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F 745 - 06/05/07 -

Chronique d'un régime de la terreur, à la dérive et au bord du gouffre

Libertyman

 

Loin est le sentiment et, aussi, la conscience de vivre un temps nouveau, qui gagnèrent la capitale, les villes de l'intérieur du pays et les différents villages, un certain 27 juin 1977.

Les populations djiboutiennes se trouvaient, pensaient-elles, à l'aube d'une ère nouvelle ; à savoir d'une ère de liberté dont l'indépendance de l'ancien territoire des Afars et des Issas était porteuse à la naissance de la République de Djibouti.

Chacun a déchanté, notamment depuis 1999, si l'on se réfère à la situation catastrophique actuelle dans laquelle survivent et se débattent les populations dans la capitale djiboutienne - privées d'eau potable, d'électricité et avec une augmentation surdimensionnée du coût de la vie à laquelle ils ne peuvent répondre financièrement - toutes les passions humaines pourraient, alors, se manifester à très court terme dans un brusque mouvement imprévisible de révolte dans les rues et devenant rapidement incontrôlable.

Ce serait alors une faim, tant physique que morale - alors que plus de 80 % des femmes et des hommes dits en âge d'avoir un emploi sont au chômage - et qui est à l'image du ressenti dans tout le pays, qu'exprimeraient les populations djiboutiennes dans les rues de la capitale avec le risque qu'il y ait un véritable embrasement dans chaque région.

Il convient pour les instances internationales et les grands pays occidentaux de prendre enfin et pleine conscience que la République de Djibouti est devenue un Etat de la terreur et en conséquence de quoi une véritable poudrière. Celles et ceux qui endurent oppression et répression à répétitions et qui luttent contre ce régime de la terreur, imposé par Ismaïl Omar Guelleh et quelques complices, en " revendiquant " leur détermination sans accepter de compromissions et en refusant de baisser la tête sont les victimes d'une ignorance occidentale inadmissible qui n'a que trop duré.

Le recours à une grève ou à une manifestation par les plus acharnés des Djiboutiennes et des Djiboutiens, à qui il ne reste aucune autre alternative car tous leurs droits ont été confisqués, et les réponses indignes qui leur sont opposées par les bastonnades et les tirs d'armes à balles réelles, sur ordre du plus répressif des pouvoirs qu'ait connu Djibouti depuis son accession à l'indépendance, sont les signes d'une même et bien sinistre réalité.

 

Les instances internationales et les grands pays occidentaux ne doivent pas tomber dans le piège tendu par le président Ismaïl Omar Guelleh.

Derrière les images falsifiées, dans une capitale où se construisent ca et là quelques hôtels, restaurants et bar, des entreprises censées être d'intérêt public mais en réalité privatisées artificiellement, à partir des aides internationales et des fonds publics détournés, on tente de masquer qu'à quelques centaines de mètres de là c'est la misère et le pire des dénuements qu'il soit. Il convient d'avoir le courage d'aller voir ce qu'il s'y passe en ouvrant les yeux.

Quant aux opérations, dénommées pudiquement de " décasement " afin de rassurer les instances internationales sur ce qu'il s'y construira dans ces quartiers, chacun sait qu'après expulsion des occupants les fonds internationaux, censés être consacrés à la construction d'un habitat à vocation sociale, seront, une fois encore, détournés pour majeure partie du projet initial.

On y construira effectivement quelques immeubles mais à quel prix et qui, hormis les familles contraintes et inféodées au pouvoir politique en place, seront les affectataires de ces logements ?

Dans la réalisation financière d'un projet global, les experts comptables et financiers notent la multiplication de fausses factures et de frais divers incontrôlables, cautionnés par l'ordonnateur du projet qui est le Ministre djiboutien des Finances, qui vont s'ajouter les uns aux autres rendant quasiment impossible toute conclusion d'expertise mettant en évidence, officiellement et nominativement, les responsables de cette gabegie. On sait mais l'on a une obligation de réserve, donc de silence !.

Quant à la grande majorité des espaces publics, " libérés " lors de ces opérations dites de " décasement " dans les quartiers défavorisés de la capitale, il sont achetés officiellement et pour une somme modique par l'un, l'une ou l'autre des spéculateurs fonciers - véritables rapaces - aux fins d'y faire construire - à partir des fonds internationaux détournés - des hôtels, restaurants, bars mais aussi immeubles et villas destinés à être loués à des prix exorbitants aux familles des militaires et coopérants étrangers stationnés à Djibouti.

Au sommet de cette pyramide des " spéculateurs et filous " en col blanc ou en jupe confectionnée sur mesure par l'un des plus grands couturiers parisiens, on trouve Kadra Mahamoud Haïd et le président Ismaïl Omar Guelleh qui, quant à lui, n'intervient pas directement afin de donner l'illusion de respecter le sens moral que lui impose ses fonctions de chef de l'Etat mais utilise comme à l'accoutumée les services, grassement rémunérés, de son " agent d'affaires " Abdourahman Mahamoud (Mohamed) Boreh.

Observons que le " donneur d'ordres " reste et demeure Ismaïl Omar, même si son épouse Kadra Mahamoud Haïd a créé son propre staff de soutiens et de copinages et qu'elle conteste, chaque jour un peu plus, son autorité et surtout la part majoritaire qu'il s'octroie dans toutes les " Affaires, trafics et rackets " qu'il impose.

 

" Circulez ! il n'y a rien à voir dans les affaires de la France… ".

Dans chaque projet dit de développement affecté à la République de Djibouti, on sait au niveau des hautes instances des bailleurs de fonds qu'il y a détournements d'aides financières internationales. On en connaît parfaitement le montage et l'articulation mais nul n'osera, au niveau des instances internationales, dénoncer ce qui doit l'être sous peine de créer une crise internationale impliquant le gouvernement français qui couvre, pour d'obscures raisons (pas si obscures que cela …), le donneur d'ordres de ces détournements, spécialiste du racket et maître chanteur ; entendez par là, son Excellentissime Sérénité Ismaïl Omar Guelleh.

Ajoutons à cela que, comme c'est très souvent le cas, si les fonds financiers affectés proviennent des finances publiques de la France et bien qu'ils soient affectés à tel ou tel projet de Développement dans le cadre et supervisé par l'Union Européenne, il sera alors rétorqué aux éventuelles remarques formulées par l'UE quant aux détournements démontrés que …" Ce ne sont pas des fonds de l'UE mais des finances françaises ! ". Une manière de dire au Commissaire européen " Circulez ! il n'y a rien à voir dans les affaires de la France… ".

Que dire des villes et des villages de l'intérieur du pays et tout particulièrement en pays Afar ! Hormis le fait que les instances internationales, dont l'Union Européenne, y ont fait réaliser quelques installations, publiques et prioritaires, on ne note qu'un strict minimum de financement - quasi inexistant - de l'Etat djiboutien alors qu'il a l'outrecuidance de s'approprier la paternité de l'intégralité des réalisations dans sa propagande éhontée.

Cette politique de la mendicité et du chantage à la pauvreté, et qu'a largement développé puis conforté le président Guelleh sur le plan international, permet de réaliser des énormes fortunes personnelles par détournement des fonds internationaux et publics sans qu'il soit mené une véritable et effective politique d'amélioration des conditions sociales pour les populations.

Les grandes déclarations et projets ne sont que des artifices de façade.

Il suffit pour s'en convaincre d'aller véritablement sur le terrain concerné et de ne pas se contenter de la comédie ubuesque des discours du pouvoir en place et de la seule vision qu'il tente d'imposer. Celle que l'on peut avoir du haut des appartements climatisés vers la mer, dans les hôtels les plus huppés de la capitale ou sur les îles de Musha et de Maskali.

Là ne se trouve pas la réalité d'un peuple djiboutien pris en otage, asservi par la terreur imposée et qu'inspire le pouvoir d'Ismaïl Omar Guelleh.

Pour en revenir aux installations réalisées à partir de fonds internationaux contrôlés - dans la mesure du possible - par les bailleurs de fonds internationaux, elles sont, ensuite et le plus souvent, pillées de leur contenu alors que les infrastructures - construites suivant des " normes locales " - sont laissées à l'abandon par l'Etat djiboutien actuel qui démontre ainsi ses incompétences récurrentes, entre autres, en matière de gestion rationnelle des édifices publics. Par l'entremise de ses ministères et bien qu'il prétende le contraire, l'Etat djiboutien n'exerce aucun contrôle effectif et de bon fonctionnement mais prévoit, tout de même, dans son budget de fonctionnement une enveloppe financière consacrée à l'entretien des édifices publics. Le problème étant que, sauf à penser qu'il y ait un ministre concerné et à la hauteur de sa tâche, car il y en a peu mais il y en a, dès son affectation financière effective l'enveloppe budgétaire d'entretien des infrastructures se trouve " assaillie " de toutes parts pour être rapidement vidée de son contenu.

Pour ce qui concerne l'ordonnateur et Ministre djiboutien des Finances il viendra ensuite et épisodiquement présenter avec obséquiosité un nouveau projet de première importance devant les bailleurs de fonds et obtiendra ainsi, par l'intermédiaire des finances publiques de la France ou appuyant la demande, les fonds nécessaires pour un nouveau projet

 

.............................. (à suivre)

 

 

 

 

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