ACTUALITÉS

 

 

http://www.gouv-exil.org/

 

F 738 - 30/04/07.

Plutôt que l'emploi des armes pour combattre la tyrannie et tous ses excès, nous lui préférons la dérision des mots et celle de la caricature.

 

Le 21 avril de cette année, l'Érythrée annonçait avoir suspendu son adhésion à l'Autorité intergouvernementale de développement (IGAD), l'accusant d'avoir pris des décisions qui " saperaient la paix et la sécurité " dans la région de la Corne de l'Afrique. Le président érythréen visait particulièrement son voisin l'Éthiopie, en la personne de son premier ministre Mélés Zenawi, l'accusant " d'ingérence en Somalie " alors que les résultats des récentes enquêtes internationales, publiées en fin d'année 2006, confirmaient que l'Érythrée avait largement contribué à la pérennisation du conflit en Somalie.

Contribution à la pérennisation du conflit en y envoyant un contingent de militaires érythréens, dans les premiers mois de l'années 2006, estimé entre 2 000 et 3 000 hommes accompagnés de bon nombre de convois d'armes et de munitions, dont des armes lourdes transitant pour partie par la Zone Franche du PAID (Port Autonome et International de Djibouti) aux fins de soutenir militairement les tribunaux islamiques, de Cheikh Sharif , de Cheikh Akhmed Mohalim Hassan et consorts, affiliés à des mouvements extrémistes se réclamant à tort de l'Islam.

De l'IGADD à l'IGAD.

Les sécheresses récurrentes des années 1970 et 1980 ont conduit, en 1986, l'Assemblée générale des Nations Unies à créer l'IGADD (Autorité intergouvernementale pour la sécheresse et le développement). Son objectif était alors la lutte contre la sécheresse avec l'ambition, sur le long terme, de renforcer la coopération entre les Etats membres. Le rôle de l'IGADD est cependant resté limité, notamment en raison des tensions entre certains Etats membres.

En 1995, un plan de revitalisation a été engagé afin d'adapter l'IGADD aux nouvelles exigences de la région.

En mars 1996, le sommet de Nairobi aboutit à une réforme profonde de l'institution qui fait alors place à l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), le dernier " D " (drought) étant abandonné.

Considérée comme l'une des principales communautés économiques sous-régionales africaines (CER) par l'Union africaine et tel que défini d'un commun accord entre les pays concernés, le but de cette organisation est de travailler à l'intégration économique régionale, de soutenir la création d'une vaste zone de libre échange et d'un véritable marché commun des biens et des services dans lequel les personnes auront la liberté de déplacement et d'établissement, de préserver et développer la sécurité alimentaire, de prévenir et régler les conflits. Elle est surtout engagée dans la promotion la paix et la stabilité dans la sous-région. Elle tente de créer des mécanismes de prévention, de gestion et de résolution des conflits entre les États et à l'intérieur des États par le dialogue.

Mais en quelques 11 années, constat a été fait que les tensions existantes entre certains Etats membres lors de la création de l'IGAD n'ont eu comme conséquences que d'aggraver une situation bien plus que préoccupante avec la pérennisation des guerres en Somalie, au Soudan et des conflits de frontière entre l'Érythrée et l'Ethiopie.

Du fait de la défection de l'Érythrée, l'IGAD qui ne rassemblait plus que six pays de la région au début de l'année 2007 - Kenya, Ouganda, Djibouti, Éthiopie, Soudan et Somalie - devrait compter une nouvelle défection dans les jours ou semaines à venir.

 

En effet, Ismaïl Omar Guelleh devrait annoncer que la République de Djibouti se retire de l'IGAD et en aurait informé de sa décision, ces jours derniers, l'Union Européenne, les Nations Unies, les USA, l'UNESCO et la France.

Cette défection pourrait fort bien être suivie de celle du Soudan d'Umar al-Bachir qu'il tente de persuader de le suivre dans cette voie.

Par ailleurs, les rapports qu'entretient le président djiboutien avec le président kenyan, M Mwaï Kibaki assumant la présidence de l'IGAD depuis 2006 sont plus que tendus. L'une des raisons en est que le président kenyan est parfaitement conscient des implications d'Ismaïl Omar Guelleh en Somalie tout comme de ses ingérences dans les affaires intérieures du Kenya en y ayant fomenté des troubles et des attentats.

La question à savoir est " Ismaïl Omar Guelleh tenterait-il un nouveau chantage à l'encontre de l'Union Européenne, de l'UNESCO, la France et les bailleurs de fonds de l'IGAD aux fins d'obtenir des concessions dans d'autres domaines et, par évidence, des aides financières…à fonds perdus et qu'il pourrait faire détourner ?"

Avec lui, rien n'est impossible ! Si la a dépravation des institutions djiboutiennes est injustice car elle n'émane pas d'une volonté des populations prises en otages, celle d'Ismaïl Omar Guelleh n'est que cupidité.

 

Le retrait de Djibouti de l'IGAD n'arrangerait pas les " petites affaires " de Youssouf Omar Guelleh, frère d'Ismaïl Omar.

Ceci étant, s'il en est un que le retrait de Djibouti de l'IGAD n'arrangerait pas c'est Youssouf Omar Guelleh, frère d'Ismaïl Omar. Né a Dire-Dawa, Éthiopien à l'origine puis djiboutiannisé, il a commence ses études a l'école primaire de l'Alliance Française a Dire-Dawa qu'il quittera au niveau de la classe du cours moyen 1ère année dans les années 1960.

Des années plus tard et avant l'indépendance, il débarque à Djibouti pour devenir aussitôt citoyen djiboutien et être recruté par les Renseignements Généraux français, rattachés à la Police Nationale. Après l'indépendance, il est muté au ministère des Affaires Etrangères pour être envoyé en Stage … " d'auditeur libre " au Cameroun car ne disposant pas de diplôme lui permettant d'accéder à l'Institut des Relations Internationales (IRI).

Après une année passée au Cameroun en dilettante, Youssouf Omar Guelleh revient à Djibouti pour être aussitôt nommé …Chef de service des " bras croisés " ….au Ministère des Affaires Etrangères.

A la création de l'IGADD, qui deviendra l'IGAD, Ismaël Omar Guelleh saisit l'opportunité offerte pour se rapprocher de son frère et en tirer le meilleur parti pour ses propres intérêts. Malgré l'opposition du Secrétaire Général de cet organisme qui impose que le membre proposé par Djibouti soit détenteur d'un diplôme équivalent à une " Maîtrise ", Ismaël Omar Guelleh fait usage de " chantage… diplomatique " pour imposer son frère comme " Représentant de l'IGAD à Djibouti ….. ".

Dès lors, Youssouf Omar Guelleh, dont il est dit qu'il ne sait quasiment pas lire ni écrire, va démontrer qu'il sait parfaitement compter en se créant, à partir des fonds affectés à l'IGAD, une véritable fortune personnelle que beaucoup lui envieraient.

On s'explique difficilement qu'avec un salaire mensuel d'environ 1 million de FD Djibouti il ait pu, en quelques années, se constituer un patrimoine immobilier d'environ 20 immeubles et villas dans la capitale. S'ajoutent à cela plus de soixante camions de transport et taxis… Dans son entourage professionnel, certains n'hésitent pas à parler de détournement de fonds affectés à l'IGAD et de fausses factures ; ils auraient constitué un " dossier " pour, vraisemblablement, le porter sur la place publique le moment venu.

Dès lors et du fait de l'aspect très lucratif lié à ses fonctions au sein de l'IGAD, on comprend pourquoi Youssouf Omar Guelleh est opposé au retrait de Djibouti de l'IGAD car ce serait pour lui " Tuer la poule aux œufs d'or ".

 

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

ade