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F
743 - 04/05/07.
Le
bien-être des enfants va de pair avec celui des femmes
C'est
la conclusion du rapport 2007 sur la situation des enfants dans le monde, publié
par l'Unicef et qui porte sur la santé, l'éducation, la lutte contre
la violence sexuelle, contre le VIH/sida.
Le
rapport "Situation des enfants dans le monde 2007" dénonce les
injustices dont les femmes sont victimes tout au long de leur vie.
Les
recensements et récits de naissances révèlent en Asie une
proportion anormalement élevée de petits garçons de moins
de 5 ans par rapport aux filles du même âge, et de naissances de garçons
plutôt que de filles, et ce particulièrement en Inde et en Chine.
Cela suggère que des infanticides et des interruptions de grossesse ont
lieu en fonction du sexe de l'enfant dans les deux pays les plus peuplés
du monde, et ce en dépit des initiatives menées pour éradiquer
ces pratiques dans l'un et dans l'autre de ces pays.
Plus
de 15 millions d'enfants en âge d'être scolarisés en primaire
ne suivent pas les cours. Pour 100 garçons qui ne vont pas à l'école,
il y a 115 filles dans la même situation.
Près
d'une fille sur cinq dans le monde en développement n'achève pas
son cycle d'études primaires.
Les
conséquences de l'éducation sur la santé
Dans
le monde en développement, seulement 43% des filles en âge d'être
scolarisées dans le secondaire y sont effectivement. Les recherches montrent
que les femmes qui ont reçu une éducation ont un moins grand risque
de mourir pendant leur(s) accouchement(s) et ont plus de chances d'envoyer leur(s)
enfant(s) à l'école.
Une
étude de l'Unicef sur une série de pays d'Amérique latine,
des Caraïbes, d'Asie du sud et d'Afrique sub-saharienne révèle
qu'en moyenne, les enfants dont les mères n'ont pas bénéficié
d'éducation ont au moins deux fois plus de risques de ne pas être
scolarisés en primaire que les enfants dont les mères ont elles-mêmes
été en primaire.
Il
y a actuellement dans le monde plus de 130 millions de femmes et de filles qui
ont été victimes de mutilations génitales. Ces pratiques
peuvent avoir de graves conséquences sur leur santé, notamment par
de mauvaises cicatrisations augmentant le risque d'infection par le VIH, des complications
après l'accouchement, des inflammations, et une incontinence urinaire.
Plus les filles
sont jeunes pour leur première relation sexuelle, plus le risque que cette
relation leur ait été imposée est grand. Selon une étude
de l'Organisation mondiale de la santé, 150 millions de filles et 73 millions
de garçons de moins de 18 ans ont fait l'expérience de relations
sexuelles forcées ou d'autres formes de violence physique et sexuelle en
2002.
Dans le
monde, 36% des femmes âgées de 20 à 24 ans étaient
mariées ou en couple avant l'âge de 18 ans, le plus couramment en
Afrique sub-saharienne et en Asie du sud, où cette habitude est souvent
une ancienne tradition difficile à remettre en question. La précocité
des grossesses et des accouchements est l'une des dangereuses conséquences
des mariages d'enfants.
Les
dangers entraînés par le mariage précoce
14 millions de
filles de 15 à 19 ans donnent naissance à un enfant chaque année.
Si une mère a moins de 18 ans, le risque pour son bébé de
mourir durant la première année est 60% supérieur à
celui que court un bébé dont la mère a plus de 19 ans. Les
bébés de mères de moins de 18 ans courent plus de risques
d'insuffisance pondérale à la naissance, de sous alimentation, et
de retards dans leur développement physique et intellectuel.
Chaque
minute, une femme meurt des suites des complications de sa grossesse, ce qui,
rapporté à l'année, représente plus d'un demi million
de femmes. 99% des cas de mortalité maternelle concerne le monde en développement,
dont plus de 90% en Afrique et en Asie. En 2000, les deux tiers des cas ont concerné
les 13 pays les plus pauvres du monde. L'Inde à elle seule en représentait
le quart.
Une
femme sur 16 en Afrique subsaharienne meurt des conséquences de sa grossesse
ou de son accouchement, contre 1 sur 4000 dans les pays industrialisés.
Les nouveau-nés privés de mères ont entre 3 et 10 fois plus
de risques de mourir que ceux dont la mère a survécu.
La
discrimination favorise l'infection par le VIH
Dans
plusieurs régions d'Afrique et des Caraïbes, les jeunes femmes âgées
de 15 à 24 ans ont six fois plus de risques d'être infectées
par le VIH que les hommes du même âge. Cela s'explique en partie par
des raisons physiologiques propres à l'appareil génital féminin.
Mais la discrimination sociale joue également un rôle, en refusant
aux femmes le pouvoir de négociation dont elles ont besoin pour réduire
le risque d'infection.
Les
taux d'analphabétisme élevés parmi les femmes les empêchent
d'être informées sur les risques d'infection par le VIH et sur les
moyens de se protéger. Une étude menée sur 24 pays d'Afrique
sub-saharienne a révélé, chez plus des deux tiers des jeunes
femmes, des lacunes dans la connaissance de la transmission du VIH.
Les
femmes plus âgées peuvent être victimes de discriminations
à la fois liées au sexe et à l'âge.
Les
femmes ont tendance à vivre plus longtemps que les hommes et peuvent ne
pas avoir le contrôle des ressources familiales : elles peuvent être
déshéritées ou être victimes de lois injustes sur la
propriété.
Très
peu de pays en développement ont des dispositifs satisfaisants pour les
personnes âgées.