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F
741 - 02/05/07.
Afrique
et justice - Séparation des pouvoirs et indépendance de la justice.







SDS
(Service Djiboutiens de Sécurité - Police Politique)
Sur
le site internet Seneweb.com paraissait, le jeudi 27 mars 2007, un article sous
la plume d'Aguibou KANE intitulé " Séparation des pouvoirs
et indépendance de la justice. De la nécessité de supprimer
le Conseil supérieur de la magistrature ".
Article
fort pertinent et qui confirme bien que " l'Ecole de la démocratie
en Afrique " fait son chemin à l'inverse de ce qu'il se passe à
Djibouti.






Nous
transcrivons in extenso le contenu dudit article, notamment à l'attention
de "journaleux" tel ABS de La Nation qui sont plus enclins à
encenser et à glorifier leur seigneur et maître Ismaïl Omar
Guelleh qu'à aborder, avec l'objectivité requise, les sujets de
première importance et les maux récurrents dont souffrent les populations
djiboutiennes.
"L'existence
d'un ministère de la Justice ne peut être qu'une obstruction au bon
fonctionnement de la justice en ce qu'il est, à la fois, juge et partie.
A défaut de supprimer ce ministère, la rupture des liens entre le
ministre de la Justice et le procureur de la République a été
préconisée par les participants à la table-ronde sur la séparation
des pouvoirs et l'indépendance de la justice organisée par l'Organisation
nationale des Droits de l'homme (Ondh) en partenariat avec la Fondation Konrad
Adenauer. Par contre, pour ce qui est du Conseil supérieur de la magistrature,
ils ont suggéré sa suppression pure et simple et son remplacement
par un Ordre des magistrats.
Dans
un pays soucieux du principe de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance
de la justice, il n'est point admissible d'y voir exister un ministère
de la Justice. C'est la conviction des participants à la table ronde initiée
par l'Organisation nationale des droits de l'Homme (Ondh) en partenariat avec
la fondation Konrad Adenauer et dont le thème portait sur la séparation
des pouvoirs et l'indépendance de la justice. Tous ont reconnu que l'existence
d'un tel ministère ne peut être qu'une obstruction au bon fonctionnement
de la justice en ce qu'il est, à la fois, juge et partie.
De
l'avis des participants, le Conseil supérieur de la magistrature (Csm)
au sein duquel siège le Garde des Sceaux derrière le président
de la République, ne consacre pas le principe de la séparation des
pouvoirs. La prépondérance de la voix du chef de l'Etat dans le
devenir des magistrats est illustrative de la mainmise de l'Exécutif sur
le Judiciaire. Toute chose qui jure d'avec la séparation des pouvoirs telle
que consacrée par la Constitution sénégalaise dans son préambule.
D'où la nécessité, pour les initiateurs de la table ronde,
de supprimer purement et simplement le Conseil supérieur de la magistrature
qui est 'une violation d'une disposition fondamentale de notre Constitution'.
En lieu et place, les participants proposent un Ordre des magistrats comme il
en existe dans d'autres corps et où ne siégeront que des professionnels
du droit. De l'avis du secrétaire général de l'Ondh, cela
est d'autant un impératif qu'il contribue à rendre crédibles
nos institutions.
Retraçant
l'histoire du principe de la séparation des pouvoirs, le juriste Malick
Tambédou rappelle que c'est à l'occasion d'un séjour qu'il
effectua en Angleterre de 1729 à 1730 que le philosophe et écrivain
français, Montesquieu, tomba sous le charme du régime politique
de son pays d'accueil. Du point de vue de ce grand penseur, il s'agissait du régime
politique idéal parce qu'empêchant toute possibilité de dérive
despotique du pouvoir et traduisant la liberté des citoyens. Mais, selon
le juriste, 'l'aristocrate français s'était surtout rendu compte
que si ce régime avait ainsi réussi à trouver des solutions
à la contradiction entre autorité et liberté, c'est parce
qu'il était sous-tendu par un principe qu'il venait alors de découvrir,
celui de la séparation des pouvoirs'.
Historiquement
mis en place pour la première fois par la première constitution
écrite du monde, en l'occurrence celle des Etats-Unis d'Amérique,
le principe a été plus tard consacré par la célèbre
déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 laquelle dispose
en son article 16 : 'Toute société dans laquelle la garantie des
droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminés,
n'a point de constitution'. Mais de l'avis de Malick Tambédou ce principe
de séparation des pouvoirs n'est nulle part appliqué à la
lettre, même pas au pays de l'Oncle Sam, considéré comme une
référence en la matière.
Au
Sénégal, il y a ce que le juriste Tambédou appelle 'les tempéraments'
qui illustrent parfaitement l'imbrication des différents pouvoirs consacrés
par la Constitution. Ce phénomène qui caractérise la législation
sénégalaise fait que ces pouvoirs restent interdépendants.
Il en est ainsi lorsque l'Assemblée nationale initie des questions orales
en direction des membres de l'Exécutif ou qu'elle use d'une prérogative
constitutionnelle pour révoquer un gouvernement mis en place. De même,
le ministère de la Justice peut impulser des poursuites pénales
contre un citoyen de quelque bord qu'il se situe, par le biais du parquet ; ou
encore la dissolution de l'Assemblée nationale par le président
de la République.
Mais
de l'avis de nombre d'intervenants, le mal du régime politique sénégalais
est qu'il s'est beaucoup inspiré de la Constitution française. Tout
droit véhiculant une morale, certains ont regretté que notre loi
fondamentale se soit inspirée de la tradition des autres.
En
tout état de cause, soutient le secrétaire général
de l'Ondh, il urge de définir une démarcation entre les trois pouvoirs
constitutionnels afin de garantir au citoyen ses droits. Pour ce faire, explique
Pape Demba Sy, professeur de Droit à l'Ucad, des réformes s'imposent.
Aussi, propose-t-il entre autres, la rupture des liens entre le ministre de la
Justice et le procureur de la République, l'instauration d'un système
permettant au Judiciaire de gérer son propre budget mais aussi une formule
où le président de la République ne pourra plus être
le maître du destin des magistrats"