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Vu la quantité d'armes et de munitions qui arrivent chaque semaine dans le port ou sur l'aéroport de Djibouti, les Forces Armées Djiboutiennes, la Gendarmerie et la Police nationale seraient ....les mieux équipées au monde.

Oui mais !!!!!

 

 

F 610 - 29/12/06 -

Chronique sur un " royaume bananier " dirigé par un Ismaïl Omar Guelleh qui contribue au maintien du chaos en Somalie alors que les institutions fédérales de transition s'emploient à mettre en place un véritable système de gouvernance nationale.

Bouh Warsama.


- L'information est-elle vraiment libre en France ?

Pour un journaliste, vouloir informer juste, enquêter, produire certaines vérités dérangeantes et avoir raison cela ne suffit pas toujours.

Il y a aussi une forme de " carotte ", sorte de " salade médiatique " servie sur un plateau préparé à l'avance en haut lieu avec des informations et une " version officielle " - notamment pour une supposée " Raison d'Etat " - bien éloignées des vérités et qu'il convient de faire accepter et ingurgiter par les citoyennes et les citoyens. Faute de ne pas entrer dans ce jeu, c'est souvent l'exclusion et la perte d'emploi pour le journaliste concerné.

Mais les armes les plus efficaces restent le chantage à la publicité et aux subventions. Face à une telle puissance de feu, il faut avoir le goût de l'indépendance chevillé au corps et les reins solides, à cause d'un vrai dossier comme l'est, entre autres, l'affaire Borrel et ses implications, pour prendre le risque de perdre quelques millions d'euros. Car les réactions sont parfois brutales et un papier qui déplaît peut entraîner illico la perte d'un budget publicitaire ou la minoration d'une subvention pour un journal d'information.

 

- Une presse française libre, certes, mais pas indépendante !

Selon un récent article paru dans le journal Libération " Addis-Abeba et Washington considèrent les islamistes, qui ont pris le contrôle de la majeure partie du sud de la Somalie après s'être imposés à Mogadiscio en juin, comme des terroristes soutenus par l'Erythrée et par Al-Qaeda ".

Etonnant tout de même qu'un journal, supposé être " bien informé " et de très large diffusion en France et à l'étranger, en arrive à omettre d'informer ses lecteurs sur toutes les contributions du régime djiboutien actuel d'Ismaïl Omar Guelleh à cette guerre en Somalie ; guerre qu'il entretient volontairement depuis 1990 à des fins d'intérêts financiers privés, directement ou plus récemment indirectement par l'entremise de l'Erythrée.

Dans le cadre des investigations menées par la Juge Sophie Clément dans l'affaire de l'assassinat du Juge Bernard Borrel en octobre 1995 à Djibouti, un document, identifié comme étant une note de la DCRG (Direction centrale des renseignements généraux) par Pierre Lelong, président de la Commission consultative du secret de la défense nationale, est très instructif et confirme les affirmations que nous avons toujours soutenues.

Ladite note énumère point par point les activités criminelles, les trafics d'armes d'Ismaël Omar Guelleh notamment durant la période qui précéda son accession à la présidence, et évoque son rôle présumé dans l'attentat de septembre 1990.

Le site geopolotique.com a publié les procès-verbaux de l'instruction sur l'attentat de septembre 1990, dont Bernard Borrel avait obtenu copie, et qui convergent sans ambiguïté vers la responsabilité de l'actuel président djiboutien.

En Afrique comme dans toute autre partie du monde, le rôle des armements dans l'insécurité interne des Etats est fondamental. Bien sûr, les armes sont à la fois la cause et la conséquence de l'insécurité, des conflits et des guerres. Le débat sur leur rôle exact paraît stérile et s'apparente à l'histoire de l'oeuf et de la poule : qui a commencé ? Peu importe. L'important est de relever que dans un pays victime de la prolifération des armements comme l'est la Somalie, il serait plus facile de trouver des solutions pacifiques aux différends qui opposent les groupes antagonistes si le nombre de ces armements était plus réduits.

Oui mais l'adoption et l'application effective de solutions pacifiques en Somalie priveraient Ismaïl Omar Guelleh d'une source de revenus très lucratifs et à cela il ne résoudra à le faire que sous la pression effective du Conseil de Sécurité de l'ONU.

 

- En attendant, son odieux commerce continue allègrement.

Pour preuve de ce que nous affirmons, il a missionné récemment Abdourahman Mahamoud Boreh afin d'acquérir en Chine, et officiellement au profit des Forces Armées Djiboutiennes, 3500 mortiers de 60 m/m et les munitions correspondantes.

Si l'on effectue un rapide calcul, ceci revient à dire que chaque militaire djiboutien, y compris les généraux, serait équipé de quasiment deux mortiers de 60 m/m et d'une centaine d'obus….

Lorsque l'on sait que ces matériels de guerre, comme bien d'autres dont des lance roquettes individuels (RPG) et multiples adaptables sur véhicule avec leur pléthorique stock de munitions, vont être transportés par les sociétés d'import/export d'Abdourahman Mahamoud Boreh et qu'ils ne feront une fois encore que transiter par la zone franche du Port Autonome et International de Djibouti (PAID) ou par une zone protégée située sur l'Aéroport international pour les " blanchir " au passage, on ne peut que s'indigner de l'augmentation considérable des flux d'armes et de munitions qui arrivent en Somalie après un bref passage à Djibouti.

Ceci constitue de la part du président djiboutien une violation, ouverte et caractérisée, de l'embargo sur les armes et menace gravement la paix et la stabilité dans le pays voire dans la Corne Est de l'Afrique. Si l'on se réfère au texte du projet de résolution (S/2006/921) émanant du Conseil de Sécurité de l'ONU dans le domaine des transgressions, Ismaïl Omar Guelleh a violé et continu de le faire en bafouant la résolution 733 (1992) du 23 janvier 1992, par laquelle il a été décrété un embargo sur toutes les livraisons d'armes et de matériel militaire à la Somalie (dénommé " l'embargo sur les armes "), ainsi que les résolutions 1519 (2003) du 16 décembre 2003, 1558 (2004) du 17 août 2004, 1587 (2005) du 15 mars 2005, 1630 (2005) du 14 octobre 2005 et 1676 (2006) du 10 mai 2006.

Bien que l'on sache que toutes les transactions financières s'effectuent par l'intermédiaire de banques connues et situées à Dubaï, aux termes de la résolution 1724 (2006), présentée par le Qatar et adoptée à l'unanimité de ses 15 membres, le Conseil de sécurité a demandé également au Groupe de contrôle de continuer d'enquêter sur toutes activités qui produisent des recettes utilisées pour commettre des violations de l'embargo sur les armes, ainsi que sur tous moyens de transport, itinéraires, ports maritimes, aéroports et autres installations utilisés à l'occasion des violations de l'embargo sur les armes.

En outre, le Conseil lui a demandé d'affiner et d'actualiser les renseignements concernant le projet de liste de personnes et d'entités qui violent, en Somalie, les mesures mises en œuvre par les États Membres en application de la résolution 733 (1992), ainsi que de ceux qui les soutiennent activement, aux fins des mesures que le Conseil pourrait prendre à l'avenir.

 

- Les odieux trafics du gouvernement Guelleh qui contribue au maintien du conflit en Somalie sont un " secret de polichinelle ".

Elles ont été largement dénoncées encore récemment par les organismes internationaux mais hélas peu nombreux sont les médias francophones de notre connaissance qui ont eu le courage journalistique de mentionner dans leurs écrits, de ces dernières semaines, toutes les dénonciations pourtant justifiées et faites par les experts ou de transcrire, ne serait-ce que pour partie, mettant directement en cause le régime d'Ismaïl Omar Guelleh.
Comme me le faisait remarquer une connaissance… : " Pourtant ces documents sont publics, donc ils existent bien de manière officielle et sont consultables ! "

- Somalie, le gouffre de tous les chaos !

Parler de la Somalie actuelle et de qu'il s'y passe c'est plonger dans un gouffre terrifiant de tous les chaos ; celui des fomentations entretenues de l'extérieur du pays, des intérêts les plus divers qui approvisionnent et armement et munitions l'une ou l'autre des factions, de la raison du plus fort, de la drogue, de la violence instituée comme seule loi, omniprésente, tueuse, ravageuse de toute vie humaine. Des populations fuyant tous les conflits, balles et obus de mortiers, se réfugiant pour quelques instants dans des abris minables où femmes, vieillards et enfants tentent de survivre et ne savent pas ce que de quoi sera faite l'heure qui suit et encore moins ce que sera leur demain.

Cela fait plus de quinze années que la Somalie a versé dans une totale anarchie au sein de laquelle une seule loi prédomine : la loi de la jungle. Somalie au sein de laquelle règne une terreur imposée par quelques chefs de clans et de sous-clans que tente de maîtriser un islamisme radical, minoritaire au sein du pouvoir islamiste dans le pays, et qui n'a pas encore dévoilé toutes ses facettes.

Si ce pays de quelques 9 millions d'habitants connaît une homogénéité ethnique et religieuse d'apparence - 98 % de Somalis et musulmans sunnites - que l'on ne retrouve chez aucun de ses voisins, les vieilles querelles tribales d'un autre temps et qui ont émaillée l'histoire du pays ont été relancées puis entretenues souvent de l'extérieur du pays.

Il fallait peu de chose pour mettre le feu aux poudres après la chute de Syaad Barré ; cela fut fait, depuis ce feu est entretenu.

Depuis, la Somalie est en proie aux divisions les plus nombreuses et les plus complexes que l'on ne retrouve nulle part dans l'un ou l'autre des pays qui composent la Corne Est de l'Afrique.

- L'espoir !

Aujourd'hui, cet Etat en faillite totale, a un espoir et une chance de retrouver ordre, unité et stabilité mais pour ce faire il convient, à notre avis, de couper le cordon ombilical, donc le flux d'armes et de munitions, qui relie les islamistes radicaux d'Al Ittihad al Islami en Somalie aux gouvernants actuels de Djibouti.

Avec les revers militaires de ces derniers jours enregistrés par les islamistes radicaux d'Al Ittihad al Islami, certains pourraient penser que la position d'Ismaël Omar Guelleh risquerait bien d'être délicate.

Mais IOG nous a habitué à des pirouettes politiques pour défendre l'expansion de ses activités occultes, et notamment celle des ventes d'armes. Il va donc vraisemblablement tenter de se rapprocher d'Abdullahi Yusuf Ahmed, président par intérim de Somalie depuis 2004 ; oui mais voilà, le vieux combattant Abdullahi Yusuf le connaît très bien et n'a aucune confiance dans Ismaïl Omar Guelleh.

Souvenons-nous que Yusuf est un vieil allié de Meles Zenawi et, en tant que chef de la région septentrionale du Puntland, il a aidé les Ethiopiens à vaincre l'Ittihad d'Aweys dans les années 1990 alors que, déjà à cette époque, IOG approvisionnait l'intégrisme musulman dans la région et qu'il avait tenté quelques années plus tard de faire renverser Abdullahi Yusuf Ahmed. Ce fut un cuisant échec pour Ismaïl Omar Guelleh et ses "amis" au Puntland durent fuir dans la précipitation.



 

 

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