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F
709 - 15/03/07.
France
- Copie de la Lettre ouverte concernant la situation d'un Défenseur des
Droits de l'Homme à Djibouti
Paris,
le 14 mars 2007
Monsieur
Philippe Douste-Blazy
Ministre des Affaires étrangères
Ministère
des Affaires étrangères
37, quai d'Orsay
75351 PARIS CEDEX
07
Envoi
par fax
Lettre
ouverte concernant la situation
d'un Défenseur des Droits de l'Homme
à Djibouti
Monsieur
le Ministre,
Nos
associations sont particulièrement inquiètes sur l'évolution
de la situation à Djibouti et en particulier le harcèlement policier
dont est victime M. Jean-Paul Noël Abdi, Président de la Ligue djiboutienne
des Droits humains (LDDH) et Vice-président pour l'Afrique de l'est de
l'Union interafricaine des Droits de l'Homme (UIDH).
La
LDDH est affiliée à la FIDH (Fédération internationale
des Droits de l'Homme à Paris).
Depuis de nombreuses années,
en dépit des difficultés et des obstacles qu'il rencontre dans son
pays, Monsieur Abdi défend les Droits de l'Homme. Son action courageuse
et engagée est reconnue non seulement par les Djiboutiens mais par l'ensemble
des Défenseurs des Droits de l'Homme.
La
semaine dernière, il a publié deux informations importantes :
- la première concerne la découverte d'un premier charnier dans
le Nord de Djibouti (DAY)
- la seconde concerne une affaire sordide : le
viol récent d'une jeune fille sourde-muette par un militaire de la Garde
nationale djiboutienne.
Les
réactions officielles du Gouvernement djiboutien ne se sont pas fait attendre.
Dès le vendredi 9 mars, Monsieur Abdi était arrêté
à son domicile par la Police criminelle qui agissait sans mandat.
En
dépit de son état médical préoccupant et de la nécessité
de suivre un traitement régulier, il a été incarcéré
à la Prison de Gabode où il a passé quarante-huit heures
en garde à vue. Au cours de ces deux jours complets, il n'a été
interrogé que durant 25
minutes par un juge d'instruction, qui
lui a signifié sa remise en liberté provisoire et qui lui a délivré
une convocation pour samedi prochain (17 mars).
A
sa sortie du tribunal, les policiers, agissant sur ordre, lui ont demandé
de leur remettre son passeport, qu'ils ont saisi.
Pour ces deux raisons, Monsieur
Abdi ne pourra pas se rendre à Ouagadougou pour participer à la
conférence annuelle de l'UIDH et présenter le rapport sur la situation
des Droits de l'Homme à Djibouti.
Par
ailleurs, la convocation qu'il a reçue pour samedi prochain, laisse supposer
qu'il est susceptible d'être de nouveau incarcéré pour des
motifs qui n'auraient rien de répréhensibles dans un état
de droit.
Nous
sollicitons votre Ministère pour qu'il intervienne le plus rapidement possible
auprès des autorités djiboutiennes, afin que :
-
le passeport de Monsieur Abdi lui soit immédiatement restitué et
qu'il soit libre de circuler, y compris à l'étranger, pour participer
à cette conférence internationale,
-
cessent toutes les manoeuvres de harcèlement qui sont dirigées contre
un Défenseur reconnu des Droits de l'Homme (cf. le communiqué conjoint
de la FIDH et de l'OMCT - Organisation mondiale contre la torture)
La
France ne saurait admettre que de telles injustices soient commises sous ses yeux,
sans réagir.
Dans
le cas contraire, nous ne serions pas loin de penser qu'elle accorde un soutien
abusif à une dictature qui viole sans cesse et en toute impunité
(jusqu'à présent) les droits d'une population civile qui est soumise
à une forme moderne d'asservissement et qui est victime de massacres (Arhiba
1991 et Arhiba 2005, plus tous ceux que l'on commence à identifier au fur
et à mesure de la découverte de charniers).
Les
raisons seraient faciles à imaginer : la défense des intérêts
stratégiques de la France serait-elle supérieure à celle
de la protection des Défenseurs des Droits de l'Homme et aussi d'un juge
français assassiné dans l'exercice de ses fonctions.
Nos
associations vous remercient à l'avance de votre intervention rapide, car
le temps presse et de nous informer des démarches diplomatiques qui auront
été engagées par votre Ministère.
Dans
cette attente, nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l'assurance
de notre respect.
Pour
l'ARDHD
Jean-Loup Schaal
Pour
SURVIE
P/O Odile Biyidi
Association
SURVIE 210, rue Saint-Martin - 75003 Paris Tel : +33 (0)1-44-61-03-25 http://www.survie-france.org
ARDHD
84, rue Saint-Louis en l'ile - 75004 PARIS Tel : +33 (0)1 46 34 70 70 http://www.ardhd.org