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F
711 - 16/03/07.
Djibouti
- Les Droits Humains et ceux qui les défendent sont en danger !
Libertad
Les
chiffres sont hélas là pour le prouver, on peut aisément
affirmer que Djibouti ne produit :
-
pas assez de richesses pour pouvoir s'attaquer sérieusement à l'éradication
de la malnutrition, voire de la famine masquée, dont les conséquences
négatives sur les capacités intellectuelles et physiques des populations
sont évidentes ;
-
pas assez pour pouvoir combattre efficacement des maladies comme le paludisme,
le Sida et d'autres maladies endémiques, et dont la persistance, voire
l'aggravation à Djibouti, résultent de la détérioration
continue des conditions de vie des populations ;
-
pas assez pour préparer sa jeunesse à cette course au savoir, devenue
une véritable course pour le pouvoir mondial et que n'auront la chance
de gagner que les pays qui auront veillé à se doter, par un système
d'éducation et de formation performant, d'un solide bataillon de têtes
bien pleines mais surtout bien faites ;
-
pas assez pour procéder aux investissements, de plus en plus lourds, que
requiert le développement d'une puissante base autonome de recherche, de
production et de diffusion d'informations, de savoirs et de technologie de pointe,
condition nécessaire pour, non seulement, libérer le pays de son
actuelle dépendance scientifique et technologique, mais aussi, pour espérer
tenir raisonnablement une place confortable et jouer un rôle actif dans
l'Afrique de demain.
Pas
assez, enfin, pour pouvoir garantir, à l'intérieur de la société
djiboutienne, le minimum de bien-être matériel, social et culturel.
C'est
donc au regard de toutes ces nécessités, de toutes ces urgences
que la lutte contre la pauvreté apparaît comme un préalable
pouvant constituer un puissant facteur de mobilisation sociale et d'impulsion
pour le développement.
D'autre
part, ce qui empêche aujourd'hui Djibouti d'accomplir des pas tangibles,
réellement significatifs, dans cette si nécessaire lutte contre
la pauvreté, peut s'expliquer aussi par le comportement des gouvernants
et surtout par l'incompréhension qu'ils ont en général de
la " bonne conduite " des affaires publiques et de la gestion des biens
collectifs.
En
effet, s'il est vrai que Djibouti ne produit pas assez de richesses pour pouvoir
faire face aux tâches urgentes que dictent la mondialisation et ses défis,
il nous paraît tout aussi vrai que le peu que le pays produit est, le plus
souvent, mal géré comme le sont toutes les aides internationales
et compensatoires. C'est pourquoi un des handicaps majeurs que Djibouti doit nécessairement
surmonter est celui de la " mal gouvernance ".
En
définitive, les multiples handicaps que Djibouti doit surmonter pour pouvoir
affronter, avec un maximum de chances de succès, les nombreux défis
qui l'interpellent, et particulièrement ceux de la mondialisation - même
si l'on y adhère pas sous la forme actuelle qui est celle de l'exclusion
- , sont tels qu'on serait tenté de conclure que le sort du pays est définitivement
scellé, qu'il ne lui reste plus qu'à s'accommoder de la place de
lanterne rouge que l'histoire de l'Afrique lui réserverait désormais
pour l'éternité.
Ne
pas se laisser diviser par IOG mais Agir dans l'Union
Une
tâche s'impose à l'opposition politique et réside dans le
fait qu'elle doit être active dans l'union et prendre en compte le fait
que la démocratie s'inscrit au coeur des mutations actuelles comme une
tendance universelle de l'évolution des sociétés contemporaines.
C'est une inexorable évolution.
Elle
tient aussi au fait que cette marche de la démocratisation constitue une
opportunité historique exceptionnelle à saisir pour les populations
djiboutiennes afin de mettre un terme aux gestions politiques, économiques
et sociales hasardeuses qu'elles ont endurés pendant de longues années
et qui comptent, énormément, dans le retard qu'elles accusent aujourd'hui
comparativement au reste de bon nombre de pays africains.
Enfin,
cette tâche part du constat que l'évolution positive récente
sur le triple plan politique, économique et social de quelques rares pays
africains prouve à suffisance que la démocratie est la condition
sine qua non de tout développement du fait qu'elle libère les énergies
et donne lieu à de nouvelles synergies.
Réussir
la démocratie c'est donc, d'abord et avant tout, poursuivre le démantèlement
systématique des bases du Parti-Etat et, de façon générale,
libérer les institutions de tout ce qui permet de les détourner
de leur vocation naturelle, qui est de servir le bien public, au profit d'intérêts
particuliers de groupes privés politiques, sociaux, économiques,
ethniques, confessionnels, etc. C'est aussi libérer ces mêmes institutions
de tout ce qui peut les mettre hors de portée d'un contrôle effectif
par les citoyens ou de rendre leur fonctionnement opaque pour ces derniers.
C'est
également lutter contre toutes les pratiques patrimoniales de gestion et
de distribution des richesses publiques, et pour l'instauration d'un véritable
État de droit, respectant effectivement toutes les lois publiques et les
droits humains.
Pour
tout dire, un État républicain qui tire sa légitimité
et son autorité morale non seulement, de son efficacité économique
et sociale, mais aussi du suffrage universel de citoyens placés dans les
conditions de pouvoir exprimer librement et utilement leur choix, avec toutes
les garanties de voir ce choix pleinement pris en compte.
Enfin,
la démocratisation c'est asseoir et faire fonctionner des mécanismes
susceptibles de combattre efficacement les pratiques de " mal gouvernance
", c'est-à-dire le laxisme dans la gestion des biens publics, la corruption,
le népotisme, l'incompétence et le gaspillage. Et non se contenter
de mettre en place de nombreuses structures coûteuses et purement formelles
dont les investigations et conclusions sont superbement ignorées.
A
défaut de progrès social, nous avons l'image du culte de la personnalité
à ingurgiter et la faiblesse des institutions républicaines à
digérer par force
En
réponse à une situation déplorable qui y perdure, la République
de Djibouti se lance d'une grève sur l'autre confirmant le fort mécontentement
de toutes les couches sociales, à l'exception de quelques cinquante familles
du pouvoir ou inféodées à Ismaïl Omar Guelleh. Chaque
manifestation n'a rien d'exceptionnel et se traduit hélas par des tirs
à balles réelles sur les citoyens du pays venus réclamer
plus de justice, le respect de leurs droits - ces droits simples de l'humain -,pour
protester contre la vie chère et le régime en place.
Les
grands discours d'IOG commencent toujours par les bons mots, les paroles fleuries
et les promesses ; tous ses échecs il les transforme en réussites
; il se focalise sur Doraleh comme si c'était le nirvana, comme s'il n'y
avait rien après ; or ce projet en cours de finalisation n'absorbera que
quelques centaines d'emplois alors que ce sont des dizaines de milliers qu'il
conviendrait de créer pour tenter de ramener le chômage à
un niveau " acceptable ". Ismaïl Omar dit créer des programmes
sociaux destinés à aider les pauvres et éduquer les analphabètes
alors que les aides affectées à ces domaines prioritaires sont détournées
et qu'il ne maîtrise plus la situation.
Par
peur de l'autre, au fil des ans il s'est efforcé de bâtir une dictature
appuyée sur le culte de personnalité autour de lui. De faux complots.
La haine ethnique. Diviser pour mieux conquérir et régner. Les crimes
contre l'Humanité ne cessent de se multiplier. Les opposants du président,
autoproclamé par deux fois, " disparaissent ", un par un dans
le Goulag djiboutien.
A
Djibouti il n'y pas d'État, il n'y a que des alliés du Chef. Et
le pays ne cesse de sombrer dans la misère et dans la répression.
Les
analyses des experts des pays occidentaux confirment l'impuissance des institutions
républicaines affaiblies par presque 30 années de culte de personnalité
et le risque que cette impuissance représente pour quelque pays que ce
soit.
Le
simulacre d'élections présidentielles de 2005 fut le catalyseur
de ce qu'il se passe aujourd'hui à Djibouti
Pour
la première fois en effet, une élection présidentielle eut
le mérite de réunir l'opposition en appelant carrément toutes
les populations au boycott, estimant que les conditions minimales - absence de
liberté de presse et de réunion, actes de répression - n'étaient
pas réunies et considérant, de manière unanime, qu'il fallait
saisir cette opportunité pour toucher les électeurs et électrices
et faire avancer les thèses démocratiques.
Finie
l'époque où ceux qui avaient fait acte de candidature avaient accepté
de jouer les faire-valoir d'un pouvoir autarcique dans des élections jouées
et trafiquotées par avance.
Ismaïl
Omar Guelleh en fut réduit en 2005 à préparer les votes à
sa manière et à faire bourrer les urnes dans l'urgence au point
que dans certains bureaux de votes, notamment de l'arrière pays, le nombre
des votants dépassait presque du double
le nombre des inscrits qui
avait déjà été " gonflé artificiellement
" pour ces élections.
Mais
nous savons tous que ce n'est pas le soutien populaire qui détermine le
résultat des élections à Djibouti.
Le
régime est terrifié par l'éventualité d'un soulèvement
populaire car ce serait un écroulement de l'édifice de toutes les
mascarades.
Les
années se suivent et les rapports concernant les violations des droits
de l'homme à Djibouti se ressemblent. Les arrestations et les incarcérations
se multiplient. La pratique de la torture est restée quasi systématique
en dépit des promesses maintes fois répétées d'y mettre
fin par le gouvernement dirigé par Ismaïl Omar Guelleh.
Des
personnes sont en danger, nous leur devons assistance






Malgré
les promesses faites et les engagements pris sur le plan international par les
gouvernants de Djibouti, les défenseurs des Droits de l'Humain, tel Jean
Paul Noël Abdi, sont pourchassés et emprisonnés. Aucun dialogue
véritable ne se noue entre le Palais de l'Escale et le responsable de la
LDDH dont l'activité est strictement bridée.
A
ceci s'ajoute une propagande régulière, émanant du Palais
de l'Escale, qui en appelle indirectement aux Djiboutiens et aux Djiboutiennes
à combattre et à détruire " l'ennemi intérieur
" que constituerait la Ligue Djiboutienne des Droits Humains en l'accusant
de " troubler l'ordre public ". Une telle attitude du pouvoir d'Ismaïl
Omar Guelleh incite à la haine et fait fi de toutes les vérités.
On retrouve en cela les vieilles méthodes du stalinisme consistant dans
un premier temps à marginaliser Jean Paul Noël Abdi, non pas comme
président de la LDDH mais comme citoyen, puis viendra l'exclusion et le
rejet.
Les
persécutions et des arrestations à répétition dont
il est victime constituent des pratiques perverses qui peuvent, à la longue,
le détruire physiquement et psychologiquement.
Jean
Paul Noël Abdi et les Droits de l'Humain sont en danger à Djibouti.
Nous leur devons aide et assistance.