

http://www.gouv-exil.org/

M
Jean Paul Noël Abdi
Président de la Ligue Djiboutienne
des Droits
Humains

F
714 - 18/03/07.
La
violence politique et l'impunité sont un problème chronique à
Djibouti. Malheureusement, l'injustice atteint tous les échelons de la
société, et paraît ne pas avoir de limites.
La
violence anti-syndicale est une réalité, de nombreux opposants politiques
sont menacés, y compris lorsqu'ils sont en exil dans des pays occidentaux,
des fonctionnaires de la police politique ont été accusés
de torturer à Djibouti et même de mener des exécutions extrajudiciaires
jusqu'en Occident ; et comme si cela ne suffisait pas, l'absence d'une application
effective de la loi et du respect des droits fondamentaux de chaque citoyen/citoyenne
ont cimenté la pratique permanente du lynchage judiciaire des défenseurs
des droits humains et des opposants politiques comme façon de "rendre
justice" et servir d'exemple.
Aujourd'hui,
en condamnant à 6 mois de prison ferme et en plaçant sous mandat
de dépôt le président de la LDDH, M Jean Paul Noël Abdi,
sous un motif d'accusation fallacieux la justice djiboutienne vient de contrevenir
gravement, une nouvelle fois, aux exigences d'un procès équitable
au sens de l'article 6 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme.
Au
nom des populations djiboutiennes, de l'opposition politique et des membres du
Gouvernement en Exil de Djibouti nous demandons aux autorités gouvernementales
en place :
-
de garantir en toutes circonstances l'intégrité physique et psychologique
de M Jean Noël Abdi alors que lesdites autorités savent qu'il est
atteint d'une grave maladie et qu'elles sont, dès lors, directement responsables
de la préservation de sa santé ;
-
que ledit jugement inique soit cassé et qu'il soit procédé
à la libération immédiate de M Jean Paul Noël Abdi,
dans l'attente d'un nouveau procès dans lequel toutes les conditions d'équité
pour sa défense seront réunies ;
-
que les autorités djiboutiennes se conforment strictement aux dispositions
de la Déclaration sur les Défenseurs des Droits de l'Homme, adoptée
par l'Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre
1998, et plus particulièrement à son article 1 qui dispose que
"chacun
a le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de promouvoir la
protection et la réalisation des droits de l'Homme et des libertés
fondamentales aux niveaux national et international",
et
son article 12.2, qui dispose que
"l'Etat
prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités
compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association
avec d'autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination
de facto, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l'exercice légitime
des droits visés dans la présente Déclaration" ;

M
Mahamoud IDRISS AHMED
président du Gouvernement en Exil de Djibouti