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F 720 - 22/03/07.

Violents combats à Mogadiscio, 16 morts

MOGADISCIO (Reuters) - Des insurgés ont traîné mercredi dans les rues de Mogadiscio avant de les brûler les corps de cinq soldats gouvernementaux ou de leurs alliés éthiopiens tués au cours de combats qui ont fait au moins 16 morts et des dizaines de blessés dans la capitale somalienne.

Deux des corps, à moitié nus, ont été traînés par les pieds, lapidés et frappés par une foule qui scandait "Dieu est grand!", a rapporté un journaliste de Reuters sur place. Ailleurs, trois autres corps ont été tirés au bout d'une corde, frappés à coups de pied et ensuite brûlés, ont raconté des témoins.

Ces scènes rappellent celles qui avaient suivi en 1993 la destruction d'un hélicoptère Black Hawk de l'armée américaine par des miliciens somaliens. Les images des cadavres des soldats américains traînés dans les rues de Mogadiscio avaient fait le tour du monde. Deux ans plus tard, les dernières forces de paix quittaient le pays, livré à l'anarchie et aux chefs de guerre.

Alors que les tirs se poursuivaient dans l'après-midi, le bilan des combats, parmi les plus violents depuis que les forces gouvernementales et éthiopiennes ont chassé les islamistes de la ville en début d'année, s'élevait à 16 morts, dont 11 civils, et 81 blessés, selon des sources médicales et des témoins.

Les affrontements ont éclaté quand des insurgés ont ouvert le feu sur des soldats gouvernementaux et éthiopiens qui se trouvaient à bord de blindés près du ministère de la Défense. Ils se sont ensuite étendus à d'autres quartiers.

LES SOLDATS OUGANDAIS PAS IMPLIQUÉS

"Je n'avais jamais rien vu d'aussi violent. Les gens couraient dans tous les sens. Un vieillard est mort près de moi", raconte Fadouma Elmi, 80 ans.

Les blindés ont riposté en tirant quatre coups de canon et les soldats éthiopiens ont également envoyé des roquettes sur le stade de Mogadiscio où des insurgés s'étaient retranchés, ont précisé des témoins.

La capitale somalienne est le théâtre de violences quasi quotidiennes, imputées aux derniers combattants encore actifs des milices islamiques défaites il y a près de trois mois par les forces du gouvernement intérimaire et les Ethiopiens.

Paddy Ankunda, porte-parole de la mission de paix de l'Union africaine (UA) en Somalie, a déclaré que les soldats ougandais sur place n'avaient pas été impliqués dans les combats. Ces soldats sont déployés à l'aéroport de Mogadiscio, dans la zone portuaire et au palais présidentiel, la Villa Somalie.

Addis-Abeba, pour sa part, dément que des soldats éthiopiens soient parmi les cinq tués traînés dans les rues. "C'est totalement faux", a dit le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

L'ambassadeur des Etats-Unis au Kenya, Michael Ranneberger, qui est également chargé de la Somalie, a condamné le traitement réservé par la foule aux corps des soldats tués. "C'est un acte horrible que nous condamnons dans les termes les plus vifs", a-t-il dit à Nairobi.

 

 

 

 

 

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