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Si Ismaïl Omar Guelleh était un homme sage
ayant la capacité de diriger le pays avec pertinence,
il ne serait pas Ismaïl Omar Guelleh.

F 716 - 19/03/07.

Les esprits médiocres du Palais de l'Escale condamnent toutes les Vérités qu'on leur oppose et révèlent ainsi toutes les facettes de leur tyrannie.

Bouh Warsama

 

Sans les réponses qu'elles méritent, la version des faits qu'oppose la justice djiboutienne - disons plutôt ce qui fait office ...de justice - à Jean Paul Noël Abdi sur ordre du Palais de toutes les esbroufes, pour mieux le condamner et le réduire au silence, est incomplète mais n'a rien de surprenant.

Elle est le témoignage d'odieuses falsifications où les atouts de SA presse et de SES médias pour Ismaïl Omar Guelleh sont la tentative de bourrage de crâne des populations, le lavage de cerveau et la langue de bois.

Toute l'histoire conquérante des excès de la tyrannie d'Ismaïl Omar peut être comprise comme l'histoire de la révélation de toutes ses insuffisances récurrentes, comme une marche inexorable vers son autodestruction car ne nous trompons pas, l'opinion publique - tant nationale qu'internationale - sait exactement ce qu'il s'est passé à l'origine de l'affaire de la découverte des restes humains d'Afars assassinés lors du conflit État/FRUD, comme dans celle du viol récent de la jeune femme handicapée, sourde et muette, par un ou des militaire (s) attaché (s) à la Garde Présidentielle au Day.

C'est de ce pouvoir en place à Djibouti, fut-il autoproclamé par deux fois en 1999 et en 2005 - dont on aurait attendu plus de recul, de sagesse, de pertinence, de discernement et de retenue - que revient l'initiative d'avoir travesti les vérités pour faire condamner arbitrairement par SON tribunal un défenseur des droits de l'humain dont le seul crime fut d'oser exprimer dans ses écrits une position clairement prise par la LDDH contre des crimes ayant valeur de " barbarie" et cautionnés par le régime en place.

Depuis lors - sans l'honnêteté, le recul et la sérénité qui auraient dû s'imposer au pouvoir du Palais de l'Escale dans le traitement des deux accusations portées par la LDDH, devenues depuis politiquement explosive tant au niveau national qu'international - un déchaînement de contre vérités - aussi contradictoires les unes que les autres - a été mis en place par ce qui fait office de justice à Djibouti. Ersatz de justice, menottée elle aussi par le pouvoir du Palais de l'Escale dans ses " attendus ", et qui s'est rendue coupable de forfaiture, d'une blâmable mauvaise foi et d'une calomnie de bas étage, s'abattant tel un bras vengeur contre un défenseur des droits de l'humains pour le réduire au silence.

Que l'on ne s'y trompe pas, il n'y a dans notre réaction aucune dérive émotionnelle mais au contraire la manifestation d'une position de principe forgée par l'histoire ; une exigence de respect de l'humain et de ses droits que chacun doit entendre aujourd'hui et s'en faire largement l'écho afin qu'un homme, incarcéré injustement et dans les pires conditions à la sinistre prison de Gabode, ne passe pas de vie à trépas par la seule volonté d'un pouvoir qu'il dérange outre mesure.

Il apparaît évident que la condamnation et la mise sous mandat de dépôt de Jean Paul Noël Abdi s'inscrit dans une stratégie bien élaborée de manipulation de l'opinion publique. L'objectif est en effet de montrer qu'actuellement, et sous un tel régime qui n'a que faire des lois du pays, des droits et des conventions internationales qu'il a ratifiées, nul est en droit de réclamer justice et ouverture d'enquêtes sur des crimes commis par quelques militaires sans foi ni loi. Ce qui ne signifie nullement dans notre esprit que toute l'institution militaire soit mise en cause, loin de là.

 

Ismaïl Omar Guelleh sonne le glas de son régime et creuse sa propre tombe politique.

Nous vivrons assez pour voir une révolution politique à Djibouti - qui devient inexorable - et non point une évolution dans le calme comme nous l'avons toujours souhaitée.

Lorsque le pouvoir en place interdit tout exercice libre de la justice dans un pays, comme tout droit d'exiger qu'une enquête libre et objective soit diligentée, nul ne saurait objecter que toute son histoire est falsifiée et que toute sa vie publique actuelle ne représente pas l'état d'esprit réel du peuple ; un peuple pris en otage, asservi et contraint au silence par l'emploi du bâton et des armes.

La tyrannie, usurpatrice des pouvoirs, dont Ismaïl Omar Guelleh use et abuse, au travers de SA presse et de SES médias pour se faire l'écho de parodies de procès, a dépassé les limites du tolérable et sonne l'hallali par la ruine du régime qui, inexorablement, creuse sa propre tombe politique sur le plan international.

 

Bizarre ! vous avez dit bizarre ?

La condamnation et l'incarcération arbitraires de Jean Paul Noël Abdi ne constitueraient-elles pas une nouvelle tentative de chantage à l'adresse de l'Union Européenne par laquelle Ismaïl Omar Guelleh souhaiterait la contraindre à lui accorder de nouvelles aides pour qu'il bénéficie d'une libération conditionnelle, alors qu'une forte délégation djiboutienne, conduite par le PM Dileita Mohamed Dileita, se prépare à rejoindre Bruxelles ? Serait-ce le fait du hasard ?

Il est un fait que la censure et les jugements iniques que la tyrannie d'Ismaïl Omar Guelleh oppose à toutes les vérités émergentes l'affaiblissent chaque jour un peu plus et aggravent son image déjà fortement dégradée dans l'opinion publique internationale. Mais quoi qu'il fasse, ceci ne contraint personne, en dehors comme à Djibouti, de cesser de célébrer la liberté et les droits de l'humain. Et de les faire strictement respecter au niveau de l'UE, des pays bailleurs de fonds et des instances internationales.

En ces circonstances, le véritable courage de l'opposition djiboutienne consiste, quant à elle, à être courageuse précisément quand elle pense ne pas l'être et "Agir pour ne plus subir"!

"Il n'y a de réussite qu'à partir de la vérité"
Charles de Gaulle

Au-delà de Jean Paul Noël Abdi, ce sont les Droits essentiels des populations djiboutiennes, sans exception d'aucune sorte, que nous devons défendre avec détermination et pugnacité dans notre marche pour l'émergence d'une véritable république, donc d'un État de droit à Djibouti.

Pour conclure, nous nous devons de remercier l'actuel Quai d'Orsay, grand ministère de la patrie des Droits de l'Homme, pour le silence qu'il oppose aux différents courriers reçus, sollicitant son intervention au profit du président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains.

Nous comprenons ce mutisme car, sur le fond comme sur la forme, "rien d'important ne se passe à Djibouti !"

 

 

 

 

 

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