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F 746 - 06/05/07 -

Chronique d'un régime de la terreur, à la dérive et au bord du gouffre (suite)

Libertyman

 

Malgré les menaces d'IOG, le Gouvernement en Exil de Djibouti continue inlassablement ses démarches.

Le Gouvernement en Exil de Djibouti (GED) n'a eu de cesse de tirer la sonnette d'alarme auprès des intances internationales et des grands pays occidentaux présents à Djibouti tant sur cette situation déplorable de gabegie cautionnée que sur la dégradation de la situation politique, économique et plus encore sociale. Notamment depuis 2003, avec, de surcroît, la mise en évidence de l'exploitation éhontée faite par la politique menée par l'actuel chef de l'Etat djiboutien qui utilise, entre autres, les rejets des communautés ethniques et tribales, les unes par rapport aux autres, qui se sont progressivement éveillées à l'appel de quelques-uns qui se situent en périphérie directe du pouvoir en place.

 

Ces jours derniers, une délégation du GED, conduite par Ali Abdillahi Iftin a rencontré les instances de l'Union Européenne.

Au cours d'un long entretien à Bruxelles, le chef de délégation du GED a exposé point par point tous les maux dont souffrent la communauté djiboutienne dans le pays mais aussi quelles étaient les propositions du Gouvernement en Exil de Djibouti pour tenter d'y remédier en instaurant, dans un premier temps, un gouvernement d'union nationale.

Il a insisté sur le fait que les forces de répressions, agissant sur ordre du Palais de l'Escale et qui avaient l'habitude de ne rencontrer que des hommes et des femmes apeurés ou des " fuyards " se heurtent, maintenant et lors des manifestations qui se multiplient, à des citoyens et des citoyennes décidés à ne pas céder un pouce de terrain pour obtenir justice, amélioration de leurs conditions de vie, respect de leurs droits humains et pour qu'enfin une amorce de démocratie soit instaurée dans leur pays.

Lors de cet entretien, il a été précisé que les forces, dites de répression, sont de plus en plus réticentes à exécuter les ordres donnés par le Palais de l'Escale en tirant sur la foule des manifestants. Chacun semble prendre conscience de l'inutilité de tels actes répressifs face à des manifestants, au nombre sans cesse grandissant, venus exprimer un mal de vivre qui touche gravement plus de 95 % de la population de Djibouti.

Menant une politique jusqu'auboutiste qui contraint le pays à la révolte, le régime de la terreur et de la censure, instauré par Ismaïl Omar Guelleh, est en perpétuel constat d'échec au point qu'il ne sait plus à quelle nouvelle forme de répression se vouer. Chaque victime de la répression aveugle, chaque arrestation arbitraire, chaque emprisonnement est dénoncée aussitôt auprès des instances internationales, des grands pays occidentaux présents à Djibouti, de l'opinion publique et auprès des médias ; elle fait l'objet d'une véritable levée de boucliers dans le monde occidental avec un front du refus au premier rang duquel on trouve les incontournables associations ARDHD, présidée par JL SCHALL qui, paraît-il ferait passer bien des nuits "cauchemardesques..." à IOG, et SURVIE disposant, l'une et l'autre, d'une grande crédibilité en matière de défense des Droits de l'Humains.

Crédibilité et opiniâtreté dans l'action qui dépassent de loin les frontières de l'hexagone et d'un poids nécessaire qui leur permet aujourd'hui de mobiliser près de 250 autres associations ayant même vocation dans le monde, dont plus de 40 aux Etats-Unis d'Amérique.

Même s'il n'en fait pas toujours publicité, le Gouvernement en Exil de Djibouti intervient à sa manière en actionnant, dans de telles circonstances, son large tissu relationnel. Si l'on discerne parfois chez nos interlocuteurs une certaine gêne dans leur réponse à nos demandes d'intervention diplomatique, on sait par ailleurs que notre démarche n'est en rien inutile car l'un ou l'autre… ou l'autre encore fera remonter l'information et qui vraisemblablement générera une intervention. Chaque mort, chaque blessé, chaque arrestation arbitraire, chaque emprisonnement est une faute grave s'ajoutant aux autres dans un bilan qui s'alourdit et qui a comme conséquence de démystifier la politique menée par le président Guelleh. Vérité qui s'est faite jour dans l'esprit des interlocuteurs que nous sollicitons pour la libération de tel ou tel djiboutien, sans distinction de son appartenance tribale ou ethnique.

 

Nul ne saurait dire " Je ne sais pas ce qu'il se passe à Djibouti ! "

De cela, les instances internationales et les grands pays occidentaux présents à Djibouti en sont parfaitement conscients, tout comme ils n'ignorent pas l'imminence d'un soulèvement des populations, même s'ils ne font aucune déclaration officielle en ce sens. Dans cette affirmation, nous nous appuyons sur la multiplicité et sur le contenu de nos entretiens à haut niveau, ne serait-ce, que ceux de ces 6 derniers mois.

D'entretien en entretien, le leader du Mouvement Djiboutien de Libération Nationale et membre du GED qui ne ménage pas sa peine s'est longuement expliqué dans bien des domaines et, encore récemment, sur les difficultés auxquelles sont confrontés les membres responsables du GED pour créer officiellement leur propre parti politique à Djibouti bien que disposant, sur place et en exil, des militants et compagnons en nombre largement suffisant pour le faire.

Comme l'a déclaré Ali Iftin :

" Ceux qui, parmi nous, exerçaient des responsabilités au sein du GED ou du MDLN, aussi secondaires pouvaient elles être, et qui ont tenté de rejoindre Djibouti se sont vus, soit refuser un visa de séjour, soit ils furent arrêtés et emprisonnés dès leur descente d'avion, puis torturés sous le seul motif d'appartenance au GED ou au MDLN, soit ils ont été contraints de " rentrer dans le rang " imposé par le pouvoir d'Ismaïl Omar avec menaces voire viols perpétrés sur les membres de leur famille, soit ils ont totalement disparu et nous ignorons où ils se trouvent à l'heure actuelle ".

Il a ajouté :

" La méthode d'Ismaïl Omar Guelleh n'a pas varié, j'ose prétendre l'avoir côtoyé de près durant bien des années pour affirmer bien le connaître. J'ai espéré en un temps qu'il infléchirait sa politique et ses méthodes ; dans ce cas et seulement dans ce cas j'étais prêt à un dialogue et à me rendre à Djibouti mais hélas il n'en a rien été car il a persisté dans ses erreurs et ses pratiques.

Dans son esprit, soit vous êtes inféodé à ses valeurs, soit vous êtes contre lui ; donc à abattre quels qu'en soient les moyens ou votre lieu de résidence. Il n'y a pas de place pour une opposition structurée et représentative à Djibouti, ce qu'il ne peut maîtriser soit il l'achète et y met le prix en fonction de la représentativité de la personne concernée, soit il le brise ou le met sous "résidence surveillé" avec quasi impossibilité de bouger le petit doigt. Quant à la presse d'opposition, elle ne peut parler dans ses colonnes que "de la pluie et du beau temps" car dans le cas contraire et si un écrit vient à déranger Ismaïl Omar Guelleh ou l'un de ses caciques, c'est l'incarcération à Gabode avec séance de bastonnades ou tortures en prime....

D'autre part, comme tant d'autres qui ont eu à subir de tels actes odieux, j'ai bonne mémoire des tentatives de chantage puis d'élimination physique dont je fus l'objet à Addis Abéba puis ici même à Bruxelles afin de me contraindre de plier à ses volontés. Les constats établis par la police belge témoignent, pour le moins, d'une tentative avortée d'enlèvement de mes enfants avec l'arrestation des coupables, mais libération ensuite car disposant de passeports diplomatiques djiboutiens.

Puis est venu l'épisode récent d'une tentative d'enlèvement de mes propres parents à Borama ; lieu paisible de retraite choisi par mon père et ma mère au Somaliland, où ils ne se mêlent pas de politique. Cette tentative a, elle aussi et bien heureusement, avorté et confirme bien qu'Ismaïl Omar Guelleh ne respecte plus rien, y compris les personnes âgées.

Il a perdu tous ses repères et les traditions ancestrales instaurées chez les issas mamassans pour ce qui concerne le respect que nous devons aux " vieux ", comme l'on dit chez nous.

Ismaïl Omar Guelleh n'est pas en droit de revendiquer une quelconque appartenance à la grande famille des Issas ; il a fait le choix de l'affairisme mafieux et d'affamer les populations tout en instaurant la terreur, en dehors de toute sainte valeur religieuse d'Al Kürran, après s'être autoproclamé à la tête de l'Etat.

- En faisant le choix de la dignité et de l'honneur du militaire que je suis, plutôt que verser dans les compromissions et la lâcheté dans l'assassinat de la justice française ;

- en faisant le choix de l'exil pour défendre d'ici les Djiboutiennes et les Djiboutiens car nous avons le besoin impératif du soutien international, plutôt qu'être aux ordres d'un régime de la terreur et du mensonge qui pille mon pays en asservissant les populations ;

j'ai pris un engagement moral conforme à la respectabilité des traditions Issas dans leur ensemble mais aussi à celle des autres tribus et ethnies qui composent la République de Djibouti. Quel qu'en sera le prix à payer, je respecterai cet engagement.

A très courte échéance, arrivera le moment où je reviendrai à Djibout pour faire entendre raison à Ismaïl Omar Guelleh, et bien plus tôt qu'il pourrait le penser ".

 

 

 

 

 

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