ACTUALITÉS

 

 

http://www.gouv-exil.org/

 

M Ali Abdillahi Iftin
Général de division (à titre temporaire)
Ex commandant la Garde Présidentielle

F 754 - 12/05/07 -

L'opposition politique a toujours rencontré une farouche réfutation de tous ses droits émanant des esprits médiocres de la tyrannie au pouvoir.

Ali Abdillahi Iftin
Commandant le Mouvement Djiboutien de Libération Nationale

 

Le temps est venu d'opposer une réponse commune à Ismaïl Omar Guelleh

Ismaïl Omar n'ignore pas les effets pervers et dévastateurs de la politique de destruction qu'il a menée et continue de mener à l'encontre de l'opposition politique, tout particulièrement à l'intérieur du pays.

De ce désert politique, qu'il a créé par la menace et la terreur imposées, qui pourrait s'en plaindre à Djibouti et qui aurait le courage de lancer un tel débat sur ce sujet de première importance ? Certes pas la presse gouvernementale qui se veut ignorante sur tous les sujets et qui ne sait que glorifier le " seigneur et maître " du pays. Il est vrai que parmi les journalistes, nombreux sont ceux qui préfèrent collaborer avec le pouvoir de la tyrannie plutôt qu'être emprisonnés voire torturés comme cela se fait couramment dans les prisons.

La torture à Djibouti n'est pas, loin s'en faut, la seule affaire du bourreau ; il y a ceux qui la pensent et qui y participent, dans l'ombre ou à visage découvert, à la mise en place des dispositifs de tortures.

 

Accepter la collaboration avec le pouvoir en place ou être exclu du système

Le problème auquel est confronté un fonctionnaire, un Juge, un policier, gendarme ou militaire dans un tel contexte de dictature est d'être " Courtisé par le pouvoir en place ". Il revient donc à chacun/chacune soit d'accepter de collaborer avec le pouvoir politique, y compris contre son propre gré, soit de rester dans le " désert " ; c'est-à-dire de prendre le risque d'être à son tour objet des pires répressions qu'il soit, s'il n'a pas eu le temps où les moyens financiers pour s'exiler dans l'urgence.

Je sais ce dont je parle car, comme tant d'autres, j'en ai fait la déplorable expérience. Ecarté de toute responsabilité, après avoir occupé les fonctions de commandant de la Garde Présidentielle sous Hassan Gouled, et par ce que parfaitement informé de ce que j'aurais du ignorer sur les méandres, les perversités et les crimes perpétrés sur ordre d'Ismaïl Omar je n'avais aucune autre alternative que de choisir l'exil ; et si je ne l'avais pas fait, je ne serais plus là à l'heure où j'écris ces lignes.

Si la tyrannie n'a et n'aura jamais de plus mortels ennemis que les Djiboutiens et les Djiboutiennes contraints à s'exiler ; la souffrance de cet exil forcé que nous subissons sur une terre qui n'est pas la nôtre a, pour le moins, le don de nous unir dans un même combat.

 

Ne pas se mettre de manière inconditionnelle au service d'Ismaïl Omar c'était et c'est encore être contre lui, donc à abattre !

Dans un tel contexte politique, toute pensée qui se développe en dehors de la sphère d'influence d'un tel pouvoir étatique de la dictature doit être récupérée ou éliminée ; il n'existe aucune autre alternative.

Ismaïl Omar savait ne pas pouvoir me récupérer, c'était donc indéniablement la mort " accidentelle " qui m'attendait car il n'aurait pas pris le risque de me faire éliminer officiellement, sur le territoire national, sans que cela provoque un soulèvement chez les Issas.

C'est pour avoir dénoncé les pratiques tortionnaires du pouvoir politique en place et pour avoir critiqué leurs collègues qui se mettent à son service que beaucoup de fonctionnaires, d'hommes de justice, de militaires, de gendarmes et de policiers djiboutiens ont été radiés de leur poste, et pour beaucoup d'entre eux ont été persécutés et emprisonnés, souvent torturés ; trop souvent dans l'indifférence du monde occidental pour qui "l'ordre doit régner à Djibouti", quel que soit le prix en vies humaines à payer pour les populations locales.

La répression qui a fait suite à la venue au pouvoir d'Ismaïl Omar Guelleh a produit pleinement ses effets alors que ces fonctionnaires, ces hommes de justice, ces militaires, ces gendarmes et ces policiers étaient accusés d'être des opposants politiques. Ces hommes et ces femmes réfractaires à la pensée unique et destructrice de notre pays et de ses populations tombaient sous le coup de l'accusation suivante et par trop facile de :"Menace permanente pour la sécurité de l'État", alors que c'est la tyrannie à laquelle ils/elles s'opposaient et que ce sont encore aujourd'hui les droits républicains qu'ils/elles défendent.

 

Un État de non droit fabrique une opposition politique active, fut-elle en exil !

Cette opposition en exil est active, et plus que jamais, porteuse d'espoirs pour les populations djiboutiennes ; elle dénonce ce qui doit l'être et ne s'en prive pas. Mais si elle peut le faire et rencontre fréquemment des représentants des instances internationales et des grands pays occidentaux, qui sont à son écoute, c'est par ce que cette opposition vit dans des pays occidentaux où les droits humains et ceux d'une opposition politique font partie des traditions démocratiques.

Quant à l'opposition politique présente à Djibouti, lorsque l'on sait ce qu'il s'y passe, on mesure ce que sont les immenses difficultés auxquelles elle est confrontée.

Le point le plus marquant demeure le manque flagrant de respect envers les principes de base de toute démocratie moderne dont a fait preuve le gouvernement d'IOG. Ce dernier n'a jamais hésité à utiliser à mauvais escient, entre autres, les élections législatives en les falsifiant outrageusement et en nommant SES propres députés/es. De par de telles mascarades d'élections, on empêche ainsi toute possibilité de débat lors de procédures parlementaires et cela permet de museler la véritable opposition politique bien avant qu'elle ne s'exprime car, soulignons le, elle n'a jamais eu un seul représentant au Parlement. C'est un bien triste record que détient Djibouti dans ce domaine en Afrique.

Le rôle principal de toute opposition officielle dans une démocratie consiste à exposer au gouvernement ses erreurs et à tenter de faire amender les projets de loi de façon à ce que tous les citoyens et toutes les citoyennes soient bien représentés/es et que leurs intérêts soient protégés.

Ce gouvernement de la dictature de la terreur ne comprend toutefois pas ce principe pourtant fort simple, et a tout fait pour que l'opposition officielle n'existe pas et, donc, ne puisse pas s'exprimer pleinement à l'Assemblée Nationale.

 

Adhérer à un parti d'opposition politique c'est s'exposer à des mesures coercitives d'exclusion !

Pour un/une fonctionnaire le fait d'appartenir à un tel parti de l'opposition affirmée à Ismaïl Omar Guelleh et présente à Djibouti ceci l'expose à la perte pure et simple de son emploi sous un fallacieux prétexte et sans qu'il/elle ait un quelconque droit de recours.

De même, pour un/une employé/e du secteur privé, le fait d'appartenir à un parti d'opposition c'est, systématiquement s'exposer pour l'employeur à des pressions émanant du pouvoir politique en place pour que ledit/ladite employé (e) soit immédiatement licencié (e) ;là encore pour un faux motif et sans qu'il puisse y avoir possibilité de recours devant un quelconque tribunal qui aurait compétence.

Comme nous l'avons dit, il revient, pour les Juges et les avocats, soit d'accepter la collaboration avec le pouvoir politique, y compris contre leur gré, soit de rester dans le " désert " avant qu'ils/elles soient contraints à l'exil. Justice et avocats sont donc muselés par le pouvoir politique dominant qui non seulement bafoue les droits des Djiboutiens et des Djiboutiennes mais s'assoit allègrement sur la Constitution et les lois de notre pays.

 

Depuis des années, Ismaïl Omar a réussi pour partie à divertir l'opposition politique dans le pays, donc à reléguer au second plan la question essentielle de son unité.

Après avoir fait tomber dans une chausse trappe quelques esprits faibles en achetant leur conscience, il ne cesse de donner du poil à gratter à la véritable opposition, en somme il ne fait que la divertir, pour éviter qu'elle ne se consacre à l'essentiel : c'est-à-dire à son unité réelle.

Sous un tel régime politique de l'exclusion, voire de l'élimination physique par des artifices ou de la mise sous surveillance et contrôle par les SDS des principaux leaders, deux alternatives se sont toujours imposées à l'opposition.

Soit aller en rangs dispersés aux élections ou boycotter purement et simplement celles-ci. L'opposition a travaillé dans le sens de cette seconde option parce que les préalables qu'elle a toujours posés pour sa participation aux élections sont toujours restés sans suite, comme l'ont démontré les expériences passées.

Participer à ces simulacres de scrutins c'était servir de caution à Ismaïl Omar Guelleh, sur le plan international; autrement dit, passer pour des complices de la tyrannie instaurée dans une mascarade guignolesque de scrutins en risquant ainsi de perdre toute crédibilité auprès des populations djiboutiennes.

Toute frayeur d'Ismaïl Omar vient de ce qu'il est et non des autres.

Ce à quoi Ismaïl Omar a la crainte c'est d'être confronté, à court terme et comme c'est le cas, à une large coalition de l'opposition qui, confirme qu'elle existe effectivement à l'intérieur comme à l'extérieur du pays.

Une opposition qui fait son union et se constitue en une autorité morale et politique de transition, capable de parler au nom d'un peuple qui a été faussement représenté, sur le plan international, par un pouvoir illégal et illégitime depuis trop longtemps.

La très forte personnalisation de la scène politique djiboutienne et les clivages idéologiques passés, entre les partis ou les intérêts individuels, ont constitué un obstacle important au " Rassemblement de l'opposition " ; alors que la stratégie unique de l'opposition, telle que nous la préconisons, a plus de chance de nous amener à concrétiser une stratégie de rupture avec la dictature.

D'un point de vue démocratique, la stratégie utilisée par le gouvernement d'Ismaïl Omar Guelleh est inquiétante pour l'avenir du pays alors que dans le monde occidental beaucoup s'en émeuvent et portent enfin leur regard sur Djibouti et sur ce qu'il s'y passe.

Elle démontre aussi qu'Ismaïl Omar est dans une situation bien plus que précaire car, trop longtemps, la méconnaissance et le mépris des droits de l'Homme à Djibouti ont conduit à des actes de barbarie passés sous silence.

Ces actes révoltent aujourd'hui et plus que jamais la conscience de l'opinion publique et celle des instances internationales.

La conscience de chaque leader de l'opposition est devenue aujourd'hui un trait d'union entre ce qui a été fait et ce qui le sera à court terme. C'est une exigence incontournable d'une union étroite entre parole et action, en vue du bien commun de notre pays et de ses populations, qui doit être plus forte chaque jour.

 

 

 

a