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F 736 - 28/04/07.

Tout peut, un jour, arriver, même qu'un acte conforme à l'honneur et à l'honnêteté apparaisse en fin de compte, comme un bon placement politique. Charles de Gaulle (1)

Bouh Warsama

 

Souvenons-nous que dans les heures qui suivirent les attaques terroristes du 11 septembre 2001, prenant pour cibles le World Trade Center et le Pentagone, l'administration américaine désignait d'un doigt clairement accusateur Oussama ben Laden et son organisation, Al-Qaïda, comme étant les suspects les plus probables, responsables desdits attentats.

Le secrétaire d'État Colin Powell qualifia ces attentats comme étant une " déclaration de guerre ", ce que le président George W Bush confirmait dans son discours à la nation le soir même en affirmant qu'il ne " fera aucune distinction entre les terroristes qui ont commis ces actes et ceux qui les ont soutenus ".

L'ancien directeur de la CIA James Woolsey insinuait pour sa part " qu'il y avait complicité de un ou plusieurs gouvernements étrangers " dans ces attentats.

Après le 11 septembre 2001 vint le temps des interrogations. Bien des questions, posées par la presse internationale et relayant l'opinion publique, sont restées sans réponse alors que bon nombre d'éléments troublants et concordants venaient grossir le dossier en s'accumulant dans le même sens au fur et à mesure de l'avancement des enquêtes menées par les journalistes et certains experts. Éléments et témoignages directs allant vers une indubitable remise en question de la thèse officielle de l'administration américaine et qui mettent l'accent, encore de nos jours, sur l'incohérence de dysfonctionnements, graves et cumulés, voire sur la possibilité qu'il ait pu y avoir d'une immense et inquiétante manipulation.

Toujours dans le même esprit, on ne peut que s'étonner que la Police et le FBI aient été immédiatement écartés des enquêtes qui suivront ; enquêtes qui furent confiées à l'Armée américaine et classées dès lors Secret Défense.

 

Après l'Afghanistan et l'Irak, l'administration US impose sa présence militaire à Djibouti.

La déclaration du président Bush, au soir des attentats du 11 septembre 2001, selon laquelle " il ne fera aucune distinction entre les terroristes qui ont commis ces actes et ceux qui les ont soutenus " ne va pas se vérifier dès 2002 pour ce qui concerne l'attitude du président Guelleh, sujet à controverses quant à ses liens effectifs, depuis les années 80 et démontrés, avec ce qui deviendra Al Quaïda, Al Itihad et consorts.

Traditionnelle base française située à l'embranchement de la mer Rouge et du golfe Arabo-Persique, Djibouti ne pouvait que s'ouvrir, sous le prétexte officialisé de lutte antiterroriste, à des forces américaines sans pour cela adhérer à la politique menée par Washington. Encore fallait-il que, dès 2002, le président Guelleh puisse faire démonstration de " bonne gouvernance ", d'une effective ouverture à la démocratie, donc qu'il puisse ainsi s'appuyer sur le soutien de l'Union Européenne, ce qu'il est loin d'avoir obtenu.

A l'inverse du président du Yémen, M Ali Abdullah Saleh, qui a toujours marqué clairement mais diplomatiquement et avec une subtilité arabo-orientale son indépendance politique vis-à-vis de celle menée par l'administration américaine tout en gérant en " famille " et au mieux la résolution des problèmes posés par l'extrémisme faussement religieux et les tentatives d'influences de son voisin au nord du Yémen, Ismaïl Omar Guelleh et dans l'incapacité de mener et d'asseoir une telle politique d'indépendance car plongé qu'il est, on oserait dire jusqu'au cou, dans un embrouillamini " politico-mafieux " au sein duquel se mêlent rackets aux aides internationales, chantages si peu diplomatiques, trafics de matières dites "dangereuses" et d'armes, fomentation de révoltes et d'attentats en Éthiopie, Kenya, Somalie et Somaliland.

Situé géographiquement à un emplacement stratégique, Djibouti joue, par ailleurs, un rôle essentiel dans le dispositif militaire et d'influence déployé par l'Union Européenne qui tente, quant à elle, d'user de son influence grandissante dans la région pour contrebalancer la présence US alors que la France y a perdu majeure partie de la "mainmise" qu'elle exerçait sur son ancien territoire et jardin de 23 000 km2 aux " mille et une turpitudes inavouables ".

Dès l'année 2002 et sous la menace de son éviction du pouvoir, car il a pleine conscience alors que l'administration Bush a la capacité et les motivations pour le faire, Ismaïl Omar Guelleh va donc être contraint au fil des mois à un consensus pour tenter de sauver son trône vermoulu et de se faire une nouvelle virginité apparente vis-à-vis de l'administration US. Il va donc lentement abandonner, en apparence car pris qu'il est d'autre part dans l'étau de l'affaire Borrel, et condamner officiellement dans ses discours ses " amis extrémistes religieux ", avec qui il a fait (et fait encore ?) commerce des armes en Somalie.

Sous l'influence de l'odeur de l'USD et du " pardon " accordé par Washington pour ses errements du passé, le président autoproclamé, homme aux multiples visages et costumes politiques, s'est donc associé à l'idée selon laquelle l'administration Bush s'imposerait durablement dans le pays, avec en prime l'installation de Voice of America pour émettre en direction de la Somalie et du Yémen. L'homme ira même jusqu'à brandir le drapeau de la " Liberté en lutte contre les …artisans de la terreur ", entendez par là les " enturbannés " selon les propres propos d'IOG.

Depuis quelques semaines, ce revirement se traduit par un brusque changement d'attitude de la presse officielle, au service du pouvoir, qui n'a de cesse de célébrer les amitiés djibouto-américaines, d'encenser et de magnifier telle ou telle action outre atlantique menée à Djibouti. L'ennemi, l'Éthiopie de Méles Zenawi, redevient... en apparence l'amie de toujours mais pour combien de temps ?

Ceci étant dit, depuis l'installation en 2003 des Forces US dans le pays, Djibouti est devenu l'un des pivots essentiels de la présence américaine en Afrique mais il est parfaitement clair qu'en quatre années de présence et s'il est vrai que bien des tâches, ponctuelles et à vocation sociale, ont été réalisées par les militaires de la force opérationnelle mixte affectée à la Corne de l'Afrique, un tel dispositif global US, quelque peu étouffant aux dires des Djiboutiens, n'a apporté aucune amélioration sur le plan des libertés civiques, des droits essentiels de l'humain, du fonctionnement de l'État et de sa Justice… Tout ceci se trouve être confirmé dans le contenu des Rapports établis chaque année par les experts du Secrétariat d'Etat US (publiés sur internet) qui, sans complaisance qui est tout à leur honneur et l'un après l'autre, mettent en évidence aucune amélioration constatée voire le plus souvent une aggravation de la situation dans bien des domaines.

Pour ne prendre que deux exemples, un embryon de presse locale, en situation de survivance car se réclamant indépendante, tente de faire face à l'intimidation et aux menaces que fait peser sur elle le pouvoir en place par sa police politique qui n'a rien à envier à la NKVD (Narodnii Komissariat Vnoutrennikh Diél) tout comme à la Guépéou de triste mémoire dans l'ex-URSS.

Qu'une simple phrase écrite dans un article et ayant le don de déplaire au président squatter du Palais de l'Escale à Djibouti, ou à l'un de ses " associés ", et le "broyeur de la liberté d'expression" se met en marche. Le directeur de publication du journal concerné est aussitôt arrêté et emprisonné à la prison de Gabode où les conditions carcérales sont, quant à elles, épouvantables.

 

De nouvelles révélations qui confirment nos affirmations, parues dès 2002, quant aux liens existants entre Ismaïl Omar Guelleh et les mouvements extrémistes qui se réclament à tort de l'Islam !

Dans un récent article paru dans le journal Le Monde, sous la signature de Guillaume Dasquié, la publication d'informations puisées dans un document de la DGSE apporte un nouvel éclairage sur les relais politiques et financiers dont aurait bénéficié Oussama Ben Laden et son organisation Al Qaïda.

Dans le contenu d'une note, datée du 15 février 2001, qui est venue confirmer toutes les alertes que nous avons faites paraître sur le site internet du GED, les rédacteurs mettent en évidence les risques d'attentats qui pourraient être perpétrés, à un moment ou à un autre (et encore de nos jours selon nos considérations), contre les installations militaires françaises à Djibouti tout en s'interrogeant notamment sur les relations entretenues entre le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh et Oussama Ben Laden par l'intermédiaire de son représentant pour la Corne de l'Afrique, Nidal Abdel Hay al Mahainy.

Comme le souligne le journal Le Monde, en puisant ses renseignements dans cette véritable encyclopédie de 328 pages émanant des Services de Renseignements français, il est indiqué que " Nidal Abdel Hay al Mahainy serait arrivé à Djibouti le 26 mai 2000 et aurait, ni plus ni moins, rencontré le président de la République djiboutienne "

Si nul ne saurait prétendre disposer de talents divinatoires au point de pouvoir relater mot pour mot tout ce qu'il s'est dit entre les deux hommes lors de cet entretien, il n'y aurait rien d'étonnant à ce que la DGSE puisse disposer d'enregistrements de cette conversation pourtant tenue secrète…

Pour ce qui nous concerne et comme nous l'avons annoncé, nous ferons paraître dans les semaines à venir des dossiers établis à partir de documents en provenance de Djibouti qui confirmeront les liens existants entre Ismaïl Omar Guelleh et les mouvements extrémistes qui se réclament à tort de l'Islam.

Articulation et intervenants dans les trafics d'armes à destination de la Somalie mais aussi certains transferts de matières dites " dangereuses " ayant transité par Djibouti et à destination du Moyen Orient …avec les noms des " accompagnateurs "…Les liens qu'il pourrait y avoir et les motivations qui auraient pu conduire à l'assassinat du Juge Bernard Borrel, dans la nuit du 18 au 19 octobre 1995 à Djibouti.

 

Pour conclure, nous reprendrons ces propos à vocation humoristique que l'Association pour le Respect des Droits Humain à Djibouti, ARDHD dirigée par Jean Loup Schaal, attribue à Ismaïl Omar Guelleh. Propos de dérision certes mais point dérisoires car combien porteurs d'espoirs pour les familles djiboutiennes qui survivent sous le joug de la dictature à Djibouti.

" Paulette, faut que tu prépares les valises ! "

 

(à suivre)

 

 

 

 

ade