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751 - 09/05/07 -
Avec
la paix qui semble se dessiner en Somalie, IOG tente de rebondir en relançant
le conflit entre le Somaliland et le Puntland.
Africanman
Ismaïl
Omar Guelleh ne peut se satisfaire de l'amorce de paix qui semblerait s'instaurer
à Mogadiscio et sur la majeure partie du territoire somalien.
On
trouve en cela deux raisons, la première de ces raisons étant que
le dictateur djiboutien est l'un des principaux pourvoyeurs d'armes et de munitions
du conflit somalien, très lucratif, depuis les années 90 et dont
il fait ignoble commerce. Ses trafics et toutes ses ingérences en Somalie,
au mauvais sens du terme, furent démontrés et dénoncés
officiellement, une nouvelle fois, dans l'un des récents rapports établi
en 2006 par les experts de l'ONU.
En
second lieu, Ismaïl Omar Guelleh a vainement tenté de s'imposer auprès
des instances internationales et de l'IGAD comme étant " l'homme providentiel
" capable de résoudre le problème car ses manigances lors des
Accords d'Arta furent mises à jour et le conduisirent à un échec
qu'il n'a toujours pas "digéré".
Les
artificiels Accords d'Arta !
De
nombreuses tentatives de résolution (plus d'une douzaine) de la crise en
Somalie ayant échoué, Ismaïl Omar Guelleh avait tenté,
en un temps, un coup de poker en étant l'initiateur de la Conférence
d'Arta. Les aides internationales affluèrent à Djibouti ; on sait
ce qu'il en advint et comment elles furent rapidement dilapidées pour acheter,
ça et là, quelques consciences et conforter, entre autres, les comptes
bancaires de son "complice" Abdulkassim Salat Hassan.
Le
gouvernement national de transition (GNT) du président Abdulkassim Salat
Hassan qui s'en dégagea fut très largement minoritaire en Somalie.
De par les exclusions qui vont suivre, auxquelles s'ajoutaient les manipulations
dans le processus de création du GNT, puis en faisant fonctionner la "planche
à billet", le président du GNT va provoquer l'écroulement
de la monnaie somalienne. Alors que, par ailleurs sur le plan politique, il va
être confronté à l'hostilité de tant de tribus locales
et puissantes, de chefs de guerre et de l'Éthiopie que l'avenir de son
gouvernement fantoche paraissait, dès sa création, voué à
l'échec.
Le
GNT s'installa néanmoins à Mogadiscio en octobre 2000, mais n'exercera
sa fragile autorité que sur quelques petits quartiers secondaires dans
la capitale somalienne. Il ne parviendra pas à s'imposer face aux factions
du sud (Aidid, Musa Sudi dans la capitale, Armée de Résistance Rahanwein
- RRA, Général Morgan
.), et aux entités du nord du
Somaliland et du Puntland qui avaient déclaré leur indépendance
en 1991. Ce fut un échec cuisant !
En
mars 2001, le GNT subissait la concurrence brutale, soutenue par l'Éthiopie,
d'un Conseil somalien de réconciliation et de restauration (CSRR) présidé
par Hussein Mohamed Aïdid, le fils du défunt général
Mohamed Farah Aïdid. Echec du CSRR dont se félicita IOG car servant,
pensait-il, ses intérêts pour l'avenir !
Mais
l'IGAD, au sein de laquelle Ismaïl Omar Guelleh s'est isolé, va relancer
le 15 octobre 2002 de nouveaux pourparlers inter-somaliens à Nairobi, au
Kenya et non à Djibouti, au grand désespoir d'IOG. Dans les derniers
mois de l'année 2004, ces nouveaux pourparlers inter-somaliens mèneront
les principaux chefs de guerre et de mouvements politico-militaires du pays à
signer une Charte fédérale.
Un
nouvel espoir va naître dans l'esprit de ceux qui souhaitent véritablement
l'instauration de la Paix en Somalie.
C'est
donc sous l'égide de l'Autorité régionale intergouvernementale
de développement , IGAD ,réunissant Djibouti (avec un Ismaïl
Omar contraint d'accepter mais qui aura tout fait pour s'y opposer), l'Erythrée,
l'Éthiopie, le Kenya, l'Ouganda et le Soudan avec un Forum de partenaires
- la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Norvège, la France, le
Japon et l'Union européenne, que la Conférence de Réconciliation
Nationale va conduire à l'élection du Colonel Abdullahi
Yusuf à la présidence
de la Somalie, en octobre 2004, après des négociations qui auront
duré deux années. En novembre de la même année, le
nouveau président nomme comme premier ministre, M Ali Mohamed Gedi.
Bien
que cela ne fasse pas les " affaires " d'Ismaïl Omar Guelleh, il
se précipitera néanmoins pour inviter, à Djibouti, le nouveau
président de la Somalie. De cette visite de courtoisie, du Colonel
Abdullahi Yusuf à
Djibouti, rien de déterminant n'en sortira quant à l'amélioration
des relations entre les deux hommes. Fort des expériences passées,
le nouveau président somalien sait parfaitement à quoi s'en tenir
sur les réelles intentions d'Ismaïl Omar Guelleh.
Ismaïl
Omar participe à la relance... du conflit en Somalie et certes pas à
l'instauration de la paix !
Dès
lors et comme il le fit dès l'échec du GNT du président Abdulkassim
Salat Hassan et des Accords d'Arta en 2000, Ismaïl Omar Guelleh va tenter
de briser ce qu'il ne peut politiquement maîtriser et agir en participant
activement à l'aggravation du conflit au sud de la Somalie.
Il
va y multiplier l'approvisionnement en armes et munitions et financer certains
chefs de guerre en parallèle avec les factions intégristes liées
à Al Qaïda (Al-Ittihad al-Islamiya) implantées dans la région.
Puis, il va soutenir les tribunaux islamistes lorsqu'ils se rendront maîtres
de Mogadiscio et d'une partie de la Somalie pour ensuite se désolidariser
des "enturbannés" (selon ses propres propos) lorsque "le
vent va tourner".
Comme
cela a été dit et confirmé à maintes reprises par
d'anciens officiers djiboutiens, militaires, gendarmes et policiers ayant participé
à ces opérations et aujourd'hui en exil, le port et l'aéroport
de la capitale djiboutienne vont être des plates formes de première
importance dans la région pour le regroupement puis l'expédition
des armes et des munitions à destination de la Somalie.
Après
des accords passés entre Ismaïl Omar Guelleh et Issayas Afwerki, qui
cherchent l'un est l'autre à déstabiliser le gouvernement éthiopien
dirigé par Meles Zenawi, l'Erythrée va discrètement s'engager
dans le conflit somalien. Elle va approvisionner à son tour le conflit
en armes et en munitions puis en hommes aguerris notamment les factions intégristes
liées à Al Qaïda (Al-Ittihad al-Islamiya) et les tribunaux
islamiques ; tout en soutenant un mouvement de libération en Ogaden (en
association avec IOG) pour créer un artificiel front chez son voisin, au
sud est de l'Ethiopie, afin de l'inciter à disperser ses forces militaires.
De par les
accords passés entre Ismaïl Omar Guelleh et Issayas Afwerki, les
convois d'armes et de munitions pourront aisément ainsi franchir la frontière
djiboutienne à Doumeïra pour être encadrés par des militaires
djiboutiens et rejoindre ensuite par la piste la route de l'unité puis
Loyada et pénétrer dans le territoire du Somaliland et poursuivre
leur route.
Attentat
manqué contre le président somalien, Abdullahi Yusuf
Le
18 septembre 2006, le président somalien, Abdullahi Yusuf, sortait miraculeusement
indemne lors d'une tentative d'assassinat à la voiture piégée
alors que le cortège présidentiel sortait du Parlement, installé
dans la ville de Baïdoa.
Cinq
membres de l'entourage présidentiel, dont son propre frère et un
membre de sa famille ont péri dans l'explosion et six des assaillants furent
ensuite tués lors d'affrontements armés avec les gardes du corps
du président.
Si
les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Ismaïl
Mohamed Hurre, qui s'ensuivirent, précisaient que cet attentat portait
la griffe d'Al-Qaeda, il semblerait, qu'après enquête, la culpabilité
d'Ismaïl Omar Guelleh, comme " donneur d'ordre ", ait été
démontrée depuis.
Selon
nos informations sur les suites de cette affaire d'attentat, IOG aurait tenté
une démarche de conciliation en utilisant l'actuel président du
Puntland pour qu'il intercède en sa faveur auprès du président
somalien Abdullahi Yusuf qui lui aurait opposé une
"fin de non recevoir".
En
situation d'échec en Somalie, avec l'instauration d'une paix qui se dessine,
IOG tente maintenant de "porter le fer" au Puntland !
L'objectif
pour Ismaïl Omar Guelleh est le Somaliland au travers duquel il vise le Puntland
duquel il fut exclu à une époque ; nous verrons un peu plus loin
que cet objectif n'a pas changé depuis.
(
à suivre )