable pivot de l'affairisme mafieux sur la place de Djibouti: à partir du port, de l'aéroport et par voie routière à destination de la Somalie et de l'Erythrée. Ce faisant il sert de paravent à un précautionneux, manipulateur et maître chanteur Ismaïl Omar Guelleh.

Abdourahman Mahamoud Boreh est natif d'Ethiopie, il appartient à la tribu " Issa odergob rer galan ". De son union matrimoniale avec Mme Karawane, elle-même appartenant à la famille Houssein Ahmed et citoyenne française, il a obtenu la nationalité française venant s'ajouter à celles d'Ethiopien et de Djiboutien.

Nationalité dont il va tirer le maximum de profits en nouant des relations d'intérêts jusque dans la capitale française et notamment avec un ancien préfet et homme politique français, Jean Charles Marchiani, incarcéré depuis.

Les relations entretenues par les deux hommes méritent quelques observations pour le moins particulières.

On sait que Marchiani fut fortement impliqué dans l'affaire Markovic. Sous la présidence de Georges Pompidou c'est à cette époque le grand ménage au sein du service du SDECE désormais rebaptisé DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure). Les conséquences ne se firent pas attendre, malgré tous ses appuis politiques, Marchiani fit partie de la " charrette de nettoyage " des Services français et entama un long purgatoire tout en négociant son " exclusion " et son silence.

Vont suivre 10 années de " purgatoire doré " au sein du groupe Air France. Nommé secrétaire général de la Servair, société chargée de la fabrication et de la fourniture des plateaux repas, " Marchiani continuera à rendre des petits services (ndlr : et des gros ?) à son ancienne maison. En organisant, par exemple, des livraisons de mines antipersonnel à l'Erythrée, confrontée à une guérilla "communiste" " (selon l'Evénement Du Jeudi, 21 décembre 1995) et, fait du hasard…, deux mois après l'assassinat du Juge Bernard Borrel à Djibouti …

Spécialisé dans l'utilisation de méthodes tellement peu orthodoxes, comme le précise la Justice française dans ses " attendus ", Marchiani va anticiper sur son licenciement de la Servair par le gouvernement socialiste qu'il dérange outre mesure. Il va créer à Djibouti sa propre société d'import/export ; paravent nécessaire à ses activités occultes et impliquant Abdourahman Mahamoud Boreh qui va beaucoup apprendre à son contact et élargir son propre éventail de relations au sein des " affairistes internationaux ".

Peu après sa première mise en examen en mai 2001 dans le cadre de l'affaire des ventes d'armes présumées à l'Angola alors qu'une commission de 3,5 millions d'euros serait passée par ici ("trafic d'influence" et "recel d'abus de biens sociaux"), Marchiani va sentir que le vent tourne et " cédera " dans l'urgence sa société d'import/export à son " Ami " Boreh qui va immédiatement procéder à un nettoyage interne au point qu'il ne subsistera aucune trace des mouvements de matériels et de la comptabilité.

Si tenté que l'on puisse croire que la Justice française puisse souhaiter y voir de plus près, elle ne pourrait plus rien y trouver qui puisse confirmer le lien vraisemblablement existant entre l'affaire de l'assassinat du Juge Bernard Borrel et cette société d'import/export dirigée, à l'époque, par Marchiani.

Suivant les circonstances et les besoins du moment, Abdourahman Mahamoud Boreh qui détient vraisemblablement des dossiers compromettants y compris sur les moeurs et déviances de " certains étrangers ", vivant ou invités à Djibouti, va passer au travers des mailles de la justice française en ne se faisant auditionner que par ce qui fait office de Justice à Djibouti ; autant dire par "personne". Mais aussi en jouant notamment sur l'une ou l'autre de ses nationalités et sur les " appuis " dont il dispose à l'étranger ; exception faite tout de même pour son appartenance à l'Ethiopie où sa présence est très souhaitée car sous le coup d'un mandat d'arrêt international.

Ce mandat d'arrêt international, lancé par la justice d'Ethiopie à son encontre fait suite au limogeage, suivi de l'incarcération, du vice-premier ministre et ministre de la défense, Tamrat Layne, en octobre 1996, et présenté par la Justice éthiopienne comme étant une mesure anticorruption (le terme est faible) impliquant, entre autres, divers " acteurs locaux ".

Protégé par son " immunité diplomatique djiboutienne … " lors d'un voyage effectué en 2004 par le président Ismaïl Omar Guelleh en Ethiopie, Abdourahman Mahamoud Boreh se rendait à Addis Abeba afin de rencontrer le premier ministre Mélés Zénawi.

On ne sait ce qu'il se dit alors entre les trois hommes mais le fait est que Boreh ne fut pas inquiété par la justice locale et regagna la capitale djiboutienne alors que le mandat d'arrêt international semble être, plus que jamais, d'actualité.

Contrairement à ce qu'il en est dit, les rapports entre Boreh et Ismaïl Omar ne sont pas aussi courtois qu'ils pourraient paraître.

La raison en est que Boreh aurait tenté à diverses reprises de tromper son " seigneur et maître " en s'appropriant la plus grande partie du " gâteau " généré par tous les trafics ce qui provoqua quelques colères mémorables chez l'occupant occasionnel du Palais de l'Escale.

Souvenons-nous que lors de la fuite à Addis Abéba du commandant Ali Abdillahi Iftin (ex commandant de la garde présidentielle et devenu depuis l'un des témoins principaux dans l'affaire Borrel), selon l'entourage d'IOG il aurait tenté d'échanger Boreh contre Ali Iftin mais ce serait vu opposer un refus sans équivoque de la part de Mélés Zénawi.

On peut donc aisément en déduire que Boreh excède parfois Ismaïl Omar Guelleh au plus haut point, notamment dans toutes ses manigances dont celle consistant à manipuler les Issas pour tenter de s'imposer comme son successeur potentiel et reconnu à la tête de l'Etat djiboutien.

C'est aussi, pour Abdourahman Mahamoud Boreh, sans compter sur les visées de Kadra Mahamoud Haïd qui ne cache pas ses volontés de placer sa progéniture pour succéder à son époux. Si nous avions un conseil à donner à Boreh ce serait de ne pas accepter d'invitation de la Kabyo pour partager un thé ou un café en tête à tête !!!

A l'initial, la fortune de Boreh (par conséquent et pour partie celle d'Ismaïl Omar Guelleh) s'est faite en usant de complicités en Somalie, dont celle d'Abdoukassim Salat, ministre de l'Intérieur de l'époque sous Syaad Barré, pour l'enfouissement de déchets nucléaires dans le pays.

Après la chute du négus rouge Mengistu Haïlé Mariam, à ceci vont venir s'ajouter les larges profits issus des trafics d'armes mais surtout de " matières nucléaires " en provenance d'URSS peu après sa dislocation et qui transitèrent par l'Ethiopie avec la complicité du vice-premier ministre et ministre de la défense de l'époque, Tamrat Layne.

Plusieurs documentaires édifiants sont parus sur ce sujet et notamment l'un d'eux en langue anglaise sur la chaîne télévisée des Emirats Arabes Unis d'Abu-dhabi traduit en arabe et parfaitement documenté.

Pour reprendre l'histoire récente de l'Ethiopie, le régime évidemment réactionnaire du "roi des rois" Haïlé Sélassié devait être renversé, pour respecter la marche de l'histoire et libérer le peuple de l'oppression féodale. Marx a dit que " le mode de production socialiste est le meilleur, donc il n'y a qu'à faire la révolution, construire le socialisme et le peuple sera enfin heureux " !!!. Toujours la même supercherie qui meurt dans le sang et la douleur des populations, du "petit peuple", alors que le négus rouge, Mengistu Haïlé Mariam, vit depuis 1991 une paisible et riche retraite chez son ami Robert Mugabe.

Là encore et comme cela se fait à Djibouti sous le régime d'IOG, dans tous ces trafics nous sommes dans une " affaire de famille " car la compagne de Tamrat Layne n'est autre que la cousine de Karawane Kassim, l'épouse d'Abdourahman Boreh. C'est elle qui mettra en contact les deux affairistes par l'intermédiaire de son fils Mounir Duri pour ce qui concerne l'affaire du trafic d'uranium enrichi et de mercure en provenance des ex pays de l'Est et d'Ukraine. Uranium et mercure qui vont transiter par l'Ethiopie puis par Djibouti, plaque tournante du trafic au niveau du port et de son aéroport, pour repartir vers, pour le moins, quelques pays dont l'Iran, l'Irak et le Pakistan. Observons que ces trafics d'uranium enrichi et de mercure, transitant par Djibouti et repartant par voie aérienne le plus souvent, furent filmés sur l'aéroport de Djibouti par la Direction des Renseignements Militaires français (DRM) et que les films sont vraisemblablement classifiés depuis en "Secret Défense" !

Ismaïl Omar Guelleh et Boreh vont tirer dans ces affaires des profits énormes évalués à plusieurs centaines de millions d'USD qui vont être investis, pour partie, à Dubaï.

Abdourahman Mahamoud Boreh entretient aussi des relations fructueuses avec le marchand d'armes saoudien Adnan Kashoggi auquel il servirait d'intermédiaire rémunéré avec les réseaux des ex pays de l'Est et approvisionne, depuis des années, le conflit en Somalie en fournissant armes et munitions aux diverses factions.

Loin d'être un musulman respectant les versets d'Al Kürran (le Coran), Boreh est exclusivement un affairiste mafieux qui a pris, avec la caution d'IOG, le contrôle de la quasi-totalité des trafics à partir de Djibouti ; à l'exception de deux d'entre eux.
Celui du retraitement de la drogue en provenance d'Asie qui s'effectue dans les laboratoires " Muti " situés dans un espace "ultra protégé" par les SDS dans la zone franche du Port Autonome et International de Djibouti (PAID) qui est le domaine exclusif et réservé d'Ismaïl Omar Guelleh et celui du trafic d'enfants, à partir de l'aéroport international de Djibouti vers les réseaux situés dans les pays du monde occidental et qui est le triste privilège de Kadra Mahamoud Haïd.

L'affaire du mandat d'arrêt international lancé par la Justice éthiopienne connaît, depuis quelques mois, de nouveaux rebondissements. L'arrestation de la cousine de Karawane Kassim, l'épouse d'Abdourahman Boreh, incarcérée avec son compagnon et ex vice-premier ministre et ministre de la défense, Tamrat Layne, aurait permis à l'Etat éthiopien et aux services secrets US de mener une longue enquête, d'obtenir des renseignements précis et recoupés permettant de démonter le fonctionnement de l'ensemble des trafics à partir de l'Ethiopie, mettant en accusation Abdourahman Mahamoud Boreh et indirectement Ismaïl Omar Guelleh.

Malgré l'insistance de l'Ambassadrice d'Ethiopie à Djibouti pour que Boreh soit extradé et jugé en Ethiopie, Ismaïl Omar se refuse (plus que jamais) à répondre favorablement à cette demande car il sait maintenant que son " complice " et exécutant a été prévoyant. Abdourahman Mahamoud Boreh est allé à " bonne école ", celle d'Ismaïl Omar Guelleh, et disposerait, lui aussi, de dossiers compromettants pour l'occupant du Palais de l'Escale.

En créant la réunion du Kenya qui vit la désignation d'Abdillahi Youssouf comme président du gouvernement de transition de la Somalie, le premier ministre d'Ethiopie Mélés Zénawi a jeté alors un énorme pavé dans la mare pestilentielle d'Ismaïl Omar Guelleh tout en mettant sur la touche son pantin manipulé Abdoukassim Salat. Un Abdoukassim Salat bien piètre président d'un fantomatique GUNT qui a servi, en un temps, les intérêts financiers du président djiboutien qui a fait détourner à l'époque, par Abdourahman Mahamoud Boreh interposé, partie des Aides Internationales théoriquement consacrées à la reconstruction de la Somalie.

Bien que se sachant étroitement surveillé par les services secrets occidentaux et tout particulièrement par les hautes autorités de l'Union Européenne, Ismaïl Omar Guelleh a donné ordre à Abdourahman Mahamoud Boreh de démarcher directement et dans l'urgence les vendeurs d'armes en Inde, Ukraine, Chine …et notamment le marchand d'armes saoudien Adnan Kashoggi afin d'approvisionner, cette fois ci et exclusivement, le mouvement intégriste musulman en Somalie.

La méthode a fait ses preuves car ne datant pas d'hier. Sous le prétexte d'équiper les Armées Nationales Djiboutiennes, la gendarmerie nationale et la police, ce sont des milliers d'armes et des milliers de munitions les plus diverses qui entrent à Djibouti chaque mois et ce sans contrôle ; puis repartent le plus discrètement possible soit par voie maritime, voie aérienne ou routière en direction de deux destinations privilégièes que sont la Somalie et l'Erythrée...Ne cherchez pas par l'entremise de quelles sociétés d'import/export s'effectue ces trafics, ce sont celles appartenant à Abdourahman Mahamoud Boreh et sous la protection des Services Djiboutiens de Sécurité d'Hassan Saïd...

Homme sans foi ni loi, ajoutons à cela qu'il y a de cela deux mois, Abdourahman Mahamoud Boreh a fait, une nouvelle fois, démonstration de son esprit d'affairiste mafieux. Il a lancé un soit disant projet consistant à faire embarquer plus de 950 000 têtes de bétail provenant de l'Ogaden et à destination des pays arabes en prévision, entre autres, des festivités de l'Aïd et du pèlerinage musulman dans les lieux saints.

Ce transport étant censé s'effectuer en plusieurs rotations et à partir du port de Berbera situé au Somaliland, il a créé un fictif parc à bestiaux à Berbera puis a fait déclarer par un service vétérinaire (payé pour la circonstance) que ledit bétail ne correspondait pas aux " normes sanitaires " requises alors que les pays arabes s'approvisionnent sans difficulté aucune et depuis des décennies au Somaliland et par ce même port.

Son but consistait d'une part à casser les prix et d'autre part à obliger les fournisseurs à faire transporter leur bétail par l'une des sociétés d'import/export lui appartenant et ce jusqu'au port de Djibouti qui dispose, depuis peu, d'un supposé " pôle de contrôle sanitaire ".

Le résultat ne s'est pas fait attendre, Abdourahman Mahamoud Boreh s'est fait proprement éjecté de ce dossier alors que le gouvernement du Somaliland a fermé ses frontières terrestres avec Djibouti il y a de cela quelques jours.

En affairiste mafieux qui ne saurait tolérer qu'on lui résiste, Boreh n'en est pas resté pas là car il a tenté d'user de son influence auprès d'affairistes et relations en Arabie Saoudite et dans certains pays arabes pour qu'aucun transport maritime à destination de ces pays ne se fasse à l'avenir par le port somalilandais de Berbera.

 

En conclusion, depuis quinze ans, la Somalie est un pays sans état. Sans autre loi que celle du plus fort.

A Mogadiscio et dans les environs, les maîtres actuels sont les miliciens des tribunaux islamiques. Mais le vrai roi de la capitale, celui qui depuis quinze ans plante triomphalement son drapeau sur les ruines de la ville et sur la misère des populations locales, c'est l'anarchie organisée et gérée de l'extérieur du pays.

Cette anarchie, les Somaliens et les Somaliennes la doivent pour majeure partie aux affairistes mafieux tels qu'Ismaïl Omar Guelleh et Abdourahman Mahamoud Boreh qui se protègent de leur voisin éthiopien par la menace d'application d'accords de défense passés entre la France et Djibouti ; accords pourtant non ratifiés par ce dernier pays.

Si les instances internationales veulent prétendre rétablir l'Etat de Droit en Somalie, il convient tout d'abord de le faire à Djibouti en écartant le gangstérisme de tous les pouvoirs dont il s'est accaparés et créer ainsi une nouvelle république.

Un état républicain digne ce nom, car s'appuyant sur ses lois et sa Constitution nationale, sur la protection et la promotion des droits de l'homme comme ceux de la femme qui dégagent des ressources humaines, des énergies et une certaine créativité et répondent aux intérêts politiques de l'État.

Une république responsable, servant la stabilité, la paix et le développement de Djibouti mais aussi de ses voisins.

 


 

 

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