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mais
pas celle à laquelle on pense ...









F
764 - 17/05/07 -
Le
courage de changer les choses avant qu'un séisme "volcanique"
ne vienne tout balayer !
Bouh
Warsama
La
pauvreté entretenue fait le lit de la corruption et des spéculateurs
privés
La
pauvreté dérange le pouvoir politique des " nouveaux riches
" à Djibouti.
Entendons
nous bien, cela ne leur posait aucun problème moral il y a de cela quelques
années, mais cela dérange maintenant leur vue et constitue surtout
un obstacle aux spéculations privées des uns, de l'une et des autres.
La solution utilisée pour rendre la pauvreté supportable pour ces
" nouveaux riches ", fut en des temps pas si lointains de la cacher
et d'en interdire l'accès aux " visiteurs et experts " étrangers
sous le prétexte que l'insécurité y était grande dans
bon nombre de quartiers de la capitale.
Comme
nous l'avons maintes fois dit et écrit, nous soutenons toute politique
d'urbanisme concernant la restauration des espaces du domaine public avec la construction
de VRD, d'équipements sportifs et d'immeubles favorisant le maintien d'une
population mixte, stimulant l'activité commerciale et artisanale.
Mais
aujourd'hui, on chasse la pauvreté de la capitale par de bestiales opérations
de " décasement " afin qu'elle aille vivre sa pauvreté
ailleurs, loin, très loin, à plus de 12 kilomètres de la
capitale, quitte à ce qu'elle en meure.
Le
tour est joué : la pauvreté n'existera plus puisque très
bientôt on ne la verra plus, du moins le pense t-on !
La
vue de ces " nouveaux riches " ne sera plus importunée par ce
répugnant spectacle qu'est la pauvreté, car n'en doutez pas la pauvreté
n'est jamais digne ni joyeuse ; alors que depuis son autoproclamation à
la tête de l'État, Son Excellentissime Sérénité
Ismaïl Omar y a imposé la " dignité ", la "
distinction ", " l'harmonie et la joie " au sein de toutes les
couches sociales
, voire le " raffinement et le bon goût "
.
Aides
internationales et corruption !
Quand
les aides internationales ne permettent pas à un pays de se passer à
terme de ce soutien, c'est qu'elles n'ont pas rempli leurs objectifs.
Le
résultat est pire lorsque le processus se transforme en un cercle vicieux
de la dépendance ; une dépendance instituée en véritable
racket par les gouvernants locaux comme c'est le cas à Djibouti. Tel est
bien le cas à présent.
Par
l'entremise de sa propagande "journaleuse", Ismaïl Omar Guelleh
se réjouit de toute signature d'une promesse d'aide internationale alors
qu'il devrait plutôt s'inquiéter de cette politique de la main tendue
; disons plutôt de la " mendicité " qui ne le responsabilise
pas, ni lui, ni son gouvernement, mais bien au contraire aggrave la dépendance
des finances publiques vis-à-vis de l'extérieur.
Mais
ceci est bien secondaire car sa seule préoccupation est que les "
aides internationales affluent ! ". Gageons que les mesures de "décasement",
dont nous condamnons la forme bestiale donnée à ces opérations,
s'accompagnent de demandes d'Aides internationales, sous le prétexte de
"modernisation et d'équipement la capitale".
Encore
un détournement de lieux publics au profit de spéculateurs privés
? Nous allons très vite le savoir !
Pourquoi
cette institution qu'est l'aide internationale est-elle en situation d'échec
?
On
peut bien évidemment parler d'échec lorsque le nombre de personnes
vivant au-dessous du seuil de pauvreté augmente chaque année à
Djibouti (en augmentation de + de 37 % en quelques années). Et, au
rythme où vont les choses, les Objectifs du Millénaire - réduire
la pauvreté de moitié - seront remplis non pas en 2015 comme le
souhaite l'ONU, mais un siècle plus tard.
Il
y a les explications classiques qui sont bien connues : la corruption entretenue
localement, les détournements au profit de conflits fomentés pour
tenter d'étendre une influence dans un état limitrophe, les catastrophes
naturelles... mais aussi l'augmentation injustifiée du prix des denrées
de première nécessitée - pain, sucre, riz, lait
..
Elles ne sont pas fausses, mais elles arrangent bien ceux qui ne veulent rien
changer et s'ils ne veulent rien changer c'est qu'ils trouvent grand intérêt
!
Ne
nous voilons pas la face.
Les
populations djiboutiennes ne sont pas les plus grands bénéficiaires
de ces aides internationales, loin s'en faut ; celles-ci correspondent davantage
aux agendas géopolitiques des donateurs et font, parallèlement,
les " affaires " du pouvoir politique en place tout en aggravant le
phénomène de corruptions les plus diverses.
On
en arrive à l'absurdité suivante : " Les aides attribuées
dans le cadre des accords internationaux pour améliorer la politique locale
de lutte contre la corruption au niveau des institutions, sont majoritairement
détournées
par les dirigeants de l'État"
Par
ailleurs et toujours en matière d'aides, les États-Unis dépensent
plus en Irak, en Afghanistan, en Israël et en Égypte pour des raisons
politiques et de stratégie de mainmise sur les routes et l'approvisionnement
en matières premières, dont le pétrole. C'est ainsi que chaque
Israélien a bénéficié d'une aide de 340 dollars durant
la décennie 1990-1999 ; un Camerounais de 30 USD, un Ougandais de 32 USD
et un Somalien de 29 USD. Les anciennes puissances coloniales mettent la main
à la poche surtout pour maintenir leur influence dans leurs anciens prés
carrés.
Il
est tout même un paradoxe lorsque l'on constate que l'État djiboutien
perçoit , pour le moins, trois fois plus d'aides directes par habitant,
émanant de la France, qu'aucun autre pays africain francophone anciennement
sous domination française.
A
ceci s'ajoutent les aides américaines, celles en provenance de l'Union
Européenne
du Fonds Monétaire International (FMI), de la Banque
Mondiale et des diverses Banques
.africaine, arabe
..etc ce qui constitue
chaque année un pactole important de ressources financières que
beaucoup d'autres pays en développement envient à Djibouti.
Il
est aussi un fait que dans certains cas, la principale difficulté n'est
pas le montant de certaines aides mais leur mauvaise coordination. Par exemple,
le domaine de la santé à Djibouti et généralement
en Afrique est marqué par une concurrence démentielle entre les
organisations multilatérales (OMS, ONU-SIDA, Fonds mondial contre le SIDA),
l'aide bilatérale (les Etats-Unis ont leur propre programme), et les ONG
occidentales.
Certains
pays bénéficiaires en Afrique se plaignent de passer plus de temps
à préparer des dossiers et des rapports pour chacun des donateurs,
à recevoir les délégations - dans les meilleurs hôtels
- et à visiter des projets qu'à travailler efficacement sur le terrain.
D'autre
part, s'il est vrai que certains pays lient leur aide à l'achat du matériel
chez eux, histoire de soutenir leur propre économie nationale et comptent
l'aide militaire comme de l'aide au développement, on constate, par ailleurs,
que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM),
qui sont les deux grands prestataires de l'aide, reconnaissent l'échec
de leur stratégie.
Une
nouvelle politique d'aide a été appliquée avec, théoriquement,
un changement de cap, et pour l'heure l'accent est mis sur la lutte contre la
corruption. Vu les résultats peu probants à Djibouti, on a le sentiment
que l'on vient de planter un arbuste qui va tenter de cacher la forêt.
La
corruption est devenue la " première discipline sportive " du
pouvoir politique en place
Si
elle est considérée comme étant la première discipline
sportive à Djibouti, c'est par ce que la corruption compte bien plus de
" pratiquants " que le foot ball n'en a dans le pays. Son entraîneur
et tout à la fois propriétaire du " club corruption ",
président de la Fédération locale mais aussi parfois arbitre
sur le terrain de " jeu ", n'est autre qu'Ismaïl Omar Guelleh.
Certes,
la corruption n'est pas spécifique à Djibouti ; c'est le grand fléau
de l'Afrique comme le démontre l'Indice de Perception de la corruption
(IPC) publié par Transparency international (TI).
"
La corruption est une cause majeure de la pauvreté ainsi qu'un obstacle
pour la contrer... Elle doit être combattue avec vigueur pour que toute
aide allouée puisse provoquer une vraie différence pour libérer
les gens de la pauvreté" selon les experts internationaux.
Elle
freine la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement
car elle est à l'origine du " sabotage " de la croissance économique
et du développement durable.
Notons
que parmi les dix-neuf pays les plus pauvres du monde, dont Djibouti, qui ont
récemment bénéficié d'une annulation de leur dette,
aucun n'a obtenu de note supérieure à 4 de leur Indice de Perception
de la corruption. Le nombre des pays étudiés est passé de
145 à 158 cette année. Si le Tchad est dernier du classement (158ème),
aux antipodes l'Islande première, il stagne avec une note de 1.7 en 2005
comme en 2004.
Djibouti
? Pas de chiffres, pas d'indice ! Pourquoi ?
Quant
à Djibouti sous Ismaïl Omar Guelleh, ne cherchez pas à quel
niveau se situe son Indice de Perception de la corruption car, curieusement, il
n'y en a pas ; ni dans les meilleurs, ni dans la moyenne, ni dans les derniers
sur une échelle de 1 à 10
. Pour ce qui concerne l'évolution
du nombre de demandeurs d'emplois nous sommes, là encore, face à
un mur du silence !
Ceci
s'explique par le fait que toute publication de chiffres ou de statistiques pourrait
porter atteinte à " l'Ordre des désordres instaurés
" qui doit impérativement régner dans ce petit pays, dit du
" bout du monde ", car bénéficiant d'un intérêt
géopolitique de première importance pour bien des pays du monde
occidental, dont la France
Alors
on regarde sans voir, on écoute la pauvreté grandissante sans l'entendre...Quant
à la tyrannie et par ce qu'elle porte costume ce ne peut être tyrannie,
c'est de la "dictature éclairée"! Alors et dans cette
tragicomédie digne d'une production théâtrale française
du XVIIe siècle, on offre décorations et grands discours à
sa gloire...
Là-dessus
lOrgueilleux prendra quelque licence,
Et nayant pas encore tout
lesprit quil lui faut,
Semportera sans doute à se
plaindre tout haut.
Et par aventure persévérera dans ses errances
La
corruption et la gabegie qui sévissent aujourd'hui aux divers niveaux de
l'appareil de l'État djiboutien sont inlassablement évoquées
dans les conversations privées, y compris et surtout dans les mabrazes.
Tout le monde s'accorde à en reconnaître et à en déplorer
l'ampleur croissante. Cependant cette corruption n'est pas devenue pour autant
un objet d'étude à part entière pour la sociologie ou l'anthropologie,
surtout du côté francophone.
En
fait, il n'est pas de société dotée d'État et de bureaucratie,
ancienne ou moderne, qui ne connaisse pas la corruption. Mais d'une société
à l'autre, ou d'un type de société à l'autre, la corruption
varie en ampleur et en extension, revêt des formes différentes, est
plus ou moins visible ou tolérée, sectorisée ou généralisée.
Pourtant
cela mérite une attention particulière en raison de la nature spécifique
de Djibouti, de la crise profonde qui l'affecte et des risques d'explosion sociale.
Organismes
internationaux, bailleurs de fonds et opinions publiques redécouvrent d'ailleurs
assez régulièrement l'importance du problème, perçu
aujourd'hui comme central pour la " Good Governance ". Malheureusement,
au-delà des déclarations d'intention, des constats apitoyés
ou exaspérés, des Rapports internationaux tels que ceux établis
chaque année par le Secrétariat d'État US et des murmures
de condamnations moralisatrices, les mécanismes sociaux de la corruption
à Djibouti restent peu analysés.
Or,
sans connaissance ni compréhension en profondeur de comment et pourquoi
la corruption fonctionne, toute campagne de lutte contre la
corruption est vouée à l'échec.
........................
(à
suivre)