

http://www.gouv-exil.org/










F
773 - 20/05/07 -
L'Organisation
Internationale du Travail, qui dépend de l'ONU, met le gouvernement d'Ismaïl
Omar Guelleh au banc des accusés.
Justicia
Toujours
présente lorsqu'il s'agit de défendre les Droits humains en dénonçant
ce qui doit l'être, quitte à déranger certains au passage
au point de leur faire passer des "nuits blanches" dans leur Palais
des artifices, l'Association pour le Respect des Droits Humains à Djibouti,
A.R.D.H.D, dirigée par Jean Loup Schaal, publie un article ( http://www.ardhd.org/info.asp#article_6275)
s'inspirant du contenu du dernier rapport établi par l'Organisation Internationale
du Travail, organisme dépendant de l'ONU.
Malgré
toutes les complicités, les cautions aveugles et l'odieux chantage que
pratique et dont dispose le tyran Ismaïl Omar Guelleh qui s'est autoproclamé
à deux reprises à la tête de l'Etat djiboutien, une fois encore
son régime de la terreur est mis en accusation sur le plan international.

Note
de l'ARDHD
C'est
une sérieuse alerte pour le régime de Guelleh et pour les pratiques
anti-sociales et anti-syndicales, en contravention avec toutes les règles
internationales et les accords que la République a signés et s'est
engagée à respecter. Et cela en dépit de nombreux avertissements
préalables.
Le
régime de Guelleh sera-t-il condamné officiellement par un organisme
international ? En tout cas, cette fois, cela semble être extrêmement
sérieux.
Le
comité, dans ses attendus, ne semble pas avoir beaucoup apprécié
le fait que le régime ne se donne même pas la peine de répondre
aux demandes d'information et qu'il joue la politique de l'autruche.
(fin
de citation)

L'Organisation
internationale du travail (OIT) est l'agence tripartite de l'ONU qui rassemble
gouvernements, employeurs et travailleurs de ses Etats membres dans une action
commune pour promouvoir le travail décent à travers le monde.
Comme
cela est indiqué sur le site de l'Organisation internationale du travail,
http://www.ilo.org/global/lang--fr/index.htm, dès l'origine, l'OIT a cherché
à définir et garantir les droits au travail et à améliorer
la condition des travailleurs en édifiant un système de normes internationales
du travail sous forme de conventions, recommandations et recueils de directives
pratiques.
L'OIT
a depuis lors adopté plus de 180 conventions et 190 recommandations couvrant
tous les aspects du monde du travail.
Un
mécanisme de contrôle permet de garantir que les normes ratifiées
par les Etats membres sont appliquées ; l'OIT fournit des conseils pour
la rédaction des lois sociales au niveau national. En adoptant la Déclaration
sur les principes et les droits fondamentaux au travail en 1998, les Etats membres
de l'OIT se sont engagés à défendre un ensemble de normes
du travail essentielles, qu'ils aient ou non ratifié les conventions concernées.
Elles
représentent des droits humains fondamentaux et une référence
centrale pour le travail décent.
La
Déclaration de l'OIT couvre plusieurs domaines.
Nous
n'en citerons que les trois premières, laissant le dernier pour un prochain
article.
Liberté
syndicale
Le
droit des travailleurs et des employeurs à créer et adhérer
aux organisations de leur choix fait partie intégrante d'une société
libre et ouverte. C'est une liberté civile fondamentale constitutive du
progrès économique et social. La reconnaissance effective du droit
de négociation collective en est le corollaire. Le droit de s'exprimer
et d'être représenté est une dimension importante du travail
décent.
Travail
forcé
L'OIT
plaide en faveur de lois nationales efficaces et de mécanismes d'application
renforcés, tels que des sanctions juridiques et de graves poursuites à
l'encontre de ceux qui exploitent des travailleurs forcés. En sensibilisant
l'opinion publique, l'OIT cherche à braquer les projecteurs sur ces violations
des droits de l'homme et des travailleurs.
Discriminations
Des
centaines de millions de personnes souffrent de discriminations au travail. Les
discriminations sont non seulement une violation des droits de l'homme mais elles
ont aussi des conséquences économiques et sociales plus larges.
Elles freinent le développement en gâchant le talent humain indispensable
au progrès économique et en accentuant les tensions et les inégalités
sociales. Lutter contre les discriminations est indispensable pour atteindre le
travail décent mais les succès dans ce domaine se font ressentir
bien au-delà du monde du travail.

Que
dit la Constitution
de la République de Djibouti ?
ARTICLE
3 : La République de Djibouti est composée de l'ensemble des
personnes qu'elle reconnaît comme membres et qui en acceptent les devoirs,
sans distinction de langue, de race, de sexe ou de religion
ARTICLE
8 : Les institutions de la République doivent permettre l'exercice normal
et régulier de la souveraineté populaire et garantir le plein épanouissement
des droits et libertés publiques.
ARTICLE
9 : Les institutions doivent permettre la participation de la République
aux organisations régionales et internationales, dans le respect de la
souveraineté pour l'édification de la paix et de la justice.
.
ARTICLE
15 : Chacun a le droit d'exprimer et de diffuser librement ses opinions par
la parole, la plume et l'image. Ces droits trouvent leur limite dans les prescriptions
des lois et dans le respect de l'honneur d'autrui.
Tous les citoyens ont le
droit de constituer librement des associations et syndicats sous réserve
de se conformer aux formalités édictées par les lois et règlements.
Le droit de grève est reconnu. Il s'exerce dans le cadre des lois qui
le régissent. Il
ne peut en aucun cas porter atteinte à la liberté du travail.
..
ARTICLE
16 : Nul ne sera soumis à la torture, ni à des sévices
ou traitements inhumains, cruels, dégradants ou humiliants.
.
ARTICLE
75 : Le Conseil Constitutionnel veille au respect des principes Constitutionnels.
Il contrôle la constitutionnalité des lois. Il garantit les droits
fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques.
Il est
l'organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l'activité
des pouvoirs publics.
ARTICLE
80 : Les dispositions de la loi qui concernent les droits fondamentaux reconnus
à toute personne par la Constitution peuvent être soumises au Conseil
Constitutionnel par voie d'exception à l'occasion d'une instance en cours
devant une juridiction.
L'exception d'inconstitutionnalité peut être
soulevée par tout plaideur devant toute juridiction.
La juridiction
saisie doit alors surseoir à statuer et transmettre l'affaire à
la Cour suprême. La Cour suprême dispose d'un délai d'un mois
pour écarter l'exception si celle-ci n'est pas fondée sur un moyen
sérieux ou, dans le cas contraire, renvoyer l'affaire devant le Conseil
Constitutionnel qui statue dans le délai d'un mois.
Une disposition
jugée inconstitutionnelle sur le fondement de cet article cesse d'être
applicable et ne peut plus être appliquée aux procédures.

Que
fait le gouvernement
de la République de Djibouti ?
A
Djibouti, les arrestations arbitraires se sont multipliées depuis septembre
2005, visant notamment des syndicalistes et s'inscrivant dans le cadre d'un harcèlement
devenu quasi-permanent.
Malgré
cela à l'audience publique tenue en matière correctionnelle, en
date du 2 octobre 2005, le président du tribunal et juge unique Rahima
Moussa, assisté de M Loita Omar Greffier et en présence de M Ahmed
Loïta, Substitut du Procureur de la République, statuant publiquement
et contradictoirement à l'égard des parties, en matière correctionnelle
et en premier ressort :
déclarait
les prévenus, Kamil Mohamed Ali, Ibrahim Moussa Soultan, Ahmed Ali Arras,
Wahib Ahmed Dini, Ahmed Abdallah Houmed, Djibril Houssein Walieh, Koulmiyreh Houssein
Ahmed, Mohamed Au Ahmed, Moustapha Abchir Egueh, Houssein Djama barreh, Isman
Galab Bouh, et Ali Ibrahim Darar, non coupables des délits qui leurs
étaient reprochés ; malgré toutes les pressions exercées
par le Palais de l'Escale et le président du Conseil d'Admnistration du
PAID (Port Autonome et International de Djibouti) - Abdourahman Mahamoud Boreh.
Le
20 février 2006, M. Mohamed Ahmed Mohamed, responsable aux affaires juridiques
de l'Union des travailleurs du Port (UTP) de Djibouti, et M. Djibril Ismael Egueh,
secrétaire général du Syndicat du personnel maritime et du
service de transit (SP-MTS), qui s'étaient rendus la veille à un
séminaire de formation syndicale en Israël, ont été
arrêtés par les forces de police et interrogés sur leurs activités
syndicales ainsi que sur les buts et motifs de cette formation.
Le
22 février 2006, n'ayant rien à se reprocher (à moins qu'assister
à un séminaire de formation syndicale en soit un ?) les deux hommes
ont été libérés sans qu'aucune charge n'ait été
retenue contre eux. Mais "l'affaire n'en restera pas là", car
les deux syndicalistes dérangent le président du Conseil d'Admnistration
du PAID (Port Autonome et International de Djibouti) - Abdourahman Mahamoud Boreh.
Le
5 mars 2006, ils seront de nouveau arrêtés et placés en garde
à vue. Le 8 mars 2006, après comparution devant le juge d'instruction,
ils ont été inculpés sous l'accusation de :
"
livraison d'informations à une puissance étrangère "
( articles 137 à 139 du Code pénal),
"
intelligence avec une puissance étrangère " (articles 135 et
136 du Code pénal)
et
comme cela ne suffit pas à cette forme de justice locale "au service
est aux Ordres d'IOG", le juge concerné va atteindre des sommets dans
cette parodie de mise en accusation en y ajoutant celle d'
"
outrage envers le Président de la République " (article 188
du Code pénal), délits passibles de 10 à 15 ans de prison
et de 5 à 7 millions de francs djiboutiens (soit 24 à 34 000 euros
environ) d'amende.
Si
l'on souhaitait rajouter un peu d'humour dans ces, supposés, actes d'accusations
qui relèvent bien plus d'une comédie burlesque du plus mauvais goût
que d'une décision de justice ; à notre avis, le juge concerné
aurait pu, sur sa lancée, inculper les deux syndicalistes pour l'assassinat
du Pasteur Martin Luther King, celui président américain Johnh Kennedy
et, pour faire bon poids, comme c'est la mode à Djibouti, de "Pédophilie"........et
de "Viol sur mineur" ...
Ceci
étant dit, les mêmes chefs d'inculpation seront retenus quelques
jours plus tard à l'encontre de deux nouveaux accusés, MM. Adan
Mohamed Abdou et Hassan Cher Hared, dirigeants de l'Union djiboutienne du travail
(UDT), après qu'ils eurent été arrêtés sans
mandat, le 11 mars 2006.
Tous
les quatre seront placés sous mandat de dépôt à la
prison civile de Gabode à Djibouti avant que la Chambre d'accusation de
Djibouti ne décide de leur mise en liberté provisoire sous contrôle
judiciaire le 6 avril 2006.
Le
1er avril 2006, alerté par une véritable levée de boucliers
dans les pays occidentaux mais aussi par l'ARDHD et la Ligue Djiboutienne des
Droits de l'Homme qui n'auront pas ménagé leur peine et leurs contacts
téléphoniques, chacun de leur coté, les membres d'une mission
conjointe mandatée par l'Observatoire et la Confédération
internationale des syndicats libres (CISL), vont tenter de se rendre à
Djibouti aux fins de rencontrer les défenseurs des droits syndicaux et
d'organiser leur défense.
Comme
c'est la coutume en de tels circonstances et en dépit de toutes les lois
et de la Constitution djiboutiennes, ils se sont vus interdire l'entrée
sur le territoire djiboutien, malgré l'accord verbal préalable du
ministre de l'Intérieur.
Mais
comme cela ne suffit pas et sur intervention indirecte d'Abdourahman
Mahamoud Boreh, restant toujours dans l'ombre mais faisant agir d'autres à
sa place, les membres de la mission seront bousculés et insultés
; ils seront reconduits de force dans l'avion en partance et devant quelques visiteurs
étrangers, présents sur place, totalement médusés
par de telles pratiques.
Dans
le "pays des braves", qui est le slogan de la propagande d'Ismaïl
Omar Guelleh, à quelle bravoure a t-on fait allusion dans de telles piteuses
circonstances ?
(à
suivre)