ACTUALITÉS

 

 

http://www.gouv-exil.org/

 

M Jean Paul Noël Abdi
Président de la Ligue Djiboutienne
des Droits Humains

 

F 697 - 09/03/07.

 

 

 

Selon les informations reçues, ce jour vendredi 9 mars 2007 au matin la police nationale s'est présentée au domicile de M. Jean Noël Abdi, Président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains, afin de procéder à son arrestation pour le conduire ensuite en un lieu que nous ignorons en l'état actuel de nos connaissances.

Cette arrestation a fait vraisemblablement suite à la publication, notamment sur le site de l'Association pour le Respect des Droits Humains à Djibouti (ARDHD), d'un document d'information de la LDDH dans lequel son président se faisait l'écho d'un article publié par le magazine de presse " Afrique Asie " de février 2007, intitulé " Djibouti, dérives chaotiques " et des considérations de la LDDH suite au contenu du droit de réponse qu'avait opposé M Yacin Elmi Bouh, Ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation de la République de Djibouti à l'article du magazine " Afrique Asie ".

Les considérations d'ordre humanitaire qu'avait exprimées le président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains avaient été largement reprises sur différents sites internet et par divers organes de presse en occident parce qu'il soulignait le caractère intolérable du drame sanglant d'Arhiba qui s'était produit le 30 novembre 2006 et ou cours duquel, le ministre de l'Intérieur l'avait reconnu dans son Droit de Réponse, "… Pris de panique, des policiers ont tiré sur la foule…. " en faisant de nombreux morts et blessés.

 

En conséquence de quoi, faisant usage de son droit et de ses responsabilités de président de la LDDH, monsieur Jean Noël Abdi avait demandé aux autorités compétentes :

" La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH), tout en encourageant le Ministre de l'Intérieur à relancer une Enquête judiciaire, exige du Ministère Public, que cette enquête judiciaire :

1. détermine sans ambiguïté le nombre exact de décès et de blessés suite aux tueries ;

2. permette aux victimes de porter plaintes pour que la Justice puisse condamner les responsables de ces crimes odieux.

La LDDH souhaite vivement la fin de l'impunité en République de Djibouti ".

 

 

Le Gouvernement en Exil de Djibouti rappelle que le domicile de M. Jean Noël Abdi fait l'objet d'une forte et constante présence policière et qu'il est victime de harcèlements et de tracasseries administratives permanentes.

Le Gouvernement en Exil de Djibouti exprime sa plus vive préoccupation au regard de ce nouvel acte d'intimidation, en dehors des lois de la République, à l'encontre de M. Jean Noël Abdi, qui s'inscrit dans un contexte de répression systématique des défenseurs des droits de l'Homme à Djibouti comme l'a souligné le dernier Rapport, paru en décembre 2006, établi par le Secrétariat d'État des USA.

 

Suite à son arrestation pour le moins arbitraire,

au nom des populations djiboutiennes, de l'opposition politique et des membres du Gouvernement en Exil de Djibouti nous demandons aux autorités gouvernementales en place :

- de garantir en toutes circonstances l'intégrité physique et psychologique de M Jean Noël Abdi ;

- qu'il soit mis un terme à toute forme d'harcèlement psychologique et d'actes d'intimidation à son encontre, y compris judiciaire ;

- que les autorités djiboutiennes se conforment aux dispositions de la Déclaration sur les Défenseurs des Droits de l'Homme, adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son article 1 qui dispose que

"chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l'Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international",

et son article 12.2, qui dispose que

"l'Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d'autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l'exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration" ;

- Plus généralement, de se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l'Homme ratifiés par la République de Djibouti.

Pour ce qui concerne le drame sanglant d'Arhiba, qui s'est produit le 30 novembre 2006, nous souhaitons vivement l'ouverture d'une information judiciaire la plus complète et la plus objective qu'il soit, et ce dans les meilleurs délais, afin que toute la lumière soit faite sur les conditions de déroulement de cette déplorable affaire qui, une fois encore, a fait de nombreux morts et des blessés.

De surcroît, nous demandons aux autorités compétentes que, pour l'avenir, toutes les mesures soient prises en préalable aux fins que les opérations dites de "décasement", si elles s'avèrent être effectivement nécessaires pour l'intérêt public, soient menées avec un minimum d'humanité et de respect de la personne humaine.

 

M Mohamed Saleh Alhoumékani
Chargé des Affaires Étrangères
et de la Coopération internationale

Porte parole du Gouvernement en Exil de Djibouti

 

 

 

 

 

r